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Antoine PARMENTIER (1737-1813)

État civil

Antoine Augustin Parmentier naquit à Montdidier le 12 août 1737, le deuxième des cinq enfants de Jean Baptiste Augustin Parmentier et de Marie Euphrosine Millon. Il mourut à Paris le 17 décembre 1813. Il ne s'était pas marié.

Formation

Sa famille, bourgeoise, qui avait occupé d'importantes charges municipales, s'était appauvrie au point de ne pouvoir lui assurer une instruction solide. Après avoir reçu des rudiments de latin enseignés par le curé, il entra en apprentissage à quinze ans chez un apothicaire de Montdidier, puis travaille à Paris chez l'apothicaire Jean Antoine Simonnet. Pendant la guerre de Sept Ans, pharmacien à l'armée de Hanovre, il fut fait prisonnier, resta en Allemagne auprès d'un pharmacien de Francfort et perfectionna ses connaissances en chimie. De retour en France en 1763, il reprit ses études et suivit les cours de chimie de Rouelle, fut le préparateur de physique de Nollet, de sciences naturelles de Jussieu. En 1766, il obtint au concours une place d'apothicaire-adjoint de l'Hôtel des Invalides et, en 1772 il fut nommé apothicaire-major. Membre de la Société d'agriculture en 1795, de l'Institut en 1796, de la Société de pharmacie de Paris en 1801, inspecteur général du Service de santé des Armées en 1803, membre de la Société philomatique.

Carrière

En 1774, après deux ans d'exercice comme apothicaire-major de l'Hôtel des Invalides, il se vit retirer son brevet à la suite d'une cabale, ainsi que l'usage du laboratoire (les sœurs de la Charité qui dirigeaient la Pharmacie des Invalides, s'étant senties dépossédées par cette nomination, firent agir auprès du roi). Le roi lui laissa sa pension, et le bénéfice du logement et du jardin. Exclu de l'Hôtel des Invalides en 1792, il habita jusqu'à sa mort le 12 rue des Amandiers Popincourt (actuellement 68 rue du Chemin Vert). En 1774, il voyagea en Poitou en compagnie de Cadet de Vaux pour découvrir les causes de la mauvaise qualité des grains. En 1782, il présida, toujours avec Cadet de Vaux, l'ouverture d'un cours de meunerie et de boulangerie à Amiens. En 1792, il fut chargé de mission auprès des armées des Pyrénées et des Alpes. Le 20 mars 1794, chargé de mission encore, il part pour Marseille, puis le 5 juin 1794, il est chargé de mission en Camargue par la commission d'agriculture. En 1802, après la paix d'Amiens, il fut envoyé avec son collègue Huzard comme délégué de la Société d'agriculture de Paris à celle de Londres.

Situation de fortune

De 1766 à 1772, il reçut des appointements d'apothicaire-adjoint, puis le traitement d'apothicaire-major à l'Hôtel des Invalides. En 1774, quand il lui retira son brevet, le roi lui laissa une pension annuelle de 12 000 £ égale aux appointements perdus. A trente-sept ans il jouit de l'indépendance et des loisirs qui lui permettront de se consacrer à son œuvre.

Opinions

A la suite de la famine de 1769-1770, l'académie de Besançon ayant proposé comme sujet de son prix de 1771 l'indication des substances alimentaires qui pourraient atténuer les calamités d'une disette, il établit, dans un mémoire qui fut couronné, les mérites de l'amidon contenu dans un grand nombre de plantes. Toute sa vie fut désormais vouée à propager des principes de nutrition et d'hygiène. Parmi ses campagnes de propagande les plus célèbres, citons la réhabilitation de la pomme de terre, connue en Europe depuis le XVe siècle, mais réservée au bétail, les travaux sur le pain, la meunerie et la boulangerie, le maïs, la châtaigne, le sucre de raisin. Un sens aigu de la réclame, mis au service de la philanthropie, marque les campagnes spectaculaires qui devaient faire connaître la pomme de terre, la facilité de sa culture et ses qualités nutritives. Il obtint du roi en 1786 l'octroi de 30 hectares de pierraille aux portes de Paris, dans la plaine des Sablons, et dirigea devant un public important la culture et la récolte des tubercules ; en 1787, il organisa plusieurs repas de cérémonie où tous les plats étaient à base de pomme de terre, depuis le pain jusqu'à l'eau-de-vie. Sous la Révolution, P., d'abord salué comme un bienfaiteur, puis suspect d'indifférence en matière politique, faillit payer la bienveillance avec laquelle le roi avait suivi ses travaux.

Activités journalistiques

P. a publié plusieurs de ses mémoires dans des revues savantes ; il a collaboré au Journal de physique sous la direction de La Métherie à partir de 1786. Il eut avec Deyeux la responsabilité de la Bibliothèque physico-économique, mais son nom n'est mentionné que pour la 2e série en 1797. D'une façon générale, c'est à partir de 1789 qu'il chercha à faire connaître du grand public le résultat de ses recherches agronomiques. Il écrivit dans la Feuille du cultivateur de Dubois de Jancigny à partir de 1790, dans les Annales de Chimie, dans le Journal de Pharmacie, etc. (voir Q., B.Un., N.B.G.).

Publications diverses

On trouvera la liste de ses œuvres dans Quérard et Didot. Son mémoire à l'académie de Besançon fut publié en 1772 et réédité après une refonte complète en 1781. Il a écrit sur la pomme de terre, le maïs, la châtaigne, la patate, le topinambour, le sucre de raisin, ainsi que sur la panification, le biscuit de mer, le lait, les grains, la nature des eaux de la Seine. Il est l'auteur d'un Formulaire pharmaceutique à l'usage des Hôpitaux militaires, Paris, 1793, rééd. 1807 et d'un Code pharmaceutique à l'usage des Hospices civils et des Prisons, Paris, 1802, 4e éd., 1811. Son œuvre majeure est L'Economie rurale et domestique, Paris, 1790, 8 vol. in-18. Elle fait partie de la Bibliothèque des dames.

Bibliographie

D.L.F. ; F.L. ; N.B.G. ; Hatin ; B.Un. ; M.S., t. XII-XV, XVIII, XXI, XXIX. – Kahane E., Parmentier ou la dignité de la pomme de terre, Paris, 1978.

Auteur(s) de la notice


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