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Albert BRONDEX (1737-1797)

État civil

Albert Brondex est né à Sainte-Barbe près de Metz le 28 septembre 1737, dixième enfant de Joseph Brondex (orthographié Blondesque jusqu'en 1727), mercier et cabaretier, et de Christine, fille de Nicolas Niclausse, cultivateur. «L'an mil sept cent trente et sept, le vingt-huitième du mois de septembre, est né à Sainte-Barbe et a été baptisé le lendemain Albert Brondex, fils de Joseph Brondex, marchand mercier audit Sainte-Barbe et de Christine Niclausse ses père et mère et a eu pour parrain Albert Guerde, laboureur à Cheuby, et pour marraine, Christine Labbé, qui ont signez et marquez selon l'ordonnance.» (A.D., Moselle, reg. des baptêmes de Sainte-Barbe). B. épouse à Paris (paroisse Saint-Gervais) Marie-Françoise Charpentier le 13 juin 1768, dont il a six enfants nés à Metz (paroisse Sainte-Croix) entre 1769 et 1778. Il meurt à Paris le 19 vendémiaire an VI (10 octobre 1797) à l'hôpital de la Charité.

Formation

Etudes chez les bénédictins de Sainte-Barbe mais il n'apprend ni le grec ni le latin. Son goût précoce pour la poésie est remarqué par les religieux de Sainte-Barbe.

Carrière

Ses activités et leur lieu d'exercice avant 1769 sont inconnus. Venant de Paris, B. arrive à Metz avec son épouse au début de 1769.

Situation de fortune

Durant son séjour à Metz, B. s'occupe de la gestion de plusieurs domaines. En 1775, il prend à bail avec son épouse la terre et seigneurie de Villers au Bois (par. Saint-Marcel de Metz, A.D. Moselle, E 177). Il se charge également de la gérance des biens de M. de Flavigny. Ce dernier ne pouvant obtenir le paiement du revenu de ses terres le fait incarcérer en 1781. B. est libéré sur l'intervention de Madame de Caraman, femme de l'officier gouverneur de la ville à qui il a dédié un de ses poèmes composé en prison. Il quitte la ville avec sa famille soit au sortir de prison en 1782, soit plus vraisemblablement en 1786 car il lit à ses amis son poème en patois messin Les Bruilles au cours de l'année 1785.

Opinions

B. ne fait pas état d'opinions politiques dans ses Affiches, étroitement surveillées par le pouvoir. Le choix et la présentation des livres parus fait apparaître un intérêt particulier pour les ouvrages des physiocrates, pour ceux de Voltaire. Le goût de B. pour le théâtre est manifeste au vu de la rubrique régulière qu'il y consacre. Les Affiches perdront cette rubrique à son départ. La franc-maçonnerie y est évoquée comme une chaîne de solidarité européenne et plusieurs francs-maçons messins y publient des articles à caractère scientifique (Freyermuller, p. 343). En fait, B. est essentiellement un littérateur dont les poésies en français et en patois messin sont appréciées au sein de la bourgeoisie messine où il a une réputation de «viveur».

Activités journalistiques

Par l'entremise de son beau-frère Louis Gentil, régisseur du château de Pange, il obtient la direction du journal hebdomadaire Affiches des Trois Evêchés créé par Cordier de Clermont (D.P.1 33) qui paraît sous ce titre de 1769 à 1772, puis sous celui de Affiches, annonces et avis divers pour les Trois Evêchés et la Lorraine de 1773 à 1778 (D.P.1 69). et enfin Affiches des Evêchés et Lorraine de 1779 à 1790 (D.P.1 70). Le même périodique à destination du public de l'ancien duché de Lorraine, comportant quelques variantes était intitulé Affiches de Lorraine, de 1769 à 1772, puis Affiches, annonces et avis divers pour la Lorraine et les Trois Evêchés en 1773. En 1770, il devient propriétaire du journal dont le bureau est à son adresse, rue Fournirue. En 1781, B. est mis en prison pour dettes et cède le journal à l'avocat du Parlement, Jean-François Blouet qui en devient le directeur et le rédacteur à compter du 1er janvier 1782. L'acte de décès de B. porte la mention «employé» (Barbe, «Deux poètes...», p. 122). Venant après l'échec des Affiches de Metz (D.P.1 38) et les Affiches d'Austrasie (D.P.1 9), le périodique dirigé par Brondex, composé d'annonces et avis, connaît un succès certain dans les Trois Evêchés et en Lorraine, dû à la qualité de la rédaction et à son adéquation aux attentes de son public. Ses articles en faveur de la vaccine ou de l'usage de la pomme de terre ne font que suivre l'opinion des autorités administratives.

A Paris, B. «se lance dans la politique, le journalisme et les affaires» (D.B.F., t. VII, p. 418). En 1794, il tente de lancer un nouveau journal. A cet effet, il publie un Précis d'un nouveau journal intitulé «Journal du peuple français» présenté au Comité de l'instruction publique par Albert Brondex, Paris, Impr. Polyglotte, s.d., in 8°, 32 p. (B.N., Lc 767 1) suivi d'un Précis d'un nouveau journal [...] Second avis, même imprimerie (B.N., Lc 767 A) dans lequel il écrit : «Le plan du journal que je soumets à votre examen n'est pas l'effet de mon imagination, mais il est celui d'un oeil constamment observateur pendant quarante années d'une vie active passée en grande partie avec les cultivateurs au milieu desquels je suis né» (Martin et Walter, t. I, p. 327, n° 5360). Le Journal du peuple français est annoncé pour paraître le 9 brumaire an VII (30 oct. 1794). Un seul exemplaire en est connu : Journal du peuple français par Albert Brondex, Paris, Impr. des Femmes, s.d., in 8°, 32 p. (B.N., Lc 767).

Publications diverses

Les Bruilles, poème, patois messin, s.l.n.d. [Metz, Impr. C. Lamort, 1787], in 8°, 40 p. Composé en 1785 pour les cinq premiers chants, ce texte a été publié par Pierre-Georges Gaspard, neveu de B. Une contrefaçon parut en 1820. – Chan Heurlin ou les fiançailles de Fanchon, poème patois messin en sept chants par B. et M. de Metz, publié par M.G., Metz, Vve Devilly, s.l., 1827, in 8°, VI, 70 p. Cette édition qui contient un remaniement du chant V et les chants VI et VII, dus à Didier Mory, auteur estimé de poésies en patois messin, a été publiée par L. Gentil, beau-frère de B. Le récit des aventures de Fanchon n'était pas achevé et Mory composa Lo Bêtomme don p'tiat fei de Chan Heurlin de Vreummin, édité séparément en 1834, puis ajouté aux sept chants en 1841 : Chan Heurlin ou les fiançailles de Fanchon, poème patois en sept chants. Par Brondex et Mory, de Metz. Publiée par M.G., Metz, Vve Devilly, 1841, in 8°, VI, 63 p. ; Chan Heurlin ou les fiançailles de Fanchon. Poème patois messin, en sept chants suivi de Lo Bêtomme et des Trimazos, 5e éd., Metz, Lorette, 1857, in 8°, 117 p. ; Chan Heurlin ou les fiançailles de Fanchon..., nouvelle éd. (par J.F.), Nancy, Sidot, 1900, in 4°, 104 p. ; Chan Heurlin, poème en patois messin de Brondex et Mory, présenté et traduit par Marcel Cressot, Nancy, Annales de l'Est, 1948, in 8°, 155 p. – Brondex A., Mémoire à la Convention nationale sur la réunion des postes aux lettres et des messageries (signé Brondex, Buteau), Paris, Impr. de Charpentier, s.d., in 8°, 15 p. – Pétition au Conseil des Cinq Cents relative à la création d'une nouvelle halle aux vins sur l'emplacement des Célestins, Paris, Impr. de Honnert, s.d., in 4°, 10 p. (B.N., Lk 7 322 42 ; B.M., Nancy). – Brondex A., Opuscules. Poésies, Paris, Parisot, 1801, in 8°, 13 p. – Le Banquet de l'Olympe ou la naissance de Célimène, Paris, Impr. Levrault, 1801, in 8°, 15 p. Ces deux oeuvres ont été publiées par Albert Mathieu Brondex, fils de B.

Bibliographie

Q. ; B.Un., N.B.G. ; D.B.F. – Martin A. et Walter G., Catalogue de l'Histoire de la Révolution française, Paris, éd. de la Bibliothèque nationale, 1936-1943, in 8°, t. I, p. 327 ; t. V, p. 331.– Bégin E.A., Biographie de la Moselle, Metz, Verronnais, 1826-1842, t. I, p. 163-174.– Barbe J.J., «Deux poètes du terroir lorrain Brondex et Mory», Pays Lorrain, 1926, p. 119-123.– Dorvaux P., «Notes sur les éditions de Chan Heurlin», Cahiers lorrains, 1936, n° 6, p. 65-72 ; n° 7, p. 81-85 ; n° 8, p. 98-103.– Barbe J.J., Les Journaux de la Moselle. Bibliographie et histoire, Metz, Impr. lorraine, 1928.– Ronsin A., Les Périodiques lorrains antérieurs à 1800. Histoire et catalogue, Nancy, Annales de l'Est, 1964, p. 67-68.– Freyermuller D., Presse et information à Metz pendant l'Ancien Régime, Metz, l'auteur, 1986 (U. de Metz, faculté des Lettres, thèse), p. 229-295.

Auteur(s) de la notice


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