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François RICHARD DE HAUTESIERCK (1713-1789)

État civil

François Marie Claude Richard, fils d'Etienne et d'Anne Catherine Basselle, a été baptisé le 27 mars 1713 à Longwy (A.M. Longwy, reg. par.). Dès le XVIIe siècle, la famille Richard de Clévant, originaire de Pont-à-Mousson, a pris le nom de Richard de Hautesierck. François épouse en 1742 Elisabeth de Senneton de Chermont, fille d'un officier d'artillerie. Il s'éteint le 28 décembre 1789, paralysé depuis octobre 1778 par une attaque d'apoplexie (DC). A partir de l'Almanach royal de 1778, il n'est plus «Richard de Hautesierck» mais «Richard d'Uberherrn». Sa terre de Hautesierck a été érigée en baronnie d'Uberherrn (Desgenettes ; B.Un.) : il se dénomme « Richard, baron d'Uberhern » sur la page de titre d'un ouvrage publié en 1779. Il faut sans doute reconnaître son fils aîné en Richard d'Uberherrn, major au génie, qui rédige une Adresse aux représentants de la nation (s.l., 1790, in-8°) pour leur suggérer des mesures de réorganisation dans l'armée (Cat.B.N.).

Formation

R. aurait débuté à quatorze ans comme sous-lieutenant au régiment de Nassau avant de commencer ses études médicales à Montpellier ; il prend ses grades à Reims ; bachelier le 10 avril, il est reçu docteur le 4 juin 1736 (DC, p. 154, contrairement à Desgenettes).

Carrière

Il aurait contribué à la guérison de Louis XV, tombé malade à Metz en 1744 (Desgenettes). Dès 1734 il a exercé à Plombières comme chirurgien des eaux. Il soigne en 1745 la femme du secrétaire d'Etat à la Guerre, la comtesse d'Argenson. Remarqué par le ministre, il devient médecin de l'hôpital militaire de Sarrelouis. En 1754, il est premier médecin de l'armée de Westphalie et soigne Chevert à Cologne en 1758. En février 1759, il est également chargé de l'armée du Main (DC, p. 154). Le 8 mai 1760, il est chevalier de l'ordre de Saint-Michel (Gazette de France, 17 mai 1760). Le 6 juin, il ajoute à ses fonctions celles de médecin consultant du roi et d'inspecteur des hôpitaux d'Alsace. Le 23 juin 1765, il est aussi médecin des Grandes et Petites écuries du roi. Il reçoit le 1er janvier 1769 son brevet de premier médecin des camps et armées du roi et d'inspecteur général des hôpitaux militaires et des charités. De plus, jusqu'en 1778, il porte le titre de directeur général de la médecine chirurgie, pharmacie et jardins botaniques des hôpitaux (DC, p. 154-155). C'est R. qui est chargé d'inoculer le jeune roi Louis XVI et ses frères à la Muette le 18 juin 1774. Peut-être la baronnie allait-elle récompenser la réussite de l'opération, qui fit trembler et valut à l'auteur le surnom de « Richard sans peur » (lettre de Mme Du Deffand à Voltaire, 16 juin 1774, Voltaire, Correspondence, éd. Besterman, D18992). En 1779, la page de titre d'un ouvrage présente encore R. comme «conseiller d'Etat», ce que confirment les Almanachs royaux à partir de 1780. Mais il est désormais hémiplégique ; sa «remarquable activité» a pris fin (DC, p. 159). Il avait appartenu à l'Académie de Goettingen (A.R.).

Situation de fortune

Après la guerre de Sept Ans, il reçoit une gratification de 1000 £. Le 1er août 1774, l'inoculation de la famille royale lui vaut une pension de 3000 £. A l'apogée de sa carrière, ses appointements s'élèvent à 20 500 £, dont une part sous forme de pension de 1200 £ pour son fils aîné, après sa mort (DC, p. 154).

Opinions

Avant d'énumérer ses titres et distinctions, Desgenettes écrit que « dans toute sa carrière médicale Richard ne négligea aucun moyen d'entretenir son crédit et qu'il y réussit parfaitement» (B.Un.). Sous la plume d'un médecin militaire réputé, devenu lui-même baron d'Empire, cette réflexion révèle qu'une telle réussite ne dut pas laisser ses confrères indifférents.

Activités journalistiques

Chargé par Choiseul de réorganiser les hôpitaux militaires après la guerre, il y contribue notamment par la publication du Recueil d'observations de médecine des hôpitaux militaires, considéré comme la première des revues médicales françaises. Le premier volume, dédié à Choiseul, est publié en 1766, le second, dédié à son successeur Monteynard, en 1772 (voir D.P.1 1166). Parmi les 54 médecins et chirurgiens qui collaborent au Recueil, on trouve Dehorne, qui va relancer l'entreprise en 1782 avec son Journal de médecine, chirurgie et pharmacie militaire (D.P.1 672). R. invitait ses collaborateurs éventuels à étudier « la topographie physique et médicale des pays habituellement occupés par les troupes » et à communiquer leurs observations sur les épidémies (analyse des deux volumes dans DC, p. 155-159).

Publications diverses

R. a publié à la suite du premier volume de son Recueil un Formulaire pharmaceutique destiné aux hôpitaux sédentaires, qu'il avait déjà publié à Cassel en 1761 (Desgenettes) ; il est aussi l'auteur de la Manière de connaître et de traiter les principales maladies aiguës qui attaquent le peuple (Impr. royale, 1779, in-12), que Desgenettes date de 1777 (B.Un.).

Bibliographie

A.M. Longwy, reg. par. – Gazette de France, 17 mai 1760. A.R. – Desgenettes CE. Dufriche, baron, notices dans Biographie médicale (Encyclopédie méthodique, Panckoucke, t. VII, 1825), et B.Un., Supplément. –Delaunay P., Le Monde médical parisien au XVIIIe siècle, Paris, Rousset, 1906, in-8°, p. XI-XIII. – (DC) Lambert Des Cilleuls J., «Un précurseur de la presse médicale en France, Richard de Hautesierck», dans Histoire des sciences médicales, t. VI, n° 3, juil.-sept. 1972, p. 153-159.

Auteur(s) de la notice


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