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Augustin NADAL (1659-1741)

État civil

Augustin Nadal naquit à Poitiers en 1659. Son père était marchand passementier. Il mourut à Poitiers le 7 août 1741 d'une attaque d'apoplexie et fut enterré dans l'église paroissiale de Saint Cybart de Poitiers.

Formation

Il fit ses études à Poitiers puis à Paris ; il fut admis à l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres en 1706, après le succès de sa tragédie, Saül.

Carrière

Il fut appelé à Paris par M. de La Bertière, sous-gouverneur du duc de Chartres, et c'est grâce à l'intervention de ce protecteur qu'il entra au service du marquis d'Etampes, en qualité de précepteur ; le marquis était capitaine des Gardes de Monsieur, frère du roi. Une élégie de Nadal, dans les Poésies diverses, est dédiée à la mémoire du marquis d'Etampes, guidon de la gendarmerie, son élève, tué le 13 août 1704 à Hochstedt. Recommandé au duc d'Aumont, premier gentilhomme de la Chambre, gouverneur du Boulonnais, N. fut engagé comme secrétaire, remplaçant ainsi Antoine de La Fosse, mort le 2 novembre 1708. En 1712, le Roi à la recommandation de d'Aumont, nomma N. secrétaire du duc, devenu ambassadeur auprès de la reine Anne pour les négociations d'Utrecht. En tête des Oeuvres mêlées de N. se trouve une «Epître à Mgr le Duc d'Aumont, Pair de France et Premier Gentilhomme de la Chambre du Roy». En 1716, il reçut l'abbaye de Doudeauville, pour prix de ses services à l'ambassade de France près le Congrès d'Utrecht. Après quelques années passées à Doudeauville, il retourna à Poitiers à la mort du duc.

Opinions

N. défendit l'Eglise contre les Philosophes («Pureté des moeurs ecclésiastiques», épître, Poitiers, 1740 ; «Contre les déplorables effets de l'incrédulité», lettre à l'abbé Pibrac ; «Confiance en la miséricorde de Dieu», poème). Il prit part à plusieurs polémiques littéraires, notamment par les critiques et études suivantes : Lettre de M. l'abbé de *** à M. le Chevalier C ***, au sujet du Dictionnaire néologique de Desfontaines, Paris, 1729, 23 p., in 12. – Lettre au sujet des remarques faites sur ses ouvrages, par l'abbé Desfontaines dans le Dictionnaire néologique, Paris, 1729, in 12. – Observations critiques sur la tragédie d'Hérode et Marianne de M. de V., Paris, 1725, 38 p., in 12. – «Lettre adressée à M. Crébillon sur sa tragédie de Pirrhus», dans les Oeuvres mêlées. – Lettre sans titre, traitant de «la préférence de la rime sur la prose», ibid.

Activités journalistiques

Il dirigea, avec Piganiol de La Force le Nouveau Mercure, dédié à M. le Prince de Dombes et publié à Trévoux janv. 1708 - mars 1709, janv. - mai 1711, 14 vol., in 12. Ce périodique, également connu sous le nom de Mercure de Trévoux, cherche à rivaliser avec le Mercure, dont il suit de près le plan : historiettes, dissertations, pièces fugitives en vers et en prose, nouvelles du mois, etc. (D.P.1 986).

Publications diverses

N. fut surtout célèbre comme dramaturge, et attaqué comme tel par Voltaire (à propos du Parnasse français de Titon du Tillet) : «Dépêchez-vous, Monsieur Titon ; / Enrichissez votre Hélicon. / Placez-y sur un piédestal/ Saint-Didier, Danchet et Nadal».

La polémique n'est pas absente de son théâtre : Arlequin au Parnasse, ou la folie de Melpomène (un acte en prose mêlée de vers, avec divertissement, repr. aux Italiens le 4 déc. 1732 ; publié à Paris, chez C.L. Thiboust en 1733) était une parodie de Zaïre. Voltaire écrit à Formont, vers le 15 décembre 1732 : «On a joué depuis peu aux Italiens deux critiques de Zaïre. Elles sont tombées l'une et l'autre». – Hérode, tragédie nouvelle par M. l'Abbé N., fut joué au Théâtre français le 15 février 1709 (éd. Paris, Ribou, 1709). On crut voir dans cette pièce une satire contre Mme de Maintenon («Esclave d'une femme indigne de ta foi, / Jamais la vérité ne parvint jusqu'à toi»). La pièce n'eut que neuf représentations. – Osarphis, tragédie, fut arrêté au moment de la représentation en 1728, et ne fut publié qu'en 1738 dans le t. II des OEuvres mêlées. Commentant l'épître liminaire, Prévost confirme que la tragédie «n'a point été jouée quoique reçue des Comédiens, et même avec acclamation, et quoique approuvée d'un Censeur public» (Le Pour et Contre, t. XI, p. 160). N.B.G. signale toutefois une édition à Paris en 1728, et Cior 18, n° 47747, une édition séparée, s.l.n.d. Colon mentionne une édition séparé, s.l.n.d. mais revêtue d’une approbation du 3 mai 1728 (28 :578). – Saül, tragédie représentée au Théâtre français, le 27 février 1705 (éd. Paris, Ribou, 1705) connut un certain succès, en partie grâce à Mlle Desmares dans le rôle de la Pythonisse. – Antiochus ou les Macchabées, tragédie (repr. le 16 déc. 1722 ; éd. Paris, Ribou, 1723) et Marianne, tragédie (repr. le 15 févr. 1725 ; éd. Paris, Ribou, 1725) connurent moins de succès.

L'académie de musique de Poitiers, établie sous les auspices de Le Nain, intendant de la province, a permis à N. de composer quelques livrets : L'Epouse du Cantique, deux scènes en vers (Oeuvres mêlées). – Esther, divertissement spirituel en vers, cinq scènes, musique de Gibaut (repr. à Poitiers le 23 mars 1736 ; Oeuvres mêlées). – Le Paradis terrestre, divertissement spirituel en vers, quatre scènes, musique de Bourgeois (repr. à Poitiers le 23 mars 1736 ; Oeuvres mêlées).

N. a publié dans ses Oeuvres mêlées une «Dissertation sur le progrès du génie dans Racine» et onze dissertations sur les tragédies du même auteur ; «Radegonde», fragments d'un poème ; «Dissertation sur l'origine de la liberté qu'avaient les soldats romains de dire des vers satiriques» ; «Dissertation sur les voeux et les offrandes des anciens». Il fut surtout connu par son Histoire des vestales «avec un Traité du luxe des dames romaines» (Paris, 1725), publiés séparément dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions (t. IV, 1711-1717). Il publia en 1700 les Oeuvres posthumes du Chevalier de Méré, avec un éloge de Méré, qu'il avait pris, dit-on, pour modèle. L'attribution à N. des Voyages de Zulma dans le pays des fées (Amsterdam, F. Changuion, 1734) est douteuse (cf. Q., F.L.) bien que le «privilège» mentionne son nom (S.P. Jones, A List of french prose fiction, New York, Wilson, 1939, p. 53).

Bibliographie

F.L.,1969 ; Dessarts ; N.B.G., B.Un., Brenner ; D.L.F. ; Cio 18. – Titon du Tillet, Le Parnasse français, Paris, 1732. – Dreux Du Radier, Histoire littéraire du Poitou, Niort, Robin, 1849.

Auteur(s) de la notice


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