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Jean Baptiste TOLLOT (1698-1773)

État civil

D'une famille d'apothicaires d'origine piémontaise reçue dans la bourgeoisie de Genève en 1577, Jean Baptiste Tollot, né à Genève le 19 septembre 1698, est le deuxième des quatre fils de Louis Ami Tollot (1667?-1729), maître apothicaire, et de Fleurie Bejean (ou Desjean), fille d'un médecin huguenot de Montélimar (voir J.B.G. Galiffe, Notices généalogiques sur les familles genevoises, t. VII, Genève, 1895, p. 502-512). T. a épousé à Genève le 19 octobre 1727 la Genevoise Sara de Lerme (1703?-1786), dont il eut trois fils et une fille. T. est décédé à Genève le 31 août 1773.

Formation

On peut présumer que T. fit son apprentissage d'apothicaire chez son père, mais il a pu bénéficier également des conseils de son oncle Aimé Tollot (1675?-1751), docteur en médecine (voir Gautier, p. 434, 552).

Carrière

T. fut agrégé au corps des maîtres apothicaires de Genève le 1er mai 1722 et semble avoir exercé toute sa vie la profession d'apothicaire. Signe de notabilité, il a fait partie du Conseil des Deux-Cents de 1738 à sa mort.

Activités journalistiques

Véritablement doué pour le journalisme, T. fut le plus fécond collaborateur du Journal helvétique et Mercure suisse de Neuchâtel dès 1735, soit en vers, soit en prose. Sa production poétique embrasse à la fois de petits vers de société (y compris une «Epître contre la Poésie», mars 1745), des pièces de circonstance («Epître» au comte de Lautrec, Médiateur de Genève, avril 1738 ; «Stances sur la mort de Mr. Falckner», avril 1739 ; «Vers sur la mort de Mr. Bardin, Docteur en Médecine à Genève», mai 1747, etc.) et des poèmes plus ambitieux (notamment des odes sur la Religion, juin 1735 ; sur la Liberté, août 1741 ; sur la Guerre, janv. 1746 ; une epître «sur l'Origine des Sociétés», juin 1742 ; des vers «sur l'Intolérance », sept. 1746 ; etc.). En prose, T. traite volontiers de problèmes littéraires, philosophiques ou moraux, présentant des «réflexions» ou des «essais» sur la multiplication des mauvais livres, janv. 1736 ; sur l'utilité de la poésie, févr. 1736 ; sur le désir de l'immortalité, avril 1736 ; sur le luxe, nov. 1739 ; sur le goût en matière d'ouvrages d'esprit, févr. et mars 1742 ; sur la raillerie, juin 1746 ; sur les moyens de perfectionner la raison, oct. 1747, etc. Mais T. n'oublie pas sa profession et aussi des contributions scientifiques (sur l'usage du mercure en médecine et les pilules mercurielles, mai et juin 1736, mars 1737 ; sur une nouvelle pierre néphrétique, oct. 1738 ; sur l'étude, l'analyse et l'usage des plantes, déc. 1741, sept. 1743 ; sur les botanistes suisses et la botanique en Suisse, mai 1742 et mai 1743 ; etc.).

En 1737-1738, T. a d'autre part assuré la rédaction du Supplément littéraire de la Gazette (puis Feuille) de commerce de Lausanne, essayant même en septembre 1738 d'en faire sortir à Lausanne une Feuille littéraire autonome. Deux ans plus tard et sans plus de succès, T. fut vraisemblablement le principal éditeur du Nouveau journal ou recueil littéraire de Genève (sept.-nov. 1740).

Enfin, dans les années 1747-1749, T. parvint à se faire imprimer à Paris, dans le Mercure de France, où parurent ses réflexions sur l'amour de la patrie (avril 1747) et sur le bel esprit (déc. 1749) ainsi que son essai sur l'histoire des Suisses (déc. 1749) et où il ne craignit pas de redonner ses articles sur le ténia (août et sept. 1748) et sur la multiplication des mauvais livres (mars 1749) : la «Lettre sur le ver solitaire nommé Ténia » avait déjà paru en effet dans le Journal helvétique d'octobre 1743 (p. 365-389) où elle est signée Tollot (et non pas J.B. Tollot ou J.B.T.), ce qui a conduit Gautier (p. 552) à l'attribuer au Dr Aimé Tollot. Mais dans le Mercure de France d'août 1748 (p. 46) la première partie, légèrement remaniée, de cette lettre est signée tout au long Jean Baptiste Tollot, de Genève. Le cas reste donc douteux.

Publications diverses

Les seuls ouvrages que T. ait publiés séparément sont : en 1738 son Epître en vers au comte de Lautrec, Médiateur de Genève (voir E. Rivoire, Bibliographie historique de Genève au XVIIIe siècle, Genève, 1897,t. I, p. 69, n° 416-417) ; en avril 1765 son Epître à Damon sur J.-J. Rousseau de 22 p. (voir P. Conlon, Ouvrages français relatifs à Jean-Jacques Rousseau, 1751-1799, bibliographie chronologique, Genève, 1981, $n° 357. Le poème avait aussi paru dans le Journal helvétique d'avril 1765) ; et en mai de la même année La Religion chrétienne défendue contre les incrédules, poème de son défunt oncle le Dr Aimé Tollot, remanié, augmenté et préfacé par T. (Genève, 1765, 40 p.). C'est à tort en revanche, que d'après Quérard, l'on attribue à T. le Nouveau voyage fait au Levant ès années 1731 & 1732, contenant les descriptions d'Alger, Tunis, Tripoly de Barbarie, Alexandrie en Egypte, Terre Sainte, Constantinople, &c, par le sieur Tollot (Paris, 1742, 354 p.). Ce journal a été rédigé par un Français.

Bibliographie

Gautier L., La Médecine à Genève jusqu'à la fin du XVIIe siècle, Genève, 1906. – Briquet J., Biographies des botanistes à Genève de 1500 à 1931, Genève, 1940, p. 459-460.

Auteur(s) de la notice


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