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Charles LOYS DE BOCHAT (1695-1754)

État civil

Charles Guillaume Loys de Bochat est né le 11 novembre 1695 à Lausanne. Son père, Isaac Loys de Bochat, lieutenant-baillival (1663-1733), avait entrepris la traduction en français des ouvrages de Pietro Giannone (voir G. Bonnant, « Pietro Giannone à Genève et la publication de ses œuvres en Suisse», Annali della Scuola speciale per archivisti e bibliotecari dell'Università di Roma, t. III, n° 1-2, 1963 ; et G. Ricuperati, L'Esperienza civile e religiosa di Pietro Giannone, Milano-Napoli, 1970). Autre membre de cette famille de magistrats, noble autant qu'ancienne : Jean Philippe de Loys de Chéseaux (1718-1751), astronome et physicien, membre de l'Académie des sciences de Paris, qui épousa, en 1723, Suzanne Françoise Teissonière, nièce de Jacques Teissonière d'Ayrolle, ministre résident de Sa Majesté britannique à La Haye. Son ami Gabriel Seigneux de Correvon avait fait le voyage avec lui. Une sœur cadette de Mme de Bochat, Anne Julie Teissonière, fut la deuxième épouse de Paul Emile de Mauclerc (1698-1742), chapelain du roi de Prusse et pasteur de l'église de Stettin, l'un des auteurs de la Bibliothèque germanique. L. mourut à Lausanne dans la nuit du 3 au 4 avril 1754.

Formation

Il fit des études de philosophie de l'art sous la conduite de Jean Pierre de Crousaz (voir A. Pizzorusso, « Crousaz e una doctrina del ‘bello’», dans Teorie letterarie in Francia : ricerche Sei-Settecentesche, Pisa, 1968). Les affinités entre G. Seigneux de Correvon et L. proviennent du fait que les deux hommes avaient profité de l'enseignement de Crousaz : ils sont devenus les principaux rédacteurs de la Bibliothèque italique. L. fit les études suivantes : a) philosophie à Lausanne, sous J.P. de Crousaz (dès 1709) ; b) début de théologie à Bâle, sous Samuel Werenfels, interrompu par la maladie ; c) droit à Lausanne, sous Jean Barbeyrac ; d) droit à Bâle, dès avril 1716, aboutissant à la soutenance publique de sa thèse. 1717 : soutenance à Bâle de thèses publiques de droit. Associé étranger pour la classe d'Histoire de l'Académie royale de Gôttingen.

Carrière

La chaire de droit et d'histoire de Lausanne étant devenue vacante en 1717 par le départ de son maître J. Barbeyrac qui fut appelé à Groningue, L. la «disputa» à Berne et l'obtint (9 juin 1718) : ayant eu la permission de voyager pendant trois ans, il séjourna auprès des universités d'Allemagne, des Pays-Bas et revint par la France. Il forma pendant cette période des liaisons érudites et entama de nombreuses correspondances. Il constitua, en même temps, le fonds de sa bibliothèque, léguée d'abord à sa famille, puis à l'Académie de Lausanne. Sa culture étant devenue européenne, et même cosmopolite, cela lui attira la sympathie et la collaboration de G. Seigneux de Correvon.

Charges publiques : nommé en 1725 assesseur baillival, en 1740 lieutenant baillival, en 1750 contrôleur général du canton de Lausanne. En tant que recteur de l'Académie de Lausanne, il prit l'initiative de la transformer en université (un peu avant 1725 ?), mais ses efforts n'aboutirent pas.

Situation de fortune

On sait que, pendant sa jeunesse, son peu de fortune ne lui permit pas de se livrer à son goût des études.

Opinions

En marge de ses activités de magistrat, il se livre à des recherches ethnologiques sur les Suisses en vue de définir leur identité nationale. On considère que L. a su contribuer par sa science à la naissance d'une conscience nationale suisse.

Activités journalistiques

6. Bibliothèque italique ou Histoire littéraire de l'Italie, Genève, Marc-Michel Bousquet, 1728-1734, 18 vol. (D.P.1 165) : a) Il est sûr que L. a rendu compte de Francisci de Fargna, [...] Commentarla in singulos Canones de Jure Patronatus, Monte­fiascone, 1718 (t. V, art. 8 ; t. VII, art. 10). b) Il est très probable qu'il est l'auteur de l'extrait de la Relazione istorica delle vertenze che si trovavano pendenti tra la Corte di Roma e quella del Re di Sardegna, Torino, 1731 (t. IX, art. 3 ; t. XI, art. 2). c) L. a apporté nombre de retouches aux articles des rédacteurs, ce qui est prouvé par le témoignage de G. Seigneux de Correvon, entre autres.

Autres contributions à des périodiques : cinq lettres sur le culte des dieux égyptiens, et en particulier sur celui d'Isis à Rome, dans le Journal helvétique, août 1741, sept. 1742. Ces lettres sont adressées à Louis Bourguet. L. y prend position en faveur de Bourguet contre l'abbé Olivieri ; cinq autres lettres de ce groupe sur le même sujet sont inédites. – « Lettre sur un passage de Tite-Live mal entendu jusqu'ici relativement au culte des dieux étrangers à Rome sous Romulus», Journal helvétique, avril 1743, avril 1744. – LeJournal helvétique, en 1750, contient divers articles de L., et notamment la «Dissertation répondant à la critique d'un extrait du premier tome des Mémoires critiques de Loys de Bochat», publié dans le t. V de la Nouvelle bibliothèque germanique. – « Locus Julii Caesaris ad Helvetius pertinens adversus emendationem», dans Museum helveticum, Stück 25. – «Veterum Helvetio­rum fortitudo», Museum helveticum, Stück 27.

Publications diverses

7. De Optimo Principe, thèse de droit publiée à Bâle en 1717. Mémoires pour servir à l'histoire du différend entre le pape et le canton de Lucerne, Lausanne, 1727. – Ouvrages pour et contre les services militaires étrangers, considérés du côté du droit et de la morale, Lausanne, 1738. – Mémoires critiques pour servir d'éclaircissements sur divers points de l'histoire ancienne de la Suisse, Lausanne, 1747-1749, 3 vol.

Traductions : Histoire ecclésiastique par M. Arnold, traduite en langue française avec des notes et apostilles écrites. Histoire de la Suisse par M. Lauffer, traduite en langue française. Essai sur l'influence de la réforme de Luther.

Bibliographie

« Eloge Historique de Charles-Guillaume Loys de Bochat », La Nouvelle Bibliothèque germanique, oct.-déc. 1755, t. XVII, p. 225-274 (dû au juriste lausannois, Jacques Abraham Elie Daniel Clavel de Brenles, selon Montet). – Nova erudita Europa, part. XV, p. 783. – Barbier A., Examen critique et complément des dictionnaires historiques, Paris, 1820. – Ade­lung J.C., Fortsetzung und Ergänzungen zu [...] Jöchers Allgemei­nem Gelehrten-Lexicon, réimpr. Hildesheim, 1960-1961. Montet A. de, Dictionnaire biographique des Genevois et des Vaudois, Lausanne, 1878, t. II, p. 74-76. – Meylan P., Jean Barbeyrac (1674-1744) et les débuts de l'enseignement du droit dans l'ancienne Académie de Lausanne, Lausanne, 1937, 159-244. – Perrochon H., «Un savant d'autrefois : Ch. Loys de Bochat (1695-1754)», Revue historique vaudoise, 49e année, 1941, p. 29-33. – Crucitti-Ullrich F.B., Scipione Maffei e la sua corrispondenza inedita con Louis Bourguet, Vene­zia, 1969. – Id., «Johann (III) Bernoulli ed il carteggio Bourguet», Rivista Storica Svizzera, t. XIX, 1969, p. 356-370. Id., La «Bibliothèque Italique» : cultura «italianisante» et giornalismo letterario, Milano, Napoli, 1974, p. 302. – Id., «Erudition, engagement, exil : six lettres inédites de F.D. Camusat», Studi francesi, nouv. série, t. XIX, 1975, p. 48-62. – Cavadini-Canonica T., Le Lettere di Scipione Maffei e la « Bibliothèque Italique », Lugano, Fribourg, 1970 ; c.r. par F.B. Crucitti-Ullrich, Rivista di letterature moderne e comparate, t. XXV, 1972, p. 304-309. – Die Matrikel der Universität Basel, éd. H.G. Wackernagel et ah, Basel, 1975, t. IV, p. 459, n° 2654. – Kurmann W., Presenze italiane nei giornali elvetici del primo Settecento, Berne, Francfort, 1976 ; c.r. par F.B. Crucitti-Ullrich, Rivista di letterature moderne e comparate, t. XXX, p. 4,1977. p- 317-318.

Auteur(s) de la notice


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