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Laurent François BOURSIER (1679-1749)

État civil

Laurent François Boursier est né à Écouen le 24 janvier 1679, fils d’un médecin. Il est mort à Paris, dans la paroisse de Saint-Nicolas-le-Chardonnet, le 17 février 1749 (Nécrologe).

Formation

Il fait ses études au collège des Quatre-Nations, puis entre au séminaire de Saint-Magloire. Il est maître ès arts en 1695, a pour maîtres en théologie Lestoc et Witasse, reçoit la prêtrise en 1704. Il est reçu docteur en 1710, avec une thèse consacrée à l’action de Dieu sur la créature. Le Traité de l’action de Dieu sur les créatures est édité en 1712 (2 vol. in-4°), réédité en 1713 (6 vol. in-12) ; il connaît un grand retentissement et provoque une réponse de Malebranche, Réflexions sur la prémotion physique (1715). Dès 1713, B. est considéré comme un des grands intellectuels de Paris, et Voltaire lui consacrera dans Le Siècle de Louis XIV une courte mais flatteuse notice  ; il est chargé, lors de la visite de Pierre le Grand à Paris de rédiger un projet de réunion de l’Église orthodoxe et de l’Église latine

Opinions

Janséniste formé à Saint-Magloire, il fait partie de la nouvelle génération de jeunes théologiens amenés à combattre la Constitution Unigenitus, promulguée en 1713, et à se former en parti. Catherine Maire lui attribue une place de premier plan dans la lutte des « militants », et le considère comme « chef politique » d’un mouvement dont l’abbé d’Etemare est le théoricien (De la cause de Dieu à la cause de la nation. Le Jansénisme au XVIIIe siècle, Gallimard, Bibliothèque des idées, 1998, p.93). Quand le Régent échoue sur l’accommodement, Boursier anime la protestation des curés de Paris (Apologie des curés du diocèse de Paris). Il est la plume du parti : le texte de l’Appel est rédigé par lui ; il en est le premier signataire en décembre 1716. En 1728, le cardinal de Noailles accepte la Constitution, l’évêque Soanen est exilé, la Sorbonne est épurée et Boursier est déchu de son titre de docteur de Sorbonne ; il rédige la Protestation des docteurs exclus (1729). En 1735, il est exilé à Givet ; revenu à Paris, il vit jusqu’à sa mort dans la clandestinité.

Activités journalistiques

Il fait partie du petit groupe qui anime la lutte clandestine, à partir de 1728, et qui fonde les Nouvelles ecclésiastiques, et jusqu’à sa mort, avec l’abbé d’Etemare, il est à la pointe du combat contre l’Unigenitus. En 1732, il est dénoncé, avec le « bureau théologique » par Vailland (voir ce nom) ; en 1740, le commissaire Dubut le signale comme un des « chefs convulsionnaires » (C. Maire, ouvr. cité, p. 146). Le débat sur la nature des convulsions ébranle son autorité ; bien qu’il ait été le maître de Carré de Montgeron, historien et théologien des convulsions, il s’oppose en 1742  aux « secours violents » ou « meurtriers », et veut purifier l’oeuvre des convulsions ; il se retranche sur une position « mélangiste » et publie en 1743 son Mémoire théologique sur ce qu’on appelle les secours violents dans les convulsions (C. Maire, ouvr. cité, p. 348).

Publications diverses

Le Dictionnaire des hérésies, des erreurs et des schismes de Pluquet, Claris, Migne, etc. (1847) donne une bibliographie détaillée des oeuvres de Boursier.

Bibliographie

Cerveau, M., Nécrologe des plus célèbres défenseurs et confesseurs de la vérité, s.l., 1760-1778, 7 vol.- Pluquet, Claris, Migne, Dictionnaire des hérésies, des erreurs et des schismes, 1847 - Maire C., De la cause de Dieu à la cause de la nation. Le Jansénisme au XVIIIe siècle, Gallimard, Bibliothèque des idées, 1998.

Auteur(s) de la notice


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