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Nicolas LAMBERT (1741-1806)

État civil

Né à Paris en 1741, Pierre Nicolas Lambert est mort à l'Ile de France le 30 septembre 1806 (T, p. 32).

Carrière

Agé de vingt-six ans, L. arrive en 1767 à l'Ile de France sur le Saint Jean-Baptiste. Trois ans plus tard, le 7 janvier 1770, il est nommé directeur de l'imprimerie qui avait été établie en 1768 à Port-Louis, à l'initiative de l'intendant Pierre Poivre (T, p. 29-32). Imprimeur du roi et de la colonie, avec privilège exclusif, Nicolas Lambert est alors surtout chargé de l'impression des textes officiels, ordonnances, édits, règlements, arrêts, mais il va aussi imprimer les premiers livres produits dans la colonie, le Vocabulaire françois-malgache de l'abbé Challan, en 1773, le Code des Isles de France et de Bourbon de Delaleu, en 1777 (Toussain, Bibliography, p. 11, 13). A partir de janvier 1773, il publie également les Annonces, affiches et avis divers pour les colonies des Isles de France et de Bourbon, le premier journal des Mascareignes (Avis au Public, 1772 ; Avis à Mrs les Habitans de Bourbon, 1773 ; L'Administration française,p. 56). Au cours de l'année 1772, L. avait formé une «société» qui se donnait pour but, outre la publication d'une «feuille imprimée», l'établissement d'un «Bureau» chargé d'assurer la distribution du journal et «la correspondance générale des îles». Le «Bureau général des Postes et Gazettes» de l'Ile de France, dont il assure la direction, est ouvert en décembre 1772, et ses services étendus à l'Ile Bourbon au cours de l'année suivante.

A la suite semble-t-il de difficultés financières, L. cède, au début de 1783, la rédaction des Annonces à Joseph Gestat de Garembé, puis, en septembre de la même année, la direction de l'imprimerie à François Bolle, un imprimeur originaire de Strasbourg. En mars 1775, L. avait déjà cédé la direction de la poste à Grezis de Julliat qui, à partir de cette date, collabore également à la publication des Annonces (T, p. 35 ; Annonces, 1775, p. 56).

Au printemps 1795, L. est de nouveau en charge de l'imprimerie de la colonie, associé à François Bolle puis, après la mort de ce dernier en 1801, à Jacques Erny (T, p. 35-37). Au début de 1802, la perte de la commission d'«imprimeur du Gouvernement» au profit d'Antoine L'Hortal, directeur d'une seconde imprimerie établie à Port-Louis en juin 1801, oblige Lambert à revendre son imprimerie à Jérôme Baron, l'un des plus importants libraires de la colonie. Quelques mois plus tard, il la rachète, et s'associe, au cours de l'été 1802, avec Claude Boudret, le successeur de L'Hortal : les «deux Imprimeries [...] [seront] réunies en une seule, sous la dénomination d'Imprimerie de la République et de la Commune» (Petites affiches des Isles de France et de la Réunion, no 8, 29 août 1802, cité dans T, p. 40). L'association est cependant de courte durée : dès janvier 1803, Claude Boudret rachète la part de Lambert et devient seul propriétaire des deux imprimeries (ibid.). Retiré à Flacq, L. meurt en 1806, âgé de soixante-cinq ans.

Situation de fortune

En 1770, en tant que directeur de l'Imprimerie royale, L. reçoit un salaire annuel de 1800 £. Trois ans plus tard, ayant alors sans doute décidé de rester dans la colonie, il se fait construire une maison sur un terrain de «10 toises carrées» dont il a obtenu la concession, au centre de Port-Louis, rue de l'Hôpital, en face de l'imprimerie (T, p. 32-33). Par la suite, L. fait face, à plusieurs reprises, à des situations financières difficiles : en 1783, lorsqu'il se dessaisit de ses différentes charges ; en 1795, alors qu'il est poursuivi pour dettes au moment même où il reprend la direction de l'imprimerie (Le Mirage des îles, p. 238) ; en 1801, à la suite de la perte de l'adjudication des impressions officielles, perte qui le poussera, non sans combattre, vendant, rachetant, revendant son imprimerie en l'espace d'une année, à finalement renoncer : «L'Assemblée, par un arrêté pour moi incroiable, me prive dans un instant d'un employ que je crois mériter par 30 années de service. Agé de plus de 60 ans, essuyer des traitements aussi injustes (Pour ne pas me servir d'expressions plus fortes et mieux méritées), n'abattent point mon courage, ma conduite ne me reproche rien et j'en appelle au public pour me juger» (L., Pétition au citoyen ordonnateur, 6 déc. 1801, cité dans T, p. 127-128).

Activités journalistiques

Fondateur, rédacteur et imprimeur jusqu'en 1783, des Annonces, affiches et avis divers des Isles de France et de Bourbon, qui sont publiées chaque mercredi à Port-Louis, à partir du 13 janvier 1773, et qui ont continué à paraître au moins jusqu'en 1790 (D.P.130).

Redevenu en 1795 directeur de l'imprimerie, L. assure alors la publication de la Gazette de l'Isle de France, qui se modèle sur les «anciennes affiches», et du Journal des Assemblées Coloniale, Administrative et du Directoire, journal officiel de la colonie. Ces deux hebdomadaires étaient publiés depuis le 5 janvier 1792. L. imprime aussi, en 1799, le Chroniqueur colonial rédigé par François Mayeur (19 mai-12 août 1799) (Toussaint, Bibliography, p. 170-171).

Bibliographie

Avis au Public, A l'Isle de France,1772 ; Avis à Mrs les Habitans de Bourbon, s.l.n.d. [Port-Louis, 1773]. – Toussaint A. et Adolphe H., Bibliography of Mauritius (1502-1954), Port-Louis, 1956. – Toussaint A., Early Printing in the Mascarene Islands (1767-1810), London, 1951. – Id., L'Administration française de l'île Maurice, Port-Louis, 1965. – Id., Le Mirage des îles, Aix-en-Provence, 1977.

Auteur(s) de la notice


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