VANDERMONDE

Auteurs

Numéro

792

Prénom

Charles

Naissance

1727

Décès

1762

Charles Augustin Vandermonde est né à Macao le 18 juin 1727 (F.L. ; N.B.G.). Son père, Jacques François Vandermonde, originaire de Landrecies dans la Flandre française (Feller-Weiss), était docteur en médecine de Reims. Il partit en 1720 pour Poulo-Condor avec l'ingénieur Didier, passa de là à Macao, y exerça son art, et reçut la nationalité portugaise ; il se maria avec Doria Espérance Cacilla. Veuf en 1731, il rentra en France avec son fils, devint docteur en médecine de Paris en 1734 et mourut peu après (R, p. 3-4). V.

2. Formation

Son père le confie à l'abbé Batteux pour les belles-lettres. Orphelin, il est recueilli par les Jussieu ; il achève aisément de bonnes études médicales en devenant docteur en 1748. Avec l'abbé Nollet, il se livre à des expériences de physique (R, p. 4-6). Il devient professeur de chirurgie à Paris ; l'Institut de Bologne le choisit comme membre associé ; en 1757 il est censeur royal (Feller-Weiss).

6. Activités journalistiques

En novembre 1755, pour le t. V, V. reprend la direction du Recueil périodique d'observations de médecine, de chirurgie, et de pharmacie, qu'avaient créé en juillet 1754 François Bernard, Nicolas Bertrand et Grasse (DP. 1 1178). Il le transforme à la demande de Didot le jeune qui a obtenu le privilège, en Journal de médecine, chirurgie, pharmacie à partir du t. VIII (janv. 1758) et il en assume la responsabilité jusqu'au t. XVI (janv. 1762) ; il y introduit les comptes rendus des ouvrages parus.

7. Publications diverses

V. a traduit de l'italien du médecin napolitain Curzio une Dissertation anatomique et pratique sur une maladie de peau (Paris, Vincent, 1755, in-12). Il a publié un Essai sur la manière de perfectionner l'espèce humaine (Paris, Vincent, 1756, 2 vol. in-12) où il préconisait les croisements raciaux sur le modèle des croisements entre races animales. Roux a révélé (R, p. 9) que V. était aussi l'auteur du Dictionnaire portatif de santé par M.L. *** [...], M. de B***, longtemps voilé par les pseudonymes et souvent réédité (1er éd., 1759 ; 4eéd., Paris, Vincent, 1765, 2 vol. in-12 ; Pierre Sue en publie ensuite des éditions augmentées). Dans ses papiers, on a retrouvé des notes sur la médecine chinoise à partir d'observations rapportées par son père (R, p. 11) et la traduction d'un manuscrit chinois (B.Un.,) ; voir B.N., n.a.fr. 2762.

8. Bibliographie

F.L. 1769 ; B.Un. ; N.B.G. ; Feller-Weiss. – (R) Roux A., «Eloge de Vandermonde», Journal de médecine,juil. 1762,

t. XVII, p. 3-12. – Desgenettes R., art. dans Biographie médicale, Panckoucke, t. VII, 1825, p. 397.

ROUTH

Numéro

716

Prénom

Bernard

Naissance

1695

Décès

1768

Le lieu exact de sa naissance n'est pas certain. Selon Sommervogel (t. VII, p. 236), il est né le 11 février 1695 à «Kilkenny (Irlande) ou à Spire ou à Landau (Alsace)». Selon toute vraisemblance, son père William Routh avait déjà émigré à cette date avec sa femme, Margaret O'Dogherty. Le lieu de sa naissance pourrait donc être Landau, dans le diocèse de Spire (Taylor, p. 102). Il est mort à Mons (Belgique), le 18 janvier 1768.

2. Formation

Il commença ses études à Poitiers au collège des Petits Jésuites, qui recevait les jeunes émigrés (Taylor, p. 102). Il entra au noviciat des Jésuites le I e r octobre 1716.

3. Carrière

Envoyé à Poitiers où il enseigna au collège irlandais, il s'intéressa d'abord à l'histoire (Sommervogel). Il se trouve en 1725 au collège Louis-le-Grand et contribue, lors du mariage du roi, au recueil In regales nuptias offert par le Collège. Il participe ensuite au projet de traduction des Philosophical transactions (1728), envisagé par les Jésuites et repris en 1731 par F. de Brémond. En 1729, il retourne à Poitiers pour enseigner dans son ancien collège ; il en devient vice-recteur de 1736a 1738. Il est alors en relations avec le R.P. Castel et avec l'intendant de Poitiers, J. Lenain, qui sont des amis de Montesquieu (Taylor, p. 102-105). En 1738, il est envoyé comme «scriptor» à Louis-le-Grand, où il séjourne treize ans, assurant en même temps que sa charge un enseignement d'Ecriture Sainte. Au total, selon Sommervogel, il enseigna quatre ans les humanités et la rhétorique (à Louis-le-Grand), huit ans la philosophie (à Poitiers) et treize ans l'Ecriture Sainte (à Louis-le-Grand).

5. Opinions

Il reçoit la confession de Montesquieu le 2 février 1755 et présente le compte rendu de cette mort et de son propre rôle dans une lettre au nonce à Paris (publiée par L.M. Chaudon, Dictionnaire anti-philosophique, Avignon, Vve Girard et Seguin, 1767, supplément, p. 386-389). Son attitude a été jugée avec sévérité et non sans parti-pris par la duchesse d'Aiguillon, autre témoin de cette mort. Il paraît probable que R., sur ordre de ses supérieurs, a tenté en vain de se faire remettre des corrections des Lettres persanes. Voltaire a fait de lui un modèle du Jésuite indiscret, insinuant et menteur, afin de combattre l'idée que Montesquieu ait pu mourir en catholique sincère (Œuvres complètes, éd. Moland, t. XIX, p. 503, t. XXI, p. 360, t. XXVII, p. 299). Taylor, qui a examiné avec rigueur le rôle de R., le juge moins déplaisant (p. 111-121). R. Shackleton reste très circonspect devant des témoignages opposés (Montesquieu ; a critical biography, Oxford U.P., 1961, p. 393-399). Après avoir analysé ses opuscules littéraires et historiques, Taylor se refuse à voir en R. un fanatique.

6. Activités journalistiques

II collabora aux Mémoires de Trévoux de 1739 à 1743 (Feller-Weiss ; Sommervogel). En fait, il ne paraît aucun article de lui après 1741 (Taylor, p. 109-110).

7. Publications diverses

«Ode à la Reine», dans le recueil In regales nuptias Ludovici XV et Mariae Leszinskiae, Paris, S. Langlois, 1725, in-4°. Lettres critiques sur les voyages de Cyrus, Paris, Rollin, 1728, in-12, attribué à R. par Feller-Weiss et Sommervogel. Relation fidèle des troubles arrivés dans l'empire de Pluton, au sujet de l'histoire de Sethos, Amsterdam, Wetstein frères, 1731, in-8°. – Lettres écrites à M. le comte *** sur le Paradis perdu et reconquis de Milton, Paris, Cailleau, 1731, in-12. Recherches sur la manière d'inhumer les anciens, Poitiers, Faulcon, 1738, in-12. – Lettre du R.P.R. *** Jésuite, à l'auteur d'Osarphis, dans les Œuvres mêlées de l'abbé Nadal, Paris, Briasson, 1738, 2 vol. in-12. – Histoire romaine des RR.PP. Rouillé et Catrou, t. XXI : «Caligula et Claude empereurs. Depuis l'an de Rome 789 jusqu'à 798», Paris, J. Rollin et fils, 1748, in-40.

8. Bibliographie

8. M.S., 23 janv. 1768, t. III, p. 286 ; Sommervogel, t. VII, p. 236-238. – Taylor O.R., «Bernard Routh et la mort de Montesquieu», French studies, avril 1949, p. 101-121. Voir l'inventaire des documents biographiques, p. 102, n. 2. – Delattre P., Les Etablissements des jésuites en France, t. IV, Enghien, 1956, col. 58-59.

RONDET

Auteurs

Numéro

703

Prénom

Laurent

Naissance

1717

Décès

1785

Né à Paris le 6 mai 1717, Laurent Etienne Rondet était le fils de l'imprimeur-libraire Laurent Rondet et le petit-fils de Jean Boudot, libraire imprimeur du roi, mort en 1706. Il est mort le 1er avril 1785à Paris (Feller-Weiss).

2. Formation

Elève de Rollin.

3. Carrière

Il aurait été converti au jansénisme par les arguments de l'évêque appelant Soanen ; Feller vante sa science et regrette « ses liaisons avec les agents d'une secte qui porte le trouble dans la science théologique».

Journal chrétien (D.P.1 627) : R. y collabore de 1761 à 1764 par des contributions sur l'histoire sainte essentiellement (F.L.).

Mémoires de Trévoux : «plusieurs Analyses & Dissertations depuis 1762 jusqu'en 1766» (F.L.).

Journal ecclésiastique de l'abbé Dinouart (D.P.1 727) : R. y collabore en 1765.

7. Publications diverses

La F.L. donne une longue liste des éditions d'ouvrages religieux qu'il a publiées : éditions de l'Histoire ecclésiastique de Fleury (t. I-XX, 1740 ; avec table des matières des t. I­XXXVI), des Opuscules de Bossuet (1751), des Lettres provinciales « avec un Discours préliminaire », de la Bible de Le Gros, des Réflexions sur l'Histoire ecclésiastique de l'abbé Racine, du Manuel chrétien, de l'Instruction chrétienne des pauvres, etc. Il a également imprimé le Dictionnaire latin de J. Boudot, des Réflexions sur le désastre de Lisbonne, des tables de Lelong, l'Apparat royal (1765). Selon Feller-Weiss, il a publié de nombreux bréviaires. Voir le Journal ecclésiastique de 1786. F.L. 1769 ; Feller-Weiss ; D.L.F.

RICHARD DE HAUTESIERCK

Auteurs

Numéro

687

Prénom

François

Naissance

1713

Décès

1789

François Marie Claude Richard, fils d'Etienne et d'Anne Catherine Basselle, a été baptisé le 27 mars 1713 à Longwy (A.M. Longwy, reg. par.). Dès le XVIIe siècle, la famille Richard de Clévant, originaire de Pont-à-Mousson, a pris le nom de Richard de Hautesierck. François épouse en 1742 Elisabeth de Senneton de Chermont, fille d'un officier d'artillerie. Il s'éteint le 28 décembre 1789, paralysé depuis octobre 1778 par une attaque d'apoplexie (DC). A partir de l'Almanach royal de 1778, il n'est plus «Richard de Hautesierck» mais «Richard d'Uberherrn».

2. Formation

R. aurait débuté à quatorze ans comme sous-lieutenant au régiment de Nassau avant de commencer ses études médicales à Montpellier ; il prend ses grades à Reims ; bachelier le 10 avril, il est reçu docteur le 4 juin 1736 (DC, p. 154, contrairement à Desgenettes).

3. Carrière

Il aurait contribué à la guérison de Louis XV, tombé malade à Metz en 1744 (Desgenettes). Dès 1734 il a exercé à Plombières comme chirurgien des eaux. Il soigne en 1745 la femme du secrétaire d'Etat à la Guerre, la comtesse d'Argenson. Remarqué par le ministre, il devient médecin de l'hôpital militaire de Sarrelouis. En 1754, il est premier médecin de l'armée de Westphalie et soigne Chevert à Cologne en 1758. En février 1759, il est également chargé de l'armée du Main (DC, p. 154). Le 8 mai 1760, il est chevalier de l'ordre de Saint-Michel (Gazette de France, 17 mai 1760). Le 6 juin, il ajoute à ses fonctions celles de médecin consultant du roi et d'inspecteur des hôpitaux d'Alsace. Le 23 juin 1765, il est aussi médecin des Grandes et Petites écuries du roi. Il reçoit le 1er janvier 1769 son brevet de premier médecin des camps et armées du roi et d'inspecteur général des hôpitaux militaires et des charités. De plus, jusqu'en 1778, il porte le titre de directeur général de la médecine chirurgie, pharmacie et jardins botaniques des hôpitaux (DC, p. 154-155). C'est R. qui est chargé d'inoculer le jeune roi Louis XVI et ses frères à la Muette le 18 juin 1774. Peut-être la baronnie allait-elle récompenser la réussite de l'opération, qui fit trembler et valut à l'auteur le surnom de « Richard sans peur » (lettre de Mme Du Deffand à Voltaire, 16 juin 1774, Voltaire, Correspondence, éd. Besterman, D18992). En 1779, la page de titre d'un ouvrage présente encore R. comme «conseiller d'Etat», ce que confirment les Almanachs royaux à partir de 1780. Mais il est désormais hémiplégique ; sa «remarquable activité» a pris fin (DC, p. 159). Il avait appartenu à l'Académie de Goettingen (A.R.).

4. Situation de fortune

Après la guerre de Sept Ans, il reçoit une gratification de 1000 £. Le 1er août 1774, l'inoculation de la famille royale lui vaut une pension de 3000 £. A l'apogée de sa carrière, ses appointements s'élèvent à 20 500 £, dont une part sous forme de pension de 1200 £ pour son fils aîné, après sa mort (DC, p. 154).

5. Opinions

Avant d'énumérer ses titres et distinctions, Desgenettes écrit que « dans toute sa carrière médicale Richard ne négligea aucun moyen d'entretenir son crédit et qu'il y réussit parfaitement» (B.Un.). Sous la plume d'un médecin militaire réputé, devenu lui-même baron d'Empire, cette réflexion révèle qu'une telle réussite ne dut pas laisser ses confrères indifférents.

6. Activités journalistiques

Chargé par Choiseul de réorganiser les hôpitaux militaires après la guerre, il y contribue notamment par la publication du Recueil d'observations de médecine des hôpitaux militaires, considéré comme la première des revues médicales françaises. Le premier volume, dédié à Choiseul, est publié en 1766, le second, dédié à son successeur Monteynard, en 1772 (voir D.P.1 1166). Parmi les 54 médecins et chirurgiens qui collaborent au Recueil, on trouve Dehorne, qui va relancer l'entreprise en 1782 avec son Journal de médecine, chirurgie et pharmacie militaire (D.P.1 672). R. invitait ses collaborateurs éventuels à étudier « la topographie physique et médicale des pays habituellement occupés par les troupes » et à communiquer leurs observations sur les épidémies (analyse des deux volumes dans DC, p. 155-159).

7. Publications diverses

R. a publié à la suite du premier volume de son Recueil un Formulaire pharmaceutique destiné aux hôpitaux sédentaires, qu'il avait déjà publié à Cassel en 1761 (Desgenettes) ; il est aussi l'auteur de la Manière de connaître et de traiter les principales maladies aiguës qui attaquent le peuple (Impr. royale, 1779, in-12), que Desgenettes date de 1777 (B.Un.).

8. Bibliographie

A.M. Longwy, reg. par. – Gazette de France, 17 mai 1760. A.R. – Desgenettes CE. Dufriche, baron, notices dans Biographie médicale (Encyclopédie méthodique, Panckoucke, t. VII, 1825), et B.Un., Supplément. –Delaunay P., Le Monde médical parisien au XVIIIe siècle, Paris, Rousset, 1906, in-8°, p. XI-XIII. – (DC) Lambert Des Cilleuls J., «Un précurseur de la presse médicale en France, Richard de Hautesierck», dans Histoire des sciences médicales, t. VI, n° 3, juil.-sept. 1972, p. 153-159.

MERCIER DE SAINT-LEGER

Auteurs

Numéro

569

Prénom

Barthélemy

Naissance

1734

Décès

1799

Barthélémy Mercier est né à Lyon le 4 avril 1734 ; il était le fils de Jean Baptiste Mercier, employé dans la marine, et d'Antoinette Roche (A.M. Lyon, reg. par. Saint-Nizier). Devenu abbé de Saint-Léger en 1767, il est parfois dénommé ainsi, ou encore Mercier de Saint-Léger. Il meurt à Paris le 13 mai 1799.

2. Formation

En 1749, il entre au noviciat de la congrégation des chanoines de Sainte-Geneviève à Paris : les génovéfains jouent un rôle important dans la vie religieuse de Lyon au XVIIIe siècle. Il prononce ses vœux en 1750. Le roi, qui apprécie sa science lors d'une visite à la bibliothèque Sainte-Geneviève, lui accorde le bénéfice de l'abbaye de Saint-Léger de Soissons le 1er novembre 1767 (et non pas en 1764 ; voir Gazette de France, 7 nov. 1767). A la Révolution, il détient encore l'aumônerie de la Grande Fauconnerie de France et le prieuré de Saint-Pierre de Montluçon (D.L.F.).

3. Carrière

Après ses années lyonnaises (jusqu'en 1749), puis son séjour à Paris en 1749-1750, il se rend à l'abbaye de Chaînées en Champagne pour y enseigner la rhétorique et la philosophie. Il retourne à Paris en 1754 pour devenir l'adjoint de Pingré, bibliothécaire de Sainte-Geneviève, avec qui il se forme avant de lui succéder en 1760 ; il garde cette fonction jusqu'en 1772, date à laquelle il l'abandonne à la suite de tracasseries dont il est l'objet. Il fait alors un voyage en Hollande pour rassembler des documents et des informations destinés à la publication d'un ouvrage de bibliographie. De 1772 à sa mort, il ne semble pas avoir quitté Paris. Sous la Révolution, à laquelle il n'est qu'indirectement mêlé, il vit retiré ; ayant vu un ami, l'abbé Royer, sur une charrette en route vers l'échafaud parmi 67 condamnés à mort, le 19 messidor an II (7 juil. 1794), il ne sort plus de son petit appartement du faubourg Saint-Jacques, où il habite avec une amie peut-être intéressée.

4. Situation de fortune

Il a pour revenu principal le bénéfice de son abbaye. Quand la Révolution le prive de telles ressources, il perd également les revenus de 24 000 francs placés en rente viagère sur son ami Anisson-Duperron. Il continue cependant ses recherches. Membre de la commission des Monuments du 18 octobre 1792 au 29 frimaire an II (19 déc. 1793), il s'attache à protéger les fonds des bibliothèques durant les troubles sans recevoir d'émoluments pour cette mission ; la Convention ne lui accorde que 1500 francs en assignats le 14 nivôse an III (3 janv. 1795). Ce n'est qu'après avoir refusé le poste de conservateur de la bibliothèque de Bruxelles qu'il va recevoir, peu avant sa mort le 15 ventôse an VII (15 mars 1799), grâce au ministre François de Neuf-château, une pension de 2400 francs payée d'avance (Chardon de La Rochette, «Notice», p. 12-14, 17- 19-20). La famille de M. avait la conviction qu'il avait été circonvenu par une «bonne amie», une «femme complaisante», attentive à l'écarter des siens «pour le spolier plus sûrement» et «s'approprier les débris de sa fortune».

5. Opinions

Les Mémoires de Trévoux (1763) gardent le témoignage de démêlés entre M. et Debure, auteur de la Bibliographie instructive (voir B.Un., «Debure»).

6. Activités journalistiques

M. accède à la direction des Mémoires de Trévoux en octobre 1764 (M.S., t. II, p. 75, 173, 335 ; t. XVI, p. 224) alors qu'il a déjà collaboré à plusieurs périodiques. Jusqu'en octobre 1765, il est aidé par Pingré et par l'abbé Guyot, aumônier du duc d'Orléans, membre de la Société royale de Nancy. Mais il abandonne sa tâche en mai ou juin 1766, découragé peut-être de n'avoir pas obtenu des génofévains le concours qu'il en escomptait (Sommervogel, Table méthodique des Mémoires de Trévoux, Paris, 1864,1.1, p. XCVII).

Collaborations diverses, en particulier sous la forme de lettres aux journaux (d'après Chênedollé) : Journal encyclopédique, 1760, puis 1783-1785 ; Mercure de France, 1762 ; Mémoires de Trévoux, 1762-1766 ; L'Année littéraire, 1764, 1768, 1771, 1774-1776, 1782, 1786-1789 ; Journal de Verdun, 1776 ; Journal des savants, à partir de 1776 ; Journal de Paris, 1777-1778 ; Journal historique et littéraire de Luxembourg, 1778 ; Esprit des Journaux, 1779-1780 ; Affiches de Paris, 1780 ; Journal des Deux-Ponts, 1784 ; Journal Général de France, 1785-1789 ; Analyse des Papiers anglais, 1788 ; Journal ecclésiastique, 1788 ; Journal de la Ville, 1789 ; Annales patriotiques et littéraires de la France, 1789 ; de nombreux autres titres, entre 1790 et 1793 ; Magasin encyclopédique, 1795-1797.

7. Publications diverses

On doit à M. un grand nombre d'ouvrages savants, sur­tout de bibliographie (cf. Cat.B.N. ; Chênedollé). Mentionnons surtout le Supplément à l'Histoire de l'origine et des progrès de l'imprimerie de Prosper Marchand (Paris, P.D. Pierres, 1772, in-40 ; éd. revue, 1775). Restent en manuscrit des notices sur les poètes latins du moyen-âge jusqu'à l'an 1520 et d'autres notes érudites. On n'est pas assuré de sa participation à l'édition du De tribus impostoribus par le duc de La Vallière en 175 3 (J.C. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur des livres, Paris, 1860-1865, t. HI, P- 335)- Le texte du Voyage de Robertson aux terres australes (Amsterdam, 1767, in-12, 474 p.) a été modifié par M. pour Hérissant fils, afin d'en permettre l'entrée en France (D.O.A., t. IV, col. 1078).

8. Bibliographie

A.M. Lyon, reg. par. Saint-Nizier. – Gazette de France, 7 nov. 1767. – Péricaud, notes biographiques, A.D. Rhône, fonds Galle, ms. 83. L'essentiel de ces notes est extrait de la «Notice sur la vie et les écrits de Mercier de Saint-Léger», composée par Chardon de La Rochette (Magasin encyclopé­dique, Ve année, t. II, messidor an VII [1799], in-8°, 30 p.). La B.M. de Lyon en possède un exemplaire annoté de la main d'un parent de M. (356.078) ; ce dernier atteste la véracité des renseignements biographiques, mais il insiste sur le rôle néfaste de la «créature complaisante qui sous le voile de la religion s'est emparé de l'esprit de M. de Saint-Léger» et de ses dernières ressources. – Bibliographie de M. dans : Chênedollé C. de, Notice raisonnée des ouvrages, lettres, disserta­tions, etc. publiés [...] par Mercier de Saint-Léger depuis 1760 jusqu'en 1799, rédigée en partie par lui-même, Bruxelles, F. Heussner, 1853, in-8°, 80 p. : tiré à part du Bulletin du bibliophile belge, 1852-1853.

MATHON DE LA COUR

Auteurs

Numéro

560

Prénom

Charles

Naissance

1738

Décès

1793

Ayant pour père le mathématicien et académicien lyonnais Jacques Mathon de La Cour, Charles Joseph resta longtemps «Mathon de La Cour le fils». Il est né à Lyon le 6 octobre 1738 ; le nom de sa mère est Catherine de La Forest (A.M. Lyon, par. Saint-Paul, n° 470, f° 163). Il est mort sur l'échafaud à Lyon le 15 novembre 1793 (A.D. Rhône, d'après A.H.R., t. VI, p. 300). II était le beau-frère du poète Lemierre (ibid.). Il a pris, pour un ouvrage de vulgarisation économique, le pseudonyme de «Fortuné Ricard, maître d'arithmétique à D***».

2. Formation

Envoyé à Paris pour y terminer ses études, il fréquente artistes et gens de lettres ; il acquiert quelque réputation parmi eux et dans le monde grâce à ses qualités personnelles et par des prix remportés dans divers concours académiques : Académie des Inscriptions et Académie de Lyon en 1767, de Rouen en 1770, etc., et plus tard de Châlons-sur-Marne en 1788 (Dumas, 1.1, p. 329 ; A.H.R., t. VI, p. 301).

3. Carrière

A la mort de son père en 1770, il revient à Lyon où il va jouer un rôle bénéfique dans la vie locale. Il est l'un des fondateurs de la Société philanthropique et du Bureau des mères-nourrices de Lyon. Il crée en 1786, sur le modèle de l'Athénée de Paris, un Lycée, sorte d'université pour tous où sont enseignées surtout les sciences et les langues vivantes (A.H.R., t. VI, p. 304 ; Dumas, t. I, p. 329). Le 2 mai 1780, il est devenu membre ordinaire de l'Académie de Lyon en remplacement du jurisconsulte et écrivain Sozzi (A.H.R., t. VI, p. 300). Il appartient aussi à la Société royale d'agriculture et à la Société patriotique bretonne (Camelin, 27 janv. 1921).

Vice-président de section lors du siège de Lyon par les troupes de la Convention, il est arrêté le 12 octobre 1793, condamné à mort le 15 novembre et guillotiné place Bellecour (A.H.R., t. VI, p. 300 ; Camelin, 11 et 17 févr. 1921 ; Vingtrinier, 1.1, p. 15).

4. Situation de fortune

Sa famille était fortunée. Lui-même utilise sa richesse pour soutenir ses actions philanthropiques. Ainsi faisait-il venir de Paris à ses frais des ouvriers boulangers pour ensei­gner aux Lyonnais à faire un pain meilleur et moins coûteux (Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle).

5. Opinions

M. est acquis à l'esprit des Lumières et il accueille la Révolution avec espoir ; mais il demeure un modéré ; il s'oppose à la politique des Jacobins. Il a été franc-maçon de la loge Saint-Jean d'Ecosse du Patriotisme à Lyon (Camelin, 11 févr. 1921). La B.M. de Lyon possède le texte d'un discours qu'il y a prononcé le 27 juillet 1785 (s.l.n.d., 4 p.).

6. Activités journalistiques

Il a collaboré, de juin 1764 à juillet 1768, au Journal des dames, sous la direction officielle de Mme de Maisonneuve (D.P.1 697). Avec son ami Claude Sixte Sautreau de Marsy, il a donné au journal une couleur plus moderne et plus philosophique (Gelbart, p. 150 et suiv.). A la même époque, il a travaillé à un Journal de musique (A.H.R., t. VI, p. 303, n° 1). Par la suite, il contribue largement à YAlmanach des Muses, lancé par Sautreau de Marsy en 1768 (D.P.1 80), et lui fait d'emblée dans le Journal des dames une large publicité (Gelbart, p. 149). En 1775, il fonde, avec Etienne Framery, un périodique annuel, L'Almanach musical,ouvrage que les deux auteurs céderont à Luneau de Boisjermain en 1781

(D.P.i 85).

Après la suppression du Journal des dames, M. se retrouvait dans une situation difficile : non seulement il était soudaine­ment sans revenus réguliers, mais il avait aussi perdu une somme considérable investie dans le journal que le lieutenant général de police, Sartine, venait de suspendre. Ces conditions l'obligeaient à chercher un autre emploi. Il entra en négociation avec un certain Dampierre, chargé de trouver un remplaçant à Jean Manzon, alors rédacteur du Courier du Bas-Rhin, gazette éditée à Clèves en Allemagne depuis 1767. Dampierre lui-même avait été contacté par le conseiller de la Chambre de guerre et des domaines à Clèves, Bernuth, qui, en tant que «premier directeur» du journal, dirigeait le Courier depuis février 1769, après une réorganisation du périodique transformé en entreprise royale, sous contrôle immédiat de l'Etat prussien. Après seulement quelques mois de fonction, Bernuth songeait déjà à se débarrasser du «deuxième direc­teur et auteur de la gazette», Manzon, un Piémontais d'origine. Après que Dampierre, le 10 août 1769, eût transmis à Clèves qu'il avait trouvé un excellent candidat pour le poste de rédacteur, avec «une réputation faite dans les Lettres», M., lui, s'adressa directement au dirigeant du journal de Clèves une semaine plus tard. «Je cède», écrivit-il, «aux instances de M. de Dampierre et j'accepte pour moi même non la place de correspondant à Paris, mais celle qu'on veut remplir à Clèves [...]. Je tacheroi de prouver à ceux qui protegoient l'auteur actuel qu'on peut avoir de la fermeté et de la dignité dans le style sans faire dégénérer une Gazette en Libelle. » Le salaire qu'il exigeait ne dépassait pas la somme que touchait alors le rédacteur en fonction, Manzon : « 1.600 Livres de fixe, le logement, le feu et la lumière avec un bénéfice de 50 florins par cent de débit». Des conditions assez modestes pour cet auteur reconnu, et qui soulignent à quel point M. dut être pressé de quitter sa patrie pour un certain temps. Le journaliste tombé en disgrâce à Paris ne chercha point à cacher les motifs qui l'avaient poussés à accepter un emploi dans la Westphalie lointaine : « L'envie de voyager, et d'étudier les mœurs allemandes s'est jointe à des circonstances particulières, qui me font consentir à ce voyage. Le ministre vient de supprimer mon Journal sous prétexte qu'il faisoit tomber les Mercure. On ne me donne aucun dédommagement pour cet ouvrage qui m'avoit coûté 25 mille livres d'avances. Je veux le remplacer par une autre occupation suivie, et je suis charmé d'en trouver hors de France». La négociation échoua. Il semble que Jean Manzon ait été déjà suffisamment en faveur auprès des ministres à Berlin pour garder son emploi. En automne 1769, il l'emporta finalement sur son concurrent parisien. [Paragraphe rédigé par Mathias Beerman.]

Il est le principal rédacteur du Journal de Lyon ou Annonces et variétés pour servir de suite [puis : de supplément] aux Petites Affiches de Lyon dont le 1er numéro (16 p. in-8°) paraît le 8 janvier 1784 ; le dernier numéro connu est celui du 12 juillet 1792 (Aimé de La Roche, puis, en 1792, Bruyset frères, 9 vol. in-8°). D'abord à dominante littéraire, le Journal de Lyon fait une part croissante à la politique. Seulement toléré, il n'obtient que le 5 septembre 1787 la liberté de circulation dans tout le royaume et devient alors Journal de Lyon et des provinces de la généralité (D.P. 1 668). A partir du 3 avril 1791, il englobe le Courrier de Lyon, feuille plus vigoureusement révolutionnaire de l'avocat Champagneux (Vingtrinier, t. I, p. 13-16 ; Loche, p. 10-11).

Parmi les rédacteurs du Journal de Lyon, il faut signaler Jacques Maurice Gaudin (1740-1810), Oratorien, bibliothé­caire du collège de la Trinité, député de la Vendée à l'Assemblée Nationale en 1792, qui a rédigé les articles d'histoire locale (Biographie lyonnaise, p. 122) et l'historien Lemontey (Vingtrinier, p. 15).

7. Publications diverses

M. s'est fait connaître par la traduction de l'italien d'un opéra, Orphée et Eurydice (Paris, 1765, in-12) ainsi que par une Dissertation [...] sur les lois de Lycurgue (Lyon et Paris, Durand et Vallat La Chapelle, 1767, in-8°), présentée au Roi le 6 septembre 1767 (Gazette, 11 sept. 1767). Son ouvrage le plus célèbre jusqu'au XIXe siècle est le Testament de Fortuné Ricard, maître d'arithmétique (s.l. [Lyon], 1785, in-8°), qui fut parfois attribué à Franklin. Au total, si Cior 18 ne retient que 9 titres (n° 43729-43737), une bibliographie plus complète a été établie dans la notice des A.H.R. (t. VI, p. 302-303, notes) et par J.B. Dumas qui relève 16 ouvrages imprimés et 7 ms. conservés (t. I, p. 330-331 ; analyses dans Camelin, 27 janv. 1921).

8. Bibliographie

CL. ; B.Un. ; Cior 18. – Geheimes Staatsarchiv Preus­sischer Kulturbesitz, Abteilung Merseburg : 1) copie d'une lettre adressée à Bernuth et datée de Paris le 10 août 1769 (GStA Merseburg, Generaldirektorium, tit. CXLIX, n° 1, vol. 3, f° 18) ; 2) lettre de M., «rue de grenelle et honore», datée de Paris le 17 août et adressée à Bernuth (ibid., f° 19). – Bréghot Du Lut et Péricaud, Biographie lyonnaise, Lyon, 1839. – (A.H.R.) Archives historiques du Rhône, t. VI, Lyon, 1827. – Dumas J.B., Histoire de l'Académie de Lyon, Lyon, Giberton et Brun, 1839. – Vingtrinier A., Histoire des jour­naux de Lyon, part. 1, «de 1677 à 1814», Lyon, Brun, 1852, 13-16. – Desvernay F., notice de M. dans Lyon Revue, 1886, p. 154-157. – Loche M., Journaux imprimés à Lyon, 1633-1794, Paris, Le Vieux Papier, 1968, fasc. 229, p. 10-11. – Tricou J., Armoriai et répertoire lyonnais, Paris, Saffroy, 1965-1976. – Camelin J., «Un journaliste lyonnais : Mathon de La Cour», Sud-Est, 27 janv., 3, 11 et 17 févr. 1921. – Gelbart N.. Feminine and opposition journalism in old régime France : le Journal des dames, Berkeley, U. of California Press, 1987.

MARIN

Auteurs

Numéro

548

Prénom

François

Naissance

1721

Décès

1809

François Louis Marie Claude Marini, dit Marin, est né à La Ciotat le 6 juin 1721. Il était enfant illégitime (N.B.G.). Dans sa notice sur Michel Ange Marin (169 7-1767), religieux minime, auteur d'ouvrages ascétiques et de romans édifiants, le N.D.H. précise que ce dernier était «d'une famille noble originaire de Gênes et fixée à Toulon des le XIIe siècle. Elle alla s'établir à Marseille vers la fin du XVIe siècle, et y fut distinguée par sa probité et par ses places. Le frère du P.

2. Formation

Il débute comme organiste dans sa paroisse, et se destine à l'état ecclésiastique. Venu à Paris en 1742, il serait devenu avocat en Parlement, selon ses biographes, mais rien ne l'atteste dans les A.R. consultés.

3. Carrière

Il est adjoint de Crébillon comme censeur royal, puis son successeur en 1762. En octobre 1763, il devient secrétaire général de la Librairie, succédant à Sartine qui continuera à le protéger. Il abandonne cette fonction lorsque lui est confiée la direction de la Gazette de France en 1771 (cf. n° du 14 sept. 1771). Il est remplacé à ce poste par l'abbé Aubert en 1774. Certains biographes prétendent qu'il perdit alors sa fonction de censeur, mais rien ne le prouve et Voltaire lui donne toujours ce titre dans ses lettres de 1774 à 1778. A cette date, il achète une charge de lieutenant général de l'Amirauté à La Ciotat où il va s'installer (retour en forme de revanche?). Privé de cette ressource à la Révolution, il revient ruiné à Paris en 1794.

5. Opinions

Les dédicaces de ses premiers ouvrages le montrent attaché à la famille de Rosen, sans doute comme précepteur. Selon Thiériot, qui renseigne Voltaire, «M. Marin a été gouverneur des fils de M. le duc d'Olone, de M. de Crussol Surgères [?]. Il est fort attaché et fort estimé de M. le Comte de Caylus» (30 mars 1758, D7701). Il prend parti contre Rousseau en 1752 dans la querelle du Devin de village, puis en 1763. « Sa rigueur de censeur lui fit des ennemis » (D.L.F.) ; cependant, il était secrètement favorable aux philosophes (Larousse).

Il est embastillé quelques jours en 1763 pour avoir laissé passer quatre vers de Dorât peu respectueux de la majesté royale (lettre de Voltaire aux d'Argental, 25 mars [1763], Du 126). S'étant mêlé à la querelle entre le conseiller Goëzman et Beaumarchais, il est ridiculisé par ce dernier dans ses divers Mémoires de 1773-1774, d'où il reçoit le surnom de Qu'es aco; ne devait-il pas à Maupeou la direction de la Gazette ? Sur les précédents directeurs, Suard et Arnaud, voir le rapport critiquant leur gestion que M. rédige le 26 juillet 1774 (voir art. «Suard»). Sur les longues et parfois délicates relations de M. et de Voltaire, qui remontent à 1758 avec l'envoi au philosophe de l'Histoire de Saladin, utiliser l'index de Voltaire, Correspondence; le 16 janvier 1778, Voltaire l'appellait: «mon ancien ami».

6. Activités journalistiques

A une date inconnue, il demande un privilège pour une gazette littéraire (B.N., f.fr. 22133, f° 80). En 1753, il tra­vaille au Journal étranger «pour les traductions des livres italiens» (f.fr. 22158, f° 105).

Le 1er septembre 1771, il succède à Arnaud et Suard à la tête de la Gazette de France et la rédige avec Collet de Messine jusqu'en septembre 1774. Le 30 octobre, le duc d'Aiguillon rédige un Règlement pour l'administration de la Gazette de France sous la direction de M. Marin (Feyel G., L'Annonce et la Nouvelle: la presse d'information et son évolution sous l'Ancien Régime (1630-1788), thèse, U. de Paris IV, 1994, t. III, p. 849 et suiv.); ses appointements sont fixés à 10 000 £ par an ; M. rend compte de son administration à Vergennes par un Mémoire sur la Gazette de France le 26 juillet 1774. II accorde dans la Gazette une grande place aux faits divers et «événements funestes» et s'en explique dans le numéro du 21 juin 1773 (Feyel, t. III, p. 864) ; cela lui vaudra mauvaise presse auprès des philosophes. « Marinade » était le nom « que l'on donnait aux fausses nouvelles, aux canards, vers la fin du dernier siècle à cause du gazetier M., qui cultivait ce genre d'amusement dans la Gazette de France» (Larousse).

Il aurait également collaboré à L'Année littéraire entre 1754 et 1756 (D.L.F.), mais cela reste à confirmer (nulle mention par Balcou, Fréron...).

7. Publications diverses

Il aborde les lettres par une Dissertation sur la fable ( 1745), puis en traduisant en vers la 6e églogue de Virgile (1748). En 1751, il publie chez Prault un traité sur la politesse et la sociabilité: L'Homme aimable, dédié au marquis de Rosen, avec des Réflexions et pensées diverses (voir R. Mauzi, L'Idée du bonheur dans la littérature et la pensée françaises au XIIIe siècle, A. Colin, 1979, p. 85, 100, 589). Il a composé des pièces de théâtre (Brenner, 8781-8789), des études archéologiques et historiques, en particulier l'Histoire de Saladin (1758 et 1763, 2 vol.), une adaptation d'Ossian, etc. Il a collaboré à l'édition des Œuvres du philosophe bienfaisant (le roi Stanislas) en 1763, du Testament politique de Richelieu en 1764, et de la Bibliothèque du théâtre français en 1768 (3 vol.). Voir Cior 18, n° 42605-42625.

8. Bibliographie

8. N.D.H. ; Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle; N.B.G.; D.L.F. – Voltaire, Correspondence, éd. Besterman.

MACQUER

Auteurs

Numéro

538

Prénom

Pierre

Naissance

1718

Décès

1784

Pierre Joseph Macquer est né à Paris le 9 octobre 1718 de Joseph Macquer et de Marie Anne Caillet (Vicq d'Azyr, p. 277). Issu d'une famille de nobles catholiques d'Ecosse qui ont émigré en France lors de l'exil des Stuarts (Biographie médicale), il a pour frère l'avocat et compilateur d'ouvrages historiques Philippe Macquer. M. est mort à Paris le 15 février 1784 ; il avait demandé à sa femme qu'on procédât à l'ouverture de son cœur, ce qui permit de déterminer les causes de son décès (Vicq d'Azyr, p. 303).

2. Formation

Les deux frères reçoivent les leçons d'un précepteur, M. Lebeau (Vicq d'Azyr, p. 277). M. fait ses études médicales à Paris où il obtient le doctorat en 1742. Il est docteur-régent (A.R., 1751, etc.). Mais il préfère se consacrer ensuite à des recherches en chimie et va contribuer à distinguer cette science de la simple préparation des remèdes.

3. Carrière

Il succède à Bourdelin comme professeur de chimie au Jardin du Roi (N.B.G.). Dès 1745 l'Académie des sciences le reçoit comme membre adjoint ; en 1766 il en devient membre associé, et pensionnaire en 1772 (B.Un.); il appartient aussi aux Académies des sciences de Stockholm, Turin, Philadelphie, à l'Académie de médecine de Madrid; en 1782 il est agrégé à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts nouvellement fondée à Padoue (Gazette de France, 30 avril 1782). Il est censeur royal au moins depuis 1757 (B.N., n.a.fr. 3345, f° 38-39: 21 mars 1757; cf. f.fr. 22142: 3 févr. 1762). Directeur de la manufacture de Sèvres, il y introduit en 1768 la fabrication de la porcelaine de Saxe (D.L.F.).

5. Opinions

Resté fidèle disciple de Rouelle, il s'oppose aux nouvelles théories introduites en chimie par Lavoisier.

6. Activités journalistiques

De 1768 à sa mort (selon D.O.A., t. II, col. 1023) ou plutôt jusqu'en 1776 (B.Un.), il rédige des articles de physique, anatomie, médecine, chirurgie, pharmacie, chimie, histoire naturelle dans le Journal des savants et dans le Mercure de France.

7. Publications diverses

Il a publié des ouvrages scientifiques et techniques dont les plus importants et les plus longtemps appréciés sont: Eléments de chimie théorique, Paris, Hérissant, 1749, in-8°. – Eléments de chimie pratique. Hérissant, 1751, 2 vol. in-12, trad. allemande et anglaise. – Art de la teinture en soie, Paris, Desaint, 1763, in-folio; trad. arabe en 1823. – Dictionnaire de chimie, Paris, Lacombe, 1766, 2 vol. in-8°, souvent réédité ; trad. allemande et italienne. – Il a collaboré à plusieurs ouvrages, en particulier avec Duchesne au Manuel du natura­liste ou Dictionnaire d'histoire naturelle, Paris, Desprez, 1770.

8. Bibliographie

D.O.A.; N.B.G.; D.L.F. – A.R., 1751, 1758. – Gazette de France, 30 avril 1782. – Vicq d'Azyr, Eloges historiques, dans Œuvres, Paris, Baudoin, 1805,1.1, p. 277-303. –Dictionnaire des sciences médicales, suivi de : Biographie médicale, Paris, Panckoucke, 1820-1825, t. VI, p. 145-147.

LE BOUCQ

Numéro

474

Prénom

Guy

Naissance

1732

Décès

1799

Issu d'une ancienne famille bourgeoise, Guy Leboucq naquit à Chartres en 1732. Il y mourut le 28 juin 1799.

3. Carrière

«Professeur de rhétorique à Chartres» selon Feller. Professeur de rhétorique au collège Pocquet, L. devint chanoine puis doyen de la Collégiale Saint-André.

4. Situation de fortune

Sur les revenus et la fortune des professeurs de l'ancien collège de Chartres, lire M. Couturier, p. 232-239.

5. Opinions

Selon L. Merlet, L. «jouissait de l'estime universelle pour sa piété et sa vertu».

6. Activités journalistiques

D'après Brissot de Warville, qui fut son élève en classe de rhétorique à Chartres, L. collaborait vers 1770 au Journal d'éducation (1768-1778), et faisait rédiger par ses élèves des articles pour ce périodique (Mémoires, Paris, Picard et fils, 1910-1914, t. I, p. 35-36).

7. Publications diverses

L. acquit une véritable réputation par son talent de rhéteur. De 1767 à 1788, il publia divers exercices et plaidoyers qui eurent un certain retentissement dans les journaux (Année littéraire de 1767, Journal encyclopédique de 1768 et 1775). Selon M. Couturier, la classe de rhétorique de L. fut, ainsi que le prouvent les thèmes de ses exercices, un cours de morale, d'instruction civique, d'économie politique parfois. La plupart des oeuvres de l'abbé furent réunies sous ce titre : Plaidoyers littéraires, panégyriques et oraisons funèbres, Paris, 1788, 2 vol. Liste des oeuvres de L. dans Feller, dans D.L.F. et dans Cio 18, n° 38070-38074.

8. Bibliographie

Feller-Weiss, D.L.F. – Merlet L., Bibliothèque chartraine antérieure au XlXe siècle, Orléans, 1882. – Couturier, Histoire du collège de Chartres, 1535-1794, dans Bulletin de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, n° 63 à 65, 1976-1977, p. 151-310.

LADVOCAT

Auteurs

Numéro

441

Prénom

Jean Baptiste

Naissance

1709

Décès

1765

Né à Vaucouleurs le 3 janvier 1709, Jean Baptiste Ladvocat est mort à Paris le 29 décembre 1765. Son père était juge royal des eaux et forêts et maire perpétuel de Vaucouleurs ; Jean-Baptiste était le dixième de ses vingt-et-un enfants (B.Un.).

2. Formation

Il fait ses études de philosophie au collège des Jésuites de Pont-à-Mousson. Mais il préfère ne pas se lier à leur compagnie et il va en Sorbonne, où il est «admis en 1734 à l'hospitalité et à la société en 1736 ; étant déjà en licence» (N.D.H.). Il obtient le bonnet de docteur.

3. Carrière

Il est alors rappelé dans son diocèse et nommé curé de Domremy. Mais il revient dès 1740 en Sorbonne dans une chaire royale ; il reçoit le titre de bibliothécaire de Sorbonne en 1742. En 1751, le duc d'Orléans fonde une chaire pour l'explication de l'Ecriture sainte selon le texte hébreu, et y place L. qui l'occupera jusqu'à sa mort (N.D.H.). Il a été également censeur royal ; Diderot parle de lui à ce titre avec estime en 1764 (Lettre sur le commerce de la librairie, Œuvres Complètes., éd. Lewinter, t. V, p. 373).

5. Opinions

A cette époque, L. venait de provoquer une querelle autour de la traduction des Psaumes par les capucins de l'Académie clémentine : après l'avoir approuvée comme censeur, il en publia la critique en 1763, ce qui suscita la réplique d'un érudit, ancien mousquetaire et académicien de Rouen, Bacq de Saint-Paul. Diderot rapporte d'autre part en témoin une boutade de L. visant Louis XV et Mme de Pompadour (Réfutation d'Helvétius, éd. citée, t. XI, p. 622). Dans une consultation donnée en 1749 par L., Lefèvre, Mercier et Joly, docteurs de Sorbonne, l'initiation et le serment maçonniques sont condamnés (B.Un.).

6. Activités journalistiques

Il a collaboré avec P.D. Burtin pour les tomes I à III de la Bibliothèque annuelle et universelle de 1751 à 1753 ; après la mort de Burtin, il en a publié seul le tome IV en 1757 (D.P.1 147).

Il aurait ensuite collaboré aux Annales typographiques de 1760 à 1763 (D.L.F., suivi par D.P.1 116).

7. Publications diverses

Dictionnaire géographique portatif, de «Vosgien, chanoine de Vaucouleur» (Paris, Didot, 1747, et nombreuses rééd.). Cet ouvrage célèbre, prétendûment traduit de l'anglais et abrégé du Grand Dictionnaire de La Martinière, a été rédigé à la fois par Vosgien et L., selon Bouillet : «c'est à tort qu'on a dit que Vosgien était un pseudonyme sous lequel Ladvocat s'était caché». – Dictionnaire historique portatif des grands hommes, 1752, 2 vol. in-8°, abrégé du Moreri souvent réédité et contrefait (voir Feller-Weiss), traduit en allemand et en italien. – Grammaire hébraïque à l'usage des écoles de Sorbonne, 1753 (rééd. en 1755, 1765, 1789). – Divers traités et dissertations sur la Bible, sur les conciles, publiés à Paris, Caen et La Haye, dont plusieurs posthumes (Feller-Weiss, Cior 18, n°35569-35579).

8. Bibliographie

N.D.H. ; Feller-Weiss ; B.Un. ; N.B.G. ; D.L.F. – L’Année littéraire, 1766, t.II (Eloge). – Bouillet M.N., Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, Paris, 1914, « Ladvocat » et « Vosgien ». – Didierot, Œuvres Complètes, éd. Lewintter, Paris, 1969-1973 (voir index).