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Siméon de CEINGLEIN (1670-?)

État civil

Siméon Antoine de Ceinglein est né en 1670 à La Haye de Gabriel de Ceinglein et de Maria Patoillet ; il est baptisé dans la religion réformée (Francès, p. 411). Sa lettre du 26 février 1719 à l'ambassadeur de France le dit marié, «avec une pauvre famille».

Formation

Docteur en droit de l'Université d'Utrecht (F, p. 416) et «interprète de la Ville de Rotterdam» (Gazette de Rotterdam, 19 avr. 1717) : la Gazette de Rotterdam est publiée par «S.A. de Saint Glain docteur en droit».

Activités journalistiques

Après avoir collaboré avec sa mère à la Gazette de Rotterdam avant 1713, il la dirige à partir du 31 janvier 1713. Il tente d'élargir son cercle d'informateurs et offre une pension de 500 à 1500 florins pour tout rédacteur de nouvelles dans une cour étrangère (n° du 19 avril 1717). Il s'efforce de garder de bonnes relations avec la Cour de France ; à partir de 1715, il multiplie les éloges du Régent. Il se montre en même temps favorable aux jansénistes, victimes de la Constitution Unigenitus. Il semble avoir eu dès 1717 des rapports difficiles avec l'Ambassade ; dans la série de la Gazette de Rotterdam conservée par la bibliothèque des Archives nationales (YII 27), on note une interruption entre le 27 septembre 1717 et le 17 mars 1718 ; le 24 mars le nom de «Saint Glain» est remplacé par celui de Baltz. Siméon de C. reste pourtant propriétaire de la gazette ; il encourt à ce titre les foudres de l'ambassade pour avoir publié en janvier 1719 une Déclaration du Roi d'Espagne hostile à la France. La correspondance diplomatique fait état des mesures à prendre à son égard : «Il sera sans doute protégé par le Sr Hennequin [bourgmestre de Rotterdam] qui favorise en toute occasion ce qui peut nuire ou déplaire à la France ; vous vous adresserez s'il vous plaît à M. le Pensionnaire pour obtenir cette deffense au Gazetier de Rotterdam ; et vous pourrez aussi en parler au Pensionnaire de Rotterdam dont les intentions sont bonnes» (A.A.E, C.P., , Hollande, lettre du Ministre au comte de Morville, 21 janvier 1719). Chargé par l'ambassade d'Espagne de transmettre un certain nombre de documents à Hennequin, il est dénoncé à l'ambassade de France, qui s'appuie sur le Pensionnaire pour le faire interdire. Le 26 février 1719, il demande sa grâce à l'ambassadeur de France, se dit victime de la mauvaise foi des services espagnols et plaide pour «une pauvre famille réduite aux abois par une persécution si longue & si obstinée» (ibid.). En juillet 1719, Siméon de C. sera contraint de revendre son privilège à Janiçon (D.P.1 522).

Bibliographie

(A.A.E., C.P.) Archives des Affaires étrangères, Correspondance politique, Hollande, janvier et février 1719.– (F) Francès M., «Un gazetier français en Hollande : Gabriel de Saint Glen, traducteur de Spinoza», R.S.H., 1955, p. 407-420.

Additif

Bibliographie: Quelques références manuscrites : Documents dans lesquels il est question de la suspension de la Gazette de Rotterdam en 1718 : AAE, CP Hollande 333 : lettres de Saint-Glain datées de 1718 ; AAE, CP Hollande 336 : correspondance entre Jacques Basnage et l’abbé Dubois. - National Archives, Londres, State-Paper Office, 84/577 : lettre de Siméon-Antoine Saint-Glain en date du 20 avril 1712, dans laquelle il propose [sans doute à Charles Spencer, Comte de Sunderland], ses services d’informateur et de gazetier au gouvernement anglais :

Monseigneur,

J’ai l’honneur d’envoyer à Votre ExcellenceMarion BRÉTÉCHÉ la gazette de Rotterdam, et en même temps une Récapitulation des deux derniéres gazettes, où j’ai rassemblé en une seule piéce le Mémoire fait pour justifier le Droit et la Sagesse du Gouvernement d’Angleterre, en fesant arreter les Comtes de Gillemberg et Gortz. Quoique jusqu’ici je n’aye point envoyé de gazettes en Angleterre, et rien qu’un petit nombre en Allemagne, je me suis avisé d’envoïer cet ordinaire la présente Récapitulation par paquêt de 50 et de 100 tant au Directeur des Postes de Londres, que des principales villes d’Allemagne et de France, sauf à perdre mes frais. Mais j’ai considéré en faisant cela qu’il seroit agreable à votre Cour de rendre ce Mémoire ainsi public par toute l’Europe. J’en agirai de même Monseigneur à l’égard de tous les Mémoires que je pourrais recueillir qui vous seront favorables. Et comme je me donne de nouveaux soins pour établir à quelque prix que ce soit, des correspondances par toutes les Cours, j’espère qu’il me viendra par la suite des nouvelles de nature à n’être pas mises dans des gazettes, mais à être communiquées à des Seigneurs de votre rang. En ce cas, si Votre Excellence l’a pour agreable, j’aurois l’honneur de les lui envoyer et de la servir à tout autre égard. Je puis aussi vous envoïer des nouvelles secrettes de diférentes Cours. C’est assez en dire à Votre Excellence. J’ay l’honneur d’être avec un très-profond respect, Monseigneur, …

                   S.A. de Saint Glain

A Rotterdam le 20 avril 1712

(Marion BRÉTÉCHÉ)

                                                                                                                            

Auteur(s) de la notice


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