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Alexandre DES ESSARTS (1728-1803)

État civil

Alexandre Étienne Des Essarts est né à Paris en 1728 et mort en 1803 (Voir la notice du Littérateur Belgique par Jeroom Vercruysse, DP1.844). Le 19 avril 1757, il est reçu membre de l’église d’Amsterdam par confession (fichier wallon, B.U. Leyde). Il épouse Anne Françoise Du Moulin le 27 janvier 1760 (publication des bans le 9 janvier, A. M. Amsterdam, 11 janvier 1760). Ils deviennent membres de l’église wallonne d’Utrecht, elle avec attestation d’Amsterdam du 1er avril 1760, lui avec attestation du 14 octobre 1760. Ils ont quatre enfants : Jean Étienne, baptisé à Utrecht le 27 novembre 1760 ;  Thomas François, baptisé le 17 avril 1763 ; Louis Henri Étienne, né le 6 décembre 1764, baptisé le 9 décembre ; Henri Wolfgang,  né le 15 mars 1772, baptisé Le 22 mars 1772.  Anne Du Moulin est enterrée à Utrecht le 17 mars 1773 ; elle laisse trois enfants mineurs. Dans la Gazette d’Amsterdam paraît les 16, 20 et 27 juillet 1773 l’annonce suivante : « On demande une demoiselle, de la religion protestante réformée, parlant français et hollandais, qui ait de l’éducation, soit capable d’en donner à quelques enfants en bas âge, et possède en outre les qualités nécessaires pour conduire un assez grand ménage d’homme veuf. Les appointements seront très honnêtes. Il faut s’adresser, lettres affranchies, à M.A. des Essarts, maître privilégié de mathématiques et de pension  française à Utrecht sur le Ganze markt ». Le 1er janvier 1774, A.D.E. épouse à Utrecht Marie Magdeleine Darius (membre de l’église wallonne d’Utrecht avec attestation du 22 septembre 1773 de Leeuwarden ; contrat de mariage le 11 décembre 1773, A.M. Utrecht). Leur premier fils, Alexandre, naît le 15 août 1774, baptisé à Utrecht le 21 août.

Formation

D’après James Boswell (Pottle, p. 198) A.D.E. était capucin en France; il essaya de s’échapper de son monastère, et à la deuxième tentative alla vers Bruxelles, où il enseigna les mathématiques aux personnes du premier rang. Quand on découvrit qu’il avait été capucin, il décampa vers Amsterdam, où il donna des cours, fit partie d’une société littéraire, et se maria avec une jeune Anglaise devenue Hollandaise. Beaucoup de ces affirmations sont confirmées par des documents. Dans la Gazette de Leyde du 24 décembre 1754 (suite), ‘le sieur Des Essarts’ est mentionné comme professeur dans une ‘école civile, dont l’ouverture se fera le 2 janvier prochain’, et qui est attachée à ‘la nouvelle école militaire’. On y enseignera ‘la méchanique et l’hydraulique; de sorte que les mathématiques seront par là mises à la portée des personnes de toute ordre et même des étrangers qui pourront y puiser des connaissances utiles pour l’exécution des travaux publics’. On le retrouve à Amsterdam en 1756 quand il annonce son cours de mathématiques dans l’Amsterdamse Courant le 9 novembre 1756. Le même journal répète ses annonces les 11 et 14 décembre ; A.D.E. est présenté comme « ex-professeur en mathématique des acad. royale et milit. de Bruxelles » ; il donne également des cours d’arithmétique marchande, de géométrie, latin, français. Il habite sur le Spui. De nombreuses annonces se trouvent dans l’Amsterdamse Courant, la Gazette d’Amsterdam et la Gazette d’Utrecht jusqu’en avril 1759.

Quand le  28 février 1765 il obtient la citoyenneté de la ville d’Utrecht, il déclare être maître de pension français, né à Paris (A.M. Utrecht, klapper burgers). A partir d’avril 1765 il fait de la publicité pour sa pension dans les gazettes d’Utrecht, d’Amsterdam et de Leyde et les journaux hollandais de Haarlem et d’Utrecht, souvent pour recruter un sous-maître. En novembre 1776 il cherche ‘un homme entre 30-40 ans, protestant qui sache latin, francais, passablement hollandais, ‘et s’il est possible les éléments des mathématiques’, s’adresser ‘M. Des Essarts, maitre privilegié de mathematiques et de pension francaise’. A.D.E. annonce son cours de mathématiques dans l’Amsterdamse Courant le 9 novembre 1756 ; son discours d’introduction est édité chez M.-M. Rey. Le même journal répète ses annonces les 11 et 14 décembre ; A.D.E. est présenté comme « ex-professeur en mathématique des acad.royale et milit. de Bruxelles » ; il donne également des cours d’arithmétique marchande, de géométrie, latin, français. Il habite sur le Spui. Nombreuses annonces dans l’Amsterdamse Courant, puis à partir de mai 1757, dans la Gazette d’Utrecht.Nombreuses annonces également pour les pensions tenues par A.D.E. à Amsterdam et à Utrecht. Dans l’ Oprechte Haerlemsche Courant, on trouve en date du 16 mars 1782, l’annonce suivante : « M. A. Des Essarts, auteur et propriétaire de la Gazette française d’Utrecht, donne avis au public qu’il a pris des arrangements pour que la composition et la direction de cette gazette ne nuisissent point à la PENSION de JEUNES GENS qu’il tient dans Utrecht avec le plus grand succès depuis 1765, et qu’il continue d’y avoir, comme par le passé, des pensionnaires, des demi-pensionnaires et des externes, les instruisant par lui-même, par ses préposés, dans tous les principes des sciences et des arts nécessaires à une honnête éducation. Il ne prend qu’un certain nombre de pensionnaires ». Sur cette école, voir E.P. de Booy, Kweekhoven der Wijsheid. Basis-en vervolgonderwijs in de steden van de provincie Utrecht van 1580 tot het begin der 19e eeuw, De Walburg Pers [1980], p. 136-137.

Activités journalistiques

Il dépose une requête auprès du Conseil privé de Bruxelles à la fin de 1754 ; c’est à Bruxelles que le Littérateur Belgique est publié jusqu’en septembre 1755. L’insuccès de son journal l’oblige à s’installer à Utrecht où il ouvre une pension en 1757. Principal auteur du Littérateur Belgique, hebdomadaire puis mensuel publié à Bruxelles par une société de gens de lettres, mais dont A.D.E. est le principal rédacteur (Vercruysse). En 1755 également paraît à Berlin un petit journal philosophique, Le Citoyen, pour lequel on trouve l’année suivante des annonces dansla Gazette d’Utrecht (14 mai 1756) : « Le Citoyen, périodique par M. Des Essarts, ouvrage de politique et de commerce », chez Constapel, Amsterdam. « La première feuille qui traite des alliances nationales et de la neutralité, paraît aujourd’hui 13 de mai ».

Le 14 mars 1760 il établit un contrat avec Etienne Elie Peuch, propriétaire de la Gazette d’Utrecht pour être rédacteur de ce journal à partir du 1er avril pour une période de huit ans, avec un an de préavis s’il veut le quitter. Il sera payé 1400 florins annuels (A.M. Utrecht U235a001). Le 13 novembre 1766, il signe avec Claude Isaac Peuch, le propriétaire suivant, un autre contrat pour « corriger la copie ou manuscrit de la gazette et du supplément français d’Utrecht ». Cela à partir du 1er avril 1767 avec une durée d’un an, avec préavis de six semaines. Le salaire sera de 400 florins l’année (A.M. Utrecht, U237a004). Le 17 avril 1767,  il annonce dans le Utrechtse Courant (également dans l’Oprechte Haerlemse Courant, 18 et 23 avril): « M. Alexandre Des Essarts, maître de pension privilégié à Utrecht, qui durant une période de sept années à écrit le journal français de cette ville, annonce au public qu’il n’écrit plus cette gazette depuis le premier avril de cette année, et qu’il peut donc avec plus de zèle qu’avant, se concentrer sur l’enseignement de la jeunesse confié à ses soins ». Il ne dit pas qu’il continue comme correcteur du journal. Le 21 avril 1770 il achète des héritiers de E.E. Peuch et de son frère Claude Isaac Peuch une maison sur le Ganzenmarkt (A.M. Utrecht, U235a004).

À une date inconnue, il a dû reprendre sa fonction de rédacteur car le 20 février 1782, la Gazette d’Utrecht annonce que M. Des Essarts, ‘rédacteur actuel’, a reçu le ‘privilège exclusif’ d’imprimer le journal a partir du 1er avril (Hatin, G.H., p. 172). Deux jours plus tôt les magistrats l’avaient autorisé à acheter le privilège pour 2000 florins (A.M. Utrecht, Stadsarchief II, toegang 702-1, nr. 121). Le 5 juillet 1782, il emprunte à Anthony Du Cloux 1000 florins pour payer le privilège (A.M. Utrecht, U236a011). Mais bientôt il a des dettes qu’il  ne réussit pas à payer. Le 20 janvier 1783 les magistrats rejettent sa requête pour être dispensé du paiement de 300 florins annuels à la ville (A.M. Utrecht, Stadsarchief II, toegang 702-1, nr. 121) et dans leur réunion du 10 juin ils lisent une longue lettre de Des Essarts, écrite de Bruxelles le 1er juin 1783, dans laquelle il explique qu’il ne lui a pas été possible de sortir de ses frais. Le journal a été interdit en France pendant six mois (à partir d’une date entre le 5 août et le 7 septembre 1782, voir Hatin, p. 172-174) et récemment il n’a vendu que 300 exemplaires, dont 19 en Angleterre. Il demande, pour les huit ans à venir, la rémission des 300 florins et des 444 florins de frais de poste. Depuis son départ, c’est son fils et un ami qui se sont occupés du journal. Le 16 juin, les magistrats permettent à Mme Des Essarts, qui est restée à Utrecht pour s’occuper des affaires, de vendre le privilège, qui, le 9 août 1783, est repris par Louis-François de Gilbal (A.M. Utrecht, U237a008), qui le 12 août loue la maison avec l’imprimerie (A.M. Utrecht, U237a008).

Le 1er novembre 1785, il  fonde un nouveau journal, signalé comme suit par l’Oprechte Haerlemsche Courant : Journal des mères de famille, ouvrage périodique dans lequel on expose successivement toutes les connaissances tant anciennes que modernes, qui peuvent être utiles à une dame, comme membre de la société, comme épouse, comme mère, comme veuve, comme administratrice de ses biens, tant à la ville qu’à la campagne, et dans quelque état honnête qu’elle se trouve, « par M. Des Essarts, membre de diverses académies littéraires de l’Europe ». Souscription à Amsterdam chez Changuion, à Utrecht chez B. Wild, à La Haye chez Gosse, à Rotterdam chez Bennet libraires. À cette date, la revue compte trois cahiers. La Bancroft Library de Californie possède un exemplaire du 3e cahier (Worldcat).

Publications diverses

A.D.E. a publié divers ouvrages pédagogiques : Traité de l’éducation corporelle (Gazette d’Utrecht, annonce du 13 mars 1761) ; Cours d’éducation (annonce de la Gazette d’Utrecht, 4 février 1763, prospectus le 25 mars) ; La Cosmographie (Ibidem, 20, 23, 27 décembre 1768) ;  Traités élémentaires du globe céleste, de la sphère armillaire et du calendrier. À l’usage des pensions françaises de Hollande, Utrecht, H. Schwitzer, aux dépens de l’auteur, 1769 ; Cours d’éducation en 10 vol., en souscription (Ibidem, 1, 5, 12 oct. 1772) ; La Morale de l’adolescence, Utrecht, B. Wild, 1783, rééd. à Londres et Bruxelles, 1787 et 1789.

Bibliographie

W.P. Sautijn Kluit, « Hollandsche en Fransche Utrechtsche couranten », dans Bijdragen en mededelingen van het Historisch Genootschap te Utrecht, Utrecht, Kemink en zoon, 1877, vol. 1, p. 26-165 (sur Des Essarts, p. 101-110).- F.A. Pottle (ed.), Boswell in holland 1763-1764, London, William Heinemann, 1952, p. 198.

Auteur(s) de la notice


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