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Alexis CLAIRAUT (1713-1765)

État civil

Claude Alexis Clairaut naquit à Paris le 7 mai 1713 (suivant la notice de Grimm, mais le 13 selon l'Eloge de Grandjean de Fouchy). Son père, Jean Baptiste Clairaut, était maître de mathématiques et membre correspondant de l'Académie de Berlin. Il survécut à son fils et mourut le 31 août 1767, rue de Tournon (Affiches de Paris ; inventaire après décès au Minutier central). Sa mère, Catherine Petit, mit au monde quelque vingt enfants dont peu survécurent. Clairaut, deuxième enfant, avait un frère désigné partout comme Clairaut le Cadet, aussi précoce et aussi doué que lui et qui fut emporté rapidement par la petite vérole en 1732 à l'âge de seize ans (Eloge).

Clairaut resta célibataire, bien qu'il eût d'après ses biographes beaucoup de succès auprès des femmes. Il mourut en deux jours d'une indigestion jointe à un rhume (Brunet), d'une «fièvre putride» (Grimm), le 17 mai 1765.

Formation

Eduqué à la maison, Clairaut fut un enfant précoce. Dès l'âge de 10 ans il lisait des traités de calcul infinitésimal et à 13 ans il lut son premier mémoire devant l'Académie des Sciences : «Quatre problèmes sur de nouvelles courbes». En 1726, Clairaut, 13 ans, son cadet, 11 ans, Gua de Malves, 14 ans, J.P. de Fouchy, 19 ans, La Condamine, 25 ans, Nollet, 26 ans et d'autres fondèrent la Société des Arts, société savante qui dura quelques années (voir R. Hahn, : «New thoughts on the origin of the Encyclopédie», S.V.E.C. 190-193, 1981).

Elu à l'Académie des Sciences le 4 septembre 1729, le roi l'accepta le 11 juillet 1731. Il avait 18 ans et non les 21 ans requis ; il fallut faire établir une dérogation qui n'a jamais servi depuis.

Il fit partie de la Royal Society de Londres, de celle d'Edimbourg et des Académies de Berlin, Saint-Pétersbourg, Bologne et Upsal.

Carrière

Clairaut publia son premier ouvrage en 1731, fut nommé associé mécanicien le 30 mars 1733, pensionnaire mécanicien le 12 mai 1738. Il fit un voyage a Bâle avec Maupertuis en 1734 et, au retour, se retira au Mont Valérien avec lui. Mme Du Châtelet venait les voir et Clairaut fit plusieurs séjours à Cirey. Il aida «la belle Emilie» à traduire les Principia de Newton. En 1735, préparatifs pour le Voyage au Nord. Il s'agissait de mettre au point les méthodes les plus propres à étudier la figure de la terre et de mesurer un degré d'arc de méridien : il fallait mettre fin à la controverse entre cartésiens et newtoniens. Le 20 avril 1736, le groupe de savants dirigé par Maupertuis quitta Paris, s'embarqua de Dunkerque le 2 mai, passa à Stockholm le 21 mai. Ils firent leurs mesures en Laponie. Le 20 août 1737, ils étaient de retour à Paris (voir Brunet).

Il habita toute sa vie Paris, les vingt dernières années dans le Marais (Connaissance des temps). Il fit au moins deux voyages à Londres en 1753 et 1754 (voir correspondance) et pouvait traduire l'anglais et le suédois. En 1758, Clairaut succéda à Bouguer comme conseiller technique de la marine (Brunet).

Situation de fortune

«Clairaut avait accompagné Maupertuis au Nord. Maupertuis lui montra l'espérance d'une pension considérable et celui-ci qui faisait grand cas de l'aisance lui abandonna tout l'honneur de l'entreprise pour de l'argent que la cour paya. Clairaut fut riche, et l'on vit Maupertuis peint et gravé» (Diderot). Maurepas avait en effet obtenu 1000 £ de rente pour Clairaut (Brunet). «Il jouissait de 10 000 £ de rente en pensions et bienfaits du roi» (Grimm, C.L.), renseignement peu sûr et sans doute exagéré. Sa pension de l'Académie était de 2400 £ à sa mort, et fut donnée à d'Alembert «suivant l'ordre du tableau», non sans difficultés (lettre de Diderot du 8 sept. 1765). Il jouissait en outre de diverses petites rentes (inventaire après décès de J.B. Clairaut) et de la moitié de la rente de Bouguer (1500 £).

Opinions

Mathématicien newtonien, il eut plusieurs controverses avec des savants contemporains, par exemple avec Fontaine sur le calcul intégral. Il dut subir plusieurs polémiques sur les résultats des mesures faites en Laponie (voir Brunet). La controverse avec Buffon sur le problème des trois corps éclata en 1745 (voir Mémoires de l'Académie). Enfin querelles avec d'Alembert (tables de la lune et retour de la comète) et il s'ensuivit une joute entre articles du Journal des savants (C.) et du Journal encyclopédique (d'Alembert) qui dura jusqu'en 1762.

Il eut de nombreuses relations épistolaires en particulier avec les Cramer, les Bernoulli, Euler etc. L'inventaire de sa correspondance (environ 220 lettres) se trouve dans l'article de R. Taton. Une partie seulement est publiée. Aucune lettre reçue par Clairaut ne nous est parvenue.

Activités journalistiques

Collaborateur du Journal des savants de 1734 jusqu'à la date de sa mort. Il est rédacteur depuis le 19 novembre 1755 et fait partie de ceux qui le sont encore en 1764 (Table du Journal des savants et Note d'Expilly, f.fr. 22085). Il s'occupe de la partie mathématique.

Publications diverses

Nombreux mémoires et ouvrages répertoriés par Brunet et Taton. On trouve des vers de M. C. à M. de V. et la réponse de Voltaire dans l'«Eloge de M. Clairaut», Nécrologe des hommes célèbres, 1767, p. 235-251.

Bibliographie

D.S.B. (art. de J. Itard qui contient une bibliographie). – Grimm et Diderot, «Sur Clairaut», C.L., 1er juin 1765 (éd. Tourneux, t. VI, p. 473). – Notice de Diderot dans les Oeuvres complètes, éd. Hermann, t. IX, p. 399-404. – (Eloge) «Eloge de Clairaut» par Grandjean de Fouchy, Histoire de l'Académie des Sciences pour 1765, p. 144-159. – Turgeon F.K., «Unpublished letters of Mme du Boccage», Modern Philology, fév. 1930, p. 326-327. – Brunet P., La Vie et l'oeuvre de Clairaut, 1952. – Taton R., «Inventaire chronologique de l'oeuvre d'Alexis-Claude Clairaut», Revue d'Histoire des sciences, avril 1976, p. 97-122. – «Correspondance de L. Euler avec A.C. Clairaut», dans Euler, Opera omnia, Bâle, 1980.

Auteur(s) de la notice


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