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Marc Antoine DESESSARTS (1683-1745)

État civil

Marc Antoine Desessarts est né le 20 août 1683 à Paris, "dans le sein d'une famille riche et chrétienne" ; il a, comme ses frères et sœurs, été destiné très tôt à la religion. Il est mort à Paris le 25 octobre 1745, dans la paroisse de Saint-Jacques du Haut-Pas. Tous les renseignements que nous avons à son sujet se trouvent dans les Nouvelles ecclésiastiques (N.E.), et notamment dans son Éloge, publié en 1746 (p. 47-48), ainsi que dans les dossiers de la Bastille. Il est parfois nommé "Desessarts le jeune" ou "le cadet", pour le distinguer de son frère Jean Baptiste.

Formation

Appelant, rappelant, adepte des thèses de Soanen et de Colbert de Croissy, évêque de Montpellier (Éloge), mais hostile aux extrémistes du parti janséniste, et notamment à Carré de Montgeron, il s'est surtout consacré à l'édition et au commentaire de la Bible. À sa mort, il était sous-diacre de Paris.

Carrière

Dès le 4 octobre 1728, il fait l'objet d'un mandat de perquisition au Collège des Grassins ; mais la visite ne donne pas de résultats (ms. 11091). Le lundi 19 juin 1730, le lieutenant de police Hérault investit la maison de "MM. Desessarts, deux parents dont l'un est sous-diacre et l'autre simple laïc" ; D. est souponné "d'avoir fait les Nouv. Eccl. ou du moins d'y avoir eu une grande part" ; simultanément a lieu une perquisition chez l'imprimeur Thiboust ; la perquisition chez D. ne donne rien, mais on constate qu'il accueille chez lui divers prêtres, curés et chanoines jansénistes (Ravaisson, Archives de la Bastille, t. XIV, p. 243) ; il est enfermé à la Bastille le lendemain, "pour avoir exercé l'hospitalité" diront les N.E. du 3 juillet 1730 (p. 3), après saisie de sa correspondance avec les jansénistes de Hollande d'après Hérault (Ravaisson, p. 244 ; ordre d'incarcération de Maurepas, le 21 juin 1730, ms. 11091). L'examen de ses papiers ne laisse pourtant rien apparaître de très compromettant ; on y trouve divers manuscrits sur la religion, des lettres de sa famille, quelques numéros des N.E. (ms. 11091, sommaire des papiers saisis par Vaneroux). Le commissaire Vaneroux note au passage : "Le pauvre petit abbé Desessarts qui semble n'avoir d'autre mérite que son entêtement outré, mal établi" (ibid.). Il est mis en liberté le 23 janvier 1731, "après 7 mois 4 jours de Bastille, où sa santé déjà très faible s'est considérablement altérée" (N.E. du 31 janv. 1731, qui donnent pour date de sortie le 23 déc. 1730, sans doute par erreur ; le décompte aboutit en janvier, et l'en-tête du ms. 11091 donne bien le 23 janv. 1731) ; il était effectivement asthmatique (rapport médical du 26 janv. 1731, ms. 11091) et il est libéré pour raison de santé, sur ordre de Fleury (ibid., f° 288). Arrêté de nouveau au Val de Grâce , il laisse la clé de son appartement à son frère Alexis D., prêtre, et se rend à Vincennes le 28 octobre 1735 ; il est transféré à la Bastille le 2 décembre (N.E., 1735, p. l72 ; ms. 11091, f° 306) ; à partir du 10 décembre, il reçoit la permission de s'entretenir avec son frère une fois par semaine (ms. 12489, f° 141) ; il est libre le 28 mars 1736 (N.E., 1736, p. 56 ; E). Une note tardive (1745?) de Phélypeaux déclare : "L'Abbé Marc des Essarts. Convulsionnaire fameux dans le parti [...]. Cette fois il est sorti par la protection du lieutenant de police et la sollicitation de sa mère qui étoit octogénaire. Il avoit déjà été à la Bastille 21 juin 1730. sorti le 3 avril 1735" (ms. 1128 ; voir la lettre de sa mère, Mme Proust Desessarts, en date du 29 oct. 1735, dans le ms. 11091). Il ne cesse pas pour autant ses activités militantes ; en 1743 encore, un rapport de police signale qu'il tient des assemblées dans un pavillon du Val de Grâce, avec la dame des Essarts (sa mère) et Mme de Montmagny (rapport du 26 nov. 1743, ms. 11091).

Activités journalistiques

Étroitement associé à son frère Jean-Baptiste Poncet Desessarts (voir ce nom), D. fut sans doute, comme le conjecturait Hérault, l'un des fondateurs et premiers rédacteurs des N.E., et la première équipe des N.E. semble s'être réunie souvent chez les deux frères ; mais il est difficile de dissocier le rôle de M.A. de celui de Jean-Baptiste. La police le soupçonne à plusieurs reprises d'entretenir une correspondance avec les jansénistes de Hollande, mais on n'en trouve aucune trace dans les dossiers de la Bastille. Dans ses papiers, on découvre par contre, en juin 1730, des numéros manuscrits des N.E. de 1727 et des feuilles imprimées des 9, 11, 18, 20 aot 1728, et du 26 mai 1730, ainsi qu'un numéro manuscrit du 22 mai 1730 (ms. 11091, f° 341). L'abbé Vaillant (voir ce nom) l'a en tout cas dénoncé en septembre 1728 comme l'un des douze auteurs des N.E. et le lieutenant Hérault l'en a toujours souponné, sans jamais pouvoir le prendre en flagrant délit.

Publications diverses

Ses œuvres paraissent se réduire à des mémoires et conférences, dont les manuscrits ont été saisis lors de son arrestation de 1730 : "De la liberté", "Mémoire sur la Déclaration du Roi du 24 mars 1730", "Juste idée que l'on doit se former des Jésuites", etc. (ms. 11090). La France littéraire de 1769 ne mentionne que les œuvres de ses frères Jean-Baptiste et Alexis.

Bibliographie

Archives de la Bastille, Ars., ms. 11091 (f° 233-460), 11094 (f° 40), 11281, 11320, 11487 (f° 8), 11489 (f° 136, 139, 141, 153). – (E) Éloge de D. dans N.E., 1746, p. 47-48.

Auteur(s) de la notice


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