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Louis de LA BARRE (1688-1738)

État civil

Louis François Joseph de La Barre est né à Tournai le 9 mars 1688 (acte de baptême). Sa famille était originaire d'Artois, établie à Tournai depuis trois générations. Son père, Paul Joseph de La Barre, conseiller référendaire en la chancellerie de Flandre fut, pendant une douzaine d'années, avocat au conseil provincial de Hainaut. De son mariage avec Jeanne Marguerite Hayet, fille d'un marchand de Valenciennes, Paul Joseph eut trois fils dont Louis François Joseph est l'aîné. Il eut pour demi-frère utérin Antoine La Barre de Beaumarchais (voir ce nom). Il fut marié deux fois et eut, de son second mariage, trois enfants. Il mourut à Paris en 1738, sans doute le 24 mai (Eloge), mais le bruit courut qu'il était au secret à la Bastille, où il serait mort.

Formation

Il fit ses études au collège Sainte-Barbe, en qualité de boursier, puis dans une communauté fondée par Gilot et dirigée par Durieux. En 1727, il devient membre associé de l'Académie des Inscriptions.

Carrière

Il vint à Paris vers 1701 et y résida jusqu'à sa mort, à l'exception d'un séjour de six mois à Valenciennes (B.N., f.fr. 24412, f° 179).

Situation de fortune

Son père s'étant ruiné, L. dut solliciter une bourse pour faire ses études ; il reçut quelque temps une pension du Grand Duc de Florence. Il mourut pauvre (B.V. Avignon, ms. 2375, f° 214 et ms. 2372, f° 242 ; B.V. Nîmes, ms. 153, f° 167).

Opinions

«Les bénédictins de Saint-Germain des Prés avaient eu longtemps beaucoup de soin de lui» (f.fr. 24411, f° 313).

Activités journalistiques

La Barre fut un des principaux rédacteurs du Journal de Verdun de 1727 à 1738 (Eloge ; Goujet, f.fr. 24411, f° 313). C'était un «travailleur infatigable» (B.V. Nîmes, ms. 153, f° 167), «pauvre, sourd, et par surcroit marié» (B.V. Avignon, fonds Mazaugues, ms. 2372, f° 242) et «le premier correcteur d'imprimerie d'Europe» (B.V. Avignon, ms. 2375, f° 214).

Publications diverses

En qualité de correcteur et d'éditeur, L. a participé à l'élaboration de plusieurs grands ouvrages (B.V. Avignon, ms. 2375. f° 214), en particulier : Imperium orientale (Paris, 1711, 2 vol. in-folio). – Numismata imperiorum romanorum de Banduri (Paris, 1718, 2 vol. in-folio) ; ce travail lui valut la reconnaissance du Grand Duc de Toscane. – Ed. de 1725 du Grand Dictionnaire historique de Moreri, en collaboration avec Le Clerc, supérieur du séminaire Saint-Irénée de Lyon. – Spicilegium d'Achery (1655-1677). – Vetera analecta de Mabillon (1675-1685). – L. avait lui-même entrepris un dictionnaire des antiquités grecques et latines et une traduction d'Hérodote. – Selon des renseignements fournis par Goujet à Lelong, L. aurait rédigé les quatre premiers volumes de l'Histoire de la ville de Paris (Paris, 1735, 5 vol.) et Desfontaines le dernier ; selon la même source, L. aurait mis à jour le tome V du Dictionnaire de Moreri (Lelong, n° 34532). – On doit enfin à L. des Mémoires sur les divisions des Gaules, Rotterdam [Rouen], 1733-1738, 9 vol.

Le bruit courut, en juillet-août 1738, qu'il était l'auteur de l'Almanach du diable de 1738, et qu'il était à la Bastille, où il serait mort en août (lettre de Bonardi à Bouhier, 4 août 1738, Correspondance littéraire du président Bouhier, éd. H. Duranton, U. de Saint-Etienne, 1977, t V, p. 39). Le 13 mai 1738, L. assistait encore à une séance de l'Académie des Inscriptions, peu avant de tomber malade (f.fr. 9427).

Bibliographie

Moreri ; Lelong. – Eloge lu à l'Académie des Inscriptions le 14 novembre 1738, dans Histoire de l'Académie des Inscriptions, t. XIV, p. 308 et suiv.

Auteur(s) de la notice


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