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Claude LE BAULD DE NANS (1735-1791)

État civil

Claude Etienne Le Bauld (ou Lebauld) de Nans est né à Besançon en 1735. Nous ne connaissons pas de détails sur sa famille ; d'après Denina, un de ses fils «enseigne les mathématiques et serait en état de traduire des ouvrages scientifiques de l'allemand en français ; ce que peu de gens en Allemagne sont en état de faire» (t. II, p. 395). Il est mort à Berlin en 1791.

Carrière

L. est comédien de profession. Il est au Théâtre électoral de Mannheim à une date inconnue, et en 1776 à la Comédie française de Berlin, où il est régisseur et joue des rôles de père dans la comédie. Après la fermeture du théâtre par le Roi en 1778, à la suite de disputes financières, L. reste à Berlin avec sa famille ; il devient professeur à la Cour, surtout de la princesse de Prusse.

Situation de fortune

«Ses connaissances, surtout dans la langue française, lui procuraient des ressources ; et il trouva beaucoup de pratiques pour donner des leçons. La princesse de Prusse l'employa pour diriger son théâtre particulier, faire des prologues et autres petites pièces, l'exercer elle-même et ses Dames à la déclamation. Cette princesse devenue reine [...] fit à M. Lebauld une pension de 600 écus et continua de l'employer comme auparavant à sa cour» (Denina, t. II, p. 394).

Opinions

En 1787 il devint Grand Maître de la Loge La Royale York, la plus grande des trois grandes loges de Berlin, avec une maison et un jardin.

Activités journalistiques

Après la mort de Francheville en 1781, il prit la direction de la Gazette littéraire de Berlin, qu'il continua jusqu'en 1790 (D.P.1 571). Il entretient une correspondance avec Formey au sujet de cette gazette (Staatsbibliothek zu Berlin, Nachlass Formey, «Le Bauld de Nans», dix lettres, 1785-1790 : renseignement fourni par F. Moureau).

Publications diverses

Il a écrit plusieurs comédies, dont la plus connue est La Famille ridicule, 1789 ; «Un libraire français avait entrepris de donner une édition des pièces de théâtre de cet auteur, consistant surtout en six comédies ; mais ce libraire a décampé depuis» (Denina, t. II, p. 395).

Bibliographie

F.L. ; Ersch, t. IV, p. 30. – Denina, La Prusse littéraire, 1790-1791, Berlin, t. II, p. 393-395. – Olivier J.J., Les Comédiens français dans les cours d'Allemagne au 18e siècle, 2e série, « Prusse », p. 60, 144-145, 150.

Additif

Etat civil: La monographie de François Labbé, La Gazette littéraire de Berlin (1674-1792) (Champion, 2006) apporte de substantiels compléments à la notice d’Ann Thomson, Claude Étienne Le Bauld a été baptisé le 12 mai 1735 à Besançon, fils de Claude Le Bauld et de Jeanne Surgarette (p. 24, n. 19). La terre de Nans, non loin de Besançon, terre dont il a peut-être hérité, lui permettra plus tard d’augmenter son patronyme.

Il s’est marié à son retour de parme. Ses fils Laurent (baptisé le 2 juin 1763) et Joseph François Claude (baptisé le 12 février 1767) sont nés à Mannheim.

La date de sa mort n’est pas connue, mais doit se situer à la fin de 1791 ou au début de 1792 : le dernier numéro de la Gazette de Berlin date du 2 avril 1792 ; une rubrique nécrologique dans la Neue Bibliothek  de Leipzig date de mars-avril 1792 (p. 32, n° 41).

Formation: Il fit certainement de bonnes études, et se destina d’abord à l’état religieux. Une affaire de coeur l’aurait entraîné vers la carrière de comédien dans le duché de Parme. On le retrouve à Mannheim en 1750, où il joue sur le théâtre de l’Électeur.

Opinions: Il a été initié à la franc-maçonnerie à Parme en  novembre 1755. Il semble avoir été le fondateur de la loge Saint-Charles de l’Union à Mannheim, en 1756. Il en est le maître de chaire de 1766 à 1773, orateur de 1766 à 1771 et vénérable jusqu’en 1774 au moins (p. 25 et n. 24). D’obédience andersonienne, la Loge se voue à l’activité caritative, en collaboration avec la paroisse catholique, ce qui lui vaut les attaques du R.P. Ignaz Frank. La Loge est défendue avec succès par Le Bauld ; l’affaire est commentée dans de nombreuses gazettes, ce qui  lui vaut un surcroît de notoriété. Il poursuit sa carrière maçonnique à la loge berlinoise Royal York de l’Amitié, où il est orateur (1776-1777), puis vénérable à partir de 1788.

Carrière: Il quitte Mannheim entre 1771 et 1774 et se rend à Berlin, pour diriger le Théâtre français en 1775 (p. 27) ; il joue également au théâtre de Potsdam jusqu’à sa suppression en 1778 ; il donnera la réplique à Le Kain dans Mahomet en 1778.. À la suite de la suppression, il devient professeur de langue française et de diction.

Activités journalistiques: La Gazette de Berlin, dont il devient le directeur à partir de 1781, publie beaucoup de poèmes et surtout ses comptes rendus critiques, qui sont très appréciés (J.S.).

Auteur(s) de la notice


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