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Gabriel MEUSNIER DE QUERLON (1702-1780)

État civil

Anne Gabriel Meusnier de Querlon est né à Nantes le 15 avril 1702 de Jean Baptiste de Querlon, capitaine de vaisseau, et de Marie Anne Perment; la famille comptait plusieurs enfants; elle était alliée à plusieurs familles connues de la région (N.). M. se maria deux fois : en 1744 avec Marie Anne Rolland dont il eut deux enfants, tous deux morts en bas-âge ; puis avec Marie Jeanne Fromentin, fille d'un maître ès arts de l'Université de Paris ; de ce mariage naquit une fille en 1769 (N.). Il mourut à Paris, chez le financier Beaujon, le 20 avril 1780 selon Quérard (suivi par Gourcuff et D.L.F.), le 12 avril selon N.B.G.

Formation

Il commença ses études à Nantes et les poursuivit à Paris (Gourcuff); il fut reçu avocat en 1723. Employé à la Bibliothèque du Roi de 1727 à 1735, il put parfaire sa formation littéraire et scientifique.

Carrière

Il fit toute sa carrière à Paris. Avocat de 1723 à 1727, il commença à publier divers articles dans le Mercure; l'abbé Sallier le remarque et lui procure l'emploi de gardien des manuscrits de la Bibliothèque du Roi. De 1740 à 1775, il se voue exclusivement à ses activités de journaliste, d'éditeur et d'écrivain, publiant de 1742 à 1776 dix-sept ouvrages (Gourcuff). Il travaille en même temps à des traductions du latin. Vers la fin de sa vie, il obtint, grâce à la recommandation de l'abbé Mercier de Saint-Léger, la charge de bibliothécaire du financier Beaujon.

Situation de fortune

Sa collaboration à la Gazette lui rapporte 800 puis 1500 £ de traitement (A.N., f.fr. 22157, f° 76; 22158, f° 38); mais il connut des difficultés d'argent, surtout à partir de 1740, et resta toute sa vie aux gages des libraires. Travailleur obstiné et économe, il s'était constitué une riche bibliothèque (voir le catalogue imprimé en 1780) qu'il eût été obligé de vendre, quelques années avant sa mort, sans le traitement qui lui fut assuré par Beaujon. A la même époque, Maurepas, qui était à la tête des conseils du roi, lui fit accorder une partie de la pension laissée vacante par la mort de Gresset

Opinions

Homme simple et effacé, très attaché à sa religion, M. ne se fit connaître que par ses écrits. «Honnête homme» et « homme de savoir » selon Nodier (Bulletin du bibliophile, Paris, Techener, 1834, 1.1), parfois méprisé de son temps pour ses «annonces de livres à acheter» (La Harpe, Correspondance littéraire, 1.1, p. 368), il eut quelques amis fidèles, en particulier l'abbé Prévost, dont il fit l'éloge en tête du t. XVIII de L’Histoire des voyages.

Activités journalistiques

Ses activités de journaliste ne peuvent être établies qu'avec circonspection, car bon nombre de ses contributions sont anonymes. De 1723 à 1730, il publia dans le Mercure ses premiers articles. De 1752 à 1753, il fut l'un des rédacteurs de la Gazette de France (A.N., ms. cité); il y avait été appelé par le chevalier de Meslé (N.). Entre 1757 et 1762, il collabora au Journal étranger où il publia, en mai et juin 1757, plusieurs de ses œuvres; il en fut le directeur d'avril 1757 à décembre 1758 (D.P.1 732). Vers 1751 et 1758, il collaborait au Journal économique (D.P.1 729). En 1752, il a publié le Recueil B du Recueil A, B, C (D.P.1 1160).

En 1752, il obtint un privilège pour les Annonces, affiches et avis divers, qu'il rédigea jusqu'en 1778; il transforma le titre en Petites affiches ou Affiches de province. Les deux premières années, il se fit aider par Coste, puis, pendant 22 ans, publia seul au moins 25 volumes in-4° (D.P.1 57). Le journal eut un grand succès et fut répandu dans les chambres de lecture. En 1776, M. s'associa Fontenay qui, en 1784, changea le titre des Affiches en : Journal général de France. Il travailla quelques mois au Journal encyclopédique où il publia notamment les Impostures innocentes (15 nov. 1761, p. 30-48); il y fut le correspondant parisien de Pierre Rousseau à partir de 1771 (D.P.1 730).

Avec P.J. Boudier de Villemert, il publia L'Avant-Coureur (Paris, 1760-1773, M. Lambert, 13 vol. in-8°); il avait lui-même conçu cet hebdomadaire qui annonçait les livres nouveaux (D.P.1 129).

Il a collaboré au Journal des dames du temps de la direction de Mathon de La Cour (N. Gelbart, Feminine and Opposition Journalism in Old Regime France: le Journal des dames, Berkeley, U. of California Press, 1987, p. 148). Enfin il rédigea le prospectus d'un Journal universel (1772) qui ne parut pas.

Publications diverses

On trouvera la liste des œuvres de M. dans F.L., dans l’«Essai» de Gourcuff, dans la Biographie bretonne de Levot et dans Cior 18, n° 44855-44906.

Bibliographie

F.L. 1769; B.Un.; D.O.A.; Cat.B.N.; D.L.F.; Cior 18. – A.N., f.fr. 22157, 22158. – Fréron E., Lettres sur quelques écrits de ce temps, t. IX, lettre 12. – Journal encyclopédique, 15 nov. 1761, p. 30-48; t. IV, 1780, p. 499-500. – (N.) Nécrologe des hommes célèbres de France, 1781, t. XVI, p. 301-316. – Miorcec de Kerdanet D.L., Notices chronologiques, Brest, Michel, 1818. – Levot P., Biographie bretonne, Vannes, 1852, t. II, p. 667-671. – Gourcuff O. de, préface des Œuvres badines de M., Bruxelles, Kistemaeckers, 1883. – Id., «Essai d'une bibliographie des ouvrages de M. de Querlon», Revue de Bretagne, t. IV, 1890, p. 293-299, 353-361. – Guitton E., Jacques Delille et le poème de la nature en France de 1750 à 1820, Paris, Klincksieck, 1974.

Additif

Activités journalistiques: Dans L’Annonce et la nouvelle, Gilles Feyel met en valeur le rôle important joué par Meusnier de Querlon dans l’évolution de la presse provinciale en France. En janvier 1754, il perd la direction de la Gazette, qui lui rapportait un revenu de 1500 £ (p. 522) ; mais le chevalier de Meslé le place à la tête des Annonces, affiches et avis divers, appelées bientôt Affiches de province. Il y succède à l’abbé Aubert et se voit chargé de développer leur vocation littéraire. Lui-même rappellera dans une « Nouvelle notice » du 26 mai 1773, la date de son arrivée à la direction de l’Affiche de province, le 1er janvier 1754 (p. 958), avec une interruption du 13 octobre 1756 au 2 mars 1757, durant laquelle Coste de Pujolas gère le journal, que M. continue de revoir . Dans un avertissement du 3 janvier 1759, il montrera la portée du « changement de 1754 » (p. 963). Il a fait du journal une feuille « presque entièrement littéraire », mettant en place quatre rubriques : 1) les charges et terres à vendre ; 2) les livres nouveaux et les découvertes intéressantes ; 3) les spectacles ; 4) le cours des papiers. Dans une belle méditation, il compare la publication toujours croissante des « écrits modernes » à un mouvement général de la nature, et la lecture à un souffle vital qui anime la vie des ouvrages (p. 963). Sans doute aurait-il souhaité trouver dans ses lecteurs une assistance plus grande, faute de quoi le journal se consacre de plus en plus aux notices des ouvrages récemment parus. L’Avant-Coureur, feuille hebdomadaire qu’il a créée et animée pendant quelques semaines à partir du 1er janvier 1760, donne une idée du but qui était devenu le sien : publier très vite des notices courtes sur l’ensemble de la vie littéraire (p. 969). (J.S.)

Auteur(s) de la notice


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