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Antoine CERISIER (1749-1828)

État civil

Marie Antoine Cerisier est né le 19 novembre 1749 à Châtillon-lès-Dombes et a été baptisé le 21 avec son frère jumeau Jean Sébastien. Leurs parents se nommaient Jean Baptiste Cerisier et Marie Anne Chanrion (reg. par.). Le père était marchand épicier à Châtillon (reg. par. et D.B.F.). Un oncle, J. Cerisier, auteur d'odes latines, enseigna l'éloquence à Paris, au collège des Grassins. Cerisier s'est fait connaître sous les prénoms d'Antoine Marie. Il est mort dans sa ville natale le 1er juillet 1828 (D.B.F.). Il avait épousé Victoire de Vaulpré (D.B.F.) ; on ne sait si le Cerisier-Vaulpré qui publia un Mémoire [...] pour canaliser le département de l'Ain (Lyon, Pitrat, 1826) est bien son fils (D.B.F.).

Carrière

Son oncle le fait venir à Paris. En 1776, il est établi à Utrecht, où il entreprend son Tableau de l'histoire générale des Pays-Bas (Popkin, p. 535) ; en 1777 il est secrétaire de l'ambassade de France à La Haye ; il se voit contraint de regagner la France à la fin de 1780. En 1789, il est élu député suppléant du tiers pour le bailliage de Bourg-en-Bresse, mais il ne siègera pas aux Etats-Généraux. Après le 10 août 1792, il quitte Paris pour se cacher en Beaujolais ; il y est arrêté, mais on le libère le 9 janvier 1794. Dès lors son existence reste obscure jusqu'à sa mort (D.B.F.).

Situation de fortune

Ses écrits soutenant la politique favorable aux Insurgents lui valent une pension royale (D.B.F.). Sous la Restauration, il demande en vain des indemnités pour les dommages subis durant la Révolution (N.B.F.).

Opinions

Aux Pays-Bas, il s'est mêlé des querelles de politique intérieure comme journaliste et s'est déclaré ouvertement favorable aux patriotes hollandais. En France, après avoir pris position en faveur de l'indépendance américaine (D.B.F.), il est avec Brissot et Carra l'un des douze fondateurs en 1788 de la Société des Amis des Noirs (Brissot, Mémoires, t. II, p. 74-75). La même année il est de ceux qui demandent la réunion d'Etats-Généraux ; mais, durant la Révolution, il met son activité de journaliste au service de la monarchie, jusqu'à ce qu'il lance soudain dans le public, l'un des premiers, l'idée d'un «gouvernement purement républicain» (Gazette universelle, 25 avril 1792, citée par Aulard, Histoire politique de la Révolution française, p. 180).

Activités journalistiques

Dans la Gazette littéraire de l'Europe(D.P.1 573), il publie (t. LXXXVII, 1778) un pamphlet : «Observations impartiales d'un vrai Hollandais».

Création et rédaction avec Crajenschot du Politique hollandais (Amsterdam, févr. 1781-janv. 1784, I-VI, 153 numéros in-8°). Barbier écrit : «Les deux auteurs de ce recueil s'étant brouillés, ils continuèrent à publier chacun de son côté un journal du même titre. Celui de Cerisier portait sa signature» (D.O.A., t. II, p. 946, col. B). Les dates de début et de fin de la collection restent incertaines.

Rédacteur des Nouvelles extraordinaires de divers endroits (Gazette de Leyde) d'avril 1785 à septembre 1787 (J.P., p. 539 et suiv.).

Création avec Boyer et Michaud de la Gazette universelle qui défend les principes de la monarchie et de la liberté (Paris, 1er déc. 1789-10 août 1792, 5 vol. in-4°). Hatin présente Cerisier comme le principal rédacteur de ce périodique et note que l'entreprise fut une réussite financière (B.H.C., p. 127, col. A). Il y eut jusqu'à dix mille abonnés (Le Duc, Histoire de la Révolution dans l'Ain, t ; Vl, 309).

Publications diverses

Tableau général de l'histoire des Provinces Unies, Utrecht, van Schoonhoven et Comp., 1777-1784, 10 vol. in-8°. – Histoire de la fondation des colonies des anciennes républiques adaptée à la dispute présente de la Grande-Bretagne avec ses colonies américaines (trad. libre d'un ouvrage de W. Barron), Utrecht, 1778, in-8°. – La Pierre de touche des écrits et des affaires politiques, s.l., 1779, in-8°. – Le Destin de l'Amérique ou Dialogues pittoresques dans lesquels on développe la cause des événements actuels, la politique et les intérêts des puissances de l'Europe [...], traduit fidèlement de l'anglais, «Londres», 1780, in-8°. – Remarques sur les erreurs de l'«Histoire philosophique et politique» de M. G.Th. Raynal par rapport aux affaires de l'Amérique septentrionale, traduit de l'anglais de Thomas Payne, augmenté de notes et d'une préface, Amsterdam, Crajenschot, 1783, in-8°. – Régénération de la France par les Etats Généraux, 1788 (analysé dans Le Duc dans les Curiosités historiques de l'Ain, t. II, p. 819).

Bibliographie

N.B.F., B.H.C., D.B.F., D.O.A., Cior 18. – A.D. de l'Ain, registres paroissiaux de Châtillon-lès-Dombes. – Brissot, Mémoires, éd. Cl. Perroud, Paris, 1910. .– Le Duc, Histoire de la Révolution dans l'Ain, Bourg-en-Bresse, 1879-1884, t. Vl, p. 308-309. – Aulard F.A., Histoire politique de la Révolution française, A. Colin, 1903. – Popkin J., «From Dutch Republican to French Monarchist : Antoine-Marie Cerisier and the Age of Revolution», Tidschrift voor Geschiedenis n° 102 (1989), p. 534-544).

Additif

État-civil: en 1807, il est marié et père de 9 enfants. Sa fille, Marie Sébastienne, née le 7 juillet 1791 à Paris, se marie à Lancié le 6 mai 1812 avec Jean Marie Aucour, avoué près le tribunal civil de Villefranche.

Carrière:  en 1807, il est dit "propriétaire vivant bourgeoisement, littérateur et ex-journaliste assez zêlé", "bourgeois agriculteur" et disposant d'une fortune estimée à 200 000 francs. Adjoint de la commune de Lancié de 1800 à 1812, puis maire jusqu'en 1816, Cent-Jours compris. A partir du 20 novembre 1816, il refuse de renouveler son mandat de maire mais siège encore au conseil municipal où il sera remplacé le 26 mars 1827 du fait de son départ de la commune.

Bibliographie: AD Rhône, Etat civil de Lancié. http://archives.rhone.fr/ark:/28729/a011303477356xcM2F7/1/1</a

(Gaëlle Charcosset)

Auteur(s) de la notice


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