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Claude GOUJET (1697-1767)

État civil

Claude Pierre Goujet est né à Paris le 19 octobre 1697, fils de Claude Goujet, tailleur, originaire de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) ; mort à Paris le Ier février 1767 (testament, A.D. Seine, DC 6248, f° 81-82). Sa vie nous est rapportée par les Mémoires historiques et littéraires de M. l'abbé Goujet et par un mémoire qu'il envoie à l'abbé Papillon le 9 février 1738 (B.N., f.fr. 24411).

Formation

A cinq ans, il a pour «instituteur» un «laïc», le Sr Davesne. A partir de sept ans, il fréquente le collège Mazarin, puis, de la troisième à la rhétorique, le collège Louis-le-Grand ; deux ans de rhétorique avec les PP. Porée et Sanadon ; acolyte à Saint-Germain l'Auxerrois où il soutient une thèse de philosophie ; trois ans de théologie à la Faculté ; un an d'institution à l'Oratoire (1719-1720) ; il y continue le grec et l'hébreu qu'il avait commencé d'apprendre. «Vers le commencement de 1723 », il est admis aux conférences théologiques des Trente-trois (Mémoires).

Il a reçu la tonsure le 12 septembre 1715 à Saint-Germain l'Auxerrois ; il prend les ordres mineurs le 4 juin 1719 ; est nommé « sans être prévenu » au canonicat de Saint-Jacques de l'Hôpital, fin septembre 1720 ; sous-diacre le 19 mars 1721, diacre le 21 mars 1722, prêtre en 1724.

Membre des Académies de Rouen, Angers, Marseille, Auxerre (Mémoires ; Feller-Weiss), il ne put entrer à l'Académie des belles-lettres en raison de l'hostilité de Fleury (lettre de G. à Grosley, 14 juin 1744. Archives de l'Oratoire, dossier Goujet).

Carrière

Voyage de la Trappe en 1721 ; à partir de 1723, il visite l'Orléanais, le pays de la Loire, le Berry, la Picardie, la Normandie ; il séjourne «huit jours chaque année» au monastère de Saint-Martin de Borenc en Beauvaisis, jusqu'en 1726.

Situation de fortune

«Reçu gratuitement» à l'Oratoire grâce au P. de La Brue, curé de Saint-Germain l'Auxerrois, il refuse «trois ou quatre cures» proposées notamment par «M. le Cardinal» et M. de Caumartin, évêque de Vienne ; il semble avoir joui, dès sa jeunesse, de hautes protections. En 1744, il possédait près de 6000 volumes (lettre citée, à Grosley) ; catalogue de sa bibliothèque à la B.N. ; selon l'abbé Barrai, éditeur des Mémoires, G., «né sans patrimoine, chargé de faire vivre une famille nombreuse» (p. XI), vendit en 1767 sa bibliothèque à M. de Charost et en légua le profit à sa famille.

Opinions

Farouchement hostile à la Constitution Unigenitus («Par la Grâce de Dieu, je n'ai point signé cet acte inique», Mémoires, p. 86), il est, en 1723, exclu des conférences des Trente-trois ; en 1739, ses pouvoirs dans les couvents du Val-de-Grâce et des Filles-Dieu sont révoqués ; se trouve guéri de la pierre, par l'intercession du diacre Paris (Mémoires, p. 136). Sa «Vie de M. François de Paris, diacre mort en odeur de sainteté» est arrêtée en cours d'impression (ibid., p. 148).

Nouvelles littéraires, Paris, Lefebvre, en collaboration avec Desmolets, du 1er décembre 1723 au 1er mars 1724 (D.P.1 1041) ; interrompu par intervention du P. de La Tour (voir art. «Desmolets»).

Continuation des Mémoires de littérature de Desmolets (D.P.1 226) : G. a donné à cette revue une dizaine de dissertations, la plupart signées de ses initiales (G.C.D.J.L. : Goujet Chanoine de Saint Jacques de l'Hôpital).

Nouvelles ecclésiastiques ; G. en fut, selon ses propres Mémoires, un collaborateur assidu. «Depuis cette année 1736 -écrit-il - jusqu'à aujourd'hui [1764], j'ai fourni au même écrit périodique un grand nombre d'articles qu'on y a insérés. Il y en a de fort considérables» (cité par Duranton, p. 121).

Bibliothèque française « ou Histoire littéraire de la France » : G. écrit dans ses Mémoires : «Je profitai de l'offre que me fit le Sr du Sauzet, alors libraire en Hollande, d'insérer les petits écrits que je voudrais mettre au jour dans le Journal intitulé Bibliothèque française ou Histoire littéraire de la France dont on a plus de quarante volumes. Le libraire ex-jésuite était lui-même auteur de ce bon ouvrage périodique. Mais il recevait aussi de plusieurs endroits des extraits de livres et des pièces fugitives» (p. 63). Du Sauzet reprend la Bibliothèque française en 1730 (t. XIV). Dans sa correspondance avec le président Bouhier, G. fait souvent allusion à ses échanges avec Du Sauzet, mais ne mentionne sa collaboration à la Bibliothèque française que dans une lettre du 15 août 1739 (Duranton, p. 36) ; il s'agit de deux articles parus dans le t. XXVIII.

G. a envoyé des contributions à de nombreux périodiques, notamment aux Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres (D.P.1 902).

Publications diverses

G. donne dans ses Mémoires historiques et littéraires et dans son Catalogue raisonné la liste de ses ouvrages et articles, classés en 6 parties : traductions, ouvrages de piété, ouvrages historiques, éloges, pièces diverses. Cette liste comprend 88 titres ; elle a été reprise dans l'édition de 1759 de Moreri et par J.M. Ingold dans son Essai de bibliographie oratorienne, Paris, 1880-1882. Voir Cior 18, n° 31635-31694 et, pour la période antérieure à 1746, la bibliographie donnée par Duranton, p. 101-124.

Bibliographie

B.Un. ; D.B.F. ; D.L.F. ; Cior 18. Mémoires historiques et littéraires de l'abbé Goujet, publiés par l'abbé Barrai, La Haye, Du Sauzet, 1767. – Nécrologe, 1768. – B.N., n.a.fr. 1009-1013, «Catalogue raisonné de la Bibliothèque de Goujet». – Peach T., Le Fonds Goujet de la Bibliothèque municipale de Versailles, Genève, Slatkine, 1992. – Duranton H., Correspondance du Président Bouhier, t. II, Lettres de l'abbé Claude-Pierre Goujet (1737-1745), U. de Saint-Etienne, 1976.

Auteur(s) de la notice


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