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Nicolas ANDRY (1658-1742)

État civil

Nicolas Andry naquit en 1658, sur la paroisse Saint-Nizier, à Lyon où son père était marchand ; il avait deux frères qui furent tous deux prêtres. Lui-même, après avoir commencé des études religieuses et s'être fait appeler pendant quelques années Andry de Boisregard (1685-1690), choisit l'état laïc. Trois fois marié, ses deuxièmes noces, vers 1701, avec la fille de Pierre Dionis chirurgien de la Dauphine et des Enfants de France, attestent de son entrée dans le cercle des grands praticiens de la Cour et de la Ville ; liens que confirme le mariage de son unique fille avec le fils de Dionis. Il mourut à Paris, le 14 mai 1742 et fut inhumé au Père Lachaise.

Formation

Après ses humanités à Lyon, A. passa au Collège des Grassins à Paris, prit les grades de maître ès arts en 1685, reçut la tonsure, étudia deux ans la théologie et devint professeur dans son collège parisien en 1687. En 1690, il quitta le petit collet et partit à Reims pour étudier la médecine : il y fut reçu docteur en 1693. De retour à Paris il poursuivit dans cette voie : bachelier en médecine en 1695, licencié en 1696, il se fit admettre l'année suivante à la Chambre royale de Paris pour pouvoir exercer dans la capitale ; puis il obtint le titre de docteur en novembre 1697.

Carrière

Après son court enseignement marqué par quelques publications grammaticales, A connut une rapide progression dans la carrière médicale, sans doute grâce à l'appui de Fagon et de Dionis. Ainsi, chargé dès 1696 des cérémonies de réception des licenciés à la faculté de médecine (paranymphes), devint-il lecteur et professeur en médecine, chirurgie, pharmacie et botanique au Collège royal fin 1701 (provisions en octobre et serment en décembre), comme successeur d'Alexandre-Michel Denyau. De ses leçons commencées en janvier 1702, les affiches conservées aux archives du Collège donnent les sujets des seules années 1724-1729, une série d'explications d'aphorismes d'Hippocrate (cf. Enseignement). Dès 1702 le voici régent à la faculté de médecine, censeur royal pour des ouvrages de médecine (cf. B.N., ms. fr. 21940) et rédacteur au Journal des savants. Toutes ces fonctions lui valurent le titre de conseiller du roi en 1712, puis celui de professeur titulaire au Collège royal, en 1717 ; enfin il reçut la charge de doyen de la faculté de médecine pour l'année 1725, puis celle de doyen des professeurs du Collège royal.

Situation de fortune

Aux émoluments de professeur à la faculté de médecine et au Collège royal, A. ajouta les pensions attachées aux charges de censeur (400 £) et à celle de rédacteur au Journal des savants.

Opinions

Une bonne partie de l'oeuvre d’A. naquit de son goût pour la polémique. Dans sa première carrière, il critiqua dans deux ouvrages les opinions du Père Bouhours en matière de grammaire ; devenu médecin il croisa le fer avec plusieurs confrères ainsi qu'avec des chirurgiens. Au centre de ces controverses se trouvent les ouvrages par lesquels A. fonda la parasitologie et auxquels répliqua Louis Lémery ; mais il débattit aussi avec Petit au sujet des maladies des os, avec Hecquet à propos de l'usage de la saignée puis des aliments du carême, ou encore avec La Peyronie dans ses combats contre les chirurgiens.

Activités journalistiques

A. fut appelé, en 1702, au Journal des savants par Jean-Paul Bignon lorsque celui-ci dota le périodique d'un comité de rédaction dont les membres spécialisés provenaient des facultés parisiennes, des académies, de la bibliothèque royale, ou du groupe des censeurs et du Collège royal, comme A. Celui-ci demeura au J.S. jusqu'en 1739, soit une des plus longues carrières de rédacteur, après celles de Clairaut (48 ans), Coqueley de Chaussepierre ou De Guignes (40 ans chacun). Chargé de la médecine, A. assura le secrétariat de la rédaction lorsqu'après le départ de Bignon, en 1714, Raguet négligea cette fonction. Le J.S. connut alors quelques années difficiles, changeant deux fois de libraire, en 1722 et 1724, et décrié pour une prédominance des questions médicales, plus supposée que réelle selon les comptages réalisés. Au retour de Bignon, en 1724, A. continua de réaliser les extraits de médecine, s'attirant toujours autant d'animosités par son esprit critique et son goût de la polémique. Il fut écarté du Journal avec la renouvellement de l'ensemble des journalistes en avril 1739, malgré la menace de démission de Bignon qui le protégea tout au long de sa carrière. Au long de ces trente-sept années il avait collaboré avec dix-neuf rédacteurs : Dupin, Rassicod, De Vertot, Fontenelle, Pouchard, Saurin, Bigres, Raguet, Fraguier, Terrasson, Burette, Miron, Havard, De Héricourt, Desfontaines, Mangenot, Du Resnel, Trublet et Jourdain. Cette carrière offre un exemple du journaliste officiel, né des réformes de Jean-Paul Bignon et qui caractérisa le Journal des savants jusqu'à la Révolution.

Publications diverses

A commença son oeuvre par une traduction du latin, le Panégyrique de l'empereur Théodose du Bordelais du IVe siècle, Drepanius Pacatus, que suivirent des remarques grammaticales en 1689, puis en 1693. Reçu docteur à Paris, il entama en 1700 la publication d'une suite d'ouvrages médicaux par une étude de parasitologie, De la génération des vers dans le corps de l'homme dédiée à Fagon, que suivirent des ouvrages de tour polémique aussi bien que des traités renommés, telle son Orthopédie (voir bibliographie dans D.B.F. et B.N.C.).

Bibliographie

Moreri., D.P.1 710 ; Moreri ; B.Un., D.B.F., D.J.,.– B.N., ms. fr. 21940, Livres présentés au Bureau de la Librairie avec noms des examinateurs et jugements.– Archives du Collège de France, C XII. Dossiers individuels : Nicolas Andry ; G II 2 Registre des délibérations 1732-1779 ; Affiches 1724-1740.– Journal des savants, nov. 1741, p. 648-659.– Ch. Bedel et al., Enseignement et diffusion des sciences en France au XVIIIe siècle, Paris, 1964.

Auteur(s) de la notice


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