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Gabriel FEYDEL (vers 1750-après 1820)

État civil

Le 15 novembre 1787, Feydel adressa au Journal de Paris une lettre située de «Basson en Bourgogne» ; indication fantaisiste qui fut relevée par son contradicteur du moment (voir paragraphe 6), car il n'existait pas de Basson en Bourgogne ; mais le Dictionnaire géographique du XVIIIe siècle indique un Basson, hameau de la Bâtie-Montgascon, canton de Pont-de-Beauvoisin, actuellement dans le département de l'Isère, et qui disparut dès le XIXe siècle. Et en effet, on trouve une famille Feydel, très nombreuse, dans les registres de l'Etat civil de Pont-de-Beauvoisin. Mais aussi bien aux Archives de Grenoble que dans celles qui sont restées à la Bâtie-Montgascon, les états civils sont lacunaires et nous ne savons toujours pas de qui est né Gabriel Feydel, où et quand. On peut supposer qu'il est né autour de 1750 et qu'il est mort après 1820.

Formation

Tout indique que F. a eu la possibilité d'avoir une formation technique, sportive et militaire à la suite d'études classiques et littéraires. Il existait une compagnie d'invalides en garnison à Pont-de-Beauvoisin et des filles de la famille Feydel ont épousé des soldats invalides. On en voit des exemples dans les registres d'état civil, qui, dans l'état actuel de nos recherches, sont notre seule source. Ils montrent aussi qu'on savait écrire dans la famille Feydel : de nombreux contrats de mariage ou actes de naissance et de décès portent la signature de l'un ou l'autre, en tant que parrain, témoin ou simplement présent pour signer à la place d'époux analphabètes. Il s'agit d'une famille d'artisans, comme Claude, maître chapelier, instruite et respectable dès le début du siècle. Dans une de ses lettres au Journal de Paris (J.P.), celle du 14 février 1787, F. fait référence à un certain «feu M. de Masso, mon ami», qu'il présente comme un grand connaisseur en matière de peinture.

Carrière

F. publie sa première œuvre en 1783, sous le pseudonyme de Nicolas Roger, Essai sur l'Art de nager. Le 7 mars 1786, il remet à l'Académie des sciences un mémoire sur une idée de double essieu, qu'il prétend avoir conçue dès 1780. C'est en janvier 1787, dans le numéro 10 du Journal général de France, qu'il révèle cette affaire et se révèle par là-même au public : il se présente comme «ancien lieutenant de cavalerie» et «auteur de quelques pages de l'Encyclopédie méthodique». Il semble donc que F. ait commencé sa carrière journalistique en adressant des lettres à différents journaux. Après la Révolution il abandonne le journalisme pour se consacrer à la grammaire, revenant à ses premières préoccupations, l'érudition. En 1787, il envoie ses lettres de Paris et, en été, de Neuilly. Pendant l'été 1788, il envoie ses lettres de Bruxelles et d'Anvers.

Situation de fortune

Son premier ouvrage a eu cinq éditions entre 1783 et 1788. Il a dû être rétribué pour ses lettres au J.P. en 1787 et 1788, puisque L.S. Mercier et Olympe de Gouges considèrent qu'il fait partie de l'équipe du journal à cette époque. Pendant la Révolution, son journal L'Observateur se vendait bien, à dix mille exemplaires. Il possède sa propre imprimerie en l'an VII, rue St. Honoré.

Opinions

Pendant la Révolution, il est secrétaire de la Société des Amis de la Constitution. Son nom est mentionné dès le premier numéro, daté de novembre 1790, du journal de cette société, rédigé par Choderlos de Laclos. C'est en vertu de cette fonction qu'il est cosignataire du Discours sur la liberté du Théâtre prononcé par La Harpe le 17 décembre 1790. Le Cat. B.N. recense sept brochures politiques de notre auteur entre 1789 et l'An VII, en plus des deux journaux qu'il rédigea, éditées soit chez Volland, soit chez Garnery à Paris et dont quatre concernent la période de la prise de la Bastille qui génère son enthousiasme pour l'héroïsme et le sens de la responsabilité de la garde bourgeoise, face à la populace (Humbert). En l'An II, une de ses brochures est éditée à l'imprimerie du Cercle social. Son journal L'Observateur permet évidemment de confirmer ses positions de révolutionnaire modéré. R. Favre relève cette expression du 7 octobre 1789 : «Nous le tenons près de nos coeurs, ce Roi qu'on voulait nous ravir». Deschiens donne un extrait du numéro du 12 septembre 1790. Selon notre journaliste, il y aurait «deux sortes d'aristocrates : les bons et les méchants», les résignés ou attentistes et les comploteurs. Il y aurait aussi «deux sortes de patriotes : les patriotes citoyens qui sacrifient leur intérêt à l'intérêt national» et «les patriotes égoïstes, qui ont trouvé la révolution toute faite». A. Monglond signale que L'Observateur est un «recueil d'anecdotes et de traits caustiques contre les aristocrates». Dans son article «Lexicographie et conformisme en 1798», J.P. Seguin classe Feydel parmi les auteurs, «issus du clan des philosophes», dont les travaux lexicographiques comme la fabrication du Dictionnaire de l'Académie française coïncident «avec le refus des «excès» révolutionnaires et l'attachement à une situation dépassée».

Activités journalistiques

Les premières lettres recensées datent de 1787. Elles sont adressées au Journal général de France. Dans le numéro 10 du 12 janv. 1787, à propos de l'invention du système du «double-essieu» il engage la polémique avec un certain Tournon qui met en avant, le 3 février, deux autres inventeurs : son frère et un De La Bétunière «capitaine d'infanterie». F. a le souci de se faire connaître en s'assurant une supériorité sociale sur les gens avec qui il polémique. A Tournon, il répond le 13 février en signant «De Feydel, Auteur de quelques pages de l'Encyclopédie méthodique» ; au capitaine d'infanterie, il répond en signant «De Feydel, ancien Lieutenant de cavalerie», choisissant pour chacun de ses interlocuteurs un langage approprié. La polémique se termine le 22 mars 1787.

Dans le J.P. (D.P.1 682), F. intervient entre neuf et treize fois en 1787, vingt-deux fois en 1788. La lettre du 15 janvier 1787 signée L.D.F. pourrait être de lui («Lieutenant de Feydel»). En fin de compte il choisit de s'introduire dans la «République des Lettres» en abandonnant la particule et en cherchant à s'imposer par son érudition, comme bibliophile, philologue et «dialecticien», ainsi qu'il se nomme dans un de ses ouvrages.

C'est le 10 avril 1787 que F. signe sa première lettre au J.P., un bavardage sur l'histoire littéraire du XVIIe siècle, à la suite duquel il conclut en proposant d'écrire d'autres lettres. Le 13 mai, les 13 et 16 juin, le J.P. publie ses lettres, qu'il a écrites à Paris quinze jours plus tôt. Les 4 et 24 août puis le 8 septembre paraissent trois lettres, écrites à Neuilly pendant l'été. F. aborde toutes sortes de sujets, par exemple contre les «Banquistes», c'est-à-dire les charlatans, mais dans un style à sensation qui peut-être ne plut pas car il baisse rapidement le ton. «Il ne faut pas s'annoncer dans la république des Lettres comme un batailleur éternel» convient-il, à propos d'une polémique sur l'art de l'équitation.

En 1788, F. va solliciter l'activité épistolaire des érudits et des bibliophiles : les 22 janvier, 7 et 14 février, il lance une polémique sur deux ouvrages latins : «De infelicitate Litteratorum» et le «Infelix Litteratus». Les 6 et 20 avril, le 7 mai, il disserte sur des points d'étymologie, à l'occasion de la parution d'un nouveau Dictionnaire des synonymes ; le 24 mai, il parle des Turcs et le 5 juin d'une nouveauté : L'Eloge philosophique de l'Impertinence. Feydel alimente le vide de l'été 1788. Le 31 juillet, les 17 et 29 août, 15 et 25 septembre, ses lettres entretiennent une énorme polémique sur cette question : «Existe-t-il un laurier sur le tombeau de Virgile?». Malgré l'intervention des rédacteurs du J.P. le 4 septembre, la discussion continue jusqu'au 19 septembre. Il envoie encore des lettres sur tout et sur rien les 13 et 14 octobre, 8, 9, 14 et 25 novembre, et les 8, 15 et 25 décembre. Il exerce sa verve le 7 octobre et le 15 novembre, au détriment du chansonnier De Piis qui se fâche.

F. fait preuve d'un grand sens de la technique journalistique, de l'art du scandale. Pour faire un «scoop», il est prêt à hasarder des inexactitudes, déclenchant des polémiques sur des arguties, comme le remarque L.S. Mercier dans ses Tableaux de Paris : «Le Journal de Paris se trouve sur toutes les cheminées. Il nous fait admirer, le plus qu'il peut, le haut esprit de M. Feydel. Mais cette feuille a un inconvénient, c'est de s'appesantir quelquefois, de donner une trop grande renommée à de très petites choses et de laisser place à des démêlés de mince aloi». Certaines de ses lettres ont un deuxième objectif, évident : faire des publicités pour divers ouvrages. Le sien, d'abord, L'Art de nager. Mais la polémique sur le tombeau de Virgile ne serait-elle pas un coup publicitaire pour les Voyages en Italie, annoncés dans la même période? De même, une lettre datée et située du jardin du Luxembourg permet l'annonce d'un Dictionnaire sorti le jour même. F. offrait-il ses services à des Libraires?

Pour le J.P., Feydel était bien utile : il remplissait de nombreuses pages ; la caractéristique de son style, c'est sa façon de partir d'un sujet, le plus souvent de pure érudition, pour, sautant du coq à l'âne, arriver à des réflexions politiques : défense de la roture, attaque contre les nobles. Le J.P. dut le censurer quand il se mit à aborder des sujets délicats. Ainsi, le 25 décembre 1788, F. se plaint que le journal ne veuille pas imprimer sa réponse à M. de Viallon, chanoine, à propos d'une polémique sur les miracles de Sainte Geneviève. Le 8 avril 1789, F. propose au J.P. de donner des réflexions utiles aux députés aux Etats-Généraux ; les rédacteurs répondent poliment qu'ils imprimeront volontiers sa lettre «pourvu qu'elle ne sorte pas des bornes que nous nous sommes prescrites». Elles durent en sortir, car depuis lors plus aucune lettre de F. ne parut dans le J.P.. Nous le retrouverons seulement au XIXe siècle.

Sa passion dominante, donner ses opinions, se concrétise en 1789 par la création d'un journal. Le 1er août 1789, Feydel fonde L'Observateur (B.N. : 8Lc2 195) en vente chez le libraire Volland. A partir du sixième numéro le journal précise qu'il est «autorisé par le Comité de Police de l'Hôtel de Ville» et imprime en exergue une citation de Bailly, maire de Paris : «La publicité est la sauvegarde du peuple». «Il s'agit évidemment de la publicité donnée aux événements» précise Livois. Selon Tourneux, F. est l'auteur du journal Le Régulateur, ou Gazette de Paris et de l'Europe, Paris, rue St.-Honoré, 45 numéros, in 4°, 1er vendémiaire, 15 brumaire, an VIII.

Dans la dernière partie de sa vie, nous le retrouvons au J.P., exactement le même qu'avant la Révolution : les 21 et 24 thermidor an VIII, il raille Mme de Staël sur les contradictions et les barbarismes qu'il relève dans son ouvrage De la Littérature. Le 13 frimaire an IX (4 déc. 1800), il donne un long article sur un nouvel ouvrage de La Harpe dont il critique les fautes de langue ; le 18 thermidor de la même année, il déclenche une polémique en publiant un manuscrit, qu'il dit détenir depuis plus de vingt ans. C'est un portrait de Louis XI dont l'auteur, affirme-t-il, n'est autre que Bossuet. En 1800, à nouveau, les journaux ont des vides à combler.

Publications diverses

Voir Cat.B.N. Entre 1789 et l'an VII, tous ses écrits sont politiques. De 1783 à 1788 et de l'an VII à 1820, il écrit sur divers sujets académiques.

Bibliographie

D.P. I 682. – Cité dans les dictionnaires de Livois, de Deschiens et de Tourneux et dans A. Monglond, La France Révolutionnaire et Impériale, Grenoble, 1930-1946. – A.D. de Grenoble, état civil de Pont-de-Beauvoisin. – Journée de J.B. Humbert, horloger, qui, le premier, a monté sur les Tours de la Bastille, Paris, Volland, 1789.- Roederer P.L., Œuvres, 1853-1859, t. V, p. 223. – Mercier L.S., Tableaux de Paris, t. X, p. 185, année 1789. – Gouges O. de, Le Bonheur primitif de l'Homme, Paris, 1789. – Feydel, Remarques morales, philosophiques et grammaticales sur le Dictionnaire de l'Académie française, 1807 (An VII), cité par J.P. Seguin, dans «Lexicographie et conformisme en 1798», La Licorne n° 2, 1978. – Rétat P. (éd), La Révolution du journal, 1788-1794, Paris, CNRS, 1989, p. 77, 197.

Additif

État civil : Le 17 frimaire an VI, le bureau central du canton de Marseille établit un passeport au nom de Gabriel Feydel, « natif de Larben de lisere, âgé de 41 ans, taille 5 pieds 3 pouces 4 lignes, visage ovale, menton rond, yeux bruns, nez gros, bouche moyenne, marqué de vérole » (A.N. F/7/10788) Gabriel Feydel déclare donc être né en 1756 dans un village qu’il nomme par son ancien nom datant du XVIe siècle, qui n’existait déjà plus à l’époque de sa naissance et qui avait évolué pour devenir « L’Albenc » d’aujourd’hui, département de l’Isère, canton de Vinay, arrondissement de Saint Marcellin. On relève donc dans le registre paroissial de cette commune la mention de son baptême et son nom de naissance « Le 25e juin 1756, j’ai baptisé Gabriel Victor Brusson, né le 23e juin à onze heures du soir, fils naturel et légitime de François Brusson de Feydel, écuyer, garde du corps du Roi et de Dame Marie Victoire de Losme. Le parrain Gabriel Brusson, procureur au Baillage de St Marcellin, la marraine dame Marianne Lacroix Veyron [on voit aussi « Veron » ou « Veiront »], fille du sr Joseph Lacroix Veyron et demoiselle Marie de Losme ». Parmi les signataires, on trouve un Castaing Pusigeran. Le passeport devait permettre à  Feydel de rejoindre Paris, où il a résidé la majeure partie de sa vie et où il est mort le 22 avril 1840 (Archives de Paris -Etat-civil reconstitué.).

Formation : Dans le chapitre introductif d’Un cahier d’histoire littéraire, opuscule de 64 pages qu’il fit paraître en 1818,   Feydel  se désigne comme un « jeune officier du Roi » pour l’année 1776. Dès ce jeune âge il est reçu dans le milieu voltairien de  sa province. Sa formation militaire semble avoir été complète, car il se présente en 1787 comme « ancien lieutenant de cavalerie » et il semble très averti en mécanique, prétendant avoir inventé un nouveau système d’essieux. Cette formation pourrait expliquer qu’il ait été recruté  comme « artiste », certainement au sens d’« artisan », par le directeur de l’artillerie française Jacques Antoine Guion dit Pampelonne, natif de l’Ardèche, dans l’expédition à Constantinople appelée par l’ambassadeur Aubert du Bayet, en l’an IV. Des liens personnels pouvaient les unir,  car tous trois étaient de la même génération et de la même région. Aubert du Bayet fut député de l’Isère en 1791. De même ce n’est sans doute pas par hasard que Feydel publia le témoignage de Joseph Humbert, horloger genevois, sur la prise de la Bastille, car en l’an III, un Humbert était directeur de l’Etablissement d’Artillerie à Grenoble (Almanach national).

Carrière :Un cahier d’histoire littéraire est en réalité un recueil de minutes de lettres privées, réelles ou fictives, que Feydel envoya à ses connaissances pendant la période 1794-1818, pour la plupart rédigées en voyage, à l’instar de celles qu’il avait envoyées, entre 1787 et 1788, au JP. On y apprend qu’en juillet 1794, il est en situation de proscrit, et gagne sa vie comme « marchand d’aiguilles », parcourant le sud-est de la France entre l’Auvergne et la foire de Beaucaire. Selon sa pétition au ministre de la police, F. déclare qu’il « est parti de Paris pour Constantinople le 3 floréal an IV avec le citoyen Pampelonne, directeur de l’attelier d’artillerie française, dans l’expédition duquel il était enrollé ; s’embarqua à Marseille muni d’un passe-port du Ministre des relations extérieures, et fut pris par une escadre anglaise. Après une longue captivité en Corse et un malheureux séjour dans cette île, il revint à Paris et vous prie respectueusement  de lui accorder la faculté d’y reprendre domicile ». Son absence de Paris a donc duré un an et demi, jusqu’au 15 pluviôse an VI (3 février 1798). Il faut noter que Pampelonne ne prit pas le même bateau que lui et arriva à bon port à Constantinople (A.N. F/7/10837) ; quant à Aubert, il  était à Toulon entre le 6 et le 14 floréal, et il arriva le 20 frimaire (10 décembre) à Constantinople.

De retour à Paris, Feydel multiplie les activités. Il reprend ses querelles littéraires, faisant la leçon aux académiciens tout en leur offrant ses services (Observations d’un dialecticien, an VII). Le cahier littéraire fait état de six lettres pour l’époque impériale et six pour la Restauration, entre 1817 et 1818.

En août 1806, il se trouve à Châtillon sur Seine, toutes les autres lettres sont envoyées de Paris. Enfin, comme un clin d’œil en guise  de conclusion, Feydel place en fin de volume une lettre datée de juillet 1804, et envoyée de la prison de C*, par laquelle il répond à un correspondant que lui avait fourni son ami l’abbé Baratier « il n’a eu comme motif, à ce qu’il me paraît, que de faire naître entre vous et moi une correspondance, dans la position extraordinaire où je me trouve. J’obéis donc à mon ancien maître ». Suit une dissertation-fleuve de philologie et de science antiquaire, se terminant  par un aparté sur les jésuites et les jansénistes.

Situation de fortune : En l’an II, proscrit de Paris, il se dépeint comme un colporteur, « portant une petite valise sur le dos », vendant des « aiguilles ». G. Feydel est mentionné deux fois dans les procès-verbaux du Directoire : en Thermidor an VI, il apparaît comme un « homme de loi à Paris », déposant une pétition « pour conserver, le matin du décadi, les marchés aux fripes fréquentés traditionnellement le dimanche matin par les porteurs d'eau et les manoeuvres de la ville » (A.N. AF/III/109). Le titre est probablement usurpé, son action relevant de l’engagement politique. Le 15 mai 1799 (26 floréal an VII) le Directoire ordonne le paiement de ses appointements « comme membre de la compagnie d'artistes employés à Constantinople » (A.N. AF/III/602).

Opinions : Il se pose en voltairien de pure obédience, rejetant donc Jean-Jacques Rousseau (Un cahier..). Bien qu’il y ait participé dans son premier moment, la Révolution ne semble pas avoir bouleversé son univers mental, peuplé d’érudits, de clercs réguliers ou séculiers, qu’il les rejette comme charlatans ou qu’au contraire il les respecte quand ce sont des saints ou des érudits, ou encore qu’il s’en amuse quand il dévoile leur libertinage (Essai historique sur Robert d'Arbrissel, London, 1788).

Opinions : A la page 47 d’Un cahier..,  nous avons la confirmation de l’attribution à Feydel d’une partie des articles sur le laurier du tombeau de Virgile : « c’était moi qui avait mis en train, dans le Journal [de Paris] cette querelle littéraire » pendant l’été 1788. Pages 34 et 35, il publie une lettre au Journal de Paris envoyée le 31 mai 1817 : « Cette lettre fut reçue, lue, mise au rebut et réfutée indirectement, le 9 juin ». Il y dénonçait les fausses attributions littéraires commises aussi bien par la France littéraire que par la Gazette de France.

Activités journalistiques : Les activités commerciales de G. Feydel peuvent s’expliquer par les influences ou le soutien de sa famille du Dauphiné. Elles font souscrire à l’attribution par Barbier de l’ouvrage « Observations politiques, morales et surtout financières, sur l’origine de la perruque des dames de Paris » en l’an VIII. A la suite de ses diverses expériences politiques, F. tente de rédiger un « grand ouvrage sur la politique, la législation et la morale des diverses nations de l’Europe », mais il ne publiera qu’un opuscule De notre situation actuelle sur l’Angleterre (sans lieu ni date) et Mœurs et coutume des Corses, mémoire tiré en partie d’un grand ouvrage […] en l’an VII, chez Garnery, mais en 1794 déjà il s’intéresse aux affaires corses (lettre à « Cœur de Roi » en 1794, à propos du désastre du vaisseau le Vengeur (Un cahier… pages 44-45) On lui attribue aussi Sur la loi du mariage, la loi du divorce et le système de l’adoption, publié dès 1792 et en l’an II à l’imprimerie du Cercle social.

Bibliographie: Sources manuscrites : A.D. de l’Isère. Etat-civil de la commune de l’Albenc, consultable en ligne. A.N. : - Police, passeport et demande de résidence : F/7/10788, (Feydel) ; F/7/10837 (Guion dit Pampelonne). - Procès-verbaux du Directoire : An VI : AF/III/109, dossier 503, pièce 10, Feydel, homme de loi, pétition ;  Séance du 26 floréal an VII [15 mai 1799],  relations extérieures, AF/III/602, plaquette 4174, Feydel, solde de ses appointements.

Sources imprimées, en ligne sur Gallica : - Un cahier d’histoire littéraire, Paris, chez Delaunay, libraire au Palais-royal, avril 1818  - Observations d’un dialecticien sur les quatre-vingt-onze questions de mathématiques, de physique, de morale, de politique, de littérature et de Beaux-Arts adressées par l’Institut national de France à l’Institut d’Egypte. [signé *L*L*] Paris, Garnery, an VII. In-4°, 55 p. – Essai historique sur Robert d’Arbrissel, fondateur de l’ordre de Fontevraut, par M. de Feydel, London, At Elmesly, in the Strand, 1788. (Nicole Brondel)

Auteur(s) de la notice


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