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Théophraste RENAUDOT (1586-1653)

État civil

Né à Loudun en 1586, Théophraste Renaudot est issu, par sa mère Cécile Fourneau, d'une famille bourgeoise de la ville, comptant des échevins, des chirurgiens et des apothicaires. Son père, Jean Renaudot, sieur de Saint-Jean, «précepteur de la jeunesse», c'est-à-dire tout à la fois maître d'école et maître de pension, était venu de Luché, un village du Maine, actuel département de la Sarthe (canton du Lude), s'établir dans la petite cité huguenote l'année précédente. Par la suite, il joua un certain rôle dans la communauté protestante de Loudun, puisque son nom apparaît plusieurs fois dans les registres du Consistoire. Après R. naquirent encore quatre autres enfants : Jean, baptisé au temple de Loudun en 1591, devenu maître chirurgien dans sa ville natale, Eusèbe, mort écolier à Saumur en 1611, Daniel, qui fut principal en l'Académie royale de Saumur où il était aussi ministre de l'église réformée, et Charlotte qui épousa un marchand loudunais. Revenu à Loudun après ses études, R. y épousa en juin 1608, Marthe Dumoustier, la fille d'un marchand, qui lui apporta une dot de 3600 £. De cette union heureuse et longue - Marthe Dumoustier mourut en février 1639, âgée de 57 ans - naquirent neuf enfants. Des trois fils qui atteignirent l'âge d'homme, deux - Isaac (1610-1680) et Eusèbe (1613-16 79) - furent médecins comme leur père, le troisième - Théophraste II, sieur de Boissemé (1611-1672) -, de formation juridique, fut conseiller puis doyen de la Cour des monnaies. Deux des cinq filles seulement, Marthe et Hélène, épousèrent la première un avocat au Parlement, la seconde un bourgeois de Paris fortuné. Les trois autres Jeanne, Jacqueline et Marie entrèrent en religion. D'origine réformée, toute la famille, sauf Marthe Dumoustier demeurée protestante, se convertit au catholicisme en 1628. Fort opportune et inspirée par le cardinal de Richelieu, cette conversion obtenue par le cardinal de Bérulle fut sincère et authentique. Deux ans avant de mourir, R. se remarie en octobre 1651 avec Louise de Mascon. Cette seconde union fut malheureuse et s'acheva sur une dissolution prononcée par l'Officialité de Paris, le 28 août 1652. En janvier 1652, R. avait cessé de rédiger la Gazette et avait transmis à son fils Théophraste II, «le soin de son Bureau d'adresse et de l'imprimerie des nouvelles et gazettes». Il mourut paralysé, à Paris, le 25 octobre 1653. Malgré l'échec de son mariage, Louise de Mascon resta dans l'environnement immédiat de la famille Renaudot, puisqu'elle finit par épouser en novembre 1656 Charles Robinet de Saint-Jean (1608-1698), collaborateur de R. à la Gazette depuis au moins 1642, rédacteur de la Gazette et administrateur de son privilège jusqu'au milieu des années 1670. Elle mourut le 10 août 1702.

Formation

Très tôt orphelin de père et de mère, R. fit ses humanités dans sa cité natale, où il bénéficia de l'enseignement du grand latiniste Daniel Boulanger. A l'âge de seize ans, il vint à Paris où, pendant deux ans au moins, il suivit les cours de chirurgie au collège de Saint-Côme. En 1604 ou en 1605, le voici revenu en province faire des études de médecine dans une petite école, peut-être en Poitou. Etudes couronnées par un bref séjour à la faculté de Montpellier, où en neuf mois - de novembre 1605 à juillet 1606 -, il obtint tous ses grades, y compris le doctorat. En juillet 1606, il n'a pas encore vingt ans et, comme il le dit lui-même, «sachant que l'âge est nécessaire pour autoriser un médecin », il fit un grand périple européen «dedans et dehors le royaume» pour y recueillir ce qu'il trouverait de meilleur en la pratique de la médecine. De ce grand voyage, R. tira certainement des observations et des expériences qui lui furent bien utiles lorsqu'il devint gazetier. Déjà y apparaît le «donneur d'avis», anxieux de se faire une place auprès des puissants du moment, ainsi que le prouve sa supplique au roi Jacques 1er d'Angleterre, alors qu'il séjourne à Londres en avril 1607. N'ayant point réussi à faire valoir cette mystérieuse « affaire, de plus grande importance qu'on ne sçaurait croire avant de l'avoir ouye», il revient s'établir médecin à Loudun au printemps 1608 (voir Jubert, 1986). Jusqu'en 1625, R. va pratiquer son art à Loudun, avec succès, semble-t-il. Fidèle disciple de l'Ecole de Montpellier, il se veut «moderne», préférant l'expérimentation aux idées toutes faites de l'Ecole de Paris qui bornait son univers à la saignée, au clystère et au latin. Ainsi fait-il de fréquentes anatomies, ainsi soigne-t-il avec les plantes et les substances chimiques, notamment l'antimoine. Avide de reconnaissance sociale, il fait beaucoup de bruit autour de lui. En décembre 1619 et en janvier 1620, il profite de la grande assemblée des députés des Eglises réformées de France et souveraineté de Béarn, réunie à Loudun, pour prononcer deux harangues ensuite publiées, consacrées la première aux mérites d'un médicament composé par les médecins de Poitiers - le Polychreston -, la seconde au squelette, avec une leçon anatomique. R. ne se veut pas seulement médecin «éclairé», il se veut aussi humaniste et cultive assidûment l'amitié et la protection du vieux poète Scévole de Sainte-Marthe, ancien Trésorier de France, autrefois maire de Poitiers, alors retiré dans sa patrie loudunoise et devenu l'âme d'un petit cénacle de réflexion littéraire. Lorsque le «grand homme» disparut en 1623, R. eut l'honneur de prononcer l'éloge funèbre devant les officiers du bailliage et les autres notables de la petite cité. Modernité donc du médecin, mais aussi et surtout, volonté d'insertion parmi les notabilités de la province, pour faire carrière bien au-delà.

Carrière

R. se fit connaître par son projet sur le «règlement des pauvres», un grand dessein qui avorta, mais qui lui permit de se pousser auprès des puissants de l'époque. Au début du XVIIe siècle, alors que la France, tout juste sortie des malheurs de la guerre civile, reconstruit sa société et son économie, le pouvoir royal et les municipalités des villes doivent affronter le mal endémique de la pauvreté, du vagabondage et de la mendicité. Les «Aumônes générales» qui depuis les années 1530 avaient distribué les secours aux «pauvres assistés» dans les grandes villes, ne peuvent plus faire face devant l'accroissement des besoins. La faillite du système d'assistance et les difficultés de la reconstruction économique poussent les premiers penseurs mercantilistes - par exemple Barthélémy de Laffemas - à militer sans relâche pour la mise au travail de tous les Français, à argumenter sur la valeur morale autant qu'économique du travail, à mener la guerre contre les «oisifs». Dès 1601, Laffemas se prononce explicitement pour l'enfermement des pauvres qui refuseraient de se mettre au travail. Ainsi passait-on tout naturellement de la nécessité du travail à la contrainte, voire à l'enfermement. De nombreux «donneurs d'avis» et autres «économistes» reprirent de telles idées pendant tout ce premier XVIIe siècle. S'il ne fait aucun doute que R. ait lu et relu beaucoup de ces projets et s'en soit manifestement inspiré pour bâtir son propre «règlement des pauvres», il s'en écarta en refusant l'enfermement que les administrations, à Paris, à Rouen, à Lyon, finirent elles-mêmes par préconiser, tant était grand l'échec des «Aumônes générales». 1612, 1617-1618, deux fois de suite, R. essaya de faire valoir ses idées à Paris. Mais sans succès, malgré des décisions favorables du Conseil du roi. Ses protecteurs, grands ou petits, avaient tout juste été capables de le soutenir auprès du Conseil. Pour passer à la phase des réalisations, il fallait des appuis autrement puissants. A qui doit-on le premier essai de 1612 ? Scévole de Sainte-Marthe pourrait avoir été d'un grand secours. Il est très probable aussi que Richelieu a agi. Le projet philanthropique de R. pouvait être, pour le futur cardinal, un moyen parmi d'autres, de ne point se faire oublier du pouvoir. Au printemps 1611, Richelieu avait été introduit auprès de la reine-mère Marie de Médicis par le P. Joseph. Rentré en Poitou pendant l'été suivant, il était revenu à Paris pour le carême 1612 et avait pu alors y nouer d'utiles relations avec le pouvoir. La coïncidence des dates ne paraît pas fortuite. Le 26 juin 1612, R. était lui aussi à Paris, où il présentait son projet à une commission de notables, réunie depuis avril 1610, pour discuter du sort des pauvres. «Messieurs les commissaires establis sur le fait des pauvres» voulurent bien l'écouter, mais ne retinrent pas ses suggestions. Ils ne désiraient s'occuper que du sort des pauvres de Paris et avaient déjà opté pour l'enfermement, alors que R. étendait son «règlement» à tout le royaume. Avec très probablement de bonnes paroles, l'importun «donneur d'avis» fut renvoyé vers le Châtelet de Paris, qui le 28 août approuva ses « inventions et moyens ». Devenu médecin ordinaire du roi, R. parvenait à obtenir le brevet du 14 octobre 1612, qui lui accordait le «privilège exclusivement à tous autres de faire tenir Bureaux et Registres d'adresse de toutes les commoditez réciproques » des sujets du roi en tous les lieux du royaume, et la promesse de lettres patentes. R. avait ainsi préservé l'avenir de son projet contre tout éventuel concurrent, mais l'affaire en était restée là. Le deuxième essai, celui de 1617-1618, n'aurait pu non plus exister sans le patronage de Richelieu. Par la grâce de la reine-mère et de Concini, ce dernier était entré quelques mois au Conseil du roi, pour s'occuper des Affaires étrangères, entre novembre 1616 et avril 1617. R. profita manifestement de ce premier et bien éphémère ministériat de l'évêque de Luçon pour reprendre les démarches avortées de 1612. Après tout un cheminement administratif, l'affaire fut évoquée favorablement le 30 octobre 1617 par la Chambre du commerce, tout juste créée à Paris le 20 novembre 1616. Le 3 février 1618, R. obtenait enfin « la charge de Commissaire général des pauvres de ce royaume». Il recevait aussi le droit de nommer un commis « dont il demeurera seulement responsable civilement » dans chaque bailliage ou sénéchaussée. Ses projets étaient très vastes puisqu'il s'agissait de créer une véritable administration couvrant tout le royaume, alimentée financièrement par les aumônes, le revenu des biens affectés aux pauvres, ainsi que par des prélèvements fiscaux sur les jeux et l'exportation de «matières non manufacturées». Projets si vastes que tout naturellement deux conseillers d'Etat furent commis à en examiner les implications financières, moyen bien commode de les faire disparaître dans les sables, alors que Richelieu n'était plus là pour les appuyer. Au printemps 1624, le cardinal de Richelieu rentre en grâce. En avril, le voici de nouveau au Conseil du roi, dont il devient le chef en août suivant. R. se presse d'en profiter et obtient deux nouveaux arrêts du Conseil les 28 février et 22 mars 1624. Au début de l'année 1625, il vient s'établir à Paris. Mais lorsqu'il faut appliquer le « règlement des pauvres », Richelieu laisse traîner les choses. Comme tous ses maîtres mercantilistes - les Laffemas, les Montchrestien -, R. attend de la Couronne qu'elle veuille bien patronner et diriger toutes initiatives susceptibles de donner prospérité au royaume. Mais ses projets sont très vastes et très complexes de réalisation. Au vrai, Richelieu va très vite les considérer comme une utopie qu'il convient d'oublier. Certes, en 1625, dans son Règlement pour toutes les affaires du royaume, véritable programme de gouvernement, le cardinal avait bien prévu de réformer la « mauvaise administration des hôpitaux», mais il s'était clairement prononcé pour l'enfermement des pauvres et avait laissé aux notables citadins le soin de se concerter avec I'évêque de l'endroit pour trouver les « fons » nécessaires à leur entretien. Propositions bien éloignées de celles de R. Une dernière fois cependant, Richelieu laissa le médecin présenter son projet lors de l'Assemblée des notables réunie entre décembre 1626 et février 1627. La Requeste présentée au Roy et à Nosseigneurs de l'Assemblée convoquée à Paris affirme haut et fort qu'il est du devoir de l'Etat de s'occuper du sort des pauvres. Belle construction bien vite oubliée par Richelieu. Outre les difficultés de financement, elle vidait de leur substance les anciennes Aumônes générales et le Grand Bureau des pauvres de Paris qui ne désiraient pas disparaître, et elle heurtait de front les intérêts des divers corps de métier.

Après avoir perdu toute chance de jamais faire admettre son «règlement des pauvres», R. se replia sur l'établissement des seuls Bureaux d'adresse. Le 31 mars 1628, une déclaration royale les instituait. R. pourrait y « mettre des commis » qui tiendraient « livres et registres dans lesquels il sera permis à un chacun de faire inscrire et enregister, par chapitres distincts et séparez, tout ce dont il pourra donner addresse sur lesdites nécessitez, et semblablement d'y venir apprendre et recevoir lesdites addresses par extraits desdits registres. Sans qu'il soit payé plus de 3 sols pour chacun enregistrement ou extrait desdits registres, et gratuitement pour les pauvres». Il s'agissait toujours de permettre aux pauvres de «rencontrer les addresses de leurs nécessitez», mais il n'était plus question de contraindre qui que ce fût à les utiliser. La grande administration des pauvres aux ressources fiscales variées, se réduisait à de simples Bureaux de placement qui ne pourraient vivre que des bénéfices de leur activité. Cantonné dans cette structure très étroite, R. va en étendre les compétences, soit parce qu'un simple Bureau de placement n'était pas suffisamment rentable, soit parce qu'il se heurte à l'opposition des «recommanderesses», «proxénètes» et autres intermédiaires traditionnels. Encore lui faut-il protéger d'éventuels concurrents ses nouveaux projets. Aussi obtient-il le 8 juin 1629 un privilège de librairie préservant de toute contrefaçon L'Inventaire des Addresses du Bureau de rencontre, un livre où il va pouvoir exposer ses idées. Au début de l'été 1629, les intermédiaires traditionnels tentent sans y parvenir d'empêcher la fondation du Bureau d'adresse. L'affaire remonte jusqu'au Parlement qui déboute le 16 août les opposants et ordonne que R. jouira «du contenu desdits Brevet, Arrests du Conseil, Déclaration et Privilège», «sans qu'aucun autre se puisse immiscer, sinon par son consentement, de faire les impressions et adresses y mentionnées». Le roi tranche enfin l'affaire le 13 février 1630, dans ses «lettres de confirmation du don desdits Bureaux d'addresses», lettres patentes entérinées le 5 mars suivant par le prévôt de Paris et le lieutenant civil. Alors semble-t-il, à la fin de mars ou au début d'avril 1630, R. établit son Bureau d'adresse et publie l'Inventaire des addresses du Bureau de rencontre, où il détaille ses fonctions - voir sur cet Inventaire, D.P.1 457, Feuille du Bureau d'adresse. Bien sûr, le Bureau est d'abord au service des pauvres. Il enregistrera toute idée nouvelle concernant leur soulagement, donnera l'adresse de ceux qu'il faut «ausmoner», des médecins, chirurgiens et apothicaires voulant bien dispenser gratuitement leurs soins, consignera « toutes les expériences qu'on aura et qu'on voudra donner au public des effets admirables des simples et autres remèdes » - voilà les débuts de la publicité pharmaceutique, si riche d'avenir -, recevra les factums «bien circonstanciés» et anonymes pour les «maladies secrettes» et «se chargera de leur faire donner promptement avis et consultation ample». Au-delà du service des pauvres, le Bureau révèle ses compétences universelles, lorsqu'il se tourne vers une clientèle plus aisée (voir D.P. 1 457).

Disposant enfin d'une «institution» reconnue par toutes les autorités de l'Etat et de la ville de Paris, R. va rebondir de cette position de repli pour élargir sans cesse le champ de ses activités. Après avoir trois fois déménagé depuis le début de leur séjour parisien en 1625, R. et sa famille louent le 30 septembre 1628 «deux corps d'hostel», rue Sainte-Croix de la Bretonnerie. Ils s'installent enfin le 11 juillet 1630 dans l'île de la Cité, rue de la Calandre, à l'enseigne du Grand Coq. Situé entre le Marché-Neuf et le Palais, le Bureau d'adresse ne pouvait que profiter de l'intense activité de ce quartier d'affaires où se rencontraient les gens du commerce, les libraires de la Cour du Palais, les très nombreux robins grands et petits. Dès la fin de l'année 1630 ou au début de l'année 1631, R. développe suffisamment son Bureau pour éprouver le besoin d'offrir à sa clientèle marchande des mercuriales et des nouvelles de l'étranger. Voulant publier tout cela sans dépendre des libraires, il demande et obtient du roi le 30 mai 1631, un second privilège de librairie pour «imprimer ou faire imprimer» les «affiches, mémoires, actes et autres choses et matières dont il se donne addresse audit Bureau, comme le prix des Marchandises et les gazettes dont il retire les mémoires des pais estrange[r]s» (voir Feyel, L'Annonce et la nouvelle). Retrouvé sur une pièce imprimée de la Bibliothèque Mazarine, ce privilège fonde la légitimité de la Gazette dont R. publie la première livraison ce même 30 mai 1631, et prouve qu'il distribuait périodiquement alors «le prix des marchandises». Au-delà du marché parisien, ces mercuriales auraient enregistré les prix des grands marchés étrangers, ainsi que le laissent entendre les termes du privilège et les regrets exprimés après leur disparition, lors des « assemblées du commerce» de l'été 1638, réunies au Bureau d'adresse, pendant les «vacations» ou vacances des Conférences : « Mais surtout, en cette occurence est nécessaire la connoissance certaine de la valeur du prix des marchandises dont on veut trafiquer. Ce qui a fait grandement louer les feuilles qui sont autresfois sorties contenans le prix courant des marchandises par chacune semaine, à l'imitation de la ville d'Amsterdam». Lorsque R. fonde la Gazette le 30 mai 1631, il pense d'abord servir le monde marchand, anxieux de connaître les nouvelles de la guerre de Trente Ans, ainsi que le prouvent les termes mêmes du privilège de ce 30 mai. Mais abandonnant très vite cette première utilité marchande, il a dû passer alliance avec le pouvoir monarchique pour installer sa feuille dans la durée, contre les Nouvelles ordinaires de ses concurrents Epstein, Martin et Vendosme (voir D.P.1492, Gazette de France, et 1052, Nouvelles ordinaires). Ouverte le 11 septembre 1631, la querelle avec les imprimeurs et les libraires s'achève en février 1635 sur la victoire complète de R., avec les lettres patentes qui précisent que son privilège s'étend à toutes les formes d'information : « Voulons et nous plaist que ledit Renaudot et ses successeurs et ayans cause, jouissent pleinement, paisiblement, et perpétuellement à l'exclusion de tous autres, du pouvoir, permission et privilège de composer et faire composer, imprimer et faire imprimer en tel lieu, et par telles personnes que bon leur semblera toutes les Gazettes, Relations, et Nouvelles, tant ordinaires qu'extraordinaires, lettres, copies, ou extraicts d'icelles, et autres papiers généralement quelconques contenans le récit des choses passées et avenues, ou qui se passeront tant dedans que dehors le Royaume, prix courant des marchandises, Conférences et autres impressions desdits Bureaux, et généralement toutes les choses mentionnées esdits Arrests. Le tout vendre et faire vendre, exposer et débiter. Avec deffenses à tous imprimeurs, libraires, et autres personnes de quelque condition qu'ils soient de s'immiscer ni entreprendre aucune des choses cy-dessus, sans le pouvoir, consentement et aveu dudit R. ou des siens après luy ; sans que cy-aprés ils puissent estre troublez et privez de tout ou partie des émolumens procedans desdites impressions et choses cy-dessus, par quelque personne ou prétexte que ce soit, sur les peines portées par lesdits Arrests, cy attachez sous le contre-séel de nostre Chancellerie. Nonobstant toutes Déclarations, Ordonnances, Arrests, Règlements, et défenses faites ou à faire pour raison de la papeterie, imprimerie et librairie ; mesmes celle faites à toutes personnes de tenir presses, et imprimerie en leur maison, que ne voulons nuire ne prejudicier directement ou indirectement audit Renaudot et aux siens, et ce tant qu'il nous plaira les Gazettes, Nouvelles et autres impressions avoir lieu en cestuy nostre Royaume et lieux de nostre obéissance.» Désormais libéré des contraintes administratives et corporatives du monde du livre, R. est devenu la voix du pouvoir. La Gazette n'existe que parce que Louis XIII et Richelieu y trouvent leur compte. Elle durera tant qu'il leur «plaira». Ainsi, ces années 1631-1635 furent-elles décisives pour l'avenir de la presse d'information française. A peine de disparaître écrasée par une communauté de libraires supportant mal les empiétements de R., la Gazette dut se mettre sous la protection de la monarchie, qui s'efforçait alors de rassurer et d'amadouer une opinion divisée et hésitante après la «Journée des Dupes» et l'exil de la reine-mère. L'Etat absolutiste en voie de formation, grâce à ses gens - en l'occurence R. -, s'attribue la fonction tribunicienne, sans permettre aux corps intermédiaires de l'exercer. La communauté des imprimeurs et libraires garde certes le privilège reconnu de publier et de vendre des livres. Elle n'a plus celui de diffuser de l'information, quelle qu'en soit la forme, périodique ou occasionnelle. Avec la Gazette, l'information se sépare de la rumeur et du merveilleux pour entrer dans la rationalité.

En novembre 1632, R. sert aussi la raison en instituant à son Bureau d'adresse, les Conférences, assemblées de gens doctes et sages, discutant tous les lundis de grandes questions de morale ou de physique. Espace de tolérance et de liberté, ces assemblées n'accueillirent pas seulement le mathématicien et astrologue Jean-Baptiste Morin, l'un des tenants les plus influents du géocentrisme, mais aussi de grands défenseurs de l'héliocentrisme, l'astronome Ismaël Boulliau et le P. Mersenne, promoteur du «mécanisme», cette science nouvelle, fondée sur les mathématiques et l'expérimentation, refusant de disserter sur la qualité pour calculer la quantité, s'efforçant de réduire l'enchaînement des phénomènes naturels à une mécanique cohérente. Toujours à partir de son Bureau d'adresse, R. va prendre de nouvelles initiatives, fort dangereuses car elles vont soulever contre lui la double et irréductible opposition de la Faculté de médecine et des Six Corps des marchands parisiens. Au printemps 1630, il s'était engagé à ne faire aucun commerce, et avait fait afficher et distribuer cet Advertissement au lecteur : «Le Bureau ne fournira d'aucune autre chose que d'addresses et mémoires pour faire rencontrer à chacun ses nécessitez et commoditez, en leur donnant plus prompte et facile cognoissance des personnes et lieux où ils les trouveront : affin qu'on n'y vienne chercher autre chose, et qu'aucun ne prenne sujet de se plaindre, comme s'il fournissoit et administrait les choses pour l'exercice, manufacture et débit desquelles sont establies les diverses professions, arts et mestiers, dont la société humaine est composée». Malgré de telles assurances, R. va assez rapidement s'évader des «adresses» ou simples indications pour faire un véritable commerce des objets déposés dans son Bureau. Il a bien sûr pour cela de si excellentes raisons qu'il obtient les 27 mars et 1er avril 1637 un Arrêt du Conseil et un Brevet du roi y autorisant les troques ou échanges, de même que les «Ventes à grâce, et pures et simples» (D.P.1 457). Toujours désireux d'aller au bout de ses initiatives, R. fonda en 1638 un laboratoire - les « fourneaux » du Bureau d'adresse - où les remèdes chimiques seraient préparés gratuitement par les apothicaires parisiens qui le désireraient. Pour conforter cette initiative, il obtint du roi les lettres patentes du 2 septembre 1640. Il s'agissait aussi et surtout d'un véritable laboratoire d'essai où étaient testés les nouveaux remèdes. Par delà les intentions philanthropiques bruyamment affichées, le Bureau d'adresse, en bonne «agence publicitaire», était à l'affût de toute nouvelle « invention » pharmaceutique. Disposant de ses « fourneaux », R. entreprit de faire en grand ce qu'il avait discrètement débuté. Entre mai et juillet 1640, il organisa définitivement les «Consultations charitables pour les pauvres malades». Tous les mardis, à «deux après midy», une quinzaine de médecins siégeaient dans la grande salle du Bureau d'adresse, «divisés en plusieurs tables». Chaque consultant recevait à son arrivée un numéro d'ordre, et riche ou pauvre, n'était consulté que lorsque son tour était venu. Les plus riches déposaient leur obole dans une «boëte» placée à cet effet. Naturellement, ils payaient ensuite le chirurgien ou l'apothicaire à qui ils s'adressaient ensuite pour obtenir leur médication. Les plus pauvres étaient examinés gratuitement, puis étaient envoyés chez un apothicaire ou un chirurgien qui avait accepté, par amour des pauvres, de se faire « simplement indamniser de son déboursé», soit que le prix des remèdes ait été donné au pauvre malade en même temps que la prescription, soit qu'il ait été versé directement à l'homme de l'art. Souvent méprisés par les médecins de l'Ecole, les chirurgiens et les apothicaires ne pouvaient qu'applaudir, puisqu'ils étaient ainsi assurés de disposer d'une clientèle solvable, mais bien sûr, ils se devaient de savoir préparer chez eux les médications chimiques expérimentées dans le laboratoire de R. L'habile homme s'était ainsi assuré la publicité et la diffusion de ses innovations pharmaceutiques ! Au cas où certains apothicaires se seraient trouvés incapables de telles préparations, le Bureau d'adresse était tout prêt à les leur apprendre. Frappée de plein fouet par le succès immédiat de ce « dispensaire », en grand péril de voir disparaître et ses étudiants et ses malades, la Faculté ouvrit les hostilités contre R. dès l'automne 1640, autant par intérêt professionnel étroit, que par conviction scolastique : il fallait tuer les «fourneaux», ce laboratoire d'essai et de vérification militant en faveur des remèdes chimiques, ce véritable embryon d'une université parallèle. Le 23 octobre 1640, la Faculté assigna son adversaire devant le Châtelet. Avant même que le prévôt de Paris se fût déclaré favorable à l'Ecole (6 nov. 1640), R. s'était retourné vers le Conseil du roi qui finit par évoquer l'affaire et lui donna gain de cause en interdisant à la Faculté de le gêner dans ses initiatives (14 juin et 9 juil. 1641). Aussitôt le voici poursuivant son avantage et projetant de construire un «Hostel des consultations charitables », le long des remparts, au nord de la porte Saint-Antoine. C'était tout ce que l'Ecole pouvait craindre le plus : fort dangereuse, cette nouvelle institution risquait de l'étouffer par son rayonnement auprès des malades et du corps médical. Au début de 1643, des lettres patentes accordèrent le terrain convoité pour l'érection de l'Hostel, mais la disparition du roi, précédée de celle de Richelieu vint tout remettre en question. Ayant cru tout perdre, la Faculté n'eut de cesse de tout gagner. Malgré les efforts de R., elle obtint du Conseil privé, le 7 août 1643, le renvoi de l'affaire devant ses juges naturels, c'est-à-dire le Châtelet et le Parlement. Le 9 décembre suivant, le prévôt de Paris interdisait à R. et à ses «adhérents et adjoints, soy disants médecins, d'exercer cy après la médecine, ny faire aucunes Conférences, consultations ny assemblée dedans le Bureau d'adresse ou aultres lieux de cette ville et faulxbourgs». Le 1er mars 1644, le Parlement confirmait la sentence du Châtelet, et allait encore plus loin, puisque sous l'influence de l'avocat général Orner Talon, il suspendait les «Ventes à grâce» jusqu'à plus ample examen. Contrairement à ce qui a été souvent un peu rapidement affirmé, l'arrêt du Parlement ne détruisait pas complètement l'œuvre de R. Il lui restait bien sûr la Gazette, mais aussi le Bureau d'adresse qui ne semble pas avoir alors disparu. Il va désormais s'acharner à récupérer les «Ventes à grâce», tout en consolidant et sa feuille et son Bureau. Il ne lui fut pas bien difficile de maintenir la Gazette, parce que dès son arrivée au pouvoir, Mazarin avait bien vu tout l'avantage politique qu'il en pourrait tirer. Au cours du même mois d'août 1643, le Conseil du roi avait su prendre deux décisions fort contrastées : le 7, il avait certes renvoyé R. devant le Châtelet, mais le 18, il prenait bien soin de confirmer le privilège de la Gazette dans toute son étendue contre l'imprimeur Claude Morlot, coupable de contrefaçon. Enfin, le 1er mars 1644, R. put bien perdre son procès devant le Parlement, le 17 du même mois, il obtenait de nouvelles Lettres patentes confirmant les privilèges des seuls Bureaux d'adresse et Gazette. Ces Lettres de confirmation garantissaient l'avenir de l'institution, puisqu'en cas de décès, absence ou empêchement du fondateur, elles ordonnaient que son fils, Théophraste II, sieur de Boissemé, conseiller en la Cour des monnaies, lui serait automatiquement substitué. La suspension des « Ventes à grâce » avait été très durement ressentie. Quelques mois plus tôt, R. avait dû réaffirmer ses droits contre un protégé du duc d'Orléans et du prince de Condé, Balthazar Gerbier. Le 3 septembre 1643, ce dernier avait reçu des Lettres patentes et un Brevet pour l'établissement de monts-de-piété à Paris et dans de nombreuses autres villes de France. A son tour, pour se débarrasser de ce rival inattendu, R. avait dû obtenir le mois suivant (oct. 1643), des Lettres patentes pour conforter le privilège de ses « Ventes à grâce». Pour montrer sa bonne volonté, il se soumit au Parlement et suspendit provisoirement toutes les activités de son Bureau d'adresse, s'efforçant de négocier la réouverture des «Ventes à grâce». Dès 1644, ou peut-être un peu plus tard, il présentait ses Lettres patentes au Parlement. C'est alors qu'il trouva face à lui une nouvelle opposition qui ne désarmera jamais par la suite. Les Six Corps des marchands voyaient dans les «Ventes à grâce» une concurrence commerciale encombrante qu'il convenait de détruire en la taxant d'usure. Aussi s'opposèrent-ils aussitôt à l'entérinement à des Lettres. Le conflit traîna en longueur, parce qu'au tout début, R. n'était plus en mesure de beaucoup peser face à un Parlement heureux de montrer son autorité et point trop pressé d'aboutir. C'est seulement à partir de 1646, année de véritable reconquête, que R. poussa vraiment les feux. En cette année faste, il reçut du pouvoir de nombreux gages de bonne volonté. Le 28 avril, le roi ordonnait l'enregistrement aux requêtes de l'Hôtel des Lettres de confirmation de mars 1644. Le 6 mai, R. était nommé «historiographe du roi» et prêtait serment en cette qualité le 19. Le 31 juillet, il obtenait un arrêt du Conseil contre les nouvellistes à la main qui concurrençaient la Gazette. Enfin, en décembre, le roi ordonnait que les procès que R. et ses enfants avaient « en divers parlements et autres juridictions de ce royaume» seraient évoqués aux requêtes de l'Hôtel qui devraient enregistrer les Lettres patentes, Brevets, arrêts du Conseil obtenus depuis février 1635. Dernière grâce, en mai 1648, R. obtenait la faveur de s'établir dans les galeries du Louvre, «devant la rue Saint-Thomas», où furent installés l'imprimerie de la Gazette et le Bureau d'adresse. Et puis l'affaire s'enlisa de nouveau dans de longues procédures. Depuis 1648, la Fronde donnait bien d'autres soucis au Parlement. En 1650, elle n'était toujours pas réglée au fond. Passée cette année 1650, R. perdait toute chance de la voir aboutir. Depuis l'exil de Mazarin en février 1651, il était tombé en disgrâce, et la Gazette ne recevait plus rien du gouvernement. Mais R. ne perdait pas espoir. Savait-on jamais? Aussi, le 11 octobre 1651, prévoyait-il dans son contrat de mariage avec Louise de Mascon, l'heureuse issue de son procès. S'il ne réussit point à relancer les «Ventes à grâce», R. parvint à réveiller son Bureau d'adresse quelque peu assoupi depuis 1644. Dans sa brochure Le Renouvellement des Bureaux d'Adresse, a ce nouvel an MDCXLVIL - voir D.P.1 457, Feuille du Bureau d'adresse - R. n'indique nulle part qu'il relance un Bureau qui aurait été fermé en mars 1644. Le titre peut prêter à confusion. Mais aucune rupture n'est suggérée. A deux reprises, R. donne à son Bureau toute sa durée : « depuis dix-huit ans que l'ouverture de ces Bureaux a été faite» (p. 4), «l'expérience que la plupart des grandes maisons de cette ville en ont faite depuis dix-huit années, publie assez cette commodité : ayant eu pendant ce temps là, comme j'ai dit, ce grand nombre de personnes placées en divers lieux par l'adresse de ce seul Bureau» (p. 21). Malgré ses difficultés de gestion, le Bureau d'adresse paraît avoir eu beaucoup de succès, s'il faut en croire les chiffres de fréquentation publiés par son fondateur : plus de 80 000 personnes «de plusieurs conditions» auraient été placées entre 1630 et 1646, soit plus ou moins 4700 par an.

Situation de fortune

Il est clair que ses nombreuses initiatives ont donné à R. d'importants revenus. Dès ses débuts de médecin à Loudun, il avait déjà accumulé un pécule qui lui permettra plus tard de s'installer sans trop de difficultés financières à Paris. II ne part pas de rien, puisque l'héritage de ses parents et son mariage lui ont permis de s'installer sans peine. En 1641, lors d'une polémique au sujet des «Consultations charitables», il revendique cette première aisance financière : « Ce qui reste de médecins fameux en Poitou dira si j'avais quelque employ, voire si ma réputation était médiocre en cet art. J'ai encore pour témoin tout le Loudunois et la noblesse d'alentour où s'étendait l'exercice de ma charge. J'employai le relâche que me donnaient les malades à de fréquentes anatomies, à la connaissance des simples et à la propagation des remèdes plus curieux, comme le témoignent les livres que j'en donnai alors au public. » L'inventaire dressé le 9 janvier 1643 pour régler la succession de Marthe Dumoustier, vient prouver que les époux Renaudot vivaient alors dans un certain confort, en bons bourgeois (M.C., LVII, 59).

Dès le début de ses activités, R. eut la réputation de tirer de gros revenus de ses spéculations. Le 7 mars 1634, Peiresc se faisant l'écho de son ami I'érudit parisien Jean Bourdelot. estime qu'il tire du Bureau d'adresse 20 000 £ de rente : « Car M. de Bourdelot me parloit de luy comme d'un homme qui en badinant et souffrant les badineries de ceux qu'il est obligé de respecter, tire 20 mille livres de rente de son bureau, ce dict-on, qui est une quinte essence et pierre philosophale d'importance, pour faire négliger toute aultre correspondance que celle qui luy peult servir.» A l'automne de cette même année 1634, les imprimeurs en procès avec R. déclarent que ce dernier gagne sur la Gazette «15 000 livres de rente par an » : « Et encore, Sire, que la Gazette ne soit une occupation pour mériter de grandes recompenses, neantmoins ledit Renaudot ne se contente pas d'y gaigner nettement quinze mille livres de rente par an, mais s'imaginant estre homme nécessaire, et ce grand revenu ne pouvant satisfaire à son ambition, il veut encor ravir aux Supplians toutes les autres impressions». Ce chiffre, assez proche de celui de Bourdelot - 20 000 £ pour le Bureau d'adresse, c'est-à-dire la Gazette, mais aussi les autres spéculations du Bureau - semble comprendre une pension annuelle de 6000 £ alors versée par le pouvoir à son gazetier. En tout cas, les bénéfices sont tels que les imprimeurs sont prêts à reprendre la Gazette après l'éviction de R., tout en offrant de payer 2000 £ l'abbé de Boisrobert, ce censeur que voudra bien leur accorder le roi : «Lesquelles procédures font bien recognoistre l'équité de la plainte des Supplians, ce qui les oblige d'avoir recours à Vostre Majesté, non seulement pour les maintenir en la fonction d'imprimer toutes Relations, Nouvelles et autres escrits, comme ils ont fait cy-devant avec permission : Mais encore pour leur donner la préférence de l'impression de la Gazette, à la charge qu'ils la rendront plus utile et agréable qu'elle n'est à présent à V.M. ny au Public, et que devant qu'ils la mettent en vente, qu'ils seront tenus d'en recevoir la censure et approbation du Sieur de Bois Robert, ou autres qu'il plaira à V.M. de nommer, auquel tous les ans ils offrent de payer la somme de deux mille livres, et de fournir à moindre prix lesdites Gazettes, ce qui feroit qu'un chacun en achepteroit plustost. Et ce faisant, Sire, ledit Renaudot n'ayant point de tiltre valable, V.M. ne luy ostera rien. Et neantmoins par ce moyen conservera un grand Peuple en ses privilèges, et Vostre Majesté et le Public mieux servie, et vostre Espargne déchargée chaque année de six mille livres, qu'il prétend avoir, pensant que V.M. ne découvrira pas que ce ne sont que traductions, et non aucunes intelligences, dont contre la vérité, il se glorifie».

Dans ses premières années, la Gazette semble avoir procuré à R. un revenu annuel de 6000 £, cependant que la monarchie aidait son gazetier d'une pension de 6000 £. Par la suite, le 22 février 1635, le roi réduisit sa participation financière à seulement 800 £ «pour lui donner moyen de supporter la dépense de ses Gazettes et aucunement le récompenser des veilles, peines et travaux qu'il employé pour vacquer à la confection d'icelles». Il s'agissait en effet de couvrir les seuls frais des feuilles distribuées gratuitement à la Cour. R. portait cependant son profit à 10 000 £ par une hausse du tirage parvenu à 1200 exemp. en 1638, et par une multiplication des Extraordinaires. Au cours des années 1640, le gazetier accrut encore ses bénéfices qui auraient alors dépassé 16 000 £ en 1642 et 1645, pour parvenir à 23 000 en 1648. Après ce sommet, les années de la Fronde semble avoir été l'époque du grand recul (9000 à 6200 £). Si l'on tient compte de la pension royale, R. aurait ainsi accumulé en 21 ans de Gazette un capital considérable, environ 261 000 £, soit peut-être 60 000 £ jusqu'en 1636, 75 000 £ entre 1637 et 1643, 86 000 £ de 1644 à 1648, enfin à peine 40 000 £ pendant les années de la Fronde (1649-1652 ; voir Feyel, L'Annonce et la nouvelle). Tout cela sans compter les autres revenus tirés du Bureau d'adresse, qui ne devaient pas être minces ! Le Bureau aidant la Gazette et réciproquement, on comprend que R. n'ait pas eu de difficultés financières à multiplier ses initiatives : les adresses, les Conférences, les «Ventes à grâce», les «fourneaux» du laboratoire de pharmacie, enfin les «Consultations charitables» et le projet de construction de leur hôtel. Il put aussi établir chacun de ses enfants, donnant par exemple 10 000 £ de dot à sa première fille en janvier 1638, et 15 000 £ à la seconde en février 1640. L'arrêt de mars 1644 n'empêcha pas seulement R. de poursuivre son œuvre philanthropique, il lui interdit surtout de poursuivre son ascension financière. Le 7 janvier 1653, R. transigea avec ses enfants au sujet de la succession de son épouse Marthe Dumoustier. Le patrimoine de leur communauté avait été évalué à 50 000 £, pour les seuls biens meubles et immeubles, non compris les privilèges de R. Ce règlement de comptes ne se fit pas sans mal, puisque les trois fils avaient menacé leur père d'un «grand procès». La mauvaise entente familiale était alors manifestement due à l'échec du second mariage du gazetier sa dissolution avait été fort coûteuse ! -, au fait aussi que par le passé, il n'avait pas approuvé tous les mariages de ses fils. Il est également probable que les trois fils désapprouvaient l'entêtement de leur père à vouloir rétablir les «Ventes à grâce», source de gros frais de justice qui venaient réduire d'autant le patrimoine. II est en tout cas évident que la formule lapidaire de Gui Patin, lors de la mort de son ennemi, est fausse. R. n'est pas mort «gueux comme un peintre», même si sa fortune n'était plus alors ce qu'elle avait été : «Le vieux Théophraste Renaudot mourut ici le mois passé, gueux comme un peintre ; c'est son fils, le conseiller des monnoies, qui fait aujourd'hui la Gazette. » (lettre au médecin Belin, de Troyes, 12 nov. 1653, Lettres de Gui Patin, éd. J.H. Réveillé-Parisé, Paris, 1846,1.1).

Opinions

«Créature» du cardinal de Richelieu, R. ne parvint à se faire une place à Paris, qu'après l'établissement définitif du pouvoir de son protecteur en 1624. Dès avant 1610, il a pu rencontrer en Loudunois le capucin François Le Clerc Du Tremblay - le P. Joseph - et Richelieu, tout jeune évêque de Luçon. Entre 1606 et 1609, le P. Joseph avait entrepris de réformer les couvents en Anjou, Touraine et Poitou. Sa mission avait fini par l'amener à Lencloître, suffisamment près de Loudun pour qu'il ait pu rencontrer R. Faut-il cependant suivre l'historien Gilles de La Tourette? Est-il bien nécessaire de faire intervenir le père capucin si tôt dans la carrière du médecin loudunois? Depuis décembre 1608, Richelieu résidait dans son diocèse de Luçon. Tout occupé lui aussi de réforme pastorale, il faisait de fréquents séjours en son prieuré de Coussay, non loin de Loudun. Peut-être y fit-il alors appel aux soins médicaux de R. ? C'était l'époque où l'évêque de Luçon, venant tout juste de prêcher le carême 1608 devant la Cour à Saint-Germain l'Auxerrois, espérait bien vite retourner à Paris faire apprécier son zèle et son intelligence. Cet ambitieux, désireux de pénétrer les réseaux de clientèle et d'influence pouvant conduire auprès du pouvoir, constituait alors tout naturellement sa propre clientèle. Bien que protestant, R. sut probablement faire ce qu'il fallait pour être apprécié par un évêque qui avait grand besoin de serviteurs fidèles. D'autres Poitevins peuvent d'ailleurs l'avoir aidé à approcher le roi et le cardinal de Richelieu. Fils d'un mercier de Loudun, Michel Lucas finit par occuper une position d'influence auprès de la régente Marie de Médicis, puis de Louis XIII. Secrétaire de la reine-mère entre 1613 et 1631, Lucas devint secrétaire de la chambre du roi en 1626. Etait-il parvenu à ce poste de confiance grâce à Scévole de Sainte-Marthe ? Etait-ce un des premiers jalons de Richelieu auprès de la reine? Il n'est pas douteux, en tout cas, qu'il dut sa promotion de 1626 au cardinal, alors premier ministre et anxieux d'avoir le même fidèle auprès de la mère et du fils. Lucas a pu aider R. dès 1612. Beaucoup plus tard, et jusqu'à sa mort en 1639, il fut un relais tout à fait essentiel entre le pouvoir et R. devenu gazetier. Lucas imitait très exactement l'écriture de Louis XIII. A ce titre, il mettait au point et recopiait les articles et «mémoires» que le roi et Richelieu faisaient insérer dans la feuille de R. Originaires tous deux du Poitou, le secrétaire du cardinal, Denis Charpentier, et son médecin Citoys, recrutés le premier dès 1608 aux environs de Coussay, le second en 1609à Poitiers, ont très probablement eux aussi favorisé auprès de leur maître les entreprises de R. Autre personnage de réelle importance, Michel Le Masle, prieur des Roches, gérait la fortune de Richelieu. Au début des années 1630, il avait des rapports très confiants avec R. qui était son médecin. Protégé par le roi Louis XIII et le cardinal de Richelieu, agent d'une monarchie s'efforçant d'établir son pouvoir absolu, malgré l'opposition du Parlement et des divers corps de métiers ou communautés, R. accumula contre lui beaucoup de haine parce que ses initiatives dérangèrent beaucoup d'intérêts : les intermédiaires traditionnels, les imprimeurs et libraires, les médecins de Paris. Après la disparition du roi et de son ministre, ces communautés de métier entendirent prendre leur revanche sur l'homme du pouvoir qui s'était efforcé de réduire leurs privilèges.

Activités journalistiques

R. a publié deux périodiques, la Gazette, qu'il a rédigée entre le 30 mai 1631 et décembre 1651, et les Conférences du Bureau d'adresse, feuille hebdomadaire parue du 22 août 1633 au 10 juin 1641, probablement rédigée avec l'aide de plusieurs collaborateurs anonymes, dont son fils Eusèbe qui publia en 1655 les Conférences du 24 juin 1641 au 1er septembre 1642 (D.P.1 217). R. publia aussi la Feuille du Bureau d'Adresse, dont on connaît quelques numéros pour 1633 (D.P.1 457), les Cahiers des commoditez présentes du Bureau d'Adresse (1651), ainsi que des mercuriales destinées aux marchands parisiens.

En 1631, la Gazette, composée en caractères Cicéros, était tirée sur un cahier de quatre pages réunissant environ 12 000 signes typographiques. A la fin de cette année-là, R. doubla le volume de sa feuille en lui annexant les Nouvelles ordinaires de ses malheureux concurrents Epstein, Martin et Vendosme. Peut-être parce qu'il était plus rapide et plus commode de faire imprimer d'une part le cahier de la Gazette, de l'autre celui des Nouvelles ordinaires, peut-être aussi parce que des accords avec Jean Epstein l'y contraignaient, peut-être enfin pour garder et « fidéliser » les lecteurs de la gazette rivale, le gazetier publia désormais deux cahiers séparés, la Gazette et les Nouvelles ordinaires, soit 24 000 signes. En janvier 1633, R. réduisit à 19 800 signes le texte de ses gazettes en les faisant composer en caractères Saint-Augustin. Comme les «corantos» hollandais et les autres gazettes étrangères de l'époque, la feuille de R. est un journal de type épistolaire : c'est une suite de nouvelles venues de différentes villes étrangères. Viennent d'abord les dépêches les plus anciennes. Chacune des nouvelles est accompagnée de sa localisation géographique - le nom de la ville-origine -, et de sa date d'envoi. Les deux premières années, ces mentions, composées en italiques, sont situées face à la nouvelle, en marge droite (page impaire) ou gauche (page paire), comme alors dans les livres. A partir de janvier 1633, avec l'emploi des caractères Saint-Augustin, R. allège la composition et la rend plus lisible en individualisant chacune des nouvelles. Devenues de véritables rubriques désormais coiffées de leur titre inséré en italiques sur une ligne et en milieu de page, ces dernières segmentent beaucoup mieux le texte. Par cette meilleure lisibilité, la Gazette n'est déjà plus tout a fait un livre.

Depuis le 4 février 1632, le gazetier distribuait dans les premiers jours de chaque mois un numéro supplémentaire, la Relation des nouvelles du monde receuës tout le mois de..., généralement précédé d'une remarquable préface. R. y exerçait pleinement son métier de journaliste, reprenant les nouvelles les plus importantes du mois écoulé, jugeant des hommes et des événements. Premier essai d'un journalisme de commentaire et de réflexion. Premier effort pour rationaliser l'information. Au-delà de l'émiettement de l'actualité, R. s'efforçait d'avoir une vision historique des événements. Dès la Relation de mars 1632, il définit parfaitement et le journalisme qui vit dans l'éphémère, qui ne doit point mentir, et l'histoire qui dispose d'assez de recul pour rechercher la vérité : « Gueres de gens possible ne remarquent la différence qui est entre l'Histoire et la Gazette. Ce qui m'oblige de vous dire que l'Histoire est le récit des choses advenues ; la Gazette seulement le bruit qui en court. La première est tenue de dire tousjours la vérité. La seconde fait assez si elle empesche de mentir. Et elle ne ment pas, mesme quand elle raporte quelque nouvelle fauce qui luy a esté donnée pour véritable. Il n'y a donc que le seul mensonge qu'elle controuveroit à dessein qui la puisse rendre digne de blasme. » Une telle liberté de jugement ne fut pas du goût de tous les lecteurs de la Gazette. Oserons-nous dire de Richelieu? R. dut déclarer en décembre 1633 : «Ayant reconnu pendant les trois ans qu'il y a que j'ai commancé la publication des Gazettes en France, que quelques-uns trouvoient trop libre la naïfveté des jugements que je croyoie estre obligé de faire dans mes Relations des mois, sous le titre de l'Estat General des Affaires : je me suis résolu de clorre ces Estats par celui de ce mois et de cette année, et vous donner désormais en leur lieu pour servir d'entre mets à nos Gazettes et Nouvelles ordinaires, les seules et simples narrations des choses qui se trouveront le mériter, à mesure qu'elles se présenteront, à la fin des mois, à leur commancement, ou à leur milieu : et pour essayer par là de vous en rendre la lecture plus agréable, tant que derechef je vous trouve las de ce changement. » Interdits de séjour dans la presse d'information - pour longtemps! -, l'analyse et le commentaire furent désormais remplacés par «la seule et simple narration des choses». La monarchie ne désirait pas encourager l'esprit critique d'une opinion naissante. Elle voulait bien distribuer de l'information, mais sous la seule forme qui lui convînt, le récit de célébration. Lecteurs habitués des occasionnels, les abonnés de la Gazette furent tout de suite favorables aux Extraordinaires de R. Il faut dire qu'avec l'assassinat de Wallenstein (24 févr. 1634), l'actualité servait admirablement le gazetier : dans ses premiers Extraordinaires, consacrés à la vie et à la mort «du Walstein» (mars 1634), le sang et le meurtre accompagnent les considérations de haute politique. Cela plut à Peiresc : « J'ay trouvé trez bonne cette relation de la vie du Valstein, et pense que cez estraordinaires seront régulièrement meilleurs que les Gazettes et Nouvelles ordinaires», écrit-il à son ami Jacques Dupuy, le 2 avril 1634. Les élites préféraient encore l'information traditionnelle, ponctuelle, au coup par coup, délivrée par les occasionnels. R. facilita leur passage de cet ancien monde de l'information, vers le nouveau monde de l'actualité périodisée, en annexant ces «bulletins d'information » à la Gazette. En même temps qu'il ordonnait le discours sur l'actualité en le périodisant, il le rationalisait et l'épurait, puisqu'il n'admettait dans la Gazette que les seuls «bulletins d'information», et rejetait les canards, ces occasionnels consacrés aux faits divers et aux «merveilles» de toute nature. Avec la Gazette, les élites apprenaient qu'il existait une information à elles destinée, et qu'il convenait de laisser au peuple les canards, ces récits ponctuels et stéréotypés d'une actualité sublimée par l'imaginaire et le rêve.

En ces temps difficiles de la guerre de Trente Ans, R. vivait les dangers d'une double contrainte : servir la politique de propagande de Louis XIII et de Richelieu, mais aussi satisfaire les exigences d'un lectorat bien spécifique. La noblesse d'épée et la Haute Robe donnaient au roi les officiers qui commandaient en ses armées. Anxieuse du sort d'un père, d'un époux ou d'un fils, cette élite sociale attendait de R. les nouvelles les plus rapides et les plus exactes des derniers combats. Dans ce monde régi par les lois exigeantes de l'honneur, le «paraître» comptait tout autant, voire plus que l'«être». Cette noblesse se complaisait à l'image d'elle-même que lui renvoyait la Gazette, une image toute d'excellence, de courage, d'abnégation. Pour mettre en évidence la fonction de propagande remplie par la Gazette, mais aussi le véritable tempérament de journaliste de R., l'historien a toute latitude de choix à l'intérieur d'un vaste corpus. En 1636, pendant la si difficile « année de Corbie », la Gazette, habituée à claironner le moindre succès des armées du roi, eut bien du mal à avouer les premières défaites. Après quelques moments de flottement, le pouvoir reprit les choses en main : la Gazette organisa tout son discours autour des faits et gestes du roi, et sans oublier de déconsidérer l'ennemi, donna de nombreuses informations sur les événements.

Dans son travail de journaliste, R. puisa ses premiers informateurs auprès du pouvoir, c'est-à-dire Louis XIII, Richelieu et les ministres, mais aussi les généraux commandant les armées royales. Au-delà de ce premier cercle, quelques personnalités au statut ambigu, ambivalent, un pied dans la sphère publique du pouvoir, l'autre dans la sphère privée, par exemple le généalogiste et futur juge d'arme Pierre d'Hozier et le poète Jean Chapelain. Dernier cercle d'informateurs, des Parisiens bien informés tels les frères Dupuy, Jean Epstein ou bien des provinciaux comme Peiresc. Et puis les «agends et correspondances» fournissant les « nouvelles des pays esloignez », l'équivalent de nos modernes «correspondants permanents», mentionnés par l'auteur de la mazarinade Le Commerce des nouvelles restably. Les papiers du cardinal, ceux du roi conservés à la B.N. - f.fr. 3840 et 3843 -, prouvent que Louis XIII et son ministre envoyaient très fréquemment à R. des relations ou des articles plus courts qu'ils prenaient le soin de rédiger eux-mêmes. Il est certain que tous les articles où ils sont mis en scène ont été écrits par eux ou au moins vérifiés et réécrits au besoin. Certains familiers de Richelieu, par exemple Guillaume Bautru ou l'abbé de Boisrobert ont participé à ces travaux. R. avait une telle habitude de cette collaboration qu'il supporta difficilement de ne plus rien recevoir du pouvoir après l'exil de Mazarin en février 1651, alors que le chancelier Séguier prenait ses distances avec la Gazette. Ainsi R. est-il à tout point de vue le fondateur du journalisme en France. Avec lui et après lui, est prise l'habitude d'attendre toute information du pouvoir politique. Avec la Gazette est née la longue tradition du journalisme de communiqué. Dangereux voisinage : R. est un maître dans l'art de la propagande, mais aussi du journalisme.

Publications diverses

Outre la Gazette, les Conférences, les brochures et les feuilles du Bureau d'adresse, R. a publié les t. XXII-XXV du Mercure françois dont il avait fait une annexe de la Gazette, années 1637-1638, 1639-1640, 1641-1643, 1643-1644, recueils édités entre 1641, 1646, 1647 et 1648. Il a aussi rédigé de nombreuses autres pièces dont on trouvera une liste dans Cior 17, n° 58790-58818, et dans Solomon, p. 239-250 : ouvrages de médecine, brochures d'histoire, pièces de polémique ou mémoires rédigés lors du procès avec la Faculté de médecine, puis au cours de la longue procédure pour l'entérinement des «Ventes à grâce».

Bibliographie

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Additif

Carrière : Jubert, Gérard, Père des journalistes et médecin des pauvres. Théophraste Renaudot (1586-1653), Paris, Champion, 2005 : environ 450 documents inédits, pour la plupart tirés des Archives Nationales, relatifs à la carrière de T.R.

Bibliographie : Jubert G., Père des journalistes et médecin des pauvres. Théophraste Renaudot (1586-1653), Paris, Champion, 2005 (J.S.).

Auteur(s) de la notice


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