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Etienne RASSICOD (1646-1718)

État civil

Né en 1646 à La Ferté-sous-Jouarre, Etienne Rassicod se retrouva orphelin dès l'âge de six ou sept ans. Il mourut à Paris le 13 mars 1718, après avoir souffert d'infirmités dues à l'âge et à l'étude. Il laissait un fils qui fut lui aussi avocat et censeur royal.

Formation

R. fut éduqué par des religieux briards qui lui enseignèrent les rudiments du latin. Pieux, il manifesta le désir d'entrer dans la communauté mais ses professeurs le jugeant trop délicat pour leur règle l'en détournèrent ; en revanche, ils encouragèrent son ardeur à l'étude et l'envoyèrent à Paris, au collège Du Plessis. R. y acquit un goût des belles-lettres qu'il développa, sorti du collège, par plusieurs années d'étude des poètes et des historiens grecs, latins et français.

Carrière

Le renom de son érudition parvint jusqu'à Louis François Lefèvre de Caumartin, intendant de Champagne puis conseiller d'Etat, qui l'introduisit sans doute peu après 1670, dans son cercle de lettrés, lui accorda sa confiance et une protection décisive pour la suite de sa carrière. Louis François de Caumartin attacha d'abord R. à sa maison en le donnant comme compagnon d'études à son fils, Louis Urbain, sorti depuis 1665 des mains de son précepteur, Esprit Fléchier, et âgé d'environ dix-sept ans. De Mentor, l'aîné se mua en condisciple et tous deux fréquentèrent les écoles de droit. Ces études conduisirent R. au barreau : il fut reçu avocat à Paris, le 7 mai 1674. Préférant l'étude aux plaidoiries, il consulta dans son cabinet où il méditait et annotait les grands textes juridiques. Ces qualités le firent choisir pour participer aux conférences que quatre célèbres conseillers d'Etat, Louis François de Caumartin, Jérôme II Bignon, Claude Le Pelletier et Claude Bazin de Bezons, tinrent sur le Concile de Trente et dont il rédigea le compte rendu.

A la position flatteuse que lui valaient ses consultations et ses relations dans les grandes familles parlementaires, la Faculté de droit ajouta en 1692 la distinction de Docteur agrégé d'honneur, puis l'abbé Bignon l'engagea en 1701 au Journal des savants et le nomma censeur. En cette qualité il reçut son premier ouvrage à examiner le 25 mars 1702 et jusqu'à sa mort il ne s'occupa que de livres de droit (recueils de lois ou de plaidoiries, traités de jurisprudence ou histoire du droit) dont il rendait compte en général en moins d'une semaine.

Activités journalistiques

Fréquentant les Bignon et alliés des Pontchartrain, les Caumartin introduisirent R. auprès du chancelier et du directeur de la Librairie qui l'appelèrent au comité de rédaction du J.S. en 1701 ou 1702, dans le temps où il était nommé censeur royal. Ces deux fonctions semblent avoir été complémentaires pour l'abbé Bignon qui nomma presque tous les membres du premier comité de rédaction du J.S. aux deux emplois, sans d'ailleurs que l'un serve de propédeutique à l'autre, tandis que pour le remplacement des rédacteurs et le renouvellement du comité en 1723, le Bureau de la censure servit de vivier.

Seul rédacteur en matière de droit, R. présenta peut-être des ouvrages qu'il avait déjà examinés comme censeur, mais il ne profita pas de ce cumul de fonctions pour imposer ses opinions : on le jugeait exact dans ses résumés et la justesse de ses remarques critiques éteignait vite les plaintes des auteurs. II semble aussi avoir collaboré avec plusieurs de ses collègues à la mise en forme des nouvelles littéraires extraites des correspondances de l'abbé Bignon et de divers académiciens. Comme celles de Burette ou de Pouchard, cette carrière ouverte par les Caumartin illustre le rôle du patronage et de la commensalité dans nombre des choix de l'abbé Bignon pour le comité de rédaction du J.S.

Publications diverses

Nourrissant sa pratique de réflexions sur les textes juridiques, R. ne produisit que des annotations ou commentaires. Encore son premier travail de plume, la mise au net des conférences sur le Concile de Trente tenues autour de Jérôme II Bignon parut-il sans son aveu lorsque la mort d'un des participants en livra une copie à un imprimeur qui la publia sous le titre de Notes sur le Concile de Trente, touchant les points les plus importants de la discipline ecclésiastique, Cologne [Bruxelles], 1706, avec des rééditions en 1708 et 1711. Il laissa aussi des notes jugées très utiles sur Dumoulin (juriste gallican qui avait écrit un pamphlet sur le Concile de Trente) : Notae et restitutiones adcommentarium Caroli Molinaei de fendis, opéra Stephani R., et ab eodem adjuncta collatio posthumarum editionum cum prioribus, Paris, J.N. Le Clerc, 1709.

Bibliographie

Moreri, t. IX, p. 70 ; Lelong ; B.Un. ; D.P.1 710. – B.N., f.fr. 21939-21942, Registres des ouvrages manuscrits ou imprimés présentés à M. le Chancelier (1699-1716) ; f.fr. 22902-22904, Remarques et observations sur le Concile de Trente. – Almanach bibliographique de 1709. – Journal des savants, 20 juin 1718, p. 387-390, «Eloge de M. Rassicod». – Tables du Journal des savants, t. VIII, p. 319.

Auteur(s) de la notice


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