753

Jean SORET (1710-?)

État civil

D'après les Mémoires de Trévoux d'avril 1756 (p. 795-814), Jean Soret n'aurait pas encore, à cette date, atteint « son sixième lustre » soit sa trentième année ; il serait donc né un peu avant 1726.

Formation

Licencié en droit (ibid., mai 1749, p. 1108-1110). Il est lauréat à l'Académie des belles-lettres de Montauban pour le concours d'éloquence par deux fois en 1750 et en 1751 (Forestié ; F.L.). Il est reçu membre de l'Académie Stanislas le 8 mai 1756 (Vier ; F.L.).

Situation de fortune

Pour sa participation à la Religion vengée, il est compté par l'Assemblée du clergé en janvier 1783 au nombre des auteurs qui se sont distingués dans «la lice chrétienne» et qui reçoivent, à ce titre, une pension (M.S.).

Activités journalistiques

II collabore à :

La Religion vengée, ou Réfutation des auteurs impies ; dédiée à Mgr le Dauphin, Par une société de gens de lettres, Paris, Chaubert et Hérissant, 175 7-1763, 21 vol. in-12 (3 vol. par an), Privilège du 8 novembre 1756 au nom du sieur S... (F.L. ; D.P.1 1189). Dès le 16 janvier 1757, Voltaire s'inquiété auprès de d'Alembert du nom de «ce coquin», de «ce mauvais citoyen qui veut faire accroire à Monseigneur le Dauphin que le royaume est plein d'ennemis de la religion » (lettre, 23 janv. 1757).

La Feuille nécessaire. Journal créé en 1759 par S. et Villemert, sous la protection du privilège du Journal des savants détenu par le libraire Lambert (D.P.1 472). Dès l'origine, la Feuille fut contestée par Courmont de la Gazette. Par accord du 13 novembre 1759, Lambert touchait 3 £ par rame d'impression sur la Feuille. Ce dernier se brouilla rapidement avec Soret, lequel en janvier 1760 passa chez l'imprimeur Hérissant : le seul numéro produit (28 janv. 1760, diffusé par Chaubert) fut interdit. Lambert, qui s'était débarrassé de S. et Villemert, sous l'influence de l'abbé de La Porte, relança au même moment une nouvelle «gazette littéraire», qui devint l'Avant-Coureur. Il songea à la confier à l'abbé de La Garde. Malgré tous leurs efforts auprès de Malesherbes, S. et Villemert ne parvinrent pas à protéger leurs droits sur la Feuille. En juin 1760, S. tenta encore d'obtenir du directeur de la Librairie la renaissance de la Feuille qui se serait adjointe une partie de jurisprudence ; un projet concurrent de Pesselier permit à Malesherbes de ne pas donner suite à cette entreprise (A.).

Publications diverses

7. F.L. ; Cior 18, n° 60459-60474. Ajouter : Lettres à Philopeus, Paris, 1764 (voir Mémoires de Trévoux, mars 1765, p. 700). – Discours qui a remporté en 1751 le prix d'éloquence proposé par l'Académie des belles-lettres de Montauban, ms. conservé dans les Archives de l'Académie (il porte sur le sujet : «Combien les arts sont nécessaires à la société»). – Précisons que son Discours de réception à l'Académie de Nancy se place dans le cadre des protestations soulevées contre la théorie du Discours de Rousseau ; il porte sur « Le rôle civilisateur des belles-lettres et sur le mécénat des Rois » (Registres manuscrits de la Société royale, t. II, p. 276-279).

Bibliographie

F.L. 1769, t. I, p. 407-408 ; H.P.L.P., t. III, p. 169-171. M.S., t. XXII, 15 janv. 1783. – (A.) B.N., Collection Anisson-Duperron, f.fr. 22134, P-74 :lettre de S. à Malesherbes, 6 juin 1760 ; p. 176 : lettre de Malesherbes, 9 juin 1760, minute. – B.N., f.fr. 22135, p. 10, lettre de S. à Malesherbes, 24 mars 1759 (historique de la Feuille sous la protection de la duchesse de Choiseul et du duc de Vau Guyon) ; p. 11 : mémoire concernant La Feuille nécessaire (par Lambert) ; p. 12 : lettre de Malesherbes à S. sans date (janv. 1760) ; p. 13 : lettre de S. à Malesherbes, 24 janv. 1760 ; p. 14 : La Feuille nécessaire, 28 janv. 1760, Prospectus (annoté malignement par Lambert) ; p. 15 : « Réponse au mémoire des Srs Villemert et Soret » (par Lambert) ; p. 16 : lettre de Lambert à Malesherbes, 30 janv. 1760 ; p. 17 : Mémoire (de Villemert et S. contre Lambert ; historique de la Feuille et copie de l'engagement de Lambert du 13 nov. 1759). – Forestié E., La Société littéraire et l'ancienne académie de Montauban, Montauban, 1888, p. 91-92. – Sabatier de Castres, Les Trois siècles de la littérature française, 4e éd., La Haye, Paris, 1779, t. IV, p. 102-103. – Vier J-A., «L'activité d'une Académie provinciale au XVIIIe siècle : l'Académie Stanislas de 1750 à 1766», R.H.L.F., t. XXXIII, 1926, p. 337-354.

Auteur(s) de la notice


Ce dictionnaire est mis à disposition du public avec l'aimable autorisation de la Voltaire Foundation

Site mis en ligne par le IHRIM UMR 5317 et l'ISH USR 3385 - Mentions légales - Remerciements - Contacts - Se connecter - Créér un compte

IHRIM   ISH