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Giacomo CASANOVA DE SEINGALT (1725-1798)

État civil

Giacomo Girolamo Casanova est né à Venise, dans la paroisse de San Samuele, le 2 avril 1725, de Caietano Giuseppe Casanova, parmesan (1697-1733), et de Giovanna Maria Farusso (ou Farusi), dite «la Buranella» (1708-1776), fille d'un cordonnier vénitien (reg. baptistaire de l'église San Samuele, Archivio Storico italiano XLV, 1910, p. 15 ; voir Sirène, t. I, 283). Son père et sa mère étaient comédiens à Venise dans la troupe du théâtre San Samuele, propriété des patriciens Grimani. Casanova était probablement le fils de Michele Grimani, comme il l'a prétendu (R1, p. 32). Carlo Goldoni présente dans ses Mémoires Zanetta, la mère, comme une actrice «très habile» pour qui il écrivit La Pupilla (Paris, 1822, t. 1, p. 145). C. est l'aîné de cinq enfants : Francesco (1727-1803), le célèbre peintre de batailles ; Giovanni Battisto (1730-1795), également peintre, élève de Mengs, devenu directeur de l'Académie des beaux-arts à Dresde ; Maria Magdalena Antonia (1732-1800) danseuse, qui épousa un musicien de cour à Dresde ; Gaetano Alvisio ou Luigi (1734-1783), ecclésiastique (Sirène, t. I, 283-288). C., resté célibataire, eut des enfants naturels. Il est mort à Dux, en Bohême, le 4 juin 1798, comme en témoigne une plaque au cimetière de l’église Sainte Barbara de Dux (R1, p. 431).

Casanova est aussi connu sous les noms de : Chevalier de Seingalt (nom qu'il s'est attribué : R1, p. 148, 213), Comte Farussi (du nom de sa mère), Chevalier de Santacrux (nom qu'il porte lors de sa mission au congrès d'Augsbourg). Selon la coutume de l'époque, on trouve son nom adapté à la langue des pays où il séjourne : Nehaus ou Neyhaus à Berlin, Kasanov ou Casanow de Farussi en Russie et Pologne, Cazanauve en France... Il porte aussi le surnom cabalistique de Paralis, le nom arcadien d'Eupolemo Pantaxeno ; à Venise à partir de 1776, son pseudonyme de «confidente» est Antonio Pratolini.

Formation

De 1734 à 1739, il fait des études à Padoue. Il se sent une vocation pour la médecine, mais, parce qu'il a «le don de la parole», on le destine à la carrière d'avocat ecclésiastique. Il est inscrit, de 1737 à 1741, à l'université de Padoue (Archives de l’U. de Padoue, Registro di matricolazioni giuristi, Sirène, t. 1, 298-299, H.V., t. 1, p. 289) où il apprend, outre le droit, la chimie. En 1742 il devient docteur in utroque jure. Le 14 février 1740 il reçoit la tonsure et le 22 janvier 1741 les ordres mineurs. Il fait, au printemps 1741 à Venise, des débuts vite interrompus de prédicateur à l'église San Samuele. Il a sans doute étudié les sciences en 1742 au séminaire du couvent Santa Maria della Salute. A Rome, au service du cardinal Acquaviva au début de 1744, il prend ses premières leçons de français. Après avoir renoncé à l'état ecclésiastique puis à l'état militaire, il semble, entre 1744 et 1747, avoir fait des stages de clerc à Venise chez le notaire Manzoni et l'avocat Marco Lezze (R1, p. 82 ; H.V., t. II, 331). C'est à Paris en 1750 qu'il reprend l'étude du français, sous la conduite, dit-il, de Crébillon le père (H.V., t. V, 132). Lecteur universel, C. doit l'essentiel de sa vaste culture à sa curiosité personnelle : il parle latin (sait Horace par cœur), lit le grec, s'intéresse à la philosophie, aux mathématiques, à la médecine, à la chimie, à l'alchimie, à la magie ; il connaît presque toute la littérature européenne de son époque, et particulièrement la littérature italienne classique (il est passionné de l'Arioste, qu'il sait par cœur).

Carrière

Avec l'espoir de faire une belle carrière ecclésiastique, C. entre à Rome en juin 1744 au service du cardinal Acquaviva dans la chancellerie espagnole. Obligé de quitter Rome en 1745, il renonce à l'habit ecclésiastique, entre au service de la République vénitienne en achetant une commission d'enseigne dans un régiment stationné à Corfou (R1, p. 71) ; il accompagne l'ambassade vénitienne jusqu'à Constantinople avec des lettres de recommandation pour le comte de Bonneval (il semble avoir fait ce voyage une première fois en 1741) (R1, p. 62, 73). Dégoûté de ne pouvoir devenir officier, il rentre à Venise et trouve en 1746 un riche protecteur patricien, M. de Bragadin, qui le traite comme un fils ; C. mène alors pendant dix ans une vie prodigue qui, en juillet 1755, le conduira à la prison des «plombs», accusé de libertinage, d'athéisme, d'occultisme et d'appartenance maçonnique (R1, p. 122-124 ; Sirène, IV, 320-322, 326).

Il s'évade en novembre 1756 et se retrouve en janvier 1757 à Paris (où il avait séjourné quelques mois en 1750) ; la protection du cardinal de Bernis qu'il a connu à Venise lui procure une mission secrète à Dunkerque en août-septembre, et le fait nommer directeur de quelques bureaux de la Loterie de France, qu'il a contribué à créer. M. de Boulogne et Choiseul lui confient en 1758 et 1759 des missions secrètes en Hollande (D. Hœk, «Casanova en Hollande», C.G, t. XX, 1977, p. 27-31) ; sur le conseil de Choiseul, il a sans doute obtenu la naturalisation française (R1, p. 148 : des allusions à ce fait, postérieurement rayées, mais lisibles, apparaissent au t. VIII, chap. I, du ms. de l'H.V.). Il trouve à Paris en la marquise d'Urfé une bienfaitrice fascinée par ses connaissances en alchimie et ses pratiques magiques ; grâce à elle il mène grand train pendant plusieurs années. En 1759 il doit quitter Paris ; il parcourt l'Europe (peut-être envoyé secret du gouvernement français, R1, p. 177 et IC, 1990, p. 22) : Allemagne occidentale, Suisse, France, Italie ; en 1761 il est chargé de représenter le Portugal au congrès d'Augsbourg, qui n'a pas lieu (R1, p. 228-229). De juin 1763 à mars 1764 il est à Londres, à la fin de 1764 à Berlin où Frédéric II lui propose un emploi de gouverneur dans un nouveau corps de cadets de la noblesse poméranienne ; il le dédaigne, va chercher fortune en Russie auprès de Catherine II, et se retrouve à Varsovie d'octobre 1765 à juillet 1766, protégé pour un temps du roi Stanislas Poniatowski. Il parcourt ensuite l'Autriche, l'Allemagne, passe l'année 1768 en Espagne où il s'intéresse à un projet de colonisation de la Sierra Morena ; après un séjour en prison à Barcelone (pour avoir courtisé la maîtresse du gouverneur, le comte Ricla), il retourne en Italie, séjourne de 1770 à 1772 à Rome, Forence, Bologne, s'installe en novembre 1772 à Trieste d'où il essaie d'obtenir sa grâce des Inquisiteurs d'Etat vénitiens ; pour le mettre à l'épreuve, le gouvernement vénitien le charge de négociations délicates, et l'utilise comme agent de renseignements (R1, p. 390-391).

Rentré à Venise en novembre 1774, il fonde deux revues éphémères, se fait quelque temps producteur de théâtre, devient à la fin de 1776 agent secret des Inquisiteurs ; un pamphlet malheureux déchaîne contre lui la noblesse vénitienne et l'oblige à quitter Venise en janvier 1783. Il erre encore à travers l'Europe en quête d'un emploi, et devient en février 1784 secrétaire de l'ambassadeur vénitien Foscarini à Vienne ; après la mort en 1785 de l'ambassadeur, il accepte d'être bibliothécaire du comte Waldstein (neveu du prince de Ligne) à Dux, en Bohème. Il y demeure jusqu'à sa mort le 4 juin 1798.

Situation de fortune

A partir d'avril 1746, C. reçoit de son protecteur vénitien Bragadin une rente de 10 sequins par mois, qu'à la mort de celui-ci en 1767 deux de ses amis se chargent à leur tour de lui assurer. De 1757 à 1759, il vit à Paris des ressources assez lucratives de ses bureaux de loterie (R1, p. 132). Ses missions secrètes en Hollande lui rapportent des profits substantiels : en janvier 1759, une lettre de change de 100 000 florins gagnés sur sa transaction, et 12 000 £ que lui laisse Mme d'Urfé pour le récompenser d'avoir mené avec profit une opération qu'elle lui a confiée (R1, p. 145-146). Mais C. tire le plus clair de ses ressources de sa bienfaitrice : un neveu de la marquise d'Urfé lui reprochera en 1767 d'avoir «escroqué» au moins un million de livres à sa tante (R1, p. 136) ; en 1758 et 1759, il mène un train somptueux : il estime dans son Précis de ma vie (P.C. 1925, 1, 141-147) avoir alors été millionnaire. La faillite d'une fabrique de soies peintes qu'il avait montée l'oblige à fuir Paris où il manque d'être incarcéré à la Conciergerie (R1, p. 161-163). Il perd en 1763 l'aide financière de Mme d'Urfé. Dès lors, il erre vainement en quête d'un emploi stable, soumettant aux princes des pays qu'il traverse toutes sortes de «projets» (loterie, commerce, industrialisation, etc.). En 1764, ses dettes l'obligent à fuir Londres. Une de ses grandes ressources a toujours été le jeu, passion chez lui invétérée : à Aix en Savoie, en 1760, il estimait ses gains à 60 000 £ environ. S'il lui est arrivé de «corriger la fortune», il ne semble pourtant pas avoir été un «grec» ; mais depuis 1763, sa bourse ne lui permet plus de jouer gros jeu.

En 1769, à Lugano, il fait imprimer la Confutazione della Storia del Governo Veneto d'Amelot de La Houssaie (par laquelle il espère se concilier la grâce des Inquisiteurs vénitiens) et en 1772, à Trieste, l'Istoria delle turbolenze della Polonia, dont une querelle avec l'imprimeur Valerio de Valeri interrompt la publication au volume 3 (lettre à F.C. Coronini, 5 juillet 1774, P.C., t. VII, p.70). Pour ses négociations et ses services d'agent de renseignements, le gouvernement vénitien en 1773 le gratifie deux fois de 100 ducats d'argent (soit 400 £ tournois), et lui promet même un traitement mensuel de 10 sequins (R1, p. 390-391).

De retour à Venise en septembre 1774, C. édite tant bien que mal ses œuvres par souscription ; il se fait quelques mois entrepreneur de théâtre, publie deux revues éphémères entre 1780 et 1781 ; à partir de 1776, le gouvernement l'utilise comme «confidente» contre un traitement mensuel de 15 ducats (R1, p. 405). Après son départ de Venise, il est, de février 1784 à avril 1785, secrétaire de l'ambassadeur Foscarini à Vienne, puis bibliothécaire du comte Waldstein à Dux en Bohème, jusqu'à sa mort, avec le salaire annuel de mille florins (R1, p. 424-425).

Opinions

C. se présente lui-même comme «philosophe» (H.V., t. 1, p. XVI), homme «sans préjugés », libre penseur. Malgré certaines protestations officielles d'orthodoxie chrétienne (dues à la méfiance après la dure expérience des «plombs» de Venise), il semble hésiter en fait entre le matérialisme et un certains déisme, ce qui n'exclut pas certaines tendances superstitieuses, comme il le reconnaît dans ses mémoires (H.V., t. IX, p. 334, t. XI, p. 35 ; cf. M.F. Luna, «Casanova et ses dieux», Europe, mai 1978, p. 59-67).Il est affilié en 1750 en France à la Franc-Maçonnerie (à Lyon, puis à Paris, «dans la loge du duc de Clermont», où il est reçu maître), ce qui lui procurera de nombreuses et puissantes amitiés à travers l'Europe ; il devient aussi Rose-Croix (R1, p. 89-91). Malgré sa liberté d'esprit, C. respecte l'ordre social dont il vit, et cherche partout à se faire admettre de la «bonne compagnie» aristocratique dont il dit partager les «préjugés» (Sirène, t. I, p. 267). Ce cosmopolite n'éprouve dans sa vieillesse qu'amertume à l'égard de la Révolution française, de la nouvelle Europe «jacobinisée», partagée par les nationalismes (Lettre à Leonard Snetlage, 1797 : articles «Révolution», «Sans-Culotte», et p. 89 et suiv., ainsi que C.G, t. X, 1967, p. 10). Depuis son séjour à Varsovie, en 1765, il s'intéresse vivement au sort de la Pologne, dont il déplore le démembrement, comme en témoignent plusieurs écrits, en particulier son importante Istoria delle turbolenze della Polonia de 1774 (C.G, t. XII,33-35).

C. connaît toute l'Europe du XVIIIe siècle. Ses talents lui ont assuré de puissantes protections, comme celles du cardinal Acquaviva à Rome, du pape Clément XIII qui le gratifia en 1760 de l'ordre pontifical de l'Eperon d'or, de Lord George Keith, de la marquise d'Urfé, du prince Kaunitz, du procurateur vénitien Morosini ; il a conversé avec Bonneval à Constantinople, Frédéric II, Catherine de Russie, Stanislas Poniatowski. Quelques-uns de ses meilleurs amis sont le cardinal de Bernis, dont la fidélité ne se démentira jamais, John Augustus Hervey, Lord Pembroke, John Murray, ses compagnons de libertinage ; en Allemagne, le comte Maximilien Lamberg, le prince de Ligne ; en Pologne, la princesse Lubomirska.

Il a connu bien des intellectuels et des artistes de son temps : Fontenelle, Voltaire, pour lequel il éprouve une admiration fort critique, qu'il visite plusieurs jours aux Délices en été 1760 et sur lequel il a beaucoup écrit, (H.V., VI, ch. 10 ; Scrutinio del libro, «Eloges de M. de Voltaire», Venise 1779) ; Rousseau, qu'il est allé voir à Montmorency (H.V., t. V, p. 221-222) ; il reconnaît son génie mais partage les méfiances de la bonne compagnie pour ses «singularités», son «fanatisme» philosophique (Corr. Opiz, t. I,p. 110 ; lettre. à Everard de Medici, juil. 1773 ; P.C., t. VII, p. 55). Il a rendu visite à Haller, à Métastase ; Crébillon le père lui enseigna le français à Paris en 1750, dit-il, a raison de trois leçons par semaine pendant un an. Il a fréquenté l'abbé Voisenon, d'Alembert, le marquis d'Argens, Benjamin Franklin, le peintre Mengs, professeur de son frère Jean, Lorenzo da Ponte, avec qui, peut-être, il collabora au livret du Don Giovanni de Mozart (R1, p. 421-422). A Paris, il fréquente la société de la Poplinière. Il est à Rome membre de l'académie des «Infecondi» et, depuis 1771, de la fameuse Académie des Arcades (R1, p. 380).

Lui-même fils de comédiens, C. connaît particulièrement bien le monde du théâtre, de la musique et de la danse (Sirène, t. VI, IX-XXX). Partout où il va, il est en relation avec les acteurs de la Comédie italienne ; à Paris, il est étroitement lié à la famille de Silvia Balletti, dont il faillit épouser la fille (H.V., t. III, ch. 8 et suiv.).

Enfin, il a côtoyé les aventuriers les plus notoires de l'époque, en particulier Saint-Germain, qu'il ne peut s'empêcher d'admirer, et Cagliostro (Soliloque d'un penseur, P.C., t. VIII, p. 3-37 ; H.V., t. V, p. 114 et suiv., 175 et suiv., 263 et suiv. ; t. VI, p. 24 et suiv. ; t. X, p. 35 et suiv.) ; Ange Goudar surtout : il lui a écrit, à Londres en 1763, dit-il, quelques lettres de son Espion chinois (R1, p. 12-13) ; en 1776, il collabore à un pamphlet publié contre lui (Discorso all'orecchio di Monsieur Louis Goudar, Londres, 1776 ; voir M.F. Luna, «Casanova et Ange Goudar», Mélanges dédiés à S. Roth, Université de Dijon, 1994). Voir à ce sujet sa lettre à Lamberg du 28 juillet 1787 : «Venons à Goudar ; et lorsque vous voulez savoir quelque chose de vrai sur tous les aventuriers de la terre, nos contemporains, venez chez moi car je les ai connus tous «funditus et in cute» (Patrizi e avventurieri, dame e ballerine..., Milan, 1930, p. 295).

Il est en relation épistolaire avec, entre autres, le comte Simone, Stratico, le marquis Albergati, Lorenzo da Ponte, le comte Maximilien Lamberg, le prince de Ligne (R1, p. 210-213 ; C.G, t. XII, 29 ; M.F. Luna, «Un citoyen du monde à travers l'Europe», D.H.S., t. XXV, 1993).

Activités journalistiques

C. a publié des vers italiens dans des revues : Camille Veronese, Anagramma : l'Amore se la vince. Madrigal, paru dans le Mercure de France, avril 1757 (vers adressés à Paris à une actrice italienne, Camille Veronese : R2, p. 11-12).«Sonetto», publié anonymement dans la Gazzetta Goriziana, n° 24 du 8 décembre 1774 (dans ce sonnet, C. applaudit à la fermeture du Ridotto de Venise : R2, p. 32).

A son retour d'exil, à Venise, C. lance successivement deux revues dont il est l'unique rédacteur :

Opuscoli Miscellanei, Venise, Presso Modesto Frenzo, parurent de janvier 1780 (daté 1779 more veneto) à juillet 1780, 7 brochures en italien. Outre des extraits de son Istoria delle turbolenze della Polonia et «Il Duello» (récit de son fameux duel en Pologne avec le comte Branicky), C. y publie, entre autres, des traductions du français : «All'Anima di Voltaire», traduction commentée d'un poème qui obtint un prix à l'Académie française en 1779 : «Aux Mânes de Voltaire» ; les «Lettere della nobil Donna Silvia Belegno», qu'il prétend tirées d'un vieux manuscrit vénitien, et qui sont en fait une adaptation du roman de Madame Riccoboni, Lettres de Milady Catesby, dont C. a changé les noms (R2, p. 45-50).

Le Messager de Thalie, Venise [probablement aussi imprimé chez Modesto Fenzo] parut d'octobre 1780 à janvier 1781 (D.P.1 956). Revue hebdomadaire en français, 11 numéros dont le dernier en italien porte le titre de «Talia». Devenu pour quelque temps entrepreneur d'une troupe de comédiens français à Venise, C. annonce dans cette revue les représentations à venir et présente les pièces du répertoire français, classique et contemporain, avec des commentaires destinés à stimuler la curiosité du public, mais pleins de sarcasmes voilés à l'égard du public et du gouvernement vénitiens ; réédité dans les P.C., Paris, 1925, vol. I, R2, p. 54-56). Ces deux revues disparurent sans doute interdites par la censure (voir G. Damerini, Casanova a Venezia dopo il primo esilio, Torino, 1957, p. 316 et suiv., 362).

Il avait rêvé vers 1777 de lancer un périodique mensuel de 50 à 100 pages, qu'il aurait intitulé Il Telescopio di Cecco Curione, sur le modèle du Giornale enciclopedico d'E. Caminer, sorte de «rhapsodie littéraire, historique, critique et politique» où il aurait présenté en particulier «les faits les plus récents et en aurait fait l'analyse critique» (Inédits, Cat. Marr, U 18, 23, p. 26-27) ; ce projet semble avoir été refusé par la censure vénitienne, hostile aux débats politiques. En 1785, C. intervient dans une controverse qui oppose depuis l'année précédente Venise à la Hollande ; alors secrétaire de l'ambassadeur Foscarini que le gouvernement vénitien a chargé de la négociation à Vienne, il est chargé d'étudier les dossiers et de défendre la position vénitienne.

Il publie d'abord quelques opuscules : Lettre historico-critique sur un fait connu, Hambourg, 1784 ; Exposition raisonnée du différent [sic], 1785 ; «Lettre à Messieurs Jean et Etienne L[...]», parue dans la Gazette de Cologne, le 19 avril 1785, en réponse à des articles publiés par les Luzac dans la Gazette de Leyde, dont ils sont éditeurs ; Supplément à l'exposition raisonnée... (1785) ; puis une série de six articles sans titre ni signature, parus dans l'Osservatore triestino, Trieste, en janvier et février 1785 (22 janv., p. 245-246 ; 29 janv., p. 253-255 ; 5 févr., p. 261-263 ; 12 févr., p. 269-271 ; 19 févr., p. 277-279 ; 26 févr., p. 285-286 : R2, p. 64-80).

Publications diverses

Voir la liste des œuvres de J.C. dans Pollio J., Bibliographie anecdotique et critique des œuvres de J. Casanova, Giraud-Badin, Paris, 1926 ;

Bibliographie

(H.V.) Casanova, Histoire de ma vie, éd. Brockhaus-Plon, Wiesbaden-Paris, 1960. – (Sirène) Casanova, Mémoires, éd. de la Sirène, dir. R. Vèze, Paris, 1924-1935. – (P.C.) Pages casanoviennes, collection dirigée par R. Vèze et J. Pollio, Paris, 1925-1926, Librairie de la Société casanovienne. – (Opiz) Correspondance avec J.F. Opiz, liepzig, 1913, 2 vol. – (R1) Rives Childs J., Casanova, une biographie, Pauvert, 1962, rééd. 1983.- (R2) Id., Casanoviana, an annotated world bibliography, Wien, Nebehay, 1956. – (C.G.) «Supplements to Casanoviana» dans Casanova Gleanings, revue annuelle éditée par J. Rives Childs, Nice, de 1958 à 1980. – (IC) L'Intermédiaire des casanovistes, Roma, depuis 1984.

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