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Claude François LAMBERT (?-1765)

État civil

Le peu qu’on sait de Claude François Lambert tient dans ces quelques lignes de la France littéraire de La Porte en 1769 : « LAMBERT (Claude François), de Dôle, ci-devant curé de Saineau, Diocèse de Rouen, mort le 14 avril 1765 ». Suit la liste d’une vingtaine d’ouvrages de tout genre : romans, sermons, géographie, histoire, éditions, traductions, physique et histoire naturelle. Cependant les archives de Dole, ou celles des jésuites, ne gardent aucune trace de lui.

Formation

On a pu tirer des Anecdotes jésuitiques quelques épisodes d’une formation chez les jésuites, et d’un voyage de Dole à Lyon, à Avignon pour un noviciat, et à Annecy. Mais à supposer même que cet ouvrage soit de Lambert, ce qui n’est nullement prouvé, ces anecdotes sont visiblement fictives.

Activités journalistiques

Bibliothèque de physique et d’histoire naturelle (1758-1769). Voir DP1, n° 155, notice de Robert Granderoute.

Publications diverses

Il n’a signé de son nom que ses œuvres historiques. Ses romans portent cependant leur marque de fabrique ; ce sont par nature des imitations : La nouvelle Marianne (1740), Le nouveau Protée « par l’auteur de la nouvelle Marianne » (1740), Le nouveau Télémaque (1741), etc., romans écrits avec plus de facilité que de talent véritable (Voir Annie Rivara, Les Soeurs de Marianne : suites, imitations, variations 1731-1761, Oxford, 1991, SVEC 1985, p. 311-317). À partir de 1750, il s’adonne à d’énormes compilations, rédigées dans un temps record, Recueil d’observations sur les moeurs, les différentes langues de tous les peuples du monde (1749), Histoire générale civile, naturelle, politique et religieuse de tous les peuples du monde (1750), Histoire littéraire du règne de Louis XIV (1751), dont Voltaire écrit : « J’avais, comme vous le voyez, prévenu cet énorme abbé Lambert, et je crois ne penser ni écrire comme lui. Franchement son gros livre déshonore la nation qu’il a cru honorer... » (Au président Hénault, 8 décembre 1751). Sa Bibliothèque de physique et d’histoire naturelle (1758-1769), constituée d’articles tirés des périodiques savants de l’époque, témoigne, selon Robert Granderoute,  d’une certaine ambition encyclopédique (DP1, n° 155). Cependant, Raynal et Grimm l’ont traité avec mépris : « un de nos plus impitoyables compilateurs » écrit Grimm, à propos de l’Histoire de Henri II (Correspondance littéraire, t. II, éd. par R. Granderoute, Ferney-Voltaire, 2006, p.118 et note 19). (J.S.)

Additif

État-civil: Né en 1705. Voir fiche de police : N.A.F. 10781-10783, Joseph d'Hemery, Notes de police sur divers écrivains français (3 vol.) «Lambert (l’abbé), prêtre, auteur […] en 1746 vivait avec la fille d’un nommé Antoine, employé dans les vivres, la faisant passer pour sa femme et logeait avec elle sous ce titre chez la veuve Bailly, en chambre garnie, sous le nom de Carré, où cette fille est accouchée d’un garçon. Cette femme demeure présentement avec lui sous le titre de gouvernante et a son petit garçon avec lui […] (BnF, n.a.f. 10781-10783, Notes de police sur divers écrivains français du milieu du XVIIIe siècle, rédigées par les soins de Joseph d'Hémery, inspecteur de la librairie, sous les ordres du lieutenant de police Berryer, et intitulées : «Historique des auteurs en 1752». Cité dans Robert Darnton, Pour les Lumières: défense, illustration, méthode, trad. Jean-François Baillon, Presses universitaires de Bordeaux, 2002, p. 91, publié in extenso dans Le grand massacre des chats, Paris, Laffont, 1985).

Situation de fortune: Hémery note, le 1er décembre 1751, que L. est parti de chez sa logeuse «sans payer une somme de 850 livres» et que, retrouvé « au bout de sept ans», il a fait «des arrangements pour le paiement de cette somme dans l’espace de deux ans» (BnF, n.a.f. 10781-10783). «M. le comte d’Argenson [...] lui fit valoir des gratifications» pour les Lettres d’un seigneur hollandais et «une pension de 600 livres» pour l’Histoire littéraire du règne de Louis Quatorze «qu’il a fait imprimer à ses frais, aucun libraire n’ayant voulu s’en charger». Mansart, l’architecte du roi, lui avait «avancé les fonds nécessaires pour cette entreprise». Selon Antoine Sabatier de Castres, L. «a composé des Romans, où le style du besoin et de la faim se fait sentir à chaque page» (Les trois siècles de la littérature françoise, ou tableau de l'esprit de nos écrivains depuis François I, jusqu'en 1781, La Haye-Paris, Moutard, 1781, t. 3, p. 62).

Carrière: Selon Hémery, L. composa «les Lettres d’un seigneur hollandais en trois volumes en 1744 […] par ordre de M. le comte d’Argenson […] Il y a apparence que ce ministre fait plus de cas de lui comme mouche que comme auteur». (Gerardo TOCCHINI et UMR LIRE)


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