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Jean-Pierre LOLIOT (1733-1787)

État civil

Jean-Pierre Loliot est né en 1733, fils d’un  hôtelier d’Évreux, aîné de douze enfants. À la mort de son père en 1747, il se rend à Paris (P. Manceron, « Note sur la poste maritime à Bordeaux et à Nantes au XVIIIe siècle », dans les  Actes du Congrès national des Sociétés savantes, vol. 78, 1953, p. 122).

Carrière

En qualité de secrétaire de la cavalerie, il est au service du marquis de Béthune, puissant personnage dont il contresigne les décisions. Cette fonction lui permet d’approcher les ministres, et en particulier Sartine, dont il sera le protégé.

Lors de la création de la « petite poste » de Bordeaux, il obtient un privilège, daté du 29 mars 1766, enregistré le 30, pour la distribution du courrier en provenance ou  à destination des colonies ; ce privilège, qui devait concerner 25 ports français, se heurte à l’opposition des chambres de commerce, qui trouvent ce projet « odieux » et « dangereux ». Soutenu par Sartine et l’intendant de Bordeaux, qui estiment au contraire ce projet utile, Loliot crée des agences à Bordeaux, Le Havre, Marseille et à Nantes, où son associé, Mangin, parvient à rentabiliser le service (D. Moriceau, La Poste à Nantes sous l’Ancien Régime et la Révolution, Université du Michigan, 1982, p. 116). Ces succès permettent à Loliot d’obtenir, le 1er octobre 1777, pour une durée de 15 ans, une permission pour des  « bureaux de correspondance maritime » (Voir Moreau de Saint-Méry, Lois et constitutions des colonies françaises de l’Amérique,  vol. 5, p. 786-787,  et  le texte de la circulaire d’application dans Guyot, Répertoire universsel et raisonné de jurisprudence civile, 1781, art. « Poste »). En mars 1784, les Affiches, Annonces et avis divers ou Journal général de France déclinent son nouveau titre : « M. Loliot, Administrateur général des Postes maritimes, rue Fontaine-au- Roi, Faubourg du Temple, et à Nantes, à M. de Guebriec, Négociant Armateur ».

Opinions

Loliot est avant tout un brasseur d’affaires ; on ne saurait lui attribuer aucune opinion politique ou philosophique bien précise ; il n’est ni encyclopédiste ni physiocrate. Le prospectus de son journal couvre un vaste domaine qu’il ne maîtrise pas, et ses lecteurs s’en plaindront. On notera seulement qu’il a reçu au départ une approbation de Crébillon, censeur très libéral, et que son privilège lui a été retiré par Albert, lieutenant de police rigoureux au lendemain du renvoi de Malesherbes et de Turgot.

Activités journalistiques

Le 20 juin 1775, Loliot adresse au secrétaire de l’Académie de Lyon une lettre de présentation du journal dont il vient d’obtenir le privilège : la Gazette des arts et métiers (Ac.Ms268-III f°140). Il y joint le prospectus de la gazette, approuvé par le censeur Crébillon (Voir la notice d’Anne-Marie Chouillet dans DP1, n° 545). Il ouvre son journal aux académiciens et se propose d’envoyer à l’Académie chaque feuille hebdomadaire. Au bout d’un an, Loliot se heurte au directeur de la Gazette du commerce, l’abbé Roubaud, qui défend son privilège. Les deux journaux étant imprimés et distribués par Knapen, celui-ci doit sacrifier la Gazette des arts à la Gazette du commerce.

Bibliographie

Moreau de Saint-Méry, Lois et constitutions des colonies françaises de l’Amérique,  vol. vol. 5, 1785, p. 786-787 . - Guyot, Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile, 1781, art. « Poste »..- P. Manceron, « Note sur la poste maritime à Bordeaux et à Nantes au XVIIIe siècle », dans les  Actes du Congrès national des Sociétés savantes, vol. 78, 1953, p. 119-123..- D. Moriceau, La Poste à Nantes sous l’Ancien Régime et la Révolution, Université du Michigan, 1982, p. 116).

Auteur(s) de la notice


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