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Jean Henri FORMEY (1711-1797)

État civil

Jean Henri Samuel Formey naquit à Berlin le 31 mai 1711 ; son père, Jean Formey, originaire de Dompierre-sur-Morvre, près de Vitry-le-François, était venu en Allemagne avec ses trois soeurs et les enfants de l'une d'elles. Sa mère était originaire de Lübeck. Le 11 août 1734, Formey épousa Suzanne Bonnafous, qui mourut le 12 mai 1743 ; de ce mariage il eut une fille, née le 18 juillet 1738, qui mourut de la petite vérole le 18 décembre 1758, et dont la mort l'affecta beaucoup. Il écrit en février 1759 à Maupertuis : «elle me manque de plus en plus». Une autre fille est morte le 7 janvier 1759 à l'âge de deux ans, également de la petite vérole (Preussische Staatsbibliothek, Berlin, Nachlass 218, f° 198 et 200). Le 23 juin 1744, Formey épousa en deuxième noces Elizabeth Camont d'Ausin qui mourut vingt mois avant Formey lui-même, et qui lui donna quatorze enfants, dont sept lui survécurent (cinq filles et deux fils). Un des fils devint diplomate ; il fut secrétaire de légation et chargé d'affaires à la cour de Dresde. Le deuxième fils, Jean Louis, né à Berlin en 1766, fut reçu docteur en médecine à Halle en 1788 ; après avoir été médecin du roi et des armées, il devint médecin de la colonie française de Berlin en 1803. Il publia plusieurs livres de médecine en allemand, et mourut en 1823. Les cinq filles de F. étaient mariées «très convenablement» et leurs époux étaient «très honorablement établis à Berlin» (Denina, t. II, p. 55). Formey mourut à Berlin le 8 mars 1797.

Formation

Après la mort de sa mère (en 1714) et de son père, le jeune F. fut élevé par deux soeurs de son père. En 1720 il entra au Collège français de Berlin, où il fit son catéchisme avec Forneret ; à 14 ans, en 1726, il commença à étudier la philosophie sous La Croze. A partir de 1727, il étudia la théologie sous Achard, Elsner, Reinbeck et Pelloutier, et il fut reçu à la communion par Forneret. En 1729 il fut candidat à la prêtrise évangélique, et le 26 mars 1731 fut nommé à l'église de Brandenburg où Forneret lui donna l'imposition des mains.

A part l'Académie des Sciences de Berlin, F. était membre de nombreuses sociétés savantes, dont l'Académie de Saint-Petersbourg, la Royal Academy de Londres, les Académies de Göttingen et de Greifswald, la Société de Haarlem, la Société des curieux de la nature, l'Académie de Mantoue, l'Institut de Bologne.

Carrière

F. ne resta à sa première église, à Brandenburg, que du 26 mars au 12 août 1731, car il fut appelé à Berlin comme adjoint de Forneret. Il raconte dans ses Souvenirs (t. I, p. 90) comment il dut cette bonne fortune à un hasard, car le candidat initialement préféré avait déplu au roi ; il conclut : «Sans cela il aurait été fort possible que je passasse ma vie à Brandebourg, comme mon successeur M. de Durant, qui y a vécu cinquante ans, et y est mort. Mais, revenu dans la capitale à vingt ans, j'ai passé successivement par toutes les situations et rempli tous les postes, qui m'ont conduit au terme où je suis arrivé, grâces à la bonne providence». A la mort de Forneret, il lui succéda, le 26 février 1736, comme pasteur de la communauté française à Fredericstadt ; il nomma successivement Lorent, puis Boistiger pour lui servir d'adjoint. En 1737, il commença à enseigner au Collège français, et le 31 mai 1739, il y succéda à La Croze comme professeur de philosophie ; c'est à ce moment qu'il abandonna sa place de pasteur. De 1745 à 1747, il servit comme traducteur du roi dans le Département des Affaires étrangères. En 1745 il fut nommé historiographe de l'Académie royale, et en 1748 il en devint le secrétaire perpétuel ; en 1789 il devint directeur de la classe de Philosophie dans cette Académie. Il occupa aussi divers autres postes : il dirigea la Maison d'Orange, un établissement charitable de la colonie française, et à partir de 1772 fut nommé conseiller privé du directoire supérieur de la Colonie française. En 1778, il devint secrétaire des commandements de la princesse douairière de Wurtemberg, puis, à la mort de cette dernière, en 1781, agent de la cour de Mecklembourg-Schwerin.

F. a passé toute sa vie à Berlin, mis à part quelques brefs séjours dans d'autres villes allemandes pour se soigner. Le plus long d'entre eux semble avoir été un séjour de quatre mois, en 1736, à Frankfurt-an-der-Oder

Situation de fortune

La plupart des activités littéraires et journalistiques de F. semblent avoir été un moyen de gagner de l'argent, pour compléter ses appointements officiels. Thiébault écrit de lui : «On disait qu'il gagnait régulièrement cinq ducats par jour : un au jeu le soir, car il jouait parfaitement et heureusement tous les jeux de société ; un à ses compositions littéraires, faisant au moins sa feuille dans sa matinée et ne la vendant pas moins d'un ducat ; deux par ses appointements à l'académie ; et un comme professeur de philosophie au collège français de Berlin» (t. V, p. 68). Thiébault prétend que F. n'écrivait que pour gagner de l'argent, qu'il rééditait des textes avec une épitre dédicatoire pour s'attirer des cadeaux, et que son projet d'Encyclopédie envoyé aux libraires à Paris, ne fut conçu que pour en extraire un dédommagement financier. En effet, il en reçut, le 26 avril 1747, 300 £ pour son manuscrit (voir Marcu). Il passa un contrat le 11 février 1749 avec la maison Luzac pour la Bibliothèque impartiale (voir art. «Luzac, Elie de») ; il publia également plusieurs journaux avec le libraire Etienne de Bourdeaux à Berlin, pour qui il fit également un Catalogue raisonné de la librairie d'Etienne de Bourdeaux en 1754-1755.

A la fin de sa vie il avait amassé une fortune considérable, «qu'il ne devait qu'à lui-même, à sa vie laborieuse, à l'ordre qui régnait dans sa maison, et à une prudente économie qui ne tenait point de la lésine. Par là il vit insensiblement s'accumuler cette fortune jusqu'à un degré considérable, fait rare dans la classe lettrée...» (Merian, p. 80). D'après Thiébault, «sa succession est montée à cent mille écus de France»

Opinions

F. entretint toute sa vie une correspondance considérable avec des lettrés dans toute l'Europe, parmi lesquels on compte non seulement des écrivains et des universitaires, mais aussi des éditeurs et un nombre considérable de pasteurs ; bref, avec «tous les noms les plus honorés de ce siècle, tous ceux qui se sont le plus illustrés dans les sciences et les lettres» (Merian, p. 73). Les lettres reçues par F., qui remplissent une quarantaine de boîtes, sont conservées à la Staatsbibliothek à Berlin, et constituent un fonds précieux d'informations, qui n'a toujours pas été systématiquement exploité.

F. fut un ennemi constant des libres-penseurs, contre lesquels il publia plusieurs ouvrages, notamment : Les Pensées raisonnables opposées aux pensées philosophiques (1749), la Lettre de M. Gervais Holmes à l'auteur de la Lettre sur les aveugles (1750), le Philosophe chrétien (4 vol., 1750-1756), L'Anti-Emile (1763). Cette hostilité envers les «philosophes» ne l'empêcha pas de contribuer à plusieurs articles de l'Encyclopédie et de projeter une Encyclopédie réduite (voir Moureau), récemment retrouvée par D.J. Adams : le Dictionnaire instructif qu'il a publié en 1767 à Halle contient la plupart des articles qu'il a donnés à l'Encyclopédie, mais replacés dans un contexte conformiste. Il a été également, par ses ouvrages hostiles, «le vulgarisateur de l'oeuvre de Rousseau en Allemagne» (Voisine). Il s'en explique dans une lettre à Maupertuis du 30 décembre 1756 : «Je crois que le Principe de Réformation est le même que celui de la restauration de la philosophie par Descartes. Afin que quelques homes privilégiés trouvent le vrai, ou le plus probable, il faut doner une liberté de penser qui cause les écarts des Prémontvaux ; sinon il faut baisser la tête et se bander les yeux pour marcher dans l'ignorance et dans la superstition» (Nachlass 218, f° 190). Ses rapports avec Voltaire, pendant le séjour de ce dernier à Berlin, se dégradèrent, et il fut partisan de Maupertuis dans l'affaire de l'Akakia (voir ses Souvenirs, t. I, p. 232 et suiv., où il raconte ses rapports avec Voltaire), après avoir soutenu Baculard d'Arnaud. Il critique notamment le ton indécent des écrits de Voltaire : «Voici sur quoi porteroit ce que j'appelle une critique accablante de la N. Ed. des Oeuvres de Voltaire. C'est sur le ton de décence qu'il affecte dans sa Préface : on diroit qu'elle est repurgée de tout ce qui peut blesser les moeurs et la Religion ; tandis qu'elle fourmille d'indécences et d'impiétés » (lettre à Maupertuis du 30 déc. 1756, Nachlass 218, f° 190). Il semble avoir échangé des libelles avec La Mettrie, pour lequel il n'avait guère de sympathie ; il paraît, d'après la correspondance Luzac-Formey, que Formey était chargé par E. Luzac de récupérer une somme d'argent que La Mettrie devait au libraire, et qu'il semble n'avoir jamais restituée. Dans ses Souvenirs Formey rend La Mettrie responsable de ses mauvais rapports avec Frédéric II qui ne le reçut pour la première fois que le 24 décembre 1779. Cette froideur contraste avec ses rapports avec le père de Frédéric, dont il écrit : «je chéris et vénère la mémoire de Frédéric Guillaume I, sous lequel s'est passée la fleur de ma jeunesse, et qui a toujours confirmé gracieusement les demandes qui lui ont été faites en ma faveur». Ce passage se termine par cette déclaration : «J'ai un respect inné pour les souverains, et surtout pour ceux sous la domination desquels je vis [..]. Le sage s'accommode aux temps et aux circonstances, dès qu'il n'en coûte rien à ses vertus ; le chrétien, qui est le vrai sage, obéit à ses maîtres, lors même qu'ils sont fâcheux. Toute doctrine contraire excite des inquiétudes, des fermentations, un esprit de révolte, dont les suites sont beaucoup plus nuisibles à la société que les caprices d'un souverain» (Souvenirs, t. I, p. 100-104). Il est peu probable que F. ait écrit l'Anti-Sans-Souci (1751), ouvrage virulent contre Frédéric II et les philosophes français à Potsdam, ouvrage souvent attribué à lui, à tort, et dont il se défend formellemenet dans ses Souvenirs (t. I, p. 142 et suiv.).

F. fut un ardent défenseur de la philosophie de Wolff ; il s'était fait une réputation avec sa Belle Wolffienne (6 vol., 1741-1753).

Activités journalistiques

L'activité journalistique de F. fut prodigieuse ; plusieurs de ses journaux n'ayant duré que quelques mois, nous ne pouvons pas être sûr d'en posséder un recensement complet, et nous ne connaissons pas d'exemplaire de quelques-uns des titres.

Le premier journal de F. semble avoir été Mercure et Minerve, publié par l'éditeur Jean-Pierre Schmid pour remplacer le Courrier de Potsdam ; il dura du 26 décembre 1737 au 2 mars 1738 et fut surtout un recueil de pièces fugitives. Il fut remplacé en avril 1738 par les Amusements littéraires chez le même éditeur, qui dura jusqu'en juillet 1738, et dont le contenu est semblable. Sa tentative suivante fut le Journal de Berlin, entrepris à la demande de Frédéric II en 1740, d'après ce qu'il raconte dans ses Souvenirs : «dès le second jour de son règne, il envoya M. Jordan chez moi, pour me dire que S.M. souhaitait que je començasse de suite un journal littéraire et politique, dont Elle me fournirait Elle-même les matériaux. Ce travail n'était pas fort de mon goût, mais je ne pouvais le décliner. Je pris donc la plume, et la première feuille, petit in-folio parut le 9 de juillet 1740, sous le titre de Journal de Berlin, ou nouvelles politiques et littéraires, chez Ambroise Haude» (t. I, p. 107) ; mais selon lui, le roi ne fournit pas de nouvelles et Formey abandonna bientôt ce journal, en janvier 1741. En fait, il est remplacé parce qu'il avait publié un «manifeste» du Roi justifiant l'intervention militaire en Silésie, qui n'avait pas été agréé par la censure (v. D.P.1 638). Le libraire continua à le publier jusqu'au 8 avril de la même année.

F. semblait affectionner de petits journaux composés de pièces fugitives (peut-être parce qu'ils rapportaient de l'argent pour un minimum d'efforts) ; il a publié avec le marquis d'Argens, en 1745-1746, une Bibliothèque critique (voir son Eloge de d'Argens, dans les Mémoires de l'Académie, 1771, p. 51). En 1750 il lança son Abeille du Parnasse, dont le premier numéro sortit le 3 janvier ; il semble avoir connu un grand succès, car il continua jusqu'à la fin de 1754. Cette feuille hebdomadaire, publiée par Etienne de Bourdeaux, contenait également des pièces fugitives (y compris des ouvrages de Voltaire) et des poésies. Elle fut remplacée en 1755 par le Journal épistolaire, qui contint plutôt de la critique littéraire, et dura du 4 janvier au 28 juin 1755. Il fit aussi des Lettres sur l'état présent des sciences et des moeurs, chez Haude et Spener en 1759-1760 (D.P.1 835) ; il écrit à Maupertuis le 9/14 février 1759 : «J'ai commencé cette année chez Spener une feuille périodique, intitulée, Lettres sur l'état présent des sciences et des moeurs. Il me paroit qu'elle prend aussi bien qu'on pourroit l'espérer dans les conjonctures présentes» (Nachlass 218, f 201).

En plus de ces petits journaux, ou «feuilles volantes», F. collabora à quelques-uns des grands journaux européens. En 1733, Beausobre l'associa à la Bibliothèque germanique, commencée par une société autour de Lenfant en 1720, et qui était alors dirigée par Beausobre. A la mort de Beausobre, Formey le remplaça, prenant pour associé Paul Emile de Mauclerc. Le journal fut terminé en 1741, après 25 volumes. Mauclerc et Formey fondent alors le Journal littéraire d'Allemagne, de Suisse et du Nord, auquel collabora également Pérard ; deux volumes furent publiés, de 1741 à 1743 chez Isaac Beauregard à La Haye. Ce journal fut remplacé à son tour par la Nouvelle Bibliothèque germanique en 1746, que F. écrivit également avec l'aide de Pérard. Il écrit cependant le 27 octobre 1746 à Maupertuis qu'il en a «cédé entièrement le dispositif à Mr de Perard, me contentant de fournir des Extraits de ma façon pour la moitié de chaque volume». Il critique des articles dans le journal et ajoute : «J'ai trouvé dans d'anciens extraits de ma façon des choses que j'avois donné commission de revoir et de supprimer. Tout cela m'obligera à retirer mon nom du Journal si cela continue, puis que c'est assez de payer ses propres folies, sans etre chargé de celle des autres» (Nachlass 218, f° 11). Il n'en fait cependant rien et reste le seul responsable du journal à partir de 1750 (v. D.P.1 164). Le journal se termina au 25e volume, en 1759 «comme l'avait été la première Bibliothèque germanique, ce qui fait une suite de cinquante volumes, entre lesquels furent placés deux volumes sous le titre de Journal littéraire d'Allemagne» (Souvenirs, t. I, p. 36).

F. fonda également, avec Elie Luzac, la Bibliothèque impartiale, publiée à La Haye de 1750 à 1758 ; il en fut sans doute le seul auteur jusqu'en mars 1751 au moins (voir lettre de Boissy à Court, 3 mars 1751, B.P.U., Court 1, XXIV, p. 219 ; référence communiquée par F. Weil) ; il en abandonna la rédaction en 1753. Il fit peut-être partie vers 1758 de l'équipe de la Gazette de Berlin (D.P.1 499). Il collabora à la Gazette littéraire de l'Europe dirigée par Arnaud et Suard de 1764 à 1766 (voir Souvenirs, t. II, p. 111), et au Journal Encyclopédique (voir la correspondance avec P. Rousseau citée par Krauss).

On lui attribue les Annales typographiques pour l'Allemagne (Berlin, 1761-1762) ; F.L. donne aussi un journal intitulé Bibliothèque centrale, 1750-1758, qui ne se trouve pas dans Kirchner. Meusel donne également la Bibliothèque des sciences et des beaux-arts (P. Gosse, La Haye, 1754-1780) et des Nouvelles littéraires, difficilement identifiables, peut-être les Nouvelles littéraires de Berlin de 1772-1773 (D.P.1 1044).

D'après la correspondance passive de Formey conservée à Berlin, sa collaboration s'étendit aux journaux suivants, ce qui complète la liste déjà établie (renseignements fournis par F. Moureau) :

Gazette d'Altona (D.P.1 493) : F. est contacté par Heuss, «dänischer Kanzlerrat und Schleswig-Holstein Inspektor der Posten» de Hambourg, le 9 juin 1758 : «Sachez que je suis le maître de la Gazette allemande d'Altona nommée le Reichpostreuter et que j'ai été privilégié du Roi, notre Souverain, pour la faire paraître en langue française, afin de satisfaire le public dans d'autres contrées où on ne se connaît pas à la langue française» (N.F.). Il cherche un homme de lettres français, «connaisseur de l'allemand, pour traduire une gazette allemande en bon français», pour un salaire de 300 écus d'argent.

Journal encyclopédique (D.P.1 730) : F. y collabore sous la direction de P. Rousseau de 1758 à 1760 (N.F., Rousseau, 4 et 24 fév., 2 et 18 mai, 2 juil. 1758, 30 juil. 1763), et peut-être à 1763, quand Rousseau fut dépouillé du privilège. Pour 12 à 18 pages tous les quinze jours, Rousseau lui offrait 600 £ par an. En 1760, le libraire Philibert était au courant de cette collaboration (N.F., Cl. Philibert, 18 oct. 1760).

Gazette des Deux-Ponts (D.P.1 507) : recruté par Dubois-Fontanelle pour 8 feuilles par quinzaine en 1770, F. accepta à condition de ne pas être nommé. Il touchait 80 florins par semestre, salaire qu'en 1776 Le Tellier, successeur de Dubois-Fontanelle, lui accorda encore (N.F., Dubois-Fontanelle, 20 août, 29 oct., 29 nov. 1770 ; 24 juil. 1774 ; 29 août 1775 ; Le Tellier, 9 juin et 24 juil. 1776).

Journal littéraire de Berlin (D.P.1 571) : F. y donna diverses informations et y inséra des prospectus pour sa copieuse production. Le Bauld de Nans, frère maçon, lui ouvrit largement cette tribune au moins depuis 1786 (N.F., Le Bauld de Nans, 13 nov. 1785 ; 20 nov., et 31 déc. 1786 ; 22 août 1789).

Publications diverses

La liste des oeuvres de Formey couvre plusieurs pages des articles qu'on lui a consacrés. A ses ouvrages de philosophie, histoire, polémique, apologétique, et à ses sermons, il faut ajouter les mémoires lus à l'Académie de Berlin, et l'Histoire de l'Académie qu'il rédigea en tant que secrétaire permanent. Pour la liste, voir Haag, B.Un., Meusel.

Bibliographie

Haag, B Un., F L., 1769. – Stadtbibliothek, Nachlass Formey, ms.Dubois-Fontanelle, Le Bauld de Nans, Le Teller, Philibert et P. Rousseau.– Brucker J., Bilder-saal heutiges Tages lebenden [...]Schriftsteller, Augsburg, 1747-1755, t. XI, 1752 (pages non numérotées). – Meusel, Das Gelehrte Teutschland, 1776-1778, t. II, p. 281. – F., Souvenirs d'un citoyen, Berlin, 1789, 2 vol. – Denina, La Prusse littéraire (1790-1791), t. II, p. 49. – Merian, «Eloge de M. Formey», Mémoires de l'Académie des Sciences de Berlin, 1797, t. XLVIII, p. 49-82. – Thiébault D., Souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin (4e éd., 1827), t. V, p. 67-72. – Bartholmess, Histoire philosophique de l'Académie de Prusse, 1850, t. I, p. 361-396. – Voisine J., «J.H.S. Formey», Mélanges Mornet, 1951, p. 141. – Marcu E., «Un Encyclopédiste oublié : Formey», R.H.L.F., 53 (1953), p. 296-305. – Roth G., «Samuel Formey et son projet d'Encyclopédie réduite», R.H.L.F., 54 (1954), p. 371-374. – Krauss W., «Ein Akademiesekretar vor 200 Jahren : Samuel Formey» in Studien der deutschen und französischen Aufklärung (Berlin, 1963), p. 53-62 ; et «La correspondance de Formey» in R.H.L.F., 1963, p. 207-216. – Thomson A., «Aspects inconnus du séjour de Voltaire en Prusse», in Voltaire und Deutschland (1979), p. 79-89. – Moureau F., «L'Encyclopédie d'après les correspondants de Formey», dans Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, n° 3, 1987, p. 127-145. – Adams D.J., «Formey continuateur de l'Encyclopédie», ibid., n° 13, 1992, p. 117-129 (J. S.).

Additif

Opinions: Dans la notice « Formey » du Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau (dir. R. Trousson et F.S. Eigeldinger, Champion, 1996), G. Bandelier a rassemblé toutes les étapes de sa relation avec Rousseau : critique des deux premiers Discours, édition imprudente de la Lettre de J.J. Rousseau à M. de Voltaire, éditions épurées et annotées de la Nouvelle Héloïse ( L’Esprit de Julie) et d’Émile (L’Anti-Émile). Ces attaques de « l’infatigable Formey » finissent par excéder Rousseau. Elles ont cependant fuit connaître largement Rousseau en Allemagne.

On trouvera dans l’article de Jan Häseler « Entre République des lettres et République des sciences : les correspondances scientifiques de Formey » (dans DHS n° 40, 2008, p. 93-103) une synthèse des activités de Formey comme intermédiaire culturel au sein de l’Académie des sciences de Berlin. Par ses nombreuses revues, il opère la transition entre une République des lettres purement littéraire et philologique, et une République des sciences qu’il considère comme sa composante naturelle ; l’évolution de la Nouvelle Bibliothèque germanique est à cet égard instructive. En qualité de secrétaire perpétuel de l’Académie de Berlin à partir de 1748, il multiplie les contacts épistolaires avec les physiciens et mathématiciens, notamment d’Alembert, Le Cat, Haller.

Bibliographie: Voir Häseler (dir.), La Correspondance de Jean Henri-Samuel Formey (1711-1797) : inventaire alphabétique, avec la Bibliographie des écrits de Jean Henri Samuel Formey établie par Rolph Geissler, Champion, 2003 (J. S.).

Auteur(s) de la notice


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