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Jean BAUDRAIS (1749 ca-1832)

État civil

Né à Tours le 14 août 1749 selon les biographies (mais les documents d'archives ne confirment pas cette date de naissance), il meurt du choléra à Paris le 4 mai 1832. Il a été marié.

Carrière

Venu à Paris, il se lance dans la carrière des lettres, compose des poèmes, contes, allégories, où la prose ou le vers libre sont mêlés de chants et de danses. Il prend part à la rédaction de recueils périodiques consacrés au théâtre et à la chanson. La Révolution lui ouvre les portes de la politique. Dès 1789, il est nommé secrétaire de l'assemblée primaire de la section de la bibliothèque (devenue ultérieurement section de 1792) et adhère à la société des Jacobins. Il figure sur la liste des membres de cette société imprimée le 21 décembre 1790 sous l'adresse 9 rue de Marivaux près le Théâtre italien. Employé à la signature des assignats, contrôleur-général de ce papier-monnaie, il est membre du conseil général de la commune du 10 août et du corps municipal provisoire. A ce titre, il est de garde à la Tour du Temple pendant 48 heures, les 20 et 21 janvier 1793, c'est-à-dire la veille et le jour de l'exécution du jugement de Louis XVI. C'est lui qui reçoit et contresigne le testament du roi déchu et qui, par l'intermédiaire de son collègue, Anaxagoras Chaumet, procureur de la commune, fournit les détails (mais non les réflexions) que rapporte le n° 185 (p. 200) des Révolutions de Paris de Prudhomme. Lorsqu'il est dénoncé pour avoir montré «de la sensibilité» en faveur de «Louis Capet» et pour avoir dit que, s'il avait été député à la Convention nationale, il aurait voté non la mort de Louis XVI mais sa déportation, il précise que cette déportation aurait dû être prononcée au lendemain même de l'abolition de la royauté, car les partisans du roi auraient alors émigré et auraient été par là plus faciles à vaincre. Il justifie cette opinion dans un écrit daté du 31 janvier 1793 et intitulé Aux Citoyens des quarant-huit sections de Paris. Destitué alors de toute fonction municipale, il exerce les attributions de censeur national, est nommé administrateur de police, juge de paix de la section de la Halle-au-Blé. Au lendemain de Thermidor, il part à la Guadeloupe où il est juge du tribunal civil, criminel et d'appel en matière de commerce et de prises maritimes. Considéré comme complice de l'attentat de la machine infernale du 3 nivôse an IX, bien qu'il ne fût pas royaliste et qu'il fût alors fort éloigné de Paris, il est déporté à Cayenne où il exerce les fonctions de greffier du tribunal, de notaire et de responsable des registres de l'état civil. Lorsque Bonaparte devient empereur, Baudrais refuse de prêter serment et s'installe aux Etats-Unis d'Amérique où il demeure treize ans et vit du travail de ses mains. Il revient à Paris en 1817 et finit par être admis à l'hospice des vieillards de Bicêtre où il meurt.

Activités journalistiques

Petite Bibliothèque des Théâtres ; contenant un Recueil des meilleures Pièces du Théatre François, Tragique, Comique, Lyrique & Bouffon, depuis l'origine des Spectacles en France, jusqu'à nos jours, Paris, 63 tomes (sept. 1783 - 1788). C'est Thomas Nicolas Le Prince, «inspecteur de la librairie près la Chambre royale et syndicale de Paris», qui obtient le privilège de ce recueil dont Baudrais assure en grande partie l'exécution. Composé de douze volumes par an, l'ouvrage, dont le succès ne semble pas s'être démenti, est abandonné avec la Révolution (D.P.1 1117).

Etrennes de Polymnie. Recueil de chansons, romances, vaudevilles &c., 1785-1789, 5 vol. Annoncées en septembre 1784, à la fin de la première année de la souscription à la Petite bibliothèque des théâtres, ces Etrennes, qui sont distribuées gratuitement aux souscripteurs de la Petite bibliothèque des théâtres, proposent un choix d'airs «les plus agréables et de la plus grande nouveauté» (Petite Bibliothèque, t. III, Avis) et témoignent du goût de la chanson répandu en France (D.P.1 421).

7. Cior 18, n° 10219-10224.

Bibliographie

Ersch, t. I, p. 77 ; B.Un., N.B.G., D.B.F.. – Aulard F.A., La Société des Jacobins, t. I, 1789-1790, Paris, 1889, p. XXXVI.

Auteur(s) de la notice


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