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Antoine CADET DE VAUX (1743-1828)

État civil

Antoine Alexis Cadet est né à Paris le 11 janvier 1743 (Archives de Nogent-les-Vierges), le dernier d'une famille de treize enfants. Son père, Claude Cadet, Maître en Chirurgie à l'Hôtel-Dieu de Paris, mourut deux ans plus tard, ne leur laissant pour toute fortune que «2 écus 6 £». L'aîné, Claude Antoine, était déjà élève en chirurgie ; il deviendra à la mode et s'enrichira. M. de Saint-Laurent, «conseiller secrétairedu Roi, maison, couronne de France et de ses finances» (V), Trésorier-général des Colonies françaises d'Amérique (A.R. 1771), prit en charge l'éducation des autres enfants ; il les mit en nourrice dans la région de Mantes. L. G. Toraude (Etudes), s'appuyant sur les Mémoires du Baron Thiébault, cite encore, parmi les soutiens de la famille, un M. de Sozzi. Comme ils réussirent tous et fondèrent plusieurs branches d'une sorte de dynastie «Cadet», ils ajoutèrent, pour se distinguer les uns les autres, au nom «Cadet» le nom de la commune où ils grandirent. Ce qui n'empêcha pas les biographes de commettre de nombreuses confusions entre ces sept garçons aux âges et aux occupations rapprochés. Jusqu'en 1780, C. donnait parfois cette précision : «Le Jeune». Puis il signa «Cadet de Vaux» (M.C., L 659, 21 août 1780). L'A.R.écrit «Cadet 2°» ou «Cadet Devaux». Après la Révolution apparaît définitivement la signature «A-A Cadet-de-Vaux».

C. épousa en 1773 Louise Victoire Delaplace, «fille mineure de Charles Delaplace, marchand Epicier, bourgeois de Paris et de Bonne Le Prince» (M.C., XC 458). Ils eurent trois fils : Charles Antoine, né le 21 avril 1774 ; Benjamin Louis, le 4 octobre 1779 ; Marcellin, le 13 octobre 1787 (Archives de la Seine, état civil). C. mourut le 29 juin 1828, retiré chez son fils Benjamin, manufacturier à Nogent-les-Vierges, dans l'Oise.

Formation

Enfant, C. vécut chez un boulanger (Heuzé). M. de Saint-Laurent lui fit suivre la même voie que son frère Louis Claude Cadet (fondateur de la branche «de Gassicourt») : apprenti chez le célèbre apothicaire M. de Chamousset, dont les idées et la pratique le marquèrent, il étudia la chimie en suivant les cours de Rouelle (S, Préface) ; en 1759, il remplaça son frère à l'Hôtel Royal des Invalides comme Apothicaire-Major «gagnant-maîtrise». Six ans plus tard, il obtenait son brevet et aurait pu s'installer en prenant une officine. Mais il ne quitta les Invalides que le 16 octobre 1766, remplacé par Parmentier. Cette première rencontre sera le début d'une longue collaboration. C. ne s'installa toujours pas, refusant comme son frère d'appartenir à une corporation où sa profession était confondue avec celle des épiciers ; il préféra louer son privilège, et étudier. Il traduisit du latin les Elemens de Chymie de Spielmann, chimiste strasbourgeois. La publication de son ouvrage, rendue possible par de notables appuis (S, Préface et notes) en 1770, lui valut les éloges de l'auteur, une petite renommée de chimiste et de latiniste et la place de Pharmacien en chef de l'Hôpital du Val-de-Grâce puis celle de «Démonstrateur» (A.R., 1773) de chimie à l'Ecole Vétérinaire d'Alfort pendant trois ans et enfin, en 1780, le titre de censeur royal pour la chimie.

En 1777, les Apothicaires devinrent Pharmaciens et un Collège Royal de Pharmacie fut créé. C. fut nommé professeur et élu député du comité en 1782 (A.R.). Grâce à son frère et à Spielmann, il est membre en 1771 de l'«Académie Impériale des Curieux de la Nature». Malgré son intérêt pour l'économie rurale, il n'accéda de plein droit à la Société Royale d'Agriculture qu'en 1787. Contrairement à son frère aîné, il n'accéda jamais à l'Académie des Sciences sous l'Ancien Régime. Son acte de décès indique seulement «membre de l'Ecole royale de Médecine [sous la Restauration], chimiste». Membre de la Société philanthropique de 1783 à 1793 et à nouveau en 1802 avec le banquier Benjamin Delessert ; de la Société Maternelle avec Beaumarchais (Décade, n° 22 ; J.P., 4 août 1784). Membre de la Loge des Neuf-Sœurs de 1781 à 1783.

Carrière

C. vécut à Paris, rue Saint-Antoine (M.C., XC 458), puis 16 rue des Gravilliers jusqu'en 1793, rue Grenelle Saint-Germain en l'An V. En 1788, il acquit une propriété à Franconville (V), sans doute attiré par la proximité des «Jardins» du Comte d'Albon, un excentrique féru de sciences qui s'était plusieurs fois manifesté dans le Journal de Paris (extrait élogieux de l'un de ses ouvrages le 20 juil. 1779) (voir A.). Il garde son domicile parisien. De 1821 à 1827, il réside rue de l'Eperon, n° 8.

C. n'avait pas le goût du commerce de l'apothicairerie. Dès qu'il en eut les moyens, en 1781, il vendit son officine. En septembre 1776, il participa à la création du Journal de Paris. Destiné à une fraction plus large de la société que les anciens périodiques, paraissant quotidiennement, ce journal avait l'impact requis pour servir la propagande gouvernementale, établissant un dialogue rapide entre les lecteurs, les rédacteurs et donc le pouvoir, notamment dans ses appels à la bienfaisance privée. C. utilisa ce journal comme instrument de publicité pour son activité essentielle depuis 1775 : l'exécution des projets d'amélioration de l'hygiène publique, de l'assistance, de l'économie rurale et domestique. Il rédigea des mémoires sur la salubrité publique sous la direction du lieutenant général de Police, J.C. Lenoir, qui créa pour lui le titre de «Commissaire Général des Voyeries et Inspecteur des objects de salubrité» en 1779 (J.P., 22 juil. 1779 : annonce du brevet accordé par le Roi). Lenoir se servit aussi de lui dans sa stratégie contre les équarrisseurs de Paris, qui ne voulaient pas déplacer leurs tueries, foyers d'infection. Lenoir le nomma à mainte reprise commissaire pour enquête sur ces objets ou pour diffuser les réformes dans tout le royaume. Ayant participé à la création de l'Ecole de Boulangerie avec Parmentier (Birembaut.), il fit avec celui-ci des tournées, en 1782 à Chartres, en 1784 à Amiens, dans le Languedoc, en Bretagne, pour donner des cours de boulangerie. Il est à Brest avec le chimiste A. Beaumé en décembre 1784, quand il s'agit de réprimer la fraude sur les tabacs. Il accompagna le lieutenant de Police à Bicêtre pour organiser le travail des prisonniers (C5), dans les maisons d'assistance, pour organiser le travail des enfants abandonnés, celui des femmes indigentes ou atteintes du mal vénérien, le travail des vieillards, en compensation des soins qui leur étaient prodigués (C1). Grâce à son action incessante depuis 1775, le cimetière des Innocents, insalubre, fut fermé en 1780 (J.P., 14 déc. 1780). Dès 1785, sous l'égide de l'Intendant de la généralité de Paris, Bertier de Sauvigny, il créa des Assemblées d'Agriculteurs, les «Comices agricoles».

Pendant la période révolutionnaire, C. se lança dans la politique. Il résidait une partie de l'année à Franconville : il en devint commandant de la Garde dès le 8 août 1789 (C2) ; grâce à sa réputation de spécialiste d'économie rurale et de défenseur des propriétaires ruraux, il fut élu député (1791) et président de l'Assemblée du Département de Seine-et-Oise (C3). Il cessa ses fonctions politiques le 11 décembre 1792 (V, p. 422), chassé par des éléments plus radicaux. Sous le Directoire, il se mit au service de son ami Bénézech, ministre de l'Intérieur, notamment pour organiser le voyage vers l'Autriche de Mme Royale, échangée contre des prisonniers de guerre, le 27 novembre 1795 (V).

Situation de fortune

C. ne connut pas la pauvreté : dans son enfance il fut aidé par ses frères et le bienfaiteur de la famille ; son contrat de mariage indique qu'il apporta en dot 27 000 £, autant que sa future épouse, dont la famille était composée de négociants et même d'un architecte, L.N. Le Prince, censeur royal, d'un avocat en parlement, P.N. Le Prince. Du côté des Cadet, on trouve un procureur au Châtelet (A.J.B. Maubert, beau-frère), un fermier général (Cadet de Saineville et non Senneville comme l'écrivent les biographes), censeur royal, un premier commis des Ponts et Chaussées (Cadet de Chambine), etc. (M.C., XC 458). Le privilège du Journal de Paris lui apporta une confortable aisance. Hatin estime les revenus des propriétaires de ce journal à 100 000 £ par an.

Pour mettre en pratique ses conceptions sur le méphitisme des puits et fosses d'aisance, il reprit une compagnie de ventilateurs avec dix associés dont son beau-père (M.C., L 548 ; 11 juin 1779), mais ce fut un échec financier. C. acquit «sur un ordre du lieutenant de police», le 31 mars 1780, sous le prête-nom de François Cholet, un privilège d'équarrissage et un terrain à Javelle, paroisse de Vanves (M.C., L 654). Le contrat lui procura 6000 £ de rentes jusqu'en 1784 où il revendit l'affaire à bon prix. S'il perdit de l'argent, ce fut, comme tous les propriétaires, du fait des réquisitions révolutionnaires ; il conserva sa propriété de Franconville jusqu'en 1821, époque à laquelle il choisit de s'en défaire pour doter ses trois fils, l'un devenant manufacturier, les deux autres propriétaires à Saint Germain-des-Bois, l'un d'eux entrant par ailleurs dans l'armée.

Opinions

Roturier, habitué à se faire brocarder par les gens de lettres qui ne lui pardonnaient pas d'avoir été apothicaire, par les docteurs de la Faculté, parce qu'il n'était pas un des leurs, C. laissa secrète sa vie privée. Il ne semble pas qu'il ait fréquenté les salons ; à tout le moins il ne s'y fit pas remarquer. Mais par ses fonctions, il contacta des personnages importants : le duc de La Rochefoucault-Liancourt (C11, p. 105), avec qui il créa une société maternelle ; Necker, qu'il préférait à Turgot, n'étant pas inconditionnel de la physiocratie ; il seconda Mme Necker dans la création de l'hospice de Charité de la paroisse de Saint-Sulpice, en 1778 ; on dit qu'il fut proche de Duhamel Dumonceau. C. appréciait Franklin qu'il avait rencontré au cours des démonstrations de Parmentier sur la boulangerie des Invalides (Parmentier). Il lui rendait visite dans sa demeure de Passy. Comme C., Franklin s'était occupé en Pennsylvanie de philanthropie sociale et s'était lancé dans le journalisme (C10, avant-propos). Leurs conversations roulaient sur des points d'horticulture ou de physique (V). Cependant, C. n'adhéra pas à la franc-maçonnerie quand Franklin était Vénérable de la Loge des Neuf-Sœurs. C. ne la fréquenta que trois ans, de 1781 à 1783, quand la France était alliée aux Insurgés et que le Vénérable de la Loge était le Marquis de Lasalle. Il quitta la loge à l'époque du traité de paix et ne participa donc pas à la campagne pour la réforme de la justice engagée par le Vénérable Dupaty en 1784.

C. montra nettement ses idées, n'hésitant pas à s'affronter aux «intérêts particuliers» (C1), parfois d'ailleurs de façon maladroite (J. d'E.R. et D., juin 1805) ; il voulait, comme son maître Chamousset (C7), être l'ennemi de l'esprit de système et du fanatisme (S, p. 2), mettant sa ferveur religieuse au service de la bienfaisance. Mais il n'avait pas une culture théorique ou une intelligence suffisantes pour s'élever au-dessus des engouements irrationnels de l'époque. C'est ainsi que, malgré sa prudence, il crut dans le magnétisme animal, enflammé par l'idée que cette découvert pouvait «soulager l'humanité souffrante». L'article du J.P. du 24 juillet 1780 qu'il consacre aux deux magnétiseurs révèle sa façon de concevoir l'action du savant : «en qualité d'homme sensible, pour avoir le sentiment profond des misères humaines, il a le courage de s'[y] opposer et de heurter de front les ridicules». C'est en effet ce que rencontra souvent C., et comme il était peu diplomate avec ses confrères, ceux-ci ne lui firent pas de cadeau (J.P., 3O juil. 1780). Comme les Physiocrates, il est partisan du progrès, qui ne peut se faire que par l'impulsion étatique (C1) ; c'est pourquoi il se mit au service de tous les gouvernements, soit officiellement, soit par ses propositions (au comité de Salut Public en l'an II, pour remédier à la disette : V., p. 425). «Son désir ardent d'être utile», son zèle pour la chose publique, lui firent publier un éloge de J.C. Lenoir, en 1786, lorsque celui-ci dut quitter ses fonctions de Lieutenant Général de Police. Il s'y flatte d'être «plus particulièrement honoré des bontés de M. le Noir». Pourtant Lenoir ne le mentionna pas dans ses mémoires (manuscrits) et ne le cite qu'une fois dans son Détail sur quelques Etablissements demandés par S.M.I. la Reine de Hongrie (p. 39). C'est en le tenant dans l'ombre que Lenoir se servit de C.

C aimait profondément Louis XVI (C2), qui avait daigné goûter de son pain (J.P., 21 déc. 1778) ; dans son premier discours de 1789, il veut faire croire que le Roi «est l'ami de la Révolution» (C2) ; car il était aussi patriote que désireux de voir respecter sa classe. On dit qu'il eut le premier l'idée d'ériger, en 1791, un «Autel de la Patrie» (V, p. 414). En résumé, il préférait les pouvoirs forts, monarchiques, qu'ils aient à leur tête Louis XVI, Bonaparte ou Louis XVIII, pourvu qu'ils permettent à l'Etat de fonctionner. Il n'avait rien d'un démocrate ; la déclaration des Droits de l'Homme lui paraissait dangereuse. Ce qui comptait, c'était l'ordre et la stabilité de l'Etat et pour cela, l'Etat, quel qu'il fût, devait, en s'appuyant sur la religion, réformer, réprimer les abus et réprimer tout court. Dans ce même premier Discours, il exprime la panique des possédants contre les mouvements populaires. Le bon citoyen est celui qui s'occupe de sa famille, qui travaille, qui respecte la propriété et qui obéit aux autorités constituées (C3). Et dès cette époque il appelait à la répression contre les pauvres qui s'opposaient à la liberté du prix du pain. La mort de Simmoneau mit le comble à sa terreur (C4). Bien plus tard, en 1800, l'attentat contre le Premier Consul, dans la rue Ste Nicaise, lui fit réclamer dans Le Publiciste du 8 nivôse an IX le retour aux supplices d'Ancien Régime. Il est vrai que ces pratiques ne l'avaient jamais révolté ; on apprend même dans cet article que sous l'Ancien Régime, il accompagna une fois cinq suppliciés jusqu'au gibet pour les inciter jusqu'au dernier moment au repentir et à la délation (C6). Une lettre de C. au J.P. du 22 avril 1792 indique qu'il était encore attaché à l'ex-procureur Alquier qui lui avait demandé ce service. Les attaques dont il fut l'objet dans la Décade Philosophique à la suite de ses diatribes durent porter. Dès lors, il se soucia de rendre hommage à sa femme (C. 10, Préface), qui l'aidait dans ses travaux de recherche diététique, aux mères de famille et aux indigents (dédicace de C 9), il donna la parole à son fils, bref, il souleva un voile de sa vie privée pour prouver qu'il n'était pas seulement philanthope mais homme de cœur. C. a écrit sur deux de ses amis : Bénézech, dont il fit une biographie en l'An X ; Jean N.H. Nast, un manufacturier très paternaliste dont il fit l'éloge funèbre en 1817. S'il collabora toute sa vie avec Parmentier, il ne semble pas qu'il en fut un ami intime ; il semble que C. ait souffert de n'avoir pas reçu les mêmes hommages que Parmentier (voir par exemple La Feuille du Cultivateur du 20 avril 1793, ou la justification de ses travaux : C8, p. 2) ; C. n'imprima pas d'éloge à la mort de Parmentier (déc. 1813).

Activités journalistiques

Copropriétaire du Journal de Paris en 1777, on peut lui attribuer sans trop de risque d'erreurs les rubriques «Economie rurale», «Police», «Médecine», «Chymie», «Administration», «Agriculture» lorsqu'elles concernent les objets dont il s'occupa directement ou sous les ordres du Lieutenant de police. Par exemple, le 1eraoût 1777 : installation du Collège de Pharmacie ; 10 juil. 1777 : boîtes de médicaments envoyées gratuitement dans les villages ; 11 juil. 1777, «Economie domestique» : recette de la gelée de groseille, avantage de ne pas employer le cuivre ; 18 juil. 1777, «Police» : dépôt général de filasse que les curés pourront distribuer aux pauvres pour les occuper ; autres ressources possibles : le nettoiement des rues, la moisson, les ateliers de charité dans les campagnes ; cas d'intoxication par les fosses d'aisances, les tombes, les ustensiles en cuivre, 11 août 1777, 22 août 1777, 27 août 1777, 7 sept. 1777, 25 mai 1781 ; «Chymie», sur l'alkali volatil : 31 juil. 1778 ; 15 nov. 1779 : Chassis physiques du Sieur Mallet, invention intéressant la réforme de la voierie par l'utilisation des boues de Paris.

C.D ; V. a pu commenter ces ouvrages : Mémoires sur le rouet à filer à deux mains de Bernières (juin 1778) ; Bassani Carminati sur le méphitisme, article critiqué par un lecteur le 1er mars 1778. Deux articles consacrés à Mesmer : 31 mars et 2 avril 1778 : verdict favorable. Article ayant valeur de publicité pour la boutique de C. : le 23 août 1778, «Médecine» ; le 4 nov. 1780, lettres-patentes accordées aux Fosses Vétérinaires dans l'une desquelles C. était intéressé. Le J.P. n'oublie pas non plus Cadet 1° (Louis-Claude), de l'Académie des Sciences (27 juin 1778, 4 mars 1779) ; nombreux articles concernant les deux Cadet en 1783.

Depuis sa création, le J.P. faisait campagne pour toutes ces interventions de l'administration : en 1779, la publicité tapageuse effectuée par C. en faveur d'un moulin à pédales permettant une mouture économique et surtout d'un élévateur d'eau à Bicêtre conçu pour être actionné par les prisonniers suscite les réticences d'un lecteur. C., prenant le pseudonyme de «PRO PATRIA Junior» soutint la polémique en présentant ce travail «permettant d'économiser sur le prix de l'entretien des chevaux» comme une faveur et non une punition ou même une obligation (J.P., oct. 79). C. signa une lettre «Aux auteurs du Journal», le 24 juillet 1780, sous la rubrique «Médecine», pour attirer l'attention sur Deslon et Mesmer. Il affectait donc de ne pas faire partie de l'équipe rédactionnelle, ce qui peut être compris par le fait qu'il abordait un point litigieux. Mais il ne devait pas avoir non plus beaucoup d'affinités avec ses associés Corancez et Romilly.

Le 1er mai 1788, le J.P. publie un compte rendu des Mémoires de la Société Royale d'Agriculture dont C. est correspondant depuis 1785. L'auteur de l'extrait peut être soit C. soit d'Ussieux. A cette époque en effet C. se tourne plus particulièrement vers l'économie rurale et domestique (c'est-à-dire la diététique) au détriment de sa participation au J.P. En 1792, le 22 avril, C. écrit au J.P. en tant que président du département de Seine-et-Oise, pour appeler à ramener l'ordre en punissant le crime.

Mémoires d'Agriculture, automne 1787 : art. de C. p. 86 et suiv.

Le Journal de Physique reproduit son Mémoire sur le méphitisme des puits en mars 1783 ; ce n'est qu'en juin 1793 que la version non censurée sur le cimetière des Innocents y est publiée (Mémoire lu par C. à l'Académie des Sciences en 1781).

Feuille du Cultivateur (suite de la Feuille d'Agriculture née en janvier 1788, organe de la Société d'Agriculture) : une dizaine de lettres entre juin et octobre 1791 traitant d'économie domestique ; n° 85 : 4 pages sur la salubrité de l'air ; n° 114 : C. se flatte d'avoir organisé une fête à Franconville pour «encourager» l'Agriculture et les «vertus rurales» (fait non mentionné dans les Archives de la Municipalité) (V). En 1793, une vingtaine de lettres sur le blé, la pomme de terre, etc. Le 21 déc. 1793 (1er nivôse an II) : «Moyen de prévenir la fraude que se permettent quelques Meûniers».

Le Publiciste, 8 nivôse an IX : article à l'origine d'une polémique avec les lecteurs de la Décade.

Décade Philosophique : n° 11, 20 nivôse an IX : article anonyme attaquant C. ; réponse, encore plus virulente, insérée dans ce même numéro ; dans le n° 20, l'écrivain Masson met en doute les qualités de C. ; Benjamin prend la défense de son père dans le n° 22 ; Masson lui répond le 30 prairial, n° 27.

Articles très nombreux de C. dans la Décade, notamment en l'an VI et IX (n° 24, 27).

Bibliothèque des Propriétaires Ruraux ou Journal d'Economie rurale et domestique à partir de 1801.

Gazette de Santé année 1813, p. 250 et suiv. : «Premier projet d'un Etablissement d'un hospice hydrophobique proposé et accepté sous l'ancien gouvernement».

Publications diverses

Œuvres de C. dans Cat.B.N. et ci-après, sous C.

Bibliographie

(S) : Instituts de Chymie trad. de Spielmann par C. – (C1) Eloge de J. Ch. Le Noir, 1786. – (C2) Discours prononcé à la cérémonie de la bénédiction du drapeau de la Garde Nationale de Franconville à la Garenne, 1789. – (C3) Aux municipalités du district de Pontoise (affiche), 1791. – (C4) Discours de Beaumont-sur-Oise, 1792. – (C 5) Notice biographique sur Bénézech, an X. – (C 6) Voir la polémique dans la Décade philosophique, an IX. – (C 7) Détails d'Etablissement d'utilité publique de la Fontaine-Grenelle. – (C 8) Mémoire sur la Gélatine des os vers 1802. – (C9) Traité du blanchissage domestique à la vapeur, 1805. – (C 10) Le Ménage ou l'emploi des fruits, 1810. – (C 11) Des Bases alimentaires de la Pomme de Terre, 1813. – (C 12) Notice nécrologique sur Jean N. H. Nast, 1817. – Benjamin Cadet-de-Vaux : art. de la Décade, n° 22, 10 floréal an IX. – Parmentier : Manière de faire le pain de Pomme de Terre. – (V) Vaquier A. : «Un philanthrope méconnu : Cadet de Vaux (1743-1828)», dans Paris et Ile de France. Mémoires, tome IX, Paris, 1957 1958 ; c'est la biographie la plus complète et la plus fiable car l'auteur cite ses sources, ainsi : Archives de Nogent-les-Vierges ; Archives de la Seine, Etat-Civil ; (V.FR.) Registre des Rapports et Procès-Verbaux de la municipalité de Franconville ; M.C., voir les références dans Vaquier. – (A) Vaquier A. : «Les Jardins du Comte d'Albon» dans Paris et Ile de France, p. 1956. – Birembaut A., «L'Ecole gratuite de Boulangerie», dans Enseignement et diffusion des sciences en France, au XVIIIe siècle, éd. R. Taton, Hermann, 1986, p. 493 et suiv. – ToraudeL.G., Etude scientifique, critique et anecdotique sur les Cadet (1695-1900), Paris, 1902. – Heuzé, Eloge historique de Cadet de Vaux, Paris, 1870 (de nombreuses erreurs).

Additif

Opinions : remplacer « M.  Nisard »,  par « Jean N.H. Nast » (J. S.))

Auteur(s) de la notice


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