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Jacques MALLET DU PAN (1749-1800)

État civil

Jacques Mallet Du Pan, citoyen de Genève, est né le 5 novembre 1749 à Céligny, fils d'Eve Michée Elisabeth dont le père était Jacob Du Pan, syndic, et d'Etienne Mallet, pasteur à Céligny. Jacques Mallet, marchand, père d'Etienne, était déclaré négociant à son décès. Jean Louis Etienne (1753­1829), frère cadet de M., est marchand drapier (Choisy, p. 31-32, 95-98) et, selon M., négociant (lettre du 6 juin 1778 à Ostervald, B.P.U.N.). Après la mort d'Etienne Mallet en 1761, les deux frères sont élevés au sein du patriciat par leur mère et par des parents. Le 4 août 1774, M. épouse à Allaman Françoise Vallier (1752-1816), fille du capitaine et conseiller François Gédéon Vallier d'Aubonne. De ce mariage sont nés cinq enfants, dont quatre ont survécu au père. M. meurt le 10 mai 1800, à Richmond, près de Londres (Choisy, p. 32, 108)

Formation

Le jeune M. fait ses études au Collège de Genève. A quinze ans, il s'inscrit comme étudiant en philosophie, puis en droit, à l'Académie de Genève, qu'il quitte à vingt ans (Sayous, t. I, p. 3). Il semble au fond déiste, bien qu'il ait déclaré formellement que ses principes religieux étaient ceux « d'un citoyen de Genève, élevé dans la religion calviniste, celle de ses Pères et de son Souverain» (Annales, 30 nov. 1781, t. II, p. 444).

Carrière

Dès 1769, M. fréquente Ferney. En 1769, il visite Grenoble, présenté par Voltaire à Servan, avocat-général au Parlement (Voltaire à Servan, 26 août 1769, D15846). En 1772, il est nommé professeur d'histoire et de belles-lettres à l'Académie de Cassel, recommandé au landgrave de Hesse-Cassel par Voltaire et d'autres, notamment Mme Gallatin (Mme Gallatin au landgrave, 11 déc. 1771, 11 janv. 1772, D17551). En six mois, révolté par le milieu de Cassel, M. part, au déplaisir de sa famille, de ses amis et de Voltaire. II se réfugie pour à peu près un an chez l'éditeur Ostervald à Neuchâtel, avant de rentrer à Genève (lettres de M. à Oster­vald, 13 juin, 17 juil. 1722, B.P.U.N. ; lettres de M. à Henri Rieu,  10 oct.  1772,1er mars 1773, B.P.U., ms. supp. 150 ; Mme Gallatin au landgrave, 12, 26 août 1772, D17857, Di 7887). Après son mariage il demeure à Aubonne, mais il visite souvent Ferney et maintient des liens amicaux avec Ostervald. En avril 1775, il va à Turin, et au printemps de 1776 au Lac de Côme («Le tombeau de l'Isle Jennings», Mercure de France, 1785, n° 43, 22 oct., p. 148-164). Il passe février et mars 1778 à Londres, avec Linguet (lettre à Ostervald, 2 janv. 1778, B.P.U.N. ; Linguet à Lequesne, 3 avril 1778, Martin, p. 93). En juillet, il s'établit à Lausanne (lettre à Ostervald, 21 juil. 1778, B.P.U.N.) pour diriger la réimpression des Annales que Linguet avait transférées à Bruxelles. En 1779, M. réinstalle son édition et son domicile à Genève (lettre à Ostervald, 5 juin 1779, B.P.U.N.) ; il demeure là jusqu'au début de 1784, date de son départ pour Paris, où il devient rédacteur politique du Mercure de France. En avril 1790, afin de placer son fils Jean Louis dans la maison commerciale de son frère, il rentre pour deux mois à Genève (B. Mallet, p. 107 ; Mercure historique et politique de Bruxelles, 1790, n° 26, 26 juin, p. 229).

Le 21 mai 1792, M. émigré d'abord à Francfort, en mission diplomatique au sujet d'un manifeste des puissances alliées, mission qui échoue. Ensuite il va à Genève, à Lausanne, à Bruxelles, et finalement à Berne (Sayous, t. I, p. 280-392), où il reste depuis l'automne 1793 jusqu'après le coup d'Etat du 18 fructidor (4 sept. 1797) ; là, il maintient un bureau de renseignements qui sert les gouvernements de la coalition. A la demande du Directoire il est expulsé de Berne ; en mai 1798, il trouve un asile permanent en Angleterre (ibid., 1.1, p. 393 et suiv. ; t. II, passim ; articles de J. de Pins).

Situation de fortune

Jeune homme, M. jouit de l'appui financier de ses parents, comme le montre son évocation d'un oncle récemment mort : «mon bienfaiteur, mon second père, jouissant à Paris d'une fortune dont nous étions les propriétaires autant que lui» (lettre à Ostervald, 11 déc. 1778 [1777], B.P.U.N., f° 45-46). Les Annales de Linguet lui valent ses premiers succès. Comme agent et correspondant de Linguet, il est d'abord salarié (lettre à Ostervald, 18 juin 1777, B.P.U.N.) ; un nouveau contrat daté de 1778 lui assure, au lieu d'un traitement fixe, tous les droits de Linguet pour la réimpression de Lausanne et établit le partage du territoire des Annales. Dès lors, l'édition de M. acquiert l'exclusivité en Suisse, en Italie, en Allemagne, dans tout le Midi, et sur « nos frontières » (lettre à Ostervald, 6 juin 1778, B.P.U.N.). Les Annales de Linguet, y compris l'édition de M., circulent en France par la poste (Annales de L., t. X, 1783, «Avis aux souscripteurs», p. 16 ; M. à Desfranches, 18 janv. 1781, A.A.E., vol. 87, f° 80­81) - avantage inestimable. M. déclare un profit de 7 à 8000 £ pour la première année (lettre à Ostervald, 3 mars 1779, B.P.U.N.). En 1779, à Genève, il cesse de publier une réimpression : dès lors, il achète directement de Linguet les exemplaires nécessaires à un prix favorable, frais de port compris jusqu'à Lyon, d'où ils sont distribués (lettre à Ostervald, 21 sept. 1779, B.P.U.N.).

En septembre 1780, l'emprisonnement de Linguet interrompt la publication de ses Annales. En 1781, M. fonde son propre journal, sous le titre de Linguet, Annales, etc., y ajoutant «pour servir de suite aux Annales de M. Linguet». Il déclare qu'un accord de 1778 avec Linguet lui a assuré la succession du journal dans le cas où Linguet se retirerait (lettre à Hennin, 8 févr. 1781, B.V. Reims, ms. 1916, lettre 183). Libéré, Linguet exprime un point de vue différent. Selon M., Linguet insistait pour que M. lui fournisse, à des fins personnelles, la matière du nouveau journal (Mémoires historiques, 15 mars 1783, t. V, p. 259). Quand M. refuse, il l'accuse subtilement, mais en public, de vol littéraire («Avis aux souscripteurs, ce 1er janvier 1783», Annales de Linguet, t. X, p. 23). C'est pourquoi M. rebaptise ses Annales : Mémoires historiques. En entreprenant la publication, il a sollicité le privilège de la poste en France. Vergennes, ministre des Affaires étrangères, lui refuse même la permission tacite (de nombreuses lettres aux A.A.E., dont vol. 87, f° 80-81 ; vol. 92, f° 418 ; vol. 93, f° 420 ; età l'Inst, Papiers Hennin, ms. 1269, n° 30-38).

Dans le contrat du 4 mars 1784, Panckoucke, propriétaire du Mercure de France, accorde à M. un traitement fixe de 7200 £, avec des primes supplémentaires pour un nombre d'abonnements au-dessus du taux stipulé, et un supplément annuel de 1000 ou 1200 £ pour des articles littéraires (Papiers Mallet, Londres). Par la suite une augmentation dans le nombre des abonnés apportera des traitements plus favorables. Selon le contrat du 3 novembre 1789 le traite­ment fixe monteà 12 000 £ (B.P.U., D.O. ; duplicata, Papiers Mallet, Londres). La circulation du Mercure diminue après la fuite du roi en 1791, mais Panckoucke promet 18 000 £ à M. pour 1792 (Panckoucke à M., 11 nov. 1791, Papiers Mallet, Londres). Mais après la Révolution d'août 1792, la situation pénible de Panckoucke lui rend impossible le remboursement des arriérés dus à M. (Panckoucke au «Citoyen Williams» [M.], 2 et 9 janv. 1793, 26 févr. 1793, Papiers Mallet, Londres).

A Berne, il gagne sa vie au service des Puissances de la Coalition. Ensuite le Mercure britannique lui fournit un appui modeste.

Opinions

Philosophe et disciple avoué de Voltaire en 1772 (voir le «Discours inaugural» prononcé à Cassel le 8 avril 1772), de bonne heure M. devient anti-philosophe et le sera de plus en plus. Il s'intéresse à Rousseau victime des persécutions de Voltaire et des encyclopédistes, porte-parole d'une morale plus admirable, croit-il, que leur hédonisme (lettre à Vernes, 3 déc. 1778, Dufour-Vernes, p. 41-42 ; lettre à Dumont, 11 mars 1789, Revue historique, janv.-avril 1908, p. 121). Il juge les attaques contre la chrétienté traditionnelle et institu­tionnelle nuisibles à l'ordre social (ibid. ; Annales, 15 juin 1781, 1.1, p. 229-258). Il déteste «l'esprit de système», qu'il voit partout et surtout en Condorcet, dont il ridiculise le discours à l'Académie, en 1782, sur la certitude du progrès (Annales, 15 avril 1782, t. III, p. 409-424). La Révolution ne fait que renforcer son attitude anti-philosophique (Mercure britannique), 10 mars 1799, t. II, p. 343-370).

Ayant été fortement dévoué à Voltaire, M. est déçu par son manque de sympathie au moment de l'affaire de Cassel (lettre à Voltaire, 21 mars 1772, 017649 ; lettres à Ostervald, 13 juin et 17 juil. 1772, B.P.U.N. ; lettres à Rieu, 10 oct. et 11 nov. 1772, B.P.U., ms. supp. 150 ; Chapuisat, p. 156). Néanmoins, et malgré la guerre déclarée par Voltaire au christianisme, après sa mort M. rend hommage à la générosité et à l'esprit humanitaire de son protecteur, et annonce la publication de ses œuvres complètes (Annales, 30 juin 1781,1.1, p. 281-309).

En politique genevoise, M. critique chaque parti à tour de rôle, mais surtout les Représentants, parti des citoyens et des bourgeois non-patriciens, les idéologues de la démocratie. Il les dénonce en 1771 dans son Compte rendu et les considère comme les plus coupables lors de la Révolution de 1782, par leur démagogie ou pour le moins leur fanatisme (Annales, 30 août 1782, t. IV, p. 5-48 et 15 sept. 1782, t. IV, p. 69-128). M. est l'ennemi de tout mouvement démocratique révolutionnaire. S'opposant aussi aux aristocraties, et admirant l'absolutisme éclairé (plusieurs articles, dont Annales, 15 sept. 1782, t. IV, p. 129-131), il dénigre pendant longtemps le gouvernement de l'Angleterre (par exemple, Mémoires historiques, 30 avril 1783, t. V, p. 453-477). Son appréciation ayant évolué, il devient anglophile en France en 1789 (Mercure, 1789, n° 3, 17 janv., p. 109-128 ; n° 4, 24 janv., p. 150-166), et les pages politiques du Mercure sont dès lors le porte-parole du parti des Anglophiles, ou Monarchiens.

Jusqu'en 1789, M. dispute avec «le Département» au sujet de la censure des informations qu'il considère comme authentifiées, et de son refus de la publication de tout repor­tage suspect des gazettes étrangères en faveur du gouverne­ment (lettres à Vernes, 28 sept. 1786 et 1er juil. 1787, B.P.U., D.O. ; «Observations sur Paris», sept. 1786, Papiers Mallet, Londres). En 1787, il se croit sur le point de perdre le Mercure (Mercure historique et politique, 1791, n° 49, 3 déc, p. 54-57).

Une longue querelle avec Brissot commence avec la publi­cation du Philadelphien à Genève (Dublin, 1783), dans lequel Brissot livre bataille à M., de façon diffamatoire, pour son explication des événements de 1782 à Genève. M. fait circuler une réponse (Supplément nécessaire, extrait des Mémoires his­toriques, t. VI, n° 45, 15 juil. 1783). Brissot renouvelle son attaque, en 1788, dans l'Analyse des papiers anglais qu'il fait paraître en collaboration avec Mirabeau (n° 13, 5-9 janv. 1788, 1.1, p. 331), et pendant la Révolution dans son Patriote français (6 août 1790, Sayous, t. I, p. 202). M. ne néglige pas d'y répondre (lettre au rédacteur de l'Analyse, 15-19 janv. 1788, 1.1, p. 400 ; Mercure historique et politique, 1791, n° 1, 1er janv., p. 69). A partir de septembre 1789, le rédacteur et le Mercure sont victimes de plusieurs menaces (Mercure historique et politique de Bruxelles, 1790, n° 48, 27 nov., p. 283-306). Les collègues littéraires de M., qui diffèrent de lui en politique, lui sont quelque peu hostiles (lettre à Mounier, 9 déc. 1790, Hérisson, p. 164-165).

M., épistolier fécond, correspond avec de nombreux amis, notamment Jacob Vernes, Etienne Dumont, Ostervald, et,àpartir de 1789, Mounier et Malouet. Ses Annales se prétendent fondées sur des «correspondances choisies dans les principaux états de l'Europe» (30 déc. 1782, t. V, «Avis», p. 3). Il semble aussi que M. ait fait parvenir des nouvelles sur commande à certaines personnes, dont Lord Lansdowne (lettre à Dumont, 19 nov. 1788 et 11 mars 1789, Revue historique, janv.-avril 1908, p. 113-115). Les correspondances qu'il poursuit de Berne à partir de 1793 avec les gouvernements de Vienne, de Londres, de Lisbonne, et de Berlin ont pour base ses multiples relations, pour la plupart épistolaires.

Activités journalistiques

Aux Annales politiques, civiles et littéraires du dix-huitième siècle, par M. Linguet (Londres, 1777-1778 ; Bruxelles, 1778­1780 ; D.P. 1 114, 115), M. fournit beaucoup d'informations destinées à l'usage de Linguet, mais peu d'articles achevés, paraît-il (malgré l'opinion de Sayous, 1.1, p. 32-33).

Annales politiques civiles et littéraires du dix-huitième siècle ; ouvrage périodique pour servir de suite aux Annales de M. Linguet, dont le titre change, le 15 mars 1783 en : Mémoires histori­ques, politiques et littéraires sur l'état présent de l'Europe (6 vol., Londres, Genève, 1781-1783). D'un titre à l'autre, le journal ne change pas de pagination ni de numérotation des livrai­sons et des volumes. Il comprend six volumes, c'est-à-dire 48 numéros : le n° 1 date du 30 avril 1781, et le n° 48 du 30 août 1783. Selon lesM.S. (t. XVII, p. 336, 20 août 1781),

M. profite de la collaboration de Durey de Morsan, mais d'après le style et le contenu, la plus grande partie du journal est de la main du premier.

Mercure de France : selon les termes de son premier contrat avec Panckoucke, M. devient seul rédacteur du Journal historique et politique de Genève et uniquement de celui-ci, dont le Journal politique de Bruxelles (attaché au Mercure de France) serait tiré. II est seul rédacteur des deux journaux (qui sont ainsi le même journal) comme stipulé par le contrat du 3 novembre 1789. Le 5 décembre 1789, le Journal politique de Bruxelles devient le Mercure historique et politique de Bruxelles, et, le 6 novembre 1790, le Mercure historique et politique. En 1784, Panckoucke avait ajouté un supplément littéraire, la Gazette de littérature, au Journal de Genève (M. à Vernes, 18 oct. 1784, B.P.U., D.O.), mais il est douteux que M. y collabore beaucoup. Les contrats des journaux politiques défendent toute collaboration qui ne soit approuvée par l'éditeur. C'est au moment où M. se cache, pendant l'été de 1791, que Jacques Peuchet prend sa place au Mercure {Mercure historique et politique, 1791, n° 36, 3 sept., p. 54), et quand M. quitte Paris en 1792 c'est encore Peuchet qui, semble-t-il, poursuit son œuvre jusqu'à la Révolution d'août (N.B.G. ; note de J.L. Mallet attachée à la correspondance de Peuchet, Papiers Mallet, Londres). On trouve de nombreuses critiques littéraires dans le Mercure signées par M.

Mercure britannique ou notices historiques et critiques sur les affaires du temps (5 vol., Londres, 1798-1800). Publié à la même époque en anglais sous le titre : The British Mercury.

M. a contribué par occasion à d'autres journaux dont le Journal helvétique (mars 1775, p. 76-89), le Journal encyclopédique (1er sept. 1784, t. VI, 2e part., p. 325-333), La Quoti­dienne ou Feuille du jour (mai 1797, supplément).

Publications diverses

Liste des ouvrages de M. dans Matteucci, p. 401-402. Les extraits des journaux ne sont pas inclus ci-dessous, sauf les plus notables qui sont en même temps contemporains des articles originaux.

Compte rendu de la défense des citoyens-bourgeois de Genève, adressé aux commissaires des Représentants, par un citoyen natif, 1771. – Quelle est l'influence de la philosophie sur les belles-lettres? Discours inaugural prononcé à Cassel, le 8 avril 1772, Cassel, 1772. – Doutes sur l'éloquence et les systèmes poltiques, adressés à M. le Baron de B***, chambellan de S.A.R. le prince H. de Prusse par M.M. citoyen de Genève, Londres, 1775.– Eloge funèbre et historique de feu M. Seigneux de Correvon, par Mallet du Pan, Lausanne, 1776. – Idées soumises à l'examen de tous les conciliateurs par un médiateur sans consé­quence, s.l., 1780. – Lettres de Monsieur M*** à Monsieur V***, samedi soir à huit heures, s.l., 29 juin 1782. – Tableau historique et politique de la dernière révolution de Genève, Genève, 1782, extrait des Annales, n° 25-26, août-sept. 1782. – Sup­plément nécessaire à un écrit intitulé : le Philadelphien à Genève, ou lettre à l'auteur anonyme de cette brochure, Genève, 1783, extraits des Mémoires historiques, n° 45, 15 juil. 1783. – Du principe des factions en général et de celles qui divisent la France, Paris, 1791, extraits du Mercure historique et politique, n° 38, 40, 41, sept.-oct. 1791. – Lettre de M. Mallet du Pan à M. d. B. sur les événements de Paris du 10 août, s.l.n.d. [31 août 1792]. – Considérations sur la nature de la Révolution de France, et sur les causes qui en prolongent la durée, Bruxelles, 1793. – Correspondance politique pour servir à l'histoire du républicanisme français, Hambourg, 1796. – Lettre à un Ministre d'Etat, sur les rapports entre le système politique de la République française, et celui de sa Révolution, Londres, mars 1797. – Le due lettere di Mallet du Pan, scritte a un membro del Corpo legislativo su la dichiarazione di guerra contro le due repubbliche di Venezia e di Genova, Francfort, 1797. – Essai historique sur la destruction de la Ligue et de la liberté helvétique, Londres, 1789, extrait du Mercure britannique, n° 1-3, sept.-oct. 1798. – Lettre à un membre du Corps législatif sur la Révolution actuelle de Genève, s.d.

Ouvrage d'attribution hypothétique : Du péril de la balance politique de l'Europe, ou exposé des motifs qui l'ont altérée dans le Nord depuis l'avènement de Catherine II au trône de Russie, Londres, 1789. D.O.A. l'attribue à M., Quérard à M. (t. V, p. 473) et aussi à Peyssonnel (t. VII, III), la B.Un. à Peysson­nel. En 1789, M. a entrepris «un travail important» (lettre à Dumont, 11 mars 1789, Revue historique, janv.-avril 1908, p. 115) pour la cour de Suède. Peut-être cet anonyme en est-il le résultat (dépêches de Staël-Holstein, 2 avril et 29 août 1789, Correspondance diplomatique, p. 98 et 126). S'il en est ainsi, M. n'a dû qu'y collaborer, car il n'est pas de son style. Staël-Holstein fait mention aussi des articles parus dans le Journal politique de Bruxelles (en févr. et mars 1789), mais il n'y a pas lieu de penser, comme lui, que ceux-ci ont été des ouvrages de commande.

Bibliographie

D.P.1 114, 115 ; D.O.A. ; B.Un. ; N.B.G. ; F.L. – A.A.E., C.P., Genève, vol. 84-94. – Inst. papiers et correspondance de P.M. Hennin, ms. 1269. – B.V. Reims : ms. 1916, lettre 183. – B.P.U. : lettres de M. : D.O. (à Ostervald, Rieu, Vernes), ms. supp. 150 (à Rieu) ; papiers Reybaz, ms.fr. 916. – (B.P.U.N.) B.P.U. Neuchâtel : ms. 1178, f° 22-121, lettres de M. à la Société Typographique de Neuchâtel. – Londres, papiers de la famille Mallet, en possession privée, à la garde de Lady Mallet, Wittersham House, Tenterden, Kent. – «Deux lettres inédites de Mallet du Pan», extraites du t. XXII des Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, 1886, p. 5-12. – Voltaire, Correspondence, éd. Besterman. – Analyse des papiers anglais, 1787-1789,4 vol. – M.S. – Brissot J.O., Le Philadelphien à Genève, ou lettres d'un Américain sur la dernière révolution de Genève, Dublin, 1783. – «Lettres inédites de Mallet du Pan à Etienne Dumont (1787-1789)», éd. A. Blondel, Revue historique, t. LXXXXVII, janv.-avril 1908, p. 95-121. – Dufour-Vernes L., Recherches sur J.J. Rousseau et sa parenté, accompagnées de lettres inédites de Mallet du Pan, J.J. Rousseau et Jacob Vernes, Genève, 1878. – Hérisson comte de (Maurice d'Irisson), Autour d'une Révolution (1789-1799), Paris, 1888. – Pins J. de, « La Correspondance de Mallet du Pan avec la cour de Lisbonne», Annales historiques de la Révolution française, n° 178 (oct.-déc. 1964), p. 469-477 ; n° 182 (oct.-déc. 1965), p. 468-484 ; n° 183 (janv.-mars 1966), p. 84-94. – Sayous A., Mémoires et correspondance de Mallet du Pan pour servir à l'histoire de la Révolution française, recueillis et mis en ordre par A. Sayous, Paris, 1851, 2 vol. – Staël-Holstein A.L., Correspondance diplomatique du baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède en France [...] : documents inédits sur la Révolution (1783-1799), éd. L. Léouzon Le Duc, Paris, 1881. – Chapuisat E, «Voltaire et Mallet du Pan», Revue des travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 4e série, 1952, p. 152-164. – Choisy A., Notice généalogique et historique sur la famille Mallet de Genève, originaire de Rouen, Genève, 1930. – Mallet B., Mallet du Pan and the French Revolution, Londres, 1902. – Martin H., «Etude sur Linguet », Travaux de l'Académie impériale de Reims, t. XXX, 1859, 341-425 ; t. XXXI, i860, p. 81-149. – Matteuci N. Jacques Mallet du Pan, Naples, 1957. – Acomb F., Mallet du Pan (1749-1800) : a career  in political journalism, Durham, N.C., 1973.

Auteur(s) de la notice


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