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Louis de CLOSANGES (1747-1785)

État civil

Louis Guillaume de Closange(s), ou Clozange(s), est né le 11 février 1747 à Bordeaux sur la paroisse Saint-Christoly (c). Il est le fils de Catherine Rosalie Vincent (ou Vincens) et de Jacques Joseph Augustin Closanges (b; c), avocat et conseiller procureur du Roi au siège de grand-maître des Eaux et Forêts du département de Guienne établi dans le Palais du Parlement de Bordeaux du 24 juillet 1727 au 14 septembre 1747 (a). Aîné de trois enfants (il a deux sœurs: Marie Elisabeth et Marie Anne Radegonde), il appartient à une famille de bourgeois de Bordeaux, comme l'attestent les lettres de bourgeoisie de maître Jean Closanges, avocat en la Cour, en date du 3 janvier 1607 (L.B. ; A.B.). Il meurt sans enfant au cours du premier trimestre 1785 (f).

Formation

D'abord négociant, il se lance, à la suite de mauvaises affaires, dans les lettres. Journaliste, il est aussi auteur dramatique: il fait notamment jouer sur la scène du théâtre de Bordeaux, le 17 mars 1784, un opéra intitulé Diane jalouse (V.T.B.). Il participe avec l'abbé Dupont des Jumeaux à la fondation de la société du Musée de Bordeaux dont il est, en 1784, le secrétaire. Il habite alors «derrière le jardin public» (f).

Situation de fortune

Négociant ruiné (e), il trouve (comme Gaufreteau de Lagorce) dans la création du Journal de Guienne « un moyen honnête d'arranger [ses] affaires domestiques» (f). C'est aux frais de Dupont des Jumeaux qu'avant le lancement du Journal et pour préparer ce lancement il se rend à Paris ; il ne remboursera pas d'ailleurs la somme avancée (ibid.). A sa mort, il laisse un certain nombre de créanciers au nombre desquels on relève, outre des fournisseurs et Jean Baptiste Dudon, procureur général, les noms de Jacques et Antoine Labottière anciens propriétaires des Affiches de Bordeaux. Sa mère et sa soeur Marie Anne Radegonde, ses héritières, renoncent à la succession par acte passé devant maître Collignon le 13 mai 1785, et les créanciers font cession à François Grandjean des droits qu'ils ont au privilège du Journal de Guienne accordé par «Perrot et Benezech, directeurs des Affiches de France» à Closanges (et Gaufreteau), à charge pour ledit Grandjean de leur remettre les deux tiers du produit net de ce qui lui reviendra des émoluments du Journal (b)

Opinions

«Bossu assez spirituel» et «bardé de jargon» (L.D.), il a, selon Bernadau (e), «Un grand fonds d'impudence». Cependant, Dupont des Jumeaux déclare lui avoir connu de la «délicatesse» (f)

Activités journalistiques

Il est l'un des deux jeunes gens dont parlent les M.S. et qui réussirent à transformer les Affiches de Bordeaux «très sèches» en un journal calqué sur celui de Paris et «point mal fait»: le Journal de Guienne, Dédié à M. le Mal. Duc de Mouchy, Bordeaux, J.B. Séjourné, puis P.G. Calamy, puis Simon de La Court, 1er septembre 1784 - 16 septembre 1790, in-4°, quotidien (permis d'imprimer et distribuer en date du 3 août 1784. Prix: 24 £ pour Bordeaux et 28 pour la province et tout le Royaume).

C'est l'abbé Dupont des Jumeaux – si du moins on l'en croit – qui aurait eu le premier l'idée du Journal de Guienne (créé aux dépens des Labottière) et l'aurait communiquée à Closanges et Gaufreteau, lesquels auraient tôt fait de le priver de la part légitime qu'il avait dans le privilège sous le prétexte que ses liens avec l'Intendant (il était précepteur du fils de Dupré de Saint-Maur) pouvaient nuire au succès de la feuille (f). Quoi qu'il en soit, Closanges dirige avec Gaufreteau le Journal dès sa fondation et en est un des principaux rédacteurs jusqu'à sa mort.

Publications diverses

Diane jalouse ou le triomphe de l'amour, Bordeaux, Labottière, 1784, in-8°, opéra à grand spectacle en 3 actes, musique de Duquenoy, précédé de: Du goût des spectacles à Bordeaux.– Le Stratagème amoureux, Bordeaux, Labottière, 1784, in-8°, comédie en 3 actes (d ; e ; g ; h ; St.G ; V.T.B.).

Bibliographie

D.P.1 647.– A.D. Gironde: (a) 1 B 43, f° 79; 1 B 47, f° 123 v.; C 3865, f° 23; (b) 3 E 24284 et 24285.– A.M. Bordeaux: (c) GG 98 (paroisse de Bordeaux); (d) ms. 155 (fonds Aurélien Vivie). – B.M. Bordeaux: (e) ms. 713, t. III, f° 489; t. IV, f° 170; t. VI, f° 212; t. XLI, f° 203-205, 210-211; (f) ms. 829, t. I-IV, t. XIII, passim; (g) ms. 1696 (XIX), f° 14; fonds Delpit, carton 22.– M.S., t. XXVII, 2 décembre 1784. – (L.D.) La Dindonière, ou Lettre au rédacteur du Journal encyclopédique de Bouillon sur un article inséré dans son Journal Année 1783 t. VI Partie II p. 338 concernant le musée de Bordeaux, s.l.s.n., 1783 (par F.J.Th. Saint-Georges).– (S.G.) Féret Ed., Statistique générale de la Gironde, t. III, Biographie, Bordeaux, Féret, 1889, p. 147.– Labadie E., La Presse bordelaise pendant la Révolution. Bibliographie historique, Bordeaux, Cadoret, 1910, p. 25-37.– (L.B.) Livre des bourgeois de Bordeaux, XVIIe et XVIIIe Siècles, Bordeaux, Gounouilhou et Féret, 1898, p. 51. – (A.B.) Meiler P., Armoriai du Bordelais, Sénéchaussées de Bordeaux, Bazas et Libourne, Marseille, Laffitte, 1978,1.1, art. «Closanges». – (V.T.B.) La Vie théâtrale à Bordeaux des origines à nos jours, Paris, C.N.R.S., 1985,1.1, p. 304.

Auteur(s) de la notice


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