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Marc Michel REY (1720-1780)

État civil

Marc Michel Rey est né à Genève le 5 mai 1720, fils d'Isaac et de Marguerite du Seigneur. Il épouse à Bruiksloot (Amsterdam), le 24 avril 1747, Elisabeth, fille du libraire Jean Frédéric Bernard. Il eut d'elle : Isaac, né le 28 janvier 1748 ; Marguerite Jeanne, née le 10 juin 1749 et qui épousera le beau-frère de Pierre Rousseau, Charles de Weissenbruch ; Elisabeth, née le 22 novembre 1750 : Bernard, né le 10 novembre 1752 ; François Bernard, né le 21 mai 1754 ; Suzanne, née le 3 mai 1762 et filleule de Jean Jacques Rousseau ; Julie Elisabeth, née le 24 juillet 1764. R. est mort à Amsterdam le 8 juin 1780 et a été enterré dans le cimetière de l'église wallonne de la ville.

Formation

R. a fait huit années d'apprentissage d'imprimerie chez Marc Michel Bousquet, sans doute de 1737 à 1744.

Carrière

Il achète le droit de bourgeoisie d'Amsterdam le 14 janvier 1745 et est admis à la corporation des libraires le 31 janvier suivant. Ses ressources proviennent de la vente de livres imprimés par ses soins ou diffusés par sa maison.

Opinions

Libraire avant tout, R. achète et vend plus qu'il n'écrit. Il se désolidarise des articles qui peuvent paraître dans sa version du Journal des savants (par exemple l'affaire Gaudie qui a défendu Rousseau dans la livraison d'avril 1766). Il est certain qu'il a eu des ennuis pour avoir imprimé le Dictionnaire philosophique, l'Evangile de la raison et le Sermon des cinquante de Voltaire. Il rencontre Rousseau à Genève en 1754 et devient son éditeur et son ami pour rompre finalement avec lui en 1774. Il a eu des relations difficiles au départ avec Voltaire, a imprimé Diderot, la secte holbachique, etc. R. a correspondu avec des dizaines de personnes appartenant à divers horizons. Sa correspondance, riche de plusieurs milliers de pièces, est actuellement en voie de classement par nos soins. Le fait que R. ait été enterré dans le cimetière de l'église wallonne et non dans l'édifice n'est pas un indice suffisant pour croire qu'il aurait eu des rapports difficiles, voire hostiles, avec les autorités ecclésiastiques à cause des ouvrages qu'il imprimait.

Activités journalistiques

Libraire-imprimeur avant tout, R. a cependant également droit au titre de journaliste. A peine était-il installé à Amsterdam qu'il reprit à son compte la réimpression de l'édition française du Journal des savants, entreprise en Hollande dès 1665. Jusqu'en décembre 1753, R. continua la collection classique de ses confrères hollandais sous le titre Journal des savants avec le sous-titre «Augmenté de divers Articles qui ne se trouvent point dans l'Edition de Paris » dans le format in-12. On y trouve, outre le texte du Journal, des extraits des Mémoires de Trévoux, des listes de livres «nouveaux» ou «reçus» et surtout des «Additions de l'Editeur de Hollande». R. termina ainsi une première série de 170 volumes. En janvier 1754, le titre se trouva modifié en Journal des savants, combiné avec les Mémoires de Trévoux, respectant le format traditionnel in-12, périodicité mensuelle, mais inaugurant une nouvelle série de 79 volumes au contenu semblable à celui de la première série, avec des extraits aussi du Mercure. En 1764, le titre du périodique est à nouveau modifié en Journal des savants, avec des extraits des meilleurs journaux de France et d'Angleterre pour devenir en 1776 finalement le Journal des savants, combiné avec les meilleurs journaux anglais. Les collections complètes de la réimpression hollandaise sont rares. Celle de la B.R. de Bruxelles, III, 33544, comprend 369 volumes in-12 allant de 1665 à 1778. C'est évidemment dans la rubrique «Additions de l'Editeur de Hollande» qu'il faut chercher la part originale de la contribution de R. à cette réimpression du Journal, qui devint avec les années une sorte de «digest» des meilleurs journaux de l'Europe occidentale. La nature des « Additions » est très variée : correspondance avec les confrères, polémiques diverses (avec Voltaire, par exemple), nouvelles littéraires, extraits et comptes rendus. Encore n'est-il pas prouvé que ces textes aient été réellement écrits par R. qui disposait d'une équipe de scribes divers. Au moins parurent-ils sous sa responsabilité.

Bibliographie

Gallas M., «La condamnation de l'Emile en Hollande», Annales Jean-Jacques Rousseau, 1926, t. XVII, p. 70-72. – ld., «Autour de M.M. Rey et de Rousseau», ibid., 1926, t. XVII, p. 73-90. – Schinz A., «Jean-Jacques Rousseau et le libraire imprimeur Marc-Michel Rey», ibid., 1914-1915, t. X, p. 1-134. – Bosscha J., Lettres inédites de Jean-Jacques Rousseau à Marc Michel Rey, Amsterdam, 1858. – Dubosq Y.Z., Le Livre français et son commerce en Hollande de 1750 à 1780, Amsterdam, 1925. – Vercruysse J., «Voltaire et Marc-Michel Rey», S.V.E.C. 58, 1967, p. 1707-1763. – ld., «Rey et le livre philosophique», dans Literaturgeschichte als geschichtlicher Auftrag, in memoriam Werner Krauss, Berlin, 1978, p. 149-156.

Auteur(s) de la notice


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