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C.P. JONVAL (?-?)

Activités journalistiques

C.P. Jonval écrit à Osterwald, le 2 avril 1772 (B.P.U. Neuchâtel, ms. 1170, f° 82) : «J'imaginai à Paris, il y a environ douze ans (1760) qu'un journal plus prompt qu'aucun autre pourrait avoir du succès, et je créai l'Avant-Coureur. Je l'ai fait quatre ans durant (1760-1763) de manière à être lu et recherché. Un voyage que je fus obligé de faire en province me le fit interrompre, et mon substitut aliéna les 7/8 de mes souscripteurs qui, ne trouvant plus le même style ni la même honnêteté, se dégoûtèrent de cette feuille. De retour à Paris après 18 mois d'absence, je fus forcé de l'abandonner vu le discrédit où elle était tombée». Le premier collaborateur et «substitut» de J. fut sans doute Meusnier de Querlon ; il est difficile de savoir qui fut le fondateur du journal, car J. tient visiblement à majorer la place qu'il y a tenue ; la France littéraire de 1769 mentionne, pour les années 1760-1766, Meusnier de Querlon et Boudier de Villemert, mais ne parle pas de Jonval. Il a toutefois rédigé la partie des spectacles de l'Avant-Coureur jusqu'en février 1764, date à laquelle il est remplacé par La Dixmerie (lettre de d'Hémery du 28 février 1764, n.a.fr. 1214, p. 429). Il est signalé comme collaborateur de l'Avant-Coureur par d'Expilly le 1er avril 1764 (f.fr. 22085, p. 1). Voltaire s'inquiète à plusieurs reprises de l'identité du rédacteur de L'Avant-coureur, sans succès (D 9128, 9159, 17643, 17738). Palissot le nomme dans ses Mémoires littéraires (Oeuvres complètes, Londres et Paris, 1775, 6 vol., t. IV, p. 496), comme un parfait inconnu. Dans une lettre du 8 mai 1772 à Osterwald (ibid., f. 84), J. affirme avoir collaboré également au Journal des Savants, apparemment à l'époque où il rédigeait l'Avant-Coureur.

Publications diverses

Les deux lettres citées permettent de dresser une première liste des oeuvres de Jonval, mais il est visible qu'il fut avant tout correcteur, chargé d'éditer des textes, de fournir des notes et des tables, de revoir parfois des manuscrits, et l'on ne peut donner que sous toutes réserves la liste des ouvrages dont il se déclare l'auteur : la table des matières de l'Esprit des lois (sans doute celle de l'édition de 1758), pour le compte de Montesquieu, dont il dit avoir été l'ami. – Giphantia (1760), traditionnellement attribué à Tiphaigne de la Roche. – les Bigarrures philosophiques (1759), également attribuées à Tiphaigne. – les Erreurs instructives (1765).

Tombé malade, il se retire en province, sans doute vers 1765, et se met au service de l'archevêque de Narbonne, pour qui il compose les tables des Arrêts, délibérations, etc. du Languedoc jusqu'à l'année 1768, puis l'Extrait sommaire et raisonné des procès-verbaux de l'Etat. Après quoi il perd sa place, fait «banqueroute» et s'adresse à la Société Typographique, en offrant ses services pour un salaire de 1800 £, apparemment sans succès.

Bibliographie

D.P.1 129, p. 152 – Voltaire, Coprrespondance, éd. Besterman.

Additif

JONVAL, Pierre Cabanès de (1725 ?-1778 ?)

État-civil: La Bibliothèque universelle le nomme « Cabanis-Jonval, Pierre », le fait naître à Alais en 1725, et mourir à Bruxelles en 1780. Le seul document un peu précis le concernant est une lettre du libraire lyonnais Delaroche, datée du 21 mars 1771, qui présente à Weissenbruch propriétaire du Journal encyclopédique, un journaliste, véritable « bibliothèque vivante » : Cabanès de Jonval, originaire d’Arles, qui « a eu part à bien des ouvrages qui ont eu du succès ». Jonval s’installe à Bouillon, où il mourra en 1778 (Le Journal encyclopédique et la Société typographique, exposition du Musée ducal, Bouillon, 1955, p. 26 ; archives Weissenbruch, liasse Pierre Rousseau, correspondance passive, Delaroche).Parfois confondu avec Jean Gal, dit Gal-Pomaret ou  Jonval, pasteur du désert, correspondant de Rousseau et de Voltaire.

Activités journalistiques: Voltaire écrit à d’Argental, le 10 août 1760 : « Un folliculaire qui fait la feuille intitulée L’Avant-Coureur, nommé Jonval, demeurant quai de Conti, m’a mandé qu’on lui avait donné L’Oracle des philosophes à annoncer. [...] Ce Jonval l’annonçait donc, et en même temps le dénonçait aux honnêtes gens comme un plat libelle. Il prétend que son censeur qu’il ne nomme pas lui a rayé son annonce et lui a dit, si vous tombez sur V. on vous en saura gré, mais si vous voulez défendre V., on ne vous le permettra pas... » On ne trouve pas trace de cette annonce dans les nouvelles littéraires de L’Avant-Coureur de 1760, journal qui d’ailleurs ne publie pas d’annonces ; mais Jonval est peut-être un peu trop indulgent envers Fréron et Palissot, au gré de Voltaire. Le témoignage de Voltaire prouve au moins qu’en 1760, J. pouvait être considéré comme le fondateur de L’Avant-Coureur, mais Voltaire s’inquiète à plusieurs reprises de l’identité de son  rédacteur, sans succès (D 9128, 9159, 17643, 17738).

Jonval écrit à Ostervald, le 2 avril 1772 (B.P.U. Neuchâtel, ms. 1170, f° 82) : « J’imaginai à Paris, , il y a environ douze ans [= 1760] qu’un journal plus prompt qu’aucun autre pourrait avoir du succès, et je créai L’Avant-Coureur. Je l’ai fait quatre ans durant [=1760-1763] de manière à être lu et recherché. Un voyage que je fus obligé de faire en province me le fit interrompre, et mon substitut aliéna les 7/8 de mes souscripteurs qui, ne trouvant plus le même style ni la même honnêteté, se dégoûtèrent  de cette feuille. De retour à Paris après 18 mois d’absence, je fus forcé de l’abandonner vu le discrédit où elle était tombée ». Le premier « substitut » de J. fut sans doute Meusnier de Querlon, qui n’est pas un médiocre ; mais Jonval qui, à cette époque, cherche à se faire engager comme journaliste, tend à majorer sa contribution au journal. Il a certainement assuré la partie des spectacles jusqu’en février 1764, date à laquelle il est remplacé par La Dixmerie (lettre de d’Hémery, 28 févr. 1764, n.a.fr. 1214, p. 429). Il est encore signalé comme collaborateur du journal par d’Expilly le 1er avril 1764 (f.fr. 22085, p. 1). Palissot le nomme dans la Dunciade et dans ses Mémoires littéraires (Oeuvres complètes, Londres et Paris, 1775, t. IV, p. 496), mais sans le connaître.

J. affirme, dans une lettre à Ostervald du 8 mai 1772, avoir eu part au Journal des savants, apparemment à l’époque où il rédigeait l’Avant-Coureur. À partir de 1772, il est probable qu’il collabore au Journal encyclopédique pour la partie spectacles.

La B.un. affirme, sans citer de source, que J. était ami d’enfance d’Helvétius, qu’il fut son secrétaire et parcourut à sa demande la France et l’étranger pour arrêter le circulation de De l’esprit. La Correspondance générale d’Helvétius fait état d’un secrétaire d’Helvétius nommé Jonval ou Jouval (t. II, p. 22, 34 et note ; t.III, p. 60 ; t. IV, p. 352 ; t. V, p. 50 et note), mais rien ne prouve qu’il s’agisse du même personnage.

Publications diverses : Dans ses deux lettres à Ostervald, au moment où, sans doute il espère entrer à la Société typographique de Neuchâtel, il s’attribue un certain nombre d’éditions, dont celles de la Gigantie et des Bigarrures philosophiques, de Tiphaigne de La Roche ; il affirme également avoir composé les tables de L’Esprit des lois, ouvrage dont il fait le compte rendu dans L’Avant-Coureur. J.  a écrit un roman, Les Erreurs instructives (1765), qui a été éreinté par Grimm dans la C.L. (VI, 421).

Bibliographie : B.un. - Le Journal encyclopédique et la Société typographique, exposition du Musée ducal, Bouillon, 1955 ; archives Weissenbruch, liasse Pierre Rousseau, correspondance passive, Delaroche.- Wagner, J., notice de L’Avant-Coureur, DP2, n° 129 (J.S.).

Auteur(s) de la notice


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