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Denis DIDEROT (1713-1784)

État civil

Denis Diderot est né à Langres le 5 octobre 1713, fils de Didier Diderot, coutelier, et d'Angélique Vigneron. Il est mort à Paris, le 31 juillet 1784 (pour tout renseignement biographique, voir Wilson).

Activités journalistiques

Durant toute sa vie littéraire, D. fut engagé, d'une façon ou d'une autre, dans le monde des journaux. Sans qu'on ait pu en fournir des preuves définitives, il est probable qu'il a contribué par des articles critiques anonymes au journal de Desfontaines, les Observations sur les écrits modernes, publié entre 1735 et 1743. D., dans une lettre à Berryer écrite pendant son séjour à Vincennes en 1749, observe que plusieurs morceaux dans ce journal sont «de [sa] façon» (voir Roth-Varloot, t. I, p. 86) mais il ne spécifie ni le titre ni le contenu de ces contributions (voir D.P.1 1092).

Vers 1747, avant d'être nommé directeur de l'Encyclopédie, D. eut l'idée de créer un journal en collaboration avec son ami, Jean Jacques Rousseau. Le rôle de D. dans cette affaire n'est pas clair mais selon les renseignements fournis par Rousseau dans les Confessions, chacun allait préparer alternativement un numéro. Cependant, à cause de circonstances inexplicables, le journal n'a jamais paru et il ne reste que des fragments composés par Rousseau pour le premier numéro (voir Leigh, n° 143). L'attrait exercé par la presse sur D. peut avoir de nombreuses explications, la plus séduisante étant la garantie d'un certain succès financier. Il écrit à Sophie Volland le 28 juillet 1762, à propos de la possibilité d'obtenir une pension de 1500 £ au Mercure de France : «si le projet de l'Abbé de Raynal allait réussir [...] je ne saurais que faire de toute ma richesse» (Roth-Varloot, t. I, p. 267). Au cours de la même année, il remarque que la direction de la Gazette de France assurera une petite fortune à Suard (Roth-Varloot, t. 1, p. 288). Ce souci de richesse accompagné d'un désir de renommée posthume l'a engagé à collaborer à divers périodiques. L'opinion de D. en ce qui concerne le rôle de la presse s'exprime dans sa correspondance avec Falconet, surtout dans une lettre du 15 février 1766 où il écrit : «Vous êtes assez bête pour ignorer qu'entre tous ceux qui mettent le pied dans votre atelier, il n'y en a pas un qui n'ait cette gazette dans sa poche?» (Roth-Varloot, t. I, p. 384). Les efforts de D. pour obtenir la suppression des articles anti encyclopédiques donnent une autre indication sur l'importance qu'il accorde à la presse périodique. Il énonce ses convictions sur la liberté de la presse et sur les contrôles nécessaires dans sa célèbre Lettre sur le commerce de la librairie en 1763. Dans cette lettre il évoque les avantages de la liberté pour les écrivains, les idées et la gloire nationale. En traitant les droits d'auteur, les droits d'éditeur et du rôle du gouvernement, D. présenta un document capital dans l'histoire de la presse. En dehors de l'Encyclopédie, une des grandes préoccupations de D. fut son travail pour la Correspondance littéraire de Grimm. Ayant commencé par des contributions critiques, il finit par en devenir lui-même le principal rédacteur en raison de l'absence de Grimm. De 1754 jusqu'à la fin de sa vie, les pages de ce journal sont remplies de ses articles critiques et de plusieurs de ses textes majeurs. La liste complète des articles de D. parus dans les périodiques a été dressée par Jean de Booy (D.H.S., n° 1). L'attribution de ces articles à D. a une probabilité plus ou moins grande qui, dans l'état actuel, n'atteint pas la certitude. Voir S.V.E.C. 119, 1974 ; 150, 1976, p. 33-147 ; 178, 1979 ; 302, 1992.

En outre, D. a publié ou laissé paraître de nombreux textes dans des journaux divers. Plusieurs de ces contributions restent inédites en dehors de ces périodiques. Voici une liste, sans doute incomplète, de ces textes parus avant 1789 :

Journal étranger (D.P.1 732) : 1. «Chansons Erses», déc. 1761 ; 2. «Eloge de Richardson», janv. 1762.

Gazette littéraire de l'Europe (D.P. 1 5 72) : 1. « Pour les noces d'une dame milanaise, sonnet traduit de Crudeli», 1er août 1764 ; 2. «Sur Térence», 15 juil. 1765 ; 3. «Abrégé d'un extrait d'une lettre écrite à l'éditeur sur la vie et les ouvrages de M. Boulanger», Ier nov. 1765.

Ephémérides du citoyen (D.P.1 377) : 1. «Le Marchand de mauvaise foi», 1769, t. V ; 2. «Le Bal de l'Opéra», 1769, t. V.

Mercure de France (D.P.1 924) : 1. «Lettre de M.D.D. à M. Remond de Sainte-Albine [?]», août 1749 ; 2. «Envoi à Mlle d'Oligny [?]», oct. 1770 ; 3. «Lettre de M*** à M***», juin 1771.

Le Perroquet (D.P.1 1112) : «Epître à B», 1742.

Gazette universelle de littérature des Deux-Ponts (D.P. 1 507) : 1 «Lettre de M *** à M ***», 20 févr. 1769, p. 231-232 ; 2. «Dialogue entre un jeune poète et Horace», 1776, dernier volume 43, p. 231-232.

Journal de lecture (D.P. 1 663) : 1. «Rêve de Mirzoza», 1775, 1.1 ; 2. «Voyage dans la Région des hypothèses», 1775, t. II ; 3. «De l'étude de la nature», 1775, t. II ; 4. «Des contes», 1775, t. III ; 5. «Sur le théâtre», 1776, t. VIL

Almanach littéraire (D.P.1 84) : 1. «Pièces fugitives de M. D***», 1781 : a. «Le Roi de la Fève le lendemain de son règne » ; b. « Envoi aux dames » ; c. « Portrait de Mademoiselle *** » ; d. « Madrigal. A une jeune dame qui, dans une pièce de théâtre, avait fait le rôle de la Prêtresse du temple de l'Amour» ; e. «Stances irrégulières à Mme de *** pour un premier jour de l'an » ; f. « Lettre à Mme de *** » ; g. « Première satire d'Horace» ; h. «Marchand de loto» ; i. «Le Borgne».

Almanach des Muses (D.P.1 80) : 1. «Aux femmes», 1772 ; 2. « A Madame de *** », 1773 ; 3. « Vers pour Mme la comtesse de ...», 1773 ; 4. «Audivere Lice», 1774 ; 5. «Le Roi de la Fève» ; 6. «Mon Portrait», 1776 ; 7. «Le Roi de la Fève, le lendemain», 1776.

Correspondance littéraire secrète (D.P.1 235) : 1. «Politique des souverains», 13 janv. 1776 ; 2. «Rondeau irrégulier», 16 mars 1776 ; 3. «Entretien de M. Diderot avec Mme la Maréchale de ...», 1776, t. III.

Bibliographie

D., Correspondance, éd. Roth-Varloot. – Id., Sur la liberté de la presse, éd. J. Proust, Paris, 1966. – D., Œuvres complètes, dir. J. Varloot, Paris, Hermann, 1975-, en particulier, t. IX, XIII, XVIII, XXIII. – D.P.1, index des auteurs cités, entrée «Diderot». – Booy J. de, «Inventaire des contributions de Diderot à la Correspondance littéraire», D.H.S., n° 1, 1969, p. 353-397. – Rodgers G., Diderot and the eighteenth-century French press, S.V.E.C. 107, 1973. – Sgard J., «Les lumières du journaliste : le Spectateur indiscret», Beiträge zur romanischen Philologie, t. XXIV, p. 261-267. – Wilson A., Diderot, New York, 1972 ; trad. française, Laffont-Ramsay, Paris, 1985.

Auteur(s) de la notice


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