ROQUES

Numéro

704

Prénom

Pierre

Naissance

1685

Décès

1748

1. État-civil

Pierre Roques est né à Lacaune (Tarn) le 22 juillet 1685, de Pierre David Roques, négociant huguenot, et de sa femme Marie Froment, réfugiés en Suisse (Genève, Nyon, puis Rolle) en 1688. Il épouse à Bâle, en avril 1715, une huguenote de petite noblesse champenoise, Marie Louise de Maumont, dont il aura neuf enfants, notamment : Sophie Renée, née en 1717, poétesse, épouse en 1739 de Pierre Mazar de La Garde ; Jean Christophe (1723 - avant 1791), Jacques Emmanuel dit Roques de Maumont (1727-1805) et Théodore Guillaume (1728-1787), tous trois pasteurs en Allemagne, le premier à Hombourg, le second à Celle (Hanovre), le troisième à Aix-la-Chapelle, puis à Hanau (après avoir fait leurs études à l'Université de Bâle, où leur père s'était immatriculé le 2 octobre 1710 sans jamais parvenir au doctorat ; voir Die Matrikel der Universität Basel, Basel, 1975-1980, t. IV, n° 2384 ; t. V, n° 331, 562 et 612). R. meurt à Bâle le 13 avril 1748.

2. Formation

Après avoir fait ses humanités à Genève et à Lausanne, R. entreprit des études de théologie à l'Académie de Genève (1703-1707). Il fut consacré au saint ministère à Lausanne en mars 1709. Nommé pasteur de l'Eglise française de Bâle, il fit son sermon d'entrée le 31 août 1710 sur II Cor. V : 20. Il mourut en charge.

4. Situation de fortune

R. a dû voir son traitement de pasteur régulièrement augmenté par les revenus qu'il tirait de ses nombreuses publications, ainsi que de la pension pour jeunes gens qu'il tenait avec sa femme.

5. Opinions

Au sein du protestantisme, R. semble avoir fourni le modèle d'un «piétisme éclairé» (voir J. Van Den Berg, «Le Vray Piétisme : eine aufgeklärte Frömmichkeit des Basler Pfarrers Pierre Roques», Zwingliana, t. XVI : 1983-1985, Zürich, 1986, p. 35-53).

6. Activités journalistiques

Durant plus de dix ans, de 1735 à 1745. R a collaboré au Mercure suisse et Journal helvétique, présentant d'abord son insolite collection d'oeufs d'oiseaux (juil. 1735, p. 97-101), intervenant ensuite dans un débat d'érudition biblique sur l'année sabbatique (févr. 1737, p. 33-67 ; mai737, p. 33-70). p. 33-70), faisant en même temps l'éloge funèbre du théologien bâlois Jakob Christoph Iselin, 1681-1737 (mai 1737, p. 85-105), attaquant bientôt après le système de l'Harmonie pré-établie et toute la philosophie de Leibniz dans plusieurs «lettres» successives (déc. 1737, p. 63-97 ; janv. 1738, p. 105-146 ; nov. 1738, p. 413-443 ; févr. 1739, p. 121­153 ; mars 1739, p. 197-243), polémiquant avec l'abbé Goujet à propos du Supplément au Dictionnaire de Moreri (sept. 1739, p. 3-21 ; réponse redonnée dans la Bibliothèque française dudit abbé Goujet en 1740, t. XXX, p. 143-157), puis après une interruption, expliquant la procédure suivie pour repourvoir la chaire d'histoire de l'Université de Bâle (janv. 1745, p. 55-67 ; la Nouvelle Bibliothèque germanique republia en 1746, t. II, p. 336-348, cet article anonyme et, par une note ultérieure, t. IV, p. 443, l'attribua expressément à R.) et proposant enfin des «réflexions sur l'amour de la vérité» (juin, juillet et août 1745).

Parallèlement, R. défendit dans le Nouveau Journal ou recueil littéraire de Genève (1740) l'idée qu'il se faisait de l'âme de Jésus-Christ. Enfin, au soir de sa vie, il publia dans la Nouvelle Bibliothèque germanique les éloges des professeurs bâlois Nicolas Harscher en 1746 (t. II, p. 178-186), Johann Grynaeus et Samuel Battier en 1747 (t. III, p. 44-56 et 375-378) et Johann II Bernoulli en 1750 (t. VI, p. 30-45). A titre posthume également avait paru en 1749 son examen de L'Homme machine de La Mettrie (t. V, p. 328-357), daté du 3 avril 1748.

7. Publications diverses

R. est l'auteur de nombreux ouvrages théologiques et religieux, presque tous publiés à Bâle, notamment : Le Pasteur évangélique (1723 ; trad. en allemand, danois et néerlandais). Lettres écrites à un protestant de France au sujet des mariages des réformés et du baptême de leurs enfants dans l'église romaine (1730 ; 2e éd. augm. 1733). – Le Vrai piétisme, ou traité dans lequel on explique la nature et les effets de la piété (1731 ; trad. allemande 1748). – Les Devoirs des sujets (1737 ; trad. allemande 1741). – Traité des tribunaux de judicature, où l'on examine ce que la religion exige des juges, des plaideurs, des avocats et des témoins (1740). – En outre, R. a dirigé la réédition bâloise du Dictionnaire de Moreri (1731, 6 vol. in folio) et en a rédigé le Supplément (1743-1745, 3 vol. in-folio). – Enfin, il a donné, toujours à Bâle, une nouvelle édition de la Bible dans la version de David Martin « dont il a rajeuni le style» (1736, 2 vol. in-40).

8. Bibliographie

8. Journal helvétique, avril 1748, p. 333-352 (Nécrologie). – Q., t. VIII, p. 150 ; Haag, t. VIII, p. 525-528. – Junod L., Histoire de l'Eglise française de Bâle, Lausanne, 1868, p. 38-39. – Encyclopédie des sciences religieuses, Paris, 1881, t. XI, p. 291-294. – Le Livre du recteur de l'Académie de Genève (1559-1878), notices biographiques des étudiants, éd. S. Stelling-Michaud, Genève, 1976, t. V, p. 391. – Le Refuge huguenot en Suisse, Lausanne, Musée historique, 1985* n° 183 (avec portrait).