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Pierre CHABRIT (1755 ?-1785)

État civil

Pierre Chabrit est né le 8 janvier 1755 à Parent, près de Vic-le-Comte (registre paroissial de Vic-le-Comte). Son père, Jean C. et sa mère Marie Verdier Carmes sont cultivateurs ; les grands parents, parrain et marraine, ne savent pas signer. Il est mort le 14 avril 1785 à Paris, rue Saint-Honoré. Son suicide (par empoisonnement) est signalé par les Mémoires secrets le 19 avril 1785, et par la Correspondance littéraire en août 1785: « Il n’avait guère plus de trente ans... » (C.L.,  t . XIV, p. 196). 

Formation

Il a fait en partie ses humanités au collège des jésuites de Billom, puis, après l’expulsion des jésuites,  son droit à Paris, avant de revenir à Clermont (« Notice historique sur P. Chabrit » par Henry Doniol, dans J.B. Bouillet, Tablettes historiques de l’Auvergne, 1874, p. 252-264).

Situation de fortune

L’hostilité des magistrats de Clermont ne lui ayant pas permis de pratiquer la profession d’avocat, ni de s’imposer comme directeur de la Feuille d’Auvergne, il s’installa à Paris, où il vécut pauvrement. Il semble que sa fonction de conseiller  au Conseil souverain de Bouillon ait été tardive, et lui ait seulement permis d’achever De la monarchie (« Notice historique », p. 260). Le 25 août 1781, Diderot écrivit à Catherine II une lettre de recommandation très éloquente pour faire accepter Chabrit comme administrateur de l’impératrice : « C’est un jeune homme, écrit Diderot ; il a des parents honnêtes, et il n’est pas sans ressource. Rien ne l’attache à son pays, ni passion, ni intérêt. Il désire être utile. » (Correspondance, éditée par G. Roth et J. Varloot, , t. XV, p. 265). Elle ne répondit pas. En 1782, il obtient le prix Valbelle de l’Académie française, bourse accordée aux jeunes écrivains ; mais il ne peut obtenir cette bourse l’année suivante. Meister attribue à ce refus la décision tragique de C. : « auteur peu connu, mais dans une telle pénurie que, dénué de ressources, il a pris le parti de quitter la vie... ». D’autres affirment que fortement endetté, il attendit vainement la réponse de Catherine II, ou une pension sur le trésor royal qui arriva le soir même de sa mort.

Opinions

Dans un premier ouvrage intitulé Du luxe dans la Limagne (1779), il se montre proche des physiocrates (Revue historique de droit français et étranger, vol. 4, 1858, p. 68 ; Revue d’Auvergne, vol. 6, 1885, p. 450). Il eut pour Montesquieu une immense admiration ; son grand livre, De la monarchie française ((1783-1784) est marqué par cette influence, qui lui a été vivement reprochée, notamment par Garat dans son compte rendu du Mercure de France (6 mars et 10 avril 1784). Les seuls amis qu’on lui connaît, Diderot, Thomas, appartiennent au clan philosophique ; Meister lui témoigne de la sympathie ; Louis Pierre Manuel lui rend, dans L’Année française, ou vie des hommes qui ont honoré la France (vol. 2, 1789), un vibrant hommage, daté du 20 mai 1785. On trouvera dans la Notice sur la vie et les ouvrages de Thomas, par P. Tiffon de Saint-Surin (1825) une note « extraite des papiers de Hérault de Séchelles », qui témoigne d’une vieille amitié pour P. C. : « pauvre, naturellement solitaire, philosophe et d’une âme fière qui ne voulait se confier à personne... » (p. CXXVI).

Activités journalistiques

Gilles Feyel a relaté la brève histoire de la Feuille d’Auvergne sous la direction de Chabrit.  Le jeune avocat publie sa première feuille le 7 octobre 1779 ; il se heurte à la réprobation de l’Ordre des avocats, qui refuse de l’inscrire au barreau de Clermont, ou du moins lui impose de se limiter aux matières scientifiques, car la gestion d’une feuille d’annonces commerciales leur paraît incompatible avec la profession d’avocat (G. Feyel, L’Annonce et la nouvelle, p. 1223). Il obtient son inscription, mais doit renoncer à diriger le journal, qu’il abandonne le 4 mai 1780.

Publications diverses

Son grand ouvrage est De la monarchie, publié en deux volumes en 1783-1784 par la Société typographique de Bouillon. Diderot en envoya les premiers cahiers à Catherine de Russie en août 1781. C. obtint plusieurs comptes rendus détaillés dans le Mercure de France, L’Esprit des journaux, le Journal général de France. Garat lui reprochait l’extrême concision de son écriture et son refus d’approfondir ses développements. C. répondit longuement à la minutieuse critique de Garat dans une seconde édition en 1785 ; cette édition est pourvue d’une nouvelle introduction, en quelque sorte testamentaire

Bibliographie

DP1, n°10.- Henry Doniol, « Notice historique sur P. Chabrit », dans J.B. Bouillet, Tablettes historiques de l’Auvergne, 1874, p. 252-264)- . Revue d’Auvergne, vol. 6, 1885, p. 450.- Feyel, Gilles, L’Annonce et la nouvelle..., p. 1222-1224, Oxford, 2000.

Auteur(s) de la notice


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