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Charles CHAIS (1700-1785)

État civil

Charles Pierre Chais est né le 23 décembre 1700 à Genève (S.M.), de Jean François Chais et d'Alexandrine Maurice. Il a épousé à La Haye, le 13 avril 1734, Wilhelmina Antonia Pauw. Il est mort à La Haye le 10 novembre 1785 (S.M.).

Formation

Il fait toutes ses études au Collège puis à l'Université de Genève ; inscrit à la Faculté des Lettres le 15 mai 1714, il passe sa thèse de philosophie le 19 août 1718 (De affectibus) ; il s'inscrit en théologie le 6 avril 1718 et passe sa thèse le 17 août 1722 (De vera Sacrae Scripturae interpretatione). Prêteur le 9 avril 1723, il est consacré le 28 août 1724 (S.M.).

Carrière

D'abord précepteur, il accompagne de jeunes seigneurs anglais en France, en Allemagne et en Hollande de 1724 à 1728. Il est de passage à Paris en 1727 (Haag). Il reçoit des témoignages fort honorables de la Compagnie des Pasteurs le 13 septembre 1726 et le 2 avril 1728. Le 16 mai 1728, il est nommé pasteur à La Haye ; il est agrégé à la Compagnie des Pasteurs en 1731 (S.M.). Lors de l'élaboration du traité de Vienne en 1735, il est chargé d'affaires de Genève auprès du Grand Pensionnaire de Hollande (Dictionnaire historique et biographique de la Suisse, t. II, Neuchâtel, 1924). Il devient membre de la Société des Sciences de Haarlem et de la Société des Arts et des Sciences de Dublin. En mai 1764, il est nommé pasteur émérite (S.M.). Jean Deschamps considère en 1747 Joncourt, Boullier et Chais comme «les meilleurs et presque les seuls Prédicateurs qu'il y eut alors en Hollande» (U. Janssens, The Life and "Mémoires secrets" of Jean Des Champs (1706-1767), Amsterdam, 1990, p. 239). Il meurt à La Haye après y avoir rempli pendant plus de 50 ans les fonctions de pasteur.

Opinions

Protestant libéral, ami de Barbeyrac, de La Chapelle, de Formey, il s'efforce de concilier la pensée scientifique et l'orthodoxie protestante. Il est en Hollande le premier à défendre l'inoculation ; dans son Essai apologétique sur la méthode de communiquer la petite vérole par inoculation (1754), il s'efforce de vaincre les scrupules de ses correligionnaires. Il a créé à La Haye une maison de charité qui fut célèbre.

Activités journalistiques

L'oeuvre journalistique de Chais est considérable ; il a publié de nombreux extraits, souvent anonymes, d'ouvrages de théologie, de critique scripturaire, d'histoire, de médecine, de littérature anglaise, et participé à la rédaction de plusieurs périodiques importants.

Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants de l'Europe (Amsterdam, Wettstein et Smith, 1728-1735, 52 vol.) : Chais aurait collaboré avec Barbeyrac, La Chapelle et Desmaizeaux à la rédaction des tomes XIX à XXVI, de juillet 1737 à janvier-mars 1741 (B.Un.), sans qu'on connaisse l'étendue de sa contribution. En fait, aucune preuve précise de cette collaboration n'a jamais été présentée (v. Lagarrigue, Un temple de la culture européenne (1728-1753), l'Histoire externe de la «Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants de l'Europe», Nimègue, 1993, p. 76-77).

Bibliothèque britannique (La Haye, de Hondt, 1733-1747, 25 vol.) : Chais fournit au journal de Desmaizeaux, La Chapelle et J. Bernard, de nombreux extraits dans les cinq derniers volumes. Après la mort de Desmaizeaux, il fournit encore deux articles dans ce journal qui est sur le point de cesser. Il s'agit d'un extrait sur la Sainte Bible, t. XXIII, p. 36-64 et t. XXIV, p. 381-405.

Nouvelle Bibliothèque «ou histoire littéraire des principaux écrits qui se publient» (La Haye, Paupie, 1738 - 1744, 19 vol.) : Chais collabore au journal lors de sa fondation ; il a pour associés Barbeyrac et le marquis d'Argens, qu'il avait, d'après Formey, accueilli à La Haye entre 1735 et 1739 (voir S. Larkin, Correspondance entre Prosper Marchand et le marquis d'Argens, S.V.E.C. 222, p. 20). Selon La Motte, la contribution de Chais au journal aurait été réduite : «M. Chais peut bien y avoir fait quelque Article, mais je ne crois pas qu'il y travaille réguliérement. Lui et M. de la Chapelle favorisent le Libraire [c'est-à-dire Paupie] qui imprime ce nouveau Journal. Peut-être est-ce ce qui a fait croire qu'ils ont part à ce Journal» (lettre de La Motte à Desmaizeaux du 3 avril 1739, citée par Larkin, ibid., p. 86). Chais semble s'être effacé au moment du rachat du journal par Gosse et Néaulme ; il est alors remplacé par Charles de La Motte (voir ce nom) : «Dans l'année 1742, il y a peu de choses de M. [Chais?]»(lettre de La Motte à La Chapelle, 11 févr. 1743, B.H.P., ms. 295).

Bibliothèque impartiale (Leyde, Luzac, 1750-1758, 18 vol.) : collaboration épisodique de Chais

Bibliothèque des sciences et des beaux-arts (La Haye, Gosse, 1754 - 1780, 50 vol.) : Chais fait partie, avec Joncourt, La Fite, Dumas, Hop, Guiot, L'Héritier, de l'équipe de rédaction (Haag, Barbier) et travaille activement aux 25 premiers volumes (B.Un.).

Publications diverses

Liste des oeuvres de Chais dans Haag, dans Senebier, Histoire littéraire de Genève, Genève, Barde, 1786, t II, p. 55-56 et dans B.Un

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Bibliographie

Haag, B.Un. (notice de Beuchot). – (S.M.), Livre du Recteur de l'Académie de Genève (1559-1878), éd. S. Stelling-Michaud, t. II, Droz, Genève, 1966, p. 451.

Additif

État-civil : patronyme orthographié CHAIX dans la notice Bibliothèque des sciences et des beaux-arts (1754-1778) du DP1

Auteur(s) de la notice


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