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Pierre RÉMOND DE SAINTE-ALBINE (1699-1778)

État civil

Pierre Rémond de Sainte-Albine (29 mai 1699 -9 oct. 1778) est né et mort à Paris.

Formation

Il fut élu membre de l'Académie de Berlin le 4 septembre 1755 (Journal de Verdun, nov. 1755, p. 385) et fit partie de la Société des arts (Table du Journal de Verdun).

Carrière

Censeur royal pour les «belles-lettres», au moins à partir de 1751 (B.N., f.fr. 22136, f° 142 ; 22139, f° 91 et suiv.). Renseignement confirmé par les A.R. qui indiquent qu'il demeurait en 1755 et en 1758 «Cloître Saint-Germain l'Auxerrois», en 1765 «rue Sainte Anne, près les Nouv. Catholiques».

Situation de fortune

D'après Linant, en 1733, R. avait «douze cents francs pour faire la Gazette de France» (D567). Trente ans plus tard, Lenieps écrivait à Rousseau : «Mr. de Sainte-Albine a un rhumatisme goutteux qui l'a beaucoup vieilli, il ne fait plus rien et il a acquis une bonne pension pour la Gazette, qui n'est pas merveilleuse» (18 oct. 1763 ; Correspondance, n° 2979).

Opinions

«Très anti-philosophe» (M.S., 18 oct. 1778).

Activités journalistiques

«Boindin disait de lui que c'était un homme qui avait de l'esprit quand on lui en donnait le temps » : il fut cependant «le faiseur de gazettes par excellence» (ibid.). Après avoir, semble-t-il, fait ses débuts en publiant dans le Mercure une lettre «sur un livre nouveau intitulé Le Voyage du Parnasse» (févr. 1717, p. 179-180) et avoir sans doute participé, tout jeune, à la rédaction de l'Europe savante (B.Un.), il composa la Gazette de France à partir de 1733. A ce propos, vers le 5 février, Michel Linant écrivait à Cideville : « Il m'a associé à son travail pour le faire quand il ne pourrait pas. Il n'y a que cinq heures de travail par semaine et que cinquante gazettes par année. Il ajoutera aux trois cents francs qu'il a promis deux cents autres qui ne me coûteront rien à gagner [...]. Il m'a fait envisager un avenir très heureux en me promettant que dans un an ou deux il me laisserait l'emploi et le revenu » (D567). En fait, R. ne quitta la Gazette que le 18 mai 1749. Mais d'après Raynal (CL., t. I, p. 112, 308), il fut privé de cet « avantage » parce qu'il s'était trouvé un homme qui avait «offert de l'écrire à meilleur marché». Autrement dit, R. s'est de nouveau déchargé de sa tâche sur un «nègre», en l'occurrence le chevalier de Mouhy. II la reprit le 1er juin 1751 (Journal de Verdun, ibid.). A partir du 1er janvier 1762, elle parut «sous [une] nouvelle forme, [...] dorénavant faite sous les yeux du ministre des affaires étrangères, et rédigée par M. Rémond de Sainte-Albine» (M.S.). La même année, en septembre, la direction de la Gazetterevint à l'abbé Arnaud et à Suard.

Selon sa propre expression, R. eut aussi un autre « fardeau » (Mercure, mai 1749, p. 4) : la direction du Mercure de France, de juillet 1748 à juin 1750 (le second volume de ce mois ayant été publié par Clèves-Darnicourt qui assura la transition avec l'abbé Raynal). Il y rédigeait «les extraits de pièces de théâtre séparés [...] par un réglet» de la rubrique des spectacles, tenue par Fuzelier (Mercure, janv. 1749, p. 203). Il reçut de nombreuses lettres de lecteurs (concernant la grammaire, l'arithmétique, la gravure, l'opéra, etc. et provenant parfois de correspondants illustres : Algarotti, Haller), publia des textes de Voltaire (vers sur le Louvre, mai 1749, p. 27-28 : Anecdotes sur le tzar Pierre le Grand, juin 1750, p. 12-35)e t divers essais du Genevois Tollot, mais se chargea aussi d'alimenter le journal par des contributions personnelles : deux comédies en un acte composées en 1718, l'Amour au village (janv. 1749, p. 26-56) et la Convention téméraire (juin 1749,1.1, p. 3-50) ; une lettre à Desforges-Maillard sur un ancien poète français (Nicolas Frenicle) en mars 1750 ; des Vies des Carthaginois célèbres (juil. et août 1748, mai 1749). En juin 1750, prenant congé du public, il écrivait : «Les soins que j'ai pris de rendre ce recueil de plus en plus digne de quelque attention n'ayant point paru absolument sans succès [...], le Mercure est tiré maintenant chaque mois à 300 exemp. de plus qu'il ne l'était lorsque je m'en suis chargé» (t. I, p. 214).

Publications diverses

Voir Cior 18. Ceux de ses ouvrages qui eurent le plus de succès furent le Mémoire sur le laminage du plomb (quatre éd., de 1731 à 1748) et surtout Le Comédien, paru d'abord dans le Mercure en octobre et novembre 1745, et édité avec diverses «augmentations» en 1747 et 1749.

Bibliographie

8. A.R. ; B.Un. ; M.S., 1er janv. 1762, t. I, p. 8 ; CL. – Table générale alphabétique et raisonnée du Journal historique de Verdun sur les matières du temps depuis 1697 jusques et compris 1756, Paris, Ganeau, 1769-1770. – Voltaire, Correspondence, éd. Besterman. – J.J. Rousseau, Correspondance, éd. Leigh.

Additif

Bibliographie : Table générale, alphabétique, Paris, Ganeau est en fait datée de 1759-1760 en 9 vol. (F. M.)

Auteur(s) de la notice


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