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Philippe BRIDARD DE LA GARDE (1710?-1767)

État civil

Philippe Bridard est né à Paris en 1710 «à ce que l'on croit» (Nécrologe) mais une note biographique conservée à la B.N. indique la date de 1713 (n.a.fr. 10782). Il était fils d'un homme de confiance du Grand Prieur de Vendôme (Nécrologe). Il est mort à Paris le 3 octobre 1767 (ibid.).

Formation

Il fut élevé au Temple (Nécrologe) ; «a longtemps porté le petit collet» (n.a.fr. 10782).

Carrière

Il fut nouvelliste de la police jusqu'au 11 mars 1745 ; on peut le considérer comme auteur probable des nouvelles à la main conservées à la B.H.V.P., ou l'on trouve la note manuscrite : «nouvelles à la main de l'abbé de La Garde» (ms. 616, f° 338). Vers 1749, il s'occupe des ballets des petits appartements du Roi (n.a.fr. 10782), où il joue le rôle de souffleur, et finit par exercer une sorte de direction sur les fêtes de la Cour (Nécrologe). Il est en même temps bibliothécaire de Mme de Pompadour. Il fut nommé censeur royal par Malesherbes (f.fr. 22136, f° 142), probablement après 1755, car son nom n'apparaît pas dans le dossier fr. 22138.

Il demeura à l'hôtel de Pompadour, puis rue de Chartres (liste des souscripteurs du Journal étranger, avril 1755).

Situation de fortune

Selon le Nécrologe, il touchait, du temps de Mme de Pompadour, une pension de 1200 £ pour son activité théâtrale et 2000 £ d'appointement comme bibliothécaire ; il reçut 2000 £ pour le Mercure en 1754 (mais Grimm parle d'une pension de 1000 écus), plus un présent de 12 000 £ de la marquise. La mort de sa protectrice en 1764 le mit dans une situation précaire.

Opinions

Il fut l'ami de l'abbé Mangenot et de C. Crébillon qu'il fit son légataire universel (Nécrologe). Fort décrié pour ses moeurs, attaché aux actrices de l'Opéra (il fut notamment lié à Mlle Lemaure : voir les Lettres sur les affaires du temps de Gastelier, éd. Granderoute, Champion-Slatkine, 1993, p. 382-383), il était, nous apprend Marmontel, appelé dans la société des Menus-Plaisirs, «Lagarde-Bicêtre».

Activités journalistiques

Il eut part au Mercure de 1758 à 1767. Selon le Nécrologe, il bénéficia en 1758 d'un «brevet d'adjonction du privilège du Mercure» et composa «toute la partie des spectacles». Bachaumont précise qu'il fut l'«acolythe du sieur de La Place» et chargé de la partie des spectacles (M.S., 24 oct. 1767, t. XVIII, p. 326). Pensionné du Mercure (il est l'un des quatorze pensionnés choisis le 20 janvier 1760 et sa pension est de 2000 £ (F. Moureau, «En marge de la représentation des Philosophes»), Bridard de La Garde ne fut pas uniquement chargé de la partie des spectacles. En 1761, il rend compte également des salons, non seulement d'ailleurs au Mercure, mais aussi à l'Observateur littéraire (n.a.fr. 1214, p. 343). Selon Marmontel (Mémoires, t. II, p. 155-156), le «nouveau rédacteur fit si mal sa besogne que le Mercure décrié tombait et n'allait plus être en état de payer les pensions dont il était chargé» Les Mémoires secrets se moquent du «style néologique» du rédacteur du Mercure et du «fade encens» dont il parfumait auteurs et acteurs.

L'Echo du public sur les ouvrages nouveaux, sur les spectacles et sur les talents. Relation d'un Français à Mylord duc de ***, Paris, Didot, juin-octobre 1740, in-8°, 3 numéros, 72 p. (D.P.1 358) : le Nécrologe écrit par erreur : «Il parut quelques feuilles en 1742», et ajoute que «sa trop grande liberté le fit défendre». Dubuisson écrit, le 24 avril 1740, au marquis de Caumont : «Il paraît un nouvel écrit périodique [...] Je soupçonne l'auteur des Lettres de Thérèse» (Lettres au marquis de Caumont, Paris, 1882, p. 637).

Les Annales amusantes ou Mémoires pour servir à l'histoire des amusements de la nation en tout genre, mensuel, mai-septembre 1741, s.l., 94 p. in-12 (D.P.1 108).

Observations d'une société d'amateurs sur quelques productions des arts, en collaboration avec l'abbé de La Porte, et insérées par celui-ci dans l'Observateur littéraire (1758-1761).

Publications diverses

Cior 18, n° 13920-13926.

Bibliographie

F.L. 1769 ; Q. , B.Un., D.L.F., N.B.G. – B.N., n.a.fr. 10782, f° 36. – Palissot, Nécrologe des hommes célèbres, t. II, p. 157-165. – Marmontel J.F., Mémoires, éd. Tourneux, Paris, 1891, t. II, Livre VI, p. 155-156. – Chevallier P., Les Ducs sous l'Acacia ou les premiers pas de la Franc-Maçonnerie française. 1725-1743, Paris, Vrin, 1964 (notamment chap. IV). – Moureau F., «En marge de la représentation des Philosophes. La critique dramatique dans la C.L. et le Mercure en 1760» dans La Correspondance littéraire de Grimm et de Meister (1754-1813), Colloque de Sarrebruck, 22-24 février 1974, Klincksieck, p. 155-180.

Auteur(s) de la notice


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