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L. de LIMOGES (?-?)

État civil

On ne sait à peu près rien du chevalier L. de Limoges, qui était en 1786 (d'après la page de titre de Julie et Colin) « lieutenant des maréchaux de France, de l'Académie des Arcades de Rome ». Son nom paraît bien être un pseudonyme.

Formation

Il avait fait ses études au collège du Plessis. C'est pourtant bien à Limoges qu'il fait ses débuts littéraires, avec des traductions de Young en 1779 et 1781.

Activités journalistiques

Le 11 mars 178 7, on trouve une lettre de lui publiée dans les Affiches de la Basse Normandie (D.P.1 13).

Journal du Hainaut et du Cambrésis (D.P.1 719) et Affiches du Hainaut (D.P.1 29) : il en fut le fondateur et le principal rédacteur en juillet 1788, mais un mois plus tard, il en confie la responsabilité à l'avocat Debavay, qu'il remercie dans le n° 45 de juin 1789 du Journal. D'après J. Morel, il fonde alors à Rouen L'Abeille, qu'il imprime dans sa propre imprimerie.

Publications diverses

7. Première nuit d'Young, traduite en vers français, par M. L. de L., Limoges, 1779. – Le Monde, 15e nuit d'Young, traduite en vers français, par M. L*** de L, Limoges, 1781. – Le Temple de Gnide, poème imité de Montesquieu par L. de L., s.l., 1782. – Le Congrès de Cythère, et Lettres de Léonce à Erotique son fils, trad. de l'italien d'Algarotti, Paris, 1785. –Julie et Colin, ou le tribut du sentiment, comédie en deux actes en prose mêlés de vaudevilles par M. le Chevalier de L***, lieutenant des maréchaux de France, de l'Académie des Arcades de Rome, s.I., 1786. – En 1792, il publie une édition des Centuries et prédications de Nostradamus, hostile à la Révolution. Suspect, il est arrêté et les exemplaires sont détruits (Morel, p. 48).

Bibliographie

Cior 18. – Morel J., Histoire de Valenciennes sous la Révolution d'après une étude de l'imprimé, T.E.R. dact. Lille III, 1971.

Additif

État-civil : LIMOGES, Louis Charles de (1750- ?)

« Le treisième jour de janvier 1750 a été batisé par moy, curé soussigné, Louis Charles de Limoges né d’hyer du légitime mariage de Jean Alexis de Limoges écuyer Sr. de St. Just et de Dame Louise Charlotte Élisabeth de Godard de cette paroisse, qui a été nommé par le Sr. Jean Jacques Henry de Limoges assisté de Damoiselle Joachime de Limoges, et ce au lieu et place de Messire Charles Louis de Limoges, chevalier de l’Ordre militaire de St. Louis et de Damoiselle Charlotte de Moisy parrain et marraine dudit enfant » (registres paroissiaux du Tronquay-en-Lyons, dpt. Eure). Cet acte baptistaire, publié par le Journal de Rouen le 25 mars 1930 et reproduit par B.C., lève plusieurs doutes : le chevalier de Limoges n’est pas originaire de Limoges, mais de Normandie ; sa famille est de petite noblesse : son père est écuyer, son parrain (sans doute son grand-père) est chevalier de Saint-Louis. L. s’est marié le 14 juin 1774 à Ingouville avec une demoiselle Brocque ; il a divorcé en 1794, s’est remarié avec Marie-Louise Cordier le 5 janvier 1795, qui lui donna deux enfants (Ibid.), nés hors mariage. Son fils aîné, Louis Charles, né le 17 juillet 1787, qui portera comme son père le titre de vicomte de Limoges, reçoit de Mme d’Authieulle en 1818 une donation entre vifs qui fera l’objet d’un long procès, du fait de sa naissance adultérine (Recueil général des lois et des arrêts, « jurisprudence de la cour de cassation », 1825-1827, p. 360).

Louis Charles de Limoges est mort le 6 juin 1818 à Paris (B. Beau)

Formation : On ignore tout de ses études. Un document des A.D. de la Seine maritime donne à penser qu’en 1764, il faisait ses études au Tronquay (série G, insinuations ecclésiastiques, 1er mai 1764, « Charles Louis de Limoges, fils de Jean Alexis de Limoges et d’Élisabeth Godard, du Tronquay »). Le titre de « lieutenant des maréchaux de France », qu’il porte déjà en 1772 ne prouve pas qu’il ait été militaire. Il fut seulement, du fait des origines très anciennes de sa famille, chargé d’arbitrer les points d’honneur entre nobles.

Carrière : Son premier essai littéraire fut la traduction de la première Nuit d’Young « par M.L. de Limoges, in-8°, à Limoges chez Chapoulaud, libraire » en 1779 (annonce du Mercure du 4 décembre 1779). Il se fait connaître en 1784 par une réponse à un amateur de théâtre qui se plaignait de la désaffection du public dans les Annonces de Normandie du 16 juin ; le « chevalier de Limoges, lieutenant des maréchaux de France » élargit le débat en plaidant pour le culte des grands hommes de Rouen (Bouteiller, p. 89). Sa carrière journalistique avait sans doute commencé par des éloges des écrivains rouennais (Corneille, Champein). Bouteiller cite des vers de Limoges « dont la fécondité poétique était alors si grande qu’il remplissait les journaux de ses élucubrations » (p.90 ; voir p. 95, 101-102, 106). Il produisit, le 2 mai 1785, un divertissement en un acte et en prose, La Fête impromptu, qui obtint un réel succès, malgré la polémique qui s’ensuivit (p. 106), et en juillet 1786 un opéra-comique en deux actes, Julie et Colin, publié la même année. On ne sait pas pour quelle raison il s’établit en 1788 à Valenciennes, pour rédiger le Journal du Hainaut et du Cambrésis, mais il avaitcertainement, à travers les Annonces et le Journal de Normandie, une certaine expérience de la presse ; on peut au reste se demander s’il a réellement résidé à Valenciennes, la plus grande partie du journal et l’administration de l’entreprise étant confiée à Debavay. Dans le n° 46 de juin 1789, reprenant son journal après une interruption de près d’un an, il se plaindra d’avoir été victime de la calomnie. En décembre 1789, c’est à Rouen qu’il publie L’Abeille politique.

Situation de fortune : Le journalisme fut certainement pour lui un moyen de survivre. En août 1793, quand son Écho politique est supprimé, il ait valoir à la Commune qu’il n’a pas « d’autre ressource pour faire vivre les siens » (Clérembray). Il fut arrêté et conduit à la prison de Saint Yon, où il resta jusqu’à la fin de la Terreur (« Deux journalistes rouennais sous la Révolution »), tandis que sa femme, la demoiselle Cordier, imprimait chez elle Le Postillon du jour. En octobre 1795, il devient imprimeur-libraire « dans l’intention d’ouvrir un cabinet politique et littéraire pour la lecture des feuilles publiques » (Ville de Rouen. Analyse des délibérations de l’assemblée municipale, éd. 1905, p. 485, citées par B.C.).

Opinions : L. tenait de ses origines une grande fierté et soutint longtemps la cause de la noblesse et de la monarchie, non sans imprudence : les violences de l’Abeille politique lui valurent son incarcération de quinze mois. Elle prit fin en décembre 1794, grâce à une relative indulgence des autorité rouennaises. À sa sortie de prison, il lança le Journal du soir, qui manifestait unfort ressentiment à l’égard des jacobins, la « horde terroriste » (Journal du soir, 10 avril 1795). L’apaisement général le conduisit à renoncer au militantisme ; en février 1797, il fonda un Journal de littérature et des théâtres qui le ramenait à ses débuts littéraires, en particulier au théâtre. À partir de cette date, on perd sa trace.

Activités journalistiques : L. fonde les Affiches du Hainaut, dont le premier n° paraît le 2 juillet 1788, mais une maladie « violente et subite » interrompt sa collaboration le 30 août 1788 (voir DP1, n° 29, par A. Granier). Le Journal du Hainaut, publié simultanément, cesse à la même date (DP1, n°70, par A. Granier). L. peut donc être considéré comme le rédacteur du prospectus, et sans doute pendant un mois, de la chronique théâtrale, et son oeuvre de journaliste commence en fait à l’époque révolutionnaire. Il publie alors L’Abeille politique et littéraire (1789-1792), L’Écho politique ou Journal du soir (1792-1793), Le Réviseur décadaire (1794), Le Journal du soir (1795-1796), Le Journal de littérature et des théâtres (1797). Seul ce dernier journal, qui exprime les goûts littéraires de L., et en particulier sa passion du théâtre, et sa nostalgie de l’Ancien Régime, présente un réel intérêt. Il a été étudié notamment par Catriona Seth dans « La culture au service de la politique » (Un siècle de journalisme culturel en Normandie et dans d’autres provinces. 1785-1885, PURH, 2011, p. 75-86).

Bibliographie : Une bonne partie de nos informations nous vient du mémoire de maîtrise de Betty Conseil, soutenu en 2002 sous la dir. de C. Seth (B.C.). – Bouteiller, Jules-Édouard, Histoire complète et méthodique des théâtres de Rouen depuis leur origine jusqu’à nos jours, Rouen, 1880, t. 4.- Rotailt de La Vigne, « Deux journalistes rouennais sous la Révolution », dans le Journal de Rouen, 25 mars 1930. –Clérambray, Félix, La Terreur à Rouen, 1994.- Catriona Seth, « La culture au service de la politique », dans Un siècle de journalisme culturel en Normandie et dans d’autres provinces. 1785-1885, PURH, 2011, p. 75-86. (J.S.)

Auteur(s) de la notice


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