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Jean Baptiste DU HALDE (1674-1743)

État civil

Jean Baptiste Du Halde est né à Paris le 1er février 1674. Il est mort à Paris le 18 août 1743.

Formation

D. entra dans la Compagnie de Jésus le 8 septembre 1692 et fit la profession solennelle des quatre vœux le 2 février 1708 (Moreri).

Carrière

Il professa au collège Louis-le-Grand, puis fut placé dans la maison professe en 1708, où on lui confia le soin de poursuivre la tâche qu'avait exercée le P. Charles Le Gobien ; il s'agissait «de recueillir, de mettre en ordre et de publier les lettres écrites [...] par les missionnaires de la Société» (Moreri). Il fut aussi secrétaire du P. Le Tellier, confesseur du roi, puis directeur de la congrégation des artisans. A la mort du P. Du Trévou, en 1729, il devint confesseur du duc d'Orléans, fils du Régent (Sommervogel, t. IV, p. 34).

Activités journalistiques

Succédant au P. Le Gobien, D. publia 18 recueils (du 9e au 26e inclus) des Lettres édifiantes et curieuses, écrites des missions étrangères par quelques missionnaires de la Compagnie de Jésus (L.E.C.), de 1711 à 1743. Le neuvième volume vit le jour en 1711, puis la publication se poursuivit à un rythme assez régulier : 1713,1715, 1717, 1718, 1720, 1722, 1724, 1726, 1728, 1729, 1731, 1734, 1736, 1738, 1739, 1741, 1743. Toutes ces livraisons furent imprimées à Paris chez Nicolas Le Clerc, et chacune d'entre elles s'ouvre par une épître dédicatoire aux Jésuites de France, qui tient lieu de préface présentant et commentant les textes produits. Les L.E.C., sous la direction de D., restèrent fidèles aux buts que leur avait assignés le P. Le Gobien ; elles demeurèrent à la fois un instrument d'édification morale et religieuse et un document fournissant des informations inédites sur la géo- graphie des divers pays visités par les missionnaires et sur les mœurs de leurs habitants. Leur succès ne se démentit pas, comme l'indiquent les comptes rendus dans les ouvrages périodiques de l'époque (Mémoires de Trévoux, Journal des savants, Mercure, Journal encyclopédique). De nombreux recueils furent d'ailleurs réimprimés (voir D.P.1 814). Les responsables de la publication des L.E.C, n'ont pas édité les lettres des missionnaires Jésuites dans leur version originale. Si le P. Le Gobien procède surtout à un travail de sélection et d'embellissement du style, D. réalise des remaniements plus importants ; il résume certains passages, en retranche d'autres, il insère des développements de sa plume, construit des montages à partir d'extraits de différents auteurs. Sous sa direction, le texte des L.E.C, est le résultat d'une véritable recomposition qui n'est pas sans conséquences sur l'image que le périodique donne de tel ou tel pays. Ainsi, V. Pinot (p. 166-167) analyse-t-il l'idéalisation de la Chine et des Chinois par D., que l'on peut justifier par la visée morale des L.E.C. Selon N. Hamadène, «la tendance à édulcorer les textes» s'explique à la fois par la volonté de ne pas raviver certaines querelles (comme la querelle des rites) et par la dimension apologétique des L.E.C. (D.P.1 814, p. 737).

Sommervogel signale une Lettre de D. à M. Fourmont dans le périodique Jugement sur quelques ouvrages nouveaux (1744, t. V, p. 45-47), portant sur une pièce chinoise intitulée L'Orphelin de la Chine. Cette lettre fut publiée à titre posthume.

Publications diverses

Selon la B.Un., D. est l'auteur de plusieurs «opuscules de collège», parmi lesquels Serebussuli [...] Philippo Aurelianen- sium Duci in natalem [...] Carnutum ducis gratulatio (1703) et plusieurs odes en vers latins : Druidae Carnotensis de Serenis- simo Principe Carnotensium Duce Vaticinium (Paris, 1703, in-40, 4 p.)- cunas Serenissimi Principis Carnotensium ducis (Paris, 1703, in-40, 5 p.). In natalem [...] ducis Britanniae [...] dialogus Gallae et Hispaniae (Paris, 1704, in-40, 4 p.). Augustissimo ecclesiae Gallicanae clero (Paris, s.l.n.d. [1705], in-40, 4 p.). – Selon Moreri et Sommervogel, on lui doit aussi une comédie en musique, Midas (Paris, 1704) et une tragédie en musique, Narcisse, jouée le 2 mars 1707 (Paris, 1707, in-40). – Un poème latin, De arte dramática, mentionné dans un mémoire manuscrit du P. Oudin (Moreri), des harangues et «des opéras fort curieux» (Sommervogel) sont restés inédits. – D. traduisit en latin la Seconde instruction pastorale de M. Languet, évêque de Soissons, contenant un second avertissement aux appelants de son diocèse (15 juin 1718) (Douai, 1720, in-40). – Il édita Le Sage chrétien ou les principes de la vraie sagesse pour se conduire chrétiennement dans le monde du P. A. Le Royer (Paris, 1724, in-12 et Bruxelles, 1729) et en 1741, l'Essai sur le beau du P. André (Moreri ; Sommervogel).

Mais l'ouvrage qui le rendit célèbre est sa Description géographique, historique, chronologique et physique de l'empire de la Chine et de la Tartarie chinoise, enrichie de cartes [...] et ornée d'un grand nombre de figures et de vignettes, Paris, 1735, 4 vol. in folio (les cartes et les figures sont de d'Anville). Utilisant les matériaux fournis par la correspondance de ses confrères, D. donna au public la première description exacte et détaillée de la Chine, qui servit de référence jusqu'au XIXe siècle. Elle a été réimprimée à La Haye en 1736, traduite en anglais avec quelques retranchements (Londres, 1739), en allemand (Rostock, 1747-1756), en russe (Saint-Pétersbourg, 1774-1777). Voir Moreri ; B.Un. ; Cat.B.N. ; Sommervogel.

Bibliographie

Moreri ; B.Un. ; Sommervogel, t. IV, p. 34 ; Cior 18. – Dezobry et Bachelet, Dictionnaire général de biographie et d'histoire, t. 1, Paris, 1863. – Cat.B.N., t. XLIII, 1910, p. 901-902. – Pinot V., La Chine et la formation de l'esprit philosophique en France, Paris, 1932, p. 61, 158-167.

Auteur(s) de la notice


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