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Jean ROUSSEAU (1738-1813)

État civil

Jean Rousseau est né le 13 mars 1738 à Witry-lès-Reims (registre paroissial de Witry) , fils de Jacques R., procureur fiscal et lieutenant de justice; il est mort à Châtillon-sous-Bagneux le 7 novembre 1813 . Il n’a aucun lien de famille avec Jean-Jacques Rousseau, dont il a été l’ami.

Formation

Après avoir fait ses études à l’Oratoire, il est admis dans la congrégation en 1756. Il est d’abord préfet de chambre au collège de Juilly. Le 4 novembre 1758, il est envoyé par les Oratoriens dans leur maison de Montmorency, où il étudie la philosophie de 1758 à 1760 ; c’est alors qu’il fait la connaissance de Jean-Jacques Rousseau, qui exercera sur lui une profonde influence (G. Py). Il quitte l’Oratoire de Montmorency le 1er octobre 1760 pour enseigner la logique puis la physique à l’École d’Hydrographie de Nantes. Il passe au service du duc d’Aiguillon, le 2 septembre 1762 et devient précepteur de son fils, le comte d’Agenois (archives de l’Oratoire, exploitées par Gilbert Py).

Carrière

C’est le duc d’Aiguillon qui le plaça à la tête du Journal de Genève en 1772, c’est-à-dire au moment du coup d’état de Maupeou contre les parlements. Les Mémoires secrets, très hostiles au parlement Maupeou, et au triumvirat d’Aiguillon, Maupeou, Terray, notent l’événement le 4 décembre 1772 : « On connaît actuellement les entrepreneurs utiles du Journal politique commencé au mois d’octobre dernier, sous les auspices du ministre des Affaires étrangères [= le secrétaire d’État d’Aiguillon]. Ce sont les sieurs Dusson [Julien Busson], médecin du duc d’Aiguillon, et Rousseau ex-oratorien, instituteur du comte d’Agenois ; c’est le sieur Marin qui tient la plume moyennant mille écus de pension sur cet objet ». Sa carrière politique commence avec la Révolution. Il rédige le discours préliminaire du Résumé général des cahiers des divers bailliages (1789, 3 vol.) Il devient député suppléant de Paris à la Convention, démissionne au moment de la Terreur, est arrêté en septembre 1793 et libéré à la chute de Robespierre. Son ralliement à Bonaparte lors du 18 brumaire lui permet de faire une rapide carrière sous l’Empire : il entre au Conseil des Anciens, où il est rapporteur des finances, puis au Sénat ; il est nommé comte d’Empire ; il sera commandeur de la Légion d’Honneur (J. Tulard, Dictionnaire Napoléon, Fayard, 1999).

Situation de fortune

D’après les données recueillies par G. Feyel dans l’Annonce et la nouvelle et dans sa communication de 1999 sur le Journal de Genève, J.R. aurait reçu une rente annuelle de 800 £ de la part de Panckoucke à partir de 1776, et une garantie de 5000 £ de la part de Lacombe sur les bénéfices à venir, mais l’échec de Lacombe le laissa avec des dettes, que Panckoucke lui permit en partie de payer. Sa fortune lui vint essentiellement de l’Empire.

Opinions

Gilbert Py a attiré l’attention sur la forte influence que Rousseau exerça sur lui à Montmorency (Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau, dir. R. Trousson et F.S. Eigeldinger, Champion, 1996, notice « Oratoriens », p. 669-671). J.R. fait part à son ami de son admiration pour la Nouvelle Héloïse (lettre à J.-J. R. du 18 mars 1761, CC 1372), puis pour Émile lettre du 8 juillet 1763, CC 2806). Ouvertement acquis à la réforme parlementaire de 1772, il est un ferme défenseur de l’équilibre des pouvoirs. Lors du rétablissement des parlements en 1774, il reste en place à la rédaction du Journal de Genève. On peut admirer la largeur de ses vues sur la politique internationale et sa vaste culture dans les « discours » qui ouvrent l’année dans le Journal de Genève. Durant la Révolution, il défend des positions modérées. J.R. a été l’un des rédacteurs de la Constitution de l’an VIII.

Activités journalistiques

Il a été le rédacteur principal, dès sa fondation en décembre 1772, du Journal historique et politique dit Journal de Genève. Il a participé de près aux négociations entre Lacombe et Panckoucke en août 1776. Il a défini d’une main ferme la politique extérieure du journal, prenant vigoureusement le parti de l’indépendance américaine. Lors de la grande fusion de juin 1779 entre les journaux de Panckoucke, il doit cependant laisser la place à Dubois-Fontanelle ; le Journal de Genève doit s’effacer devant Journal de Bruxelles.

Bibliographie

Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau, dir. R. Trousson et F.S. Eigeldinger, Champion , 1996, notice « Oratoriens » par Gilbert Py, p. 669-671. – Feyel, Gilles, L’Annonce et la nouvelle : la presse d’information sous l’Ancien Régime, Voltaire Foundation, p. 305. – Id., « Du récit de la Gazette de France à la réflexion du journaliste politique : le Journal historique et politique de Genève dans les années 1770 », dans Gazettes et information politque sous l’Ancien Régime, Publication,s de l’Université de Saint-Étienne, 1999.

Additif

État-civil : Jean Rousseau est né le 13 mars 1738 à  Witry-lès-Reims (registre paroissial de Witry) , fils de Jacques R.,  procureur fiscal  et lieutenant de justice; il est  mort à Châtillon-sous-Bagneux le 7 novembre 1813 . Il n’a aucun lien de famille avec Jean-Jacques Rousseau, dont il a été l’ami.

Formation : Après avoir fait ses études à l’Oratoire, il est admis dans la congrégation en 1756. Il est d’abord préfet de chambre au collège de Juilly. Le 4 novembre 1758, il est envoyé par les Oratoriens dans leur maison de Montmorency, où il étudie la philosophie de 1758 à 1760 ; c’est alors qu’il fait la connaissance de Jean-Jacques Rousseau, qui exercera sur lui une profonde influence (G. Py). Il  quitte l’Oratoire de Montmorency le 1er octobre 1760  pour enseigner la logique puis la physique à l’École d’Hydrographie de Nantes. Il passe au service du duc d’Aiguillon, le 2 septembre 1762 et devient précepteur de son fils, le comte d’Agenois (archives de l’Oratoire, exploitées par Gilbert Py).

Carrière : C’est le duc d’Aiguillon qui le plaça à la tête du Journal de Genève en 1772, c’est-à-dire au moment du coup d’état de Maupeou contre les parlements. Les Mémoires secrets, très hostiles au parlement Maupeou, et au triumvirat d’Aiguillon, Maupeou, Terray, notent l’événement le 4 décembre 1772 : « On connaît actuellement les entrepreneurs utiles du Journal politique commencé au mois d’octobre dernier, sous les auspices du ministre des Affaires étrangères [= le secrétaire d’État d’Aiguillon]. Ce sont les sieurs Dusson [Julien Busson], médecin du duc d’Aiguillon, et Rousseau ex-oratorien, instituteur du comte d’Agenois ; c’est le sieur Marin qui tient la plume moyennant mille écus de pension sur cet objet ». Sa carrière politique commence avec la Révolution. Il rédige le discours préliminaire du Résumé général des cahiers des divers bailliages (1789, 3 vol.) Il devient député suppléant de Paris à la Convention, démissionne au moment de la Terreur, est arrêté en septembre 1793 et libéré à la chute de Robespierre. Son ralliement à Bonaparte lors du 18 brumaire lui permet de faire une rapide carrière sous l’Empire : il entre au Conseil des Anciens, où il est rapporteur des finances, puis au Sénat ; il est nommé comte d’Empire ; il sera commandeur de la Légion d’Honneur (J. Tulard, Dictionnaire Napoléon, Fayard, 1999).

Situation de fortune  : D’après les données recueillies par G. Feyel dans l’Annonce et la nouvelle et dans sa communication de 1999 sur le Journal de Genève, J.R. aurait reçu une rente annuelle de 800 £ de la part de Panckoucke à partir de 1776, et une garantie de 5000 £ de la part de Lacombe sur les bénéfices à venir, mais l’échec de Lacombe le laissa avec des dettes, que Panckoucke lui permit en partie de payer. Sa fortune lui vint essentiellement de l’Empire.

Opinions : Gilbert Py a attiré l’attention sur la  forte influence que Rousseau exerça sur lui à Montmorency (Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau, dir. R. Trousson et F.S. Eigeldinger, Champion, 1996, notice « Oratoriens », p. 669-671). J.R. fait part  à son ami de son admiration pour la Nouvelle Héloïse (lettre à J.-J. R. du 18 mars 1761, CC 1372), puis pour Émile (lettre du 8 juillet 1763, CC 2806). Ouvertement acquis à la réforme parlementaire de 1772, il est un ferme défenseur de l’équilibre des pouvoirs. Lors du rétablissement des parlements en 1774, il reste en place à la rédaction du Journal de Genève. On peut admirer la largeur de ses vues sur la politique internationale et sa vaste culture dans les « discours » qui ouvrent l’année dans le Journal de Genève. Durant la Révolution, il défend des positions modérées. J.R. a été l’un des rédacteurs de la Constitution de l’an VIII.

Activités journalistiques : Il a été le rédacteur principal, dès sa fondation en  décembre 1772, du Journal historique et politique dit Journal de Genève. Il a participé de près aux négociations entre Lacombe et Panckoucke en août 1776. Il a défini d’une main ferme la politique extérieure du journal, prenant vigoureusement le parti de l’indépendance américaine. Lors de la grande fusion de juin 1779 entre les journaux de Panckoucke, il doit cependant laisser la place à Dubois-Fontanelle ; le Journal de Genève doit s’effacer devant Journal de Bruxelles.

Bibliographie : Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau, dir. R. Trousson et F.S. Eigeldinger, Champion , 1996, notice « Oratoriens » par Gilbert Py, p. 669-671. – Feyel, Gilles, L’Annonce et la nouvelle : la presse d’information sous l’Ancien Régime, Voltaire Foundation, p. 305. – Id., « Du récit de la Gazette de France à la réflexion du journaliste politique : le Journal historique et politique de Genève dans les années 1770 », dans Gazettes et information politque sous l’Ancien Régime, Publication,s de l’Université de Saint-Étienne, 1999 (J.S.).

 

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