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Etienne PHILIPPE DE PRÉTOT (1710?-1787)

État civil

Etienne André Philippe, qui prit le nom de Philippe de Prétot au moins à partir de 1755 (Dédicace de ses Tablettes géographiques), naquit à Paris, vers 1708 (N.B.G.) ou 1710 (B. Un.). Il était fils d'Etienne Philippe (juil. 1676-mai 1754), maître de pension et humaniste, originaire de Beauvais, qui a traduit Cicéron et publié en 1716 une Apologie de l'Eloge funèbre du roi prononcé par le P. Porée. Renonçant à le voir entrer définitivement dans la Compagnie, les Jésuites de Louis-le-Grand avaient assuré sa carrière en lui confiant la charge «de présider à l'éducation» (N.B.G.) de leurs élèves pensionnaires. P. fut marié et père de famille : dans un document de 1746 (Ars., ms. 11604, f° 258) il est question de la future naissance de son troisième enfant. Il mourut à Paris en mars 1787 (le 6, d'après N.B.G., le 16 d'après la B.Un.).

Formation

Humaniste distingué, il fut membre des académies d'Angers et de Rouen.

Carrière

De 1743 à 1753 il fut chargé de diriger la réimpression des classiques latins, dont Lenglet-Dufresnoy avait inspiré l'idée au libraire Antoine Urbain Coustelier fils, et sa carrière fut celle d'un professeur «d'histoire, de géographie et de belles-lettres» (Ars., ms. 11604, f° 259, 1746) ; mais il se spécialisa assez vite dans l'histoire et la géographie, matière alors négligée dans l'enseignement secondaire, qu'il a fortement contribué à faire entrer dans la pédagogie. Il enseignait «dans les meilleures maisons de Paris» (La Semaine littéraire, 1760, t. II, p. 95) et se piquait d'avoir pour élèves les enfants des «plus grands seigneurs» (ibid.), telle la fille de Mme de Béthune (Ars., ms. 11604, f° 255). Pour asseoir sa réputation, il donnait «tous les dimanches et fêtes», à son domicile, des «cours publics et gratuits» (cycle de «conférences» sur «l'histoire universelle ancienne et moderne», mars-déc. 1757 ; nov. 1759-1760. Voir La Semaine littéraire, t. II, p. 95 ; t. IV, p. 234, 258). Plus tard, il figura probablement parmi les professeurs de l'Ecole militaire, puisqu'il fut l'un des principaux collaborateurs de Batteux lorsque celui-ci fut chargé de publier le Cours élémentaire «à l'usage» de cette école. Il fut censeur royal, au moins à partir de 1754 (A.R. x755' P- 376 ; B.N., f.fr. 22139, f° 17 et suiv. ; 21998, f° 19) et jusqu'à sa mort (A.R. 1787, p. 506).

Situation de fortune

Il demeurait «rue de la Harpe, vis-à-vis la rue des Deux portes» (A.R. 1755-1787) et il ne semble pas qu'il ait jamais quitté Paris, ni même changé de domicile.

Activités journalistiques

P. a publié un Recueil du Parnasse ou Nouveau choix de pièces fugitives, 1743, 4 vol. in-12, qu'on peut difficilement considérer comme un journal, et les Amusements du cœur et de l'esprit, dont l'histoire détaillée reste à écrire. De 1734 à 1737, le libraire Didot publie des Amusements du cœur et de l'esprit, «ouvrage périodique», qui a pu être lancé par les deux Philippe, le père et le fils. Les quatre premières feuilles parurent en 1734-1735 (D.P.1 96), les cinq suivantes, œuvre de François Bruys (voir ce nom), en décembre 1736 et janvier 1737 ; mais en mars 1738 Dubuisson écrit au marquis de Caumont que le journal a «déjà changé trois ou quatre fois d'auteur». De 1740 à 1745, paraissent de Nouveaux Amusements du cœur et de l'esprit (Amsterdam, Z. Chastelain ; D.P.1 995) : le sixième tome, daté de 1740, aurait été publié au début d'août 1742 (Cocquard écrit le 8 à Titon Du Tillet, n.a.fr. 6842, f° 88, qu'il a bien reçu les exemplaires que «M. Philippe» avait remis à celui-ci) ; le treizième et le quatorzième, en mars 1743 (ibid.) ; et la collection complète comporte 15 vol. in-12. Le 18 août 1746, le commissaire Rochebrune, qui présente le recueil comme une simple « rapsodie de vers et prose déjà imprimés », s'affirme «certain» que Philippe est «l'éditeur de ce livre dont il s'avoue l'auteur» : «Il avance avec confiance que cet ouvrage périodique a été soumis à l'examen d'une approbation, que le nom de Bullot, imprimeur, est à la fin et celui de la veuve Pissot, libraire, au frontispice [...], plus [le nom de] Du Sauzet. De tous ces faits, le seul véritable : le nom de Bullot effectivement à la fin [...]. Il est vrai que les Amusements ont été poussés jusqu'au quinzième vol. sans privilège parce que M. le Chancelier a proscrit depuis quelques années les ouvrages périodiques». En fait, le t. I du recueil, réédité par Z. Chastelain en 1751, et conservé à la B.N. (Z 24508), débute par un texte daté du 1er février 1737, et d'après la Table du Journal de Verdun, ce journal annonçait en avril 1750, p. 253, les «Amusements du cœur et de l'esprit par M. Philippe fils. Suite nouvelle, tome II, seconde division». Longue et confuse histoire (1734-1737, 1737-1751), qui se compliquerait encore, si l'on croyait devoir tenir compte d'une autre donnée fournie par la même Table : « Nouveaux amusements sérieux et comiques, in-12. On avait dessein d'en donner deux feuilles chaque semaine. L'éloge des miroirs et du silence font la matière des deux premières feuilles. Nov. 1735, p. 371 ». Voir aussi art «Turben».

Publications diverses

Essai de géographie pour les commençants, Paris, Thiboust, 1744, 3 part, en un vol. in-8°. – Analyse chronologique de l'histoire universelle depuis le commencement du monde, jusqu'à l'empire de Charlemagne, Paris, M. Lambert, in-8°, 24-302 p. (trad. du Compendium historiae universalis de Jean Le Clerc ; rééd. : 1756, 1781). – Mémoires sur l'Amérique et sur l'Afrique données au mois d'avril 1752, s.l., 1754, in-8°, 58 p. – Tablettes géographiques, pour l'intelligence des historiens et des poètes latins, Paris, A.M. Lottin, 1755, 2 vol. in-12. – Le Triomphe des dames, ou le Nouvel empire littéraire, Paris, 1755, in-8°, 23 p. – Cosmographie universelle, physique et astronomique, 1760, in-12. – Le Spectacle de l'histoire romaine depuis la fondation de Rome jusqu'à la prise de Constantinople, s.l., 1762 (rééd. : 1776). – Les Révolutions de l'univers, ou Remarques et observations sur une carte géographique destinée à l'étude de l'histoire générale, Paris, impr. de H.L. Guérin et L.F. Delatour, 1763, in-8°, 176 p. – Atlas universel pour l'étude de la géographie et de l'histoire ancienne et moderne, «par M. Philippe et autres auteurs», Paris, Nyon l'aîné, 1787,in-40, VI-126 p. (dont 125 cartes).

D'autre part, P. a édité, avec préfaces et notes, les élégiaques et satiriques latins, Lucrèce (Lucretiae Parisiorum, 1744), Virgile et Cornélius Nepos (1745), Velleius Paterculus (1746), Eutrope, Phèdre (1748) et Térence (1753).

Bibliographie

8. B.Un., t. III, p. 266 et t. XXXIII, p. 126-127. – N.B.G., t. XXXIX, p. 994. – Cior 18.

Auteur(s) de la notice


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