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Claude YVON (1714-1791)

État civil

Claude Yvon est né à Mamers le 14 avril 1714, fils d'un marchand (K, p. 403). Il est mort à Paris en novembre 1791.

Carrière

Il reçoit les ordres et vit à Paris assez misérablement de répétitions aux étudiants de Sorbonne. C'est là qu'il connaît l'abbé de Prades, que l'on soupçonne d'avoir utilisé sa science pour rédiger sa thèse (Darnton, p. 107). Y. est enveloppé dans le scandale Prades (1751), d'autant que sa participation à l'Encyclopédie pour les articles «Ame», «Athéisme» ou «Dieu» (Proust) le désignait déjà à l'attention vigilante des docteurs. Après le réquisitoire de l'avocat général Joly de Fleury contre les philosophes modernes, on décerne contre lui une lettre de cachet ; il s'enfuit en Hollande, où il réside jusqu'en 1762. L'Apologie de M. l'abbé de Prades, qu'on le soupçonne d'avoir rédigée, et qui est imprimée à Paris en 1752 (J. Spink, «Un abbé philosophe : l'affaire de J.M. de Prades», D.H.S., n° 3, 1971, p. 170), ne favorise pas son retour en grâce. L'exil lui a enseigné certaines prudences, et pour complaire à Mgr de Beaumont, il écrit contre la Lettre à C. de Beaumont de Rousseau (1763). Son projet d'histoire ecclésiastique, qu'il souhaite orthodoxe, ne va pas au-delà du deuxième volume (1778). Il obtient cependant un canonicat à Coutances et la charge-sinécure d'historiographe du comte d'Artois.

Opinions

Y. paraît avoir été plus maladroit que franchement dangereux pour la saine doctrine. Ses amis le disent théologien philosophe et ennemi des superstitions, ce qui suffisait alors pour bâtir une réputation. Mais il n'est pas le matérialiste que ses adversaires décelaient dans ses écrits. Il fut membre de la loge «Concordia Vincit Animos» d'Amsterdam (K, p. 404).

Activités journalistiques

Journal encyclopédique : Pierre Rousseau, qui le considérait comme un «homme bien estimable», le fit travailler au Journal pendant l'année 1758 au moins (Nachlass Formey ; voir également la notice «Rousseau, Pierre», paragr. 5).

Publications diverses

Cior 18, n° 67897-67904.

Bibliographie

B.Un. ; N.B.G. ; F.L. 1769. – Berlin, Deutsche Staatsbibliothek, Nachlass Formey, lettres de P. Rousseau, 11 janv. et 4 févr. 1758. – Hauréau B., Histoire littéraire du Maine, Paris, 1870-1877, t. X, p. 212-226. – Proust J., Diderot et l'Encyclopédie, Paris, A. Colin, 1967, p. 528. – Darnton R., «Les encyclopédistes et la police», Recherches sur Diderot et l'Encyclopédie, n° 1, 1986, p. 106-108 (fiches de Pestre, Prades et Yvon). – (K) Kafker F.A. et S.L., The Encyclopedists as individuals, S.V.E.C. 257, 1988.

Auteur(s) de la notice


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