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Louis de LIGNAC (1740-1809)

État civil

Louis François Luc de Lignac est né à Pont-Sainte-Maxence en 1740 et mort à Liège en mai 1809 des suites d'une «attaque» (Florkin). Son père, Pierre de Lignac, était médecin.

Formation

Il suivit la carrière paternelle et fit ses études à Paris.

Carrière

L. exerça d'abord son art dans sa ville natale. Il la quitta rapidement pour s'installer à Lille (1772) et collaborer à un journal qui finalement ne parut jamais. A l'invitation de Jean Jacques Tutot, éditeur de l'Esprit des journaux (E.J.), il émigra à Liège (1774) ou, avec l'aide de l'abbé Outin, il prit en main la rédaction du périodique (de 1775 à 1790 selon Bassenge ; 1775-1793 selon Capitaine). En 1779, il participa avec Tutot, Dreux Du Radier (collaborateur occasionnel de VE.J.) et quelques personnalités scientifiques locales à la fondation de la Société d'Emulation. Cette société progressiste, dont le but était la promotion des sciences, des arts et des lettres, reçut ses lettres de confirmation du prince-évêque de Velbruck le 27 avril. Jusqu'à ce que Hoensbroeck, successeur conservateur de Velbrück, ordonne la fermeture de l'institution (1792), L. en fut administrateur et secrétaire. Lors du rattachement de la principauté à la France (1795), il exerça des fonctions dans le cadre municipal liégeois et devint membre des jurys d'instruction publique. Dès l'ouverture de l'Ecole centrale de Liège (1er nivôse, an VI), il fut également chargé des cours de belles-lettres ; lorsque l'établissement fut remplacé par le Lycée impérial (1803), L. reprit la plume et collabora à la Gazette de Liège de J.F. Desoer.

Opinions

Dans la mesure ou l'Esprit des journaux propose une simple compilation d'articles extraits de revues françaises et étrangères, les options idéologiques de L. n'apparaissent guère de manière immédiate. Une étude des choix opérés dans l'information devrait toutefois permettre d'en tracer un profil général. Témoin de la production scientifique et littéraire du temps, l’E.J. se caractérise essentiellement par son attachement discret à l'idéologie des Lumières et sa critique de l'ultramontanisme et du fanatisme religieux. Le journal fut d'ailleurs poursuivi par le clergé liégeois puis par le cardinal de Malines qui, avec quelque exagération, le tenait pour le «code du philosophisme» (voir D.P.1 397).

En matière médicale, le traité de L. De l'Homme et de la femme, calqué sur le Tableau de l'amour conjugal de Venette, s'il ne présente aucune originalité, a néanmoins le mérite de faire table rase de quelques légendes traditionnelles (par ex. «les vertus faussement attribuées au pénis du cerf»). Fidèle aux théories moléculistes de Buffon, il nie, à l'encontre de Haller et Leeuwenhoek, le rôle de fécondation joué par les «animalcules». D'une manière générale, N. Bassenge, qui a bien connu L., le considère comme un «sectateur zélé des idées libérales, jaloux du bonheur et de la gloire de l'humanité».

Activités journalistiques

De 1775 à 1790 (1793?), L. fut, avec l'abbé Outin, le principal rédacteur de l'Esprit des journaux (Liège, Bruxelles, Paris, 1772-1818). En fait de rédaction, il s'agissait de sélectionner et de reproduire les articles les plus intéressants parus dans la presse européenne et de fournir, sous forme d'extraits, des traductions d'ouvrages publiés en langue étrangère. Dès le moment où L. et Outin dirigèrent le journal, son contenu fut considérablement augmenté (environ 430 p. contre 190 en 1774) et présenté de manière méthodique (D.P. 1 397).

L. collabora également à la Gazette de Liège à partir de 1803.

Publications diverses

7. De l'homme et de la femme considérés physiquement dans l'état du mariage, Lille, 1772 (rééd. en 1773 et 1778). – Histoire de Laurent Marcel ou l'observateur sans préjugés, Lille, 1779 (également attribué à l'abbé Jean Bardou ; non repris par Bassenge ; rééd. en 1781). – Mémoires de Rigobert Zapata, Lille, 1780. – D'après Bassenge, L. fut chargé à Lille «de travailler à l'Histoire naturelle du cheval ; il fit un travail sur les poissons ; ces morceaux estimés font partie d'une collection rédigée par une société de gens de lettres en 9 volumes».

Bibliographie

8. B.H. C. – Bassenge N., Eloge funèbre de L., Gazette de Liège, 8-9 septembre 1809. – Capitaine U., Recherches historiques et bibliographiques sur les journaux et écrits périodiques liégeois, Liège, 1850, p. 80. – Florkin M., «Lignac à Liège», Revue médicale de Liège, t. II, 1956, p. 235-245. – Macours F., «L'Enseignement primaire dans le département de l'Ourthe pendant la Révolution (1795-1802)», Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. LIX, 1935^.27-135. – Id., «L'Enseignement technique à Liège au XVIIIe siècle», ibid., t. LXIX, 1952, p. 131-186.

Auteur(s) de la notice


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