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DUPUY LA CHAPELLE (?-?)

État civil

Dupuy La Chapelle n'est connu que par ses ouvrages ; il signe Dupuy, M. Dupuy, M.D.P., ou, comme dans la dédicace des Instructions d'un père à son fils (I.P.F.), «Dupuy La Chapelle, ci-devant secrétaire au Traité de la Paix de Riswick». On possède une lettre de lui à Sloane (B.L., add. mss 4058, f° 280-281) ; peut-être s'agit-il de lui dans la lettre de P. Coste à Desmaizeaux du 30 avril 1713a Paris : «Je l'ai enfin déterré...» (add. mss 4283, f° 269). Il est apparenté à Pierre et Jacques Dupuy, célèbres bibliothécaires du Roi (voir Collection Dupuy, B.N., ms.) et fils de Claude Dupuy, conseiller au Parlement (Journal des savants, 18 juil. 1707, p. 405). Il a eu au moins un fils qui a pris le parti des armes (I.P.F.).

Formation

Après avoir été élevé, sans doute en province, par «une mère pieuse», il est envoyé à Paris à l'âge de 17 ans pour y faire un nouveau cours de philosophie sous la direction de l'abbé Pelletier, fils du Contrôleur général (I.P.F.).

Carrière

Il est qualifié d'«écuyer» dans le Privilège du Roi du 29 juillet 1693 relatif aux Caractères, pensées, maximes et sentiments (Paris, N. de Burre, 1693) et demeure alors rue des Petits-Augustins, vis-à-vis la petite rue des Marets Faubourg-Saint-Germain ; il sert l'Etat « en des rencontres importantes » (I.P.F.) et les privilèges qu'il obtient par la suite pour la publication de ses livres entendent témoigner de la reconnaissance du roi pour les services rendus. C'est ainsi qu'il est secrétaire au traité de paix de Ryswick (1697), fonction qu'il se plaît à rappeler en tête de ses ouvrages. En 1711, il habite rue de l'Université, chez Monsieur du Garde (Gigas). En décembre 1712, il se rend en Angleterre (Marais) ; il s'y trouve en 1714 d'après l’I.P.F., où il rappelle qu'il a séjourné tant en Angleterre qu'en Hollande. En 1716, il loge à l'Hôtel d'Allemagne, grande rue du Four, Faubourg Saint-Germain (add. mss 4283).

Situation de fortune

A l'en croire (I.P.F.), les services qu'il a rendus à l'Etat n'ont guère amélioré sa fortune. Il laisse entendre qu'ils ne lui ont rapporté que «quelques discours».

Opinions

Ecrivain essentiellement moraliste. Tous ses ouvrages concernent les mœurs et l'éducation. Il a été en relation avec les héritiers de Bayle et avec ses amis, ses correspondants, ses éditeurs, notamment avec P. Desmaizeaux à l'occasion de l'édition des Lettres du philosophe. Il possède en effet une importante collection de lettres de Bayle, qu'il a reçue de l'héritier de celui-ci, Charles de Bruguière de Naudis, et que, dès 1711, il songe à éditer, tout en cherchant à la compléter (il s'adresse pour cela à d'anciens correspondants : J. Du Rondel, D. de Larroque, etc. ; Gigas). Comment et pourquoi C. de Bruguière a-t-il remis - ou vendu - ces importants documents? Il est difficile de répondre (Labrousse). A tout le moins, signalons que C. de Bruguière est secrétaire du marquis de Bonrepaux, que la carrière d'ambassadeur conduit précisément en Hollande au lendemain de la signature du traité de Ryswick. Et l'on sait que les plénipotentiaires français ont, avant leur départ (déc. 1697 - janv. 1698), rencontré le nouvel ambassadeur nommé par Louis XIV (Recueil des instructions données aux ambassadeurs et ministres de France : des traités de Westphalie jusqu'à la Révolution française, vol. XXI, Hollande, t. I, 1648-1697, Paris, 1922, p. 509). Les deux secrétaires ont pu, à cette occasion, faire connaissance.

Activités journalistiques

Essais hebdomadaires sur plusieurs sujets intéressants par M. Dupuy, ci-devant secrétaire au Traité de Paix de Ryswick, Paris, E. Ganeau, 18 mai -18 août 1730 (si l'on se réfère aux dates d'approbation), privilège du 7 juin 1730 registré le 14 juin et cédé le 16 par Dupuy à Ganeau, périodicité hebdomadaire annoncée, 8 livraisons, 2 t. en un vol. in-8° (D.P.1 402). C'est dans ce périodique que Dupuy, qui a refusé de céder à Desmaizeaux les lettres de Bayle qu'il détient et qui, dans son propre projet d'édition, s'est heurté à la censure, finit par publier, avec d'ailleurs des omissions et des erreurs, quinze lettres dont deux non inédites (Labrousse).Il fournit des articles de politique étrangère au Mercure (voir art. «Fuzelier»).

Publications diverses

Liste des œuvres dans Cior 18, n° 26961-26970 (attributions reprises de Feller-Weiss, N.B.G., F.L., Cat.B.N.). Y ajouter : Instructions d'un père à sa fille, tirées de l'Ecriture Sainte «par M. Du Puy, ci-devant secrétaire au Traité de la Paix de Riswick», Paris, Vve Etienne, 1730, privilège du 7 juin 1730. Cet ouvrage (comme les Instructions d'un père à son fils) a connu de nombreuses rééditions ; la 3e éd. (1730) est dédiée à la Duchesse du Maine. Le privilège qu'il a obtenu le 7 juin 1730 pour l'Instruction d'un père a son fils, la 3e éd. de l'Instruction d'un père à sa fille et les Essais hebdomadaires, fait également mention de deux autres ouvrages, qui ne semblent pas avoir vu le jour : Traité de différents styles, particulièrement du style épistolaire et Essais de modèles de lettres.

Bibliographie

F.L. 1769 ; Feller-Weiss ; Desessarts, t. II, p. 438 ; Q. ; B.Un. ; N.B.G. ; Cior 18. – Marais M., Journal et mémoires, éd. Lescure, Paris, Didot, 1863, t. I, p. 150. – B.L.. add. mss (Birch) 4283, f°(67), 176 et 178. – (I.P.F.) Dupuy la Chapelle, Instruction d'un père à son fils, Paris, J. Estienne, 1730. – Gigas E., Choix de la Correspondance inédite de Pierre Bayle 1670-1706, Copenhague, 1890, introd. – Labrousse E., Inventaire critique de la correspondance de Pierre Bayle, Paris, Vrin, 1961, introd.

Auteur(s) de la notice


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