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Louis MANGIN (1755-1825)

État civil

Louis Victor Amédée (Aimé, d'après l'état civil) François Mangin, dit Victor Mangin, naquit à Paris le 2 octobre 1755. Le père, né en 1721 à Mitry, près de Meaux (Seine-et-Marne), était un architecte parisien réputé ; on lui doit, par exemple, le séminaire du Saint-Esprit, l'église du Gros-Caillou, la restauration et l'agrandissement de celle de Saint-Sulpice, le château de Montbizé, etc. Sa femme, Jeanne Françoise Scholastique Luilleaud, et lui destinèrent leur fils au com­merce. Le 6 juillet 1784, M. a épousé à Nantes, paroisse Saint-Saturnin, Elisabeth Bougie, née le 28 mai 1750, fille majeure d'Antoine Bougie décédé et d'Elisabeth Le Breton. Devenu veuf, le fondateur de l'imprimerie Mangin, que son père, veuf lui aussi, était venu rejoindre, se remaria le 17 avril 1806 avec Marie Marguerite Lezac, «marchande», âgée de 46 ans, née le 4 avril 1760, de feu Jean Jacques Lezac et de Marguerite Dupoiron, rentière. Son père, vieillissant était venu le rejoindre; il mourut à Nantes en 1807. Le 23 septembre 1825, à 5 h. du matin, M., imprimeur, journaliste, poète, latiniste, membre de la Société académique de Nantes (il est dit «littérateur» dans l'acte de décès), décédait en sa demeure sise rue de Gigant, maison Mocquar.

Formation

Après de rapides études, M. entra, très jeune encore, dans un magasin de draperie, mais s'y sentit bientôt à l'étroit. En 1778, il arriva à Nantes et, livré à ses seules ressources, y fonda successivement une Petite-poste aux lettres pour la ville et la campagne, un Prix-courant des marchandises, une feuille d'avis et annonces, et enfin un journal politique. A ces établissements, il joignit encore un atelier et un magasin de meubles, des assortiments complets d'outils, ustensiles et ornements pour les ouvriers, un dépôt de quincaillerie, mercerie et bijouterie pour les pacotilles, des collections de gravures, de dessins, de peintures et d'autres objets d'art, etc.

Activités journalistiques

M. a fondé avant 1782 la Correspondance maritime de Nantes (D.P.1 236), et en 1786 la Feuille maritime de Nantes (1786-1793); D.P.1 471). La Révolution anéantit son com­merce. Il ne resta à M. que la rédaction si dangereuse en temps de guerre civile, d'une gazette locale; et c'est à ce mince débris de sa première fortune qu'il en a dû le rétablissement, par la création d'une imprimerie. Charles Victor Amédée (178 7-18 53), son fils, né du premier mariage, continua son œuvre, faisant de son imprimerie l'une des toutes premières de Nantes et de la région. Il poursuivit jusqu'en 1836 la publication de la Correspondance maritime, continuant aussi la Feuille nantaise qui n'était pas, elle, spéciale au commerce et à laquelle a succédé, de 1819 à 1851, l'Ami de la Charte. Il eut lui-même deux fils, Victor Aimé Napoléon Eugène et Victor Joseph Evariste, journalistes et imprimeurs qui continuèrent l'œuvre familiale.

Bibliographie

A.M. Nantes, état civil. – L'Ami de la Charte, 25 sept. 1825, p. 1. – Maillard E., Nantes et le département au XIXe siècle, Nantes, Vier, 1891, p. 102-103.

Auteur(s) de la notice


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