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Barthélémy GERMON (1663-1718)

État civil

Barthélémy Germon est né à Orléans, le 17 juin 1663. Il est mort dans cette même ville, le 2 octobre 1718.

Formation

G. fit ses études à Orléans chez les Jésuites, puis entra au noviciat de la Compagnie de Jésus à Paris le 31 décembre 1679. Il fut régent pendant sept ans à Caen et à Orléans (D.B.F.), où il enseigna les humanités et la rhétorique (D.T.C.). De 1689 à 1693, il étudia la théologie à Paris au collège Louis-le-Grand (D.B.F.).

Carrière

G. professa ensuite la philosophie pendant quatre ans, à Amiens puis au collège Louis-le-Grand. Selon H. Beylard (D.B.F.), «le reste de sa vie s'écoula dans la profession d'écrivain à Paris, d'abord à la Maison Professe de la rue Saint Antoine (1698-1700), puis à Louis-le-Grand jusqu'à sa mort». Il fit partie du comité de rédaction des Mémoires de Trévoux dès sa création (Sommervogel, Tables, p. XIV), mais ne collabora que peu de temps au journal (D.B.F.).

Opinions

G. entra dans plusieurs controverses : en 1693, cet érudit dénonça l'inexactitude de certaines interprétations des textes et des faits de l'ouvrage d'Adrien Baillet De la dévotion à la Sainte Vierge et du culte qui lui est dû (Paris, 1693), dans son livre Trois lettres du P. Germon d'Orléans, jésuite, à M. Hideux, curé des Saints-Innocents, sur l'approbation qu'il a donnée au nouveau livre de la dévotion de la Sainte Vierge (1693). La même année, il fit quelques observations sur des passages fautifs de la traduction des Homélies ou sermons de saint Jean Chrysostome sur les épîtres de saint Paul (Paris, 1675) par Nicolas Fontaine, dans une Remontrance chrétienne à l'auteur de la traduction des homélies de saint Chrysostome (s.l., 1693) (D.T.C). Il s'engagea ensuite dans une querelle sur la grâce, contre un dominicain, le P. Serry, à propos de son Histoire des congrégations De auxiliis, avant même que l'ouvrage soit publié (D.T.C, t. XIV, p. 1958). G. ouvrit la lutte par une Lettre à M. l'abbé *** Sur la nouvelle histoire des disputes De auxiliis qu'il prépare (Liège, G.H. Streel, 1698). Sous le pseudonyme de l'abbé Le Blanc, le P. Serry lui répondit en 1699 et fit paraître son livre en 1700. G. poursuivit la controverse en publiant deux ouvrages : Questions importantes à l'occasion de la Nouvelle Histoire des congrégations De auxiliis (Liège, G.H. Streel, 1701), puis Errata de l'Histoire des congrégations De auxiliis composée par l'abbé Le Blanc et condamnée par l'Inquisition générale d'Espagne (Liège, G.H. Streel, 1702). Son adversaire répliqua en 1702 et 1704. Certains journaux, les Mémoires de Trévoux, le Journal des savants et les Acta eruditorum rendirent compte de cette polémique (Sommervogel ; D.T.C ; Conlon, t. VI, 1975, p. 211). En 1703, G. entama une dispute avec un bénédictin illustre, le P. Mabillon, qui, dans son ouvrage De re diplomatica (1681), avait formulé des règles permettant d'établir l'authenticité des pièces diplomatiques anciennes. G. contesta ces principes dans une première dissertation De veteribus regum Francorum diplomatibus, et arte secernendi antiqua diplomata vera a falsis (Paris, J. Anisson, 1703). Sans lui répondre directement, le P. Mabillon réfuta ses objections dans son Supplément à la Diplomatique (1704). Une deuxième dissertation (1706) de G. conduisit d'autres savants à prendre parti dans la querelle : deux bénédictins, Dom Coustant et Dom Ruinart répliquèrent en 1706 et furent appuyés par l'abbé Fontanini, professeur d'éloquence à Rome, par l'abbé Lazarini, par Gatti, jurisconsulte de Plaisance. G. leur opposa un troisième ouvrage en 1707, puis se retira de la discussion après avoir publié De veteribus haereticis ecclesiasticorum codicum corruptoribus (Paris, Le Comte et Montalant, 1711). On trouvera les références des articles de journaux consacrés à cette controverse dans : Sommervogel, t. III, p. 1351 et suiv. ; D.T.C., t. VI, p. 1311-1312, t. IX, p. 1427 et suiv., t. III, p. 1986-1987 ; D.B.F. ; Moreri ; Feller-Weiss ; N.B.G. ; B.Un. A partir de 1715, poussé par le P. Jacques Philippe Lallemant, G. tourna ses armes contre les jansénistes, à propos de la bulle Unigenitus (D.T.C ; D.B.F., t. XV, p. 1343). Il fut exilé un certain temps de Paris avec d'autres jésuites par le Régent (D.B.F.). Il composa avec le P. Dupré un Traité théologique sur les 101 propositions énoncées dans la Bulle Unigenitus que le cardinal de Bissy, évêque de Meaux, publia sous son nom en 1722 (lettre du P. Lallemant au P. Tamburini, 4 juin 1719, dans H. Hillenaar, p. 374 ; Moreri ; Feller-Weiss ; N.B.G. ; Sommervogel ; D.B.F.).

D'après Rivière (t. XII, p. 1081), G. aida le P. Daniel dans la recherche de documents pour son Histoire de France ; ce dernier intégra dans le t. I de son ouvrage (Paris, 1755) une «Dissertation sur l'origine de la nation française» de G. (Sommervogel). En 1716, G. défendit le P. Le Tellier qui avait été accusé d'avoir altéré un manuscrit, dans une «Lettre aux auteurs du journal de Venise» (Sommervogel). Il fut ami et correspondant de Fénelon (D.B.F.). Rivière (t. XII, p. 478) mentionne deux lettres de G. au contrôleur général : la première (23 févr. 1710) concerne une subvention destinée à couvrir la dépense des tragédies jouées à l'occasion des distributions des prix du collège de Paris, la seconde (11 janv. 1711) se rapporte à une action faite en Sorbonne par l'abbé Pierre Desmaretz. Dans sa lettre du 4 juin 1719 au P. Tamburini, le P. Lallemant évoque un projet de Géographie universelle que Dupré et G. auraient avancé des deux tiers (Hillenaar, p. 374).

Activités journalistiques

Il est difficile de préciser la part prise par G. à la rédaction des Mémoires de Trévoux. Sommervogel (Tables, p. XIV et p. XLI) indique qu'il y participe dès 1701, «puis [qu'] il disparaît du nombre des rédacteurs». Selon G. Dumas, G. est l'auteur du compte rendu de son propre ouvrage Questions importantes à l'occasion de la Nouvelle Histoire des congrégations De auxiliis, dans les Mémoires de Trévoux, juil.-août 1701, p. 118-124 (Dumas, p. 195). Sa «Lettre aux auteurs du journal de Venise» fut réimprimée dans les Mémoires de Trévoux (1716, p. 989-998) (Sommervogel).

Publications diverses

La liste des œuvres de G. est établie par Sommervogel (t. III, p. 1351 et suiv.).

Bibliographie

Moreri ; Feller-Weiss ; N.B.G. ; B.Un. ; D.B.F. ; Sommervogel, t. III. – Rivière E., Supplément à la Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, Louvain, i960, t. XII. – D.T.C, t. VI, p. 1311-1312 ; voir aussi les art. «Coustant», «Mabillon», «Serry». – Dupin L.E., Table universelle des auteurs ecclésiastiques, Paris, Pralard, 1704, t. II, p. 2792. – Conlon P., Prélude au siècle des Lumières, Genève, Droz, 1975, t. VI, p. 211. – Sommervogel C, Tables des Mémoires de Trévoux précédées d'une notice historique, Paris, A. Durand, 1864. – Menestrier CF., Bibliothèque curieuse et instructive, 1704, p. 83. – Dumas G., Histoire du Journal de Trévoux depuis 1701 jusqu'à 1762, Paris, Boivin, 1936, p. 85, 195. – Desautels A., Les Mémoires de Trévoux et le mouvement des idées au XVIIIe siècle (1701-1734), Rome, Institutum historicum S.L, 1956, p. 123, 157. – Pappas J., Berthier's Journal de Trévoux and the philosophes, S.V.E.C. 3, 1957. – Hillenaar H., Fénelon et les Jésuites, La Haye, Nijhoff, 1967, p. 3 74. – Sgard J., « Chronologie des Mémoires de Trévoux », D.H.S., n° 8, 1976, p. 190.

Auteur(s) de la notice


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