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Charles ROBINET DE SAINT-JEAN (vers 1608-1698)

État civil

Charles Robinet de Saint-Jean est né vers 1608. Une note manuscrite sur une lettre du 14 juin 1666 - «L'autheur est Charles Robinet, Normand âgé de 40 ans » (Lachèvre) - fait penser qu'il serait né autour de 1626. Mais beaucoup plus sûr est le témoignage qui annonce sa mort le 25 avril 1698 «âgé de plus de quatre-vingt-dix ans» (M.H.P.). Pseudonyme : Du Laurens (Q.).

Formation

Nommé, à une date inconnue, conseiller et historiographe du roi, il commença sa carrière en travaillant à la Gazette de Théophraste Renaudot (M.H.P.). Autour de la princesse Palatine, Anne de Gonzague, il acquiert la réputation de bel-esprit : Somaize le peint sous les traits du « docte et ingénieux Rodolphe» (Dictionnaire des précieuses, éd. Livet, 1856, t. I, p. 191). Son activité de gazetier l'introduit auprès des grands : il rend visite à Versailles à Mmes de Montausier et de La Mothe-Houdancourt (L.C., 6 juin 1666), il assiste à une réception chez la reine (ibid.,izjjanv. 1668), puis au baptême de Marie-Thérèse de France (28 janv. 1668), il dîne chez Madame (3 mars 1668).

Situation de fortune

Sur la requête de Madame, il reçoit une pension du roi (ibid., 8 nov. 1665) ; mais en 1668 et 1669, il fait maintes allusions à la pension qu'il aimerait recevoir (ibid., 21 avril, 23 juin, 24 juil. 1668 et 27 avril 1669). Il aurait eu la reine et Fouquet comme protecteurs (Laborde) et fait lui-même mention d'une illustre protectrice à Valençay (L.C., 16 juil. 1667).

Opinions

Hors des relations agressives que l'on devine avec les gazetiers concurrents, il a eu, en 1685, querelle ouverte avec le Mercure galant pour une question de privilège (voir Momus).

Activités journalistiques

6. Histoire journalière,5 sept. - 11 oct. 1649 (Bourgeois et André, n° 1940), Compiègne, 1652.

Collaboration à la Gazette dont il aurait en particulier rédigé les extraordinaires de 1642 à 1676 (Mercure historique, mai 1677, cité par Laborde).

La Muse héroïque. Au roi, publiée par Lesselin (1654-27 déc. 1665), qui devient : La Muse Royale, éd. J. Paslé (1656-1660), adressée à Anne de Gonzague (L.C., 21 juin 1665).

Lettres en vers à Madame (25 mai 1665 - 30 juin 1670), à l'ombre royale de Madame (juil. 1670), à Monsieur (août-sept. 1673). La copie manuscrite signalée au XIXe siècle (Laborde ; L'Intermédiaire) se trouve insérée dans le Recueil faisant suite à la Muse historique de Loret (Maz., 296 A2-A6 rés) : elle contient 7 lettres manuscrites (2 août 1670 : 16 et 23 janv., 6, 20 et 27 févr., 5 mars 1672).

Lettres en vers à LL AA RR, Monsieur et Madame (avril-déc. 1674). Unepartie de ces lettres fut réimprimée en Hollande (L.C., 8 oct. 1667) ; mais la diffusion de ces feuilles semble avoir été restreinte : en dehors des grandes bibliothèques parisiennes, nous n'en avons localisé des exemplaires qu'à Lille et Stockholm.

Momus ou le nouvelliste, 1685 (les épîtres dédicatoires sont signées Robinet).

Publications diverses

7. Le Parfait Victorieux, discours funèbre sur la mort de Louis le Juste, 1643. – Ode à Mgr le cardinal de Richelieu,1644.

Les Illustres Arguments de l'inconstance du monde, en forme de tombeau. Sur la mort de Mgr le cardinal de Richelieu, 1645.

Les Illustres Vérités de Mgr Le Prince, 1651. – Noces ducales, 1664. – Panégyrique de Y «Ecole des femmes», ou conversation comique sur les œuvres de Molière, 1664. – Sonnets à Monsieur, 1671 (Ars., recueil Tralage, t. III, f° 6). – Sonnets au Roi, Mercure galant, avril 1677 (Laborde, p. 142-143). – Les portraits de Mgr le dauphin, poèmes, 1679. – S.d. : A Mgr l'éminent cardinal de Richelieu. Sur son retour à Paris. – Pour Mgr l'éminent cardinal Flavio Chigi, légat a latere en France (F.L.).

Bibliographie

(M.H.P.) Mercure historique et politique, mai 1689, t. XXIV, p. 547-548. – Laborde L. de, Le Palais Mazarin, Paris, 1845, p. 142-143. – L'Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 123, 25 févr. 1870. – (L.C.) Les Continuateurs de Loret, éd. J. de Rothschild et E. Picot, Paris, 1881-1899. – Lachèvre F., Bibliographie des recueils collectifs de poésies publiés de 1597 à 1700, Paris, 1901-1905 (t. II, p. 438-439 ; t. III, p. 508). – Id., Claude le petit et la «Muse de la cour», Paris, 1922, p. 19-51. – Bourgeois E. et André L., Les Sources de l'histoire de France, XVIIe siècle, t. IV, Paris, 1924.

Auteur(s) de la notice


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