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André BOUREAU-DESLANDES (1690-1757)

État civil

André François Boureau-Deslandes est né en 1690 au comptoir français de Pondichéry ; il passe en Inde les dix premières années de sa vie. Son père, André Boureau Des Landes, a été fonctionnaire à la Compagnie des Indes orientales depuis 1668 : à Surate en 1668, Calcutta en 1669, puis Ceïtapour où il tient un comptoir jusqu'en 1674, Surate de nouveau en 1675 (D.B.F., t. 6, p. 1460) ; chargé dès 1679 de responsabilités très importantes dans le rétablissement du commerce sur la côte de Malabar, puis envoyé au Siam pour gagner le royaume à l'influence française, André Des Landes, «homme d'un génie supérieur, laborieux, désintéressé, ennemi de la fraude et de l'injustice» (Histoire de M. Constance, citée par Geissler, p. 9), se retire en 1683 (D.B.F.) quand le premier ministre Constance impose au Siam un gouvernement tyrannique, et séjourne à Surate avant de se voir confier des fonctions de premier plan à Pondichéry : ce sera lui qui mettra sur pied le premier accord franco-siamois, avec Céberet, en janvier 1688 (D.B.F.). Il ira ensuite au Bengale vers 1690 comme directeur général du commerce et y tient un comptoir à Ougly jusqu'en 1693 (C, p. 375) ; vers 1700 il dirige un comptoir à Calcutta (D.B.F.). En 1701 il rentre en France, vraisemblablement avec sa famille, puis en 1703 est envoyé à Saint-Domingue comme commissaire ordonnateur ; ses services exceptionnels lui valent l'annoblissement par Louis XIV. Son «journal» est aux Archives de la Marine (B 7, renseignement transmis par F. Moureau). Par sa mère, B. descend du chevalier François Martin, qui avait été gouverneur de Pondichéry et directeur général de la Compagnie des Indes orientales (C, p. 380-384) ; la B.N. possède ses «Mémoires manuscrits» (f.fr. 6231, renseignement transmis par F. Moureau). B. passera en France la majeure partie de sa vie et restera célibataire ; on lui connaît une nièce, Mlle de La Thuillerie, qui épousera le marquis de La Sône. En 1742 il se retire à Paris comme «l'un des savants les plus modestes et les plus aimables qu'il soit possible de rencontrer» : c'est ainsi que Fréron termine un portrait extrêmement louangeur (L'Année littéraire, 1757, t. V, p. 161). Sujet à des attaques de goutte, il se trouve, dès 1755, privé de l'usage de ses jambes. Il meurt le 9 avril 1757, âgé de soixante-sept ans. Sa mort, dit Fréron, fut avancée par la mélancolie d'avoir dû par son infirmité renoncer à la vie en société qu'il aimait. Sa fiche de police le décrit ainsi : «fort grand, fort gros, physionomie assez gracieuse, petit yeux».

Formation

Son éducation se fait en France à partir du retour familial (1701). Dès l'âge de treize ans il est à Paris, bien préparé par son expérience antérieure à voir d'un oeil critique la fin du règne de Louis XIV. Malebranche, son premier maître, essaie en vain de l'attirer à la Congrégation des Pères de l'Oratoire ; le voyage en Angleterre, effectué en 1712 avec le duc d'Aumont, sera le prétexte officiel pour se dégager et les regrets exprimés par la suite («livré aux hommes et engagé dans un tourbillon d'affaires, j'ai soupiré après la vie douce et tranquille que j'aurais menée à l'Oratoire», Geissler, p. 147, n° 8) ne traduisent guère la nostalgie d'une vie consacrée à la religion. Avant le voyage d'Angleterre, B. entre comme élève-géomètre, le 14 février 1712, à l'Académie des Sciences de Paris ; il s'y intéressera surtout à la physique expérimentale. Même appelé à Brest pour d'autres fonctions, il reste vraisemblablement enregistré à l'Académie comme adjoint surnuméraire, puisque, à partir de 1730, il compte parmi les vétérans et y conserve ses droits. Il y collabore régulièrement : contributions variées, observations, expériences, etc., en biologie, anatomie, physique, météorologie, géologie, techniques de la navigation (certains de ses envois seront publiés par l'Histoire de l'Académie entre 1713 et 1728, puis des extraits de sa correspondance concernant ses thèmes de recherche seront publiés en 1732 par les Mémoires de Trévoux). Il s'efforcera d'apprendre le breton pour mieux explorer la province et découvrir sa culture, d'où ses remarques sur l'étymologie celtique de quelques mots français et ses traductions (en latin et en français) d'ouvrages et de chants bretons, sans qu'il reste de traces imprimées de ces activités. Il apparaît pour la dernière fois comme membre de l'Académie des Sciences dans l'Almanach royal de 1738 : il demande alors pour une raison inconnue à être rayé de la liste des Académiciens. Le 2 septembre 1737, il est nommé membre associé de l'Académie de La Rochelle, avec laquelle il a vraisemblablement des liens étroits et fréquents, bien que nous en ayons peu de preuves ; il y présente le 4 mai 1740, en séance officielle, un rapport sur les Académies et leur utilité pour la société. Le 5 octobre 1752, il est élu à l'Académie des Sciences de Berlin en qualité de membre étranger (il est à ce moment en relation directe avec Voltaire, mais c'est Maupertuis, président de l'Académie, qui le propose) ; le 30 novembre sera lue sa Lettre de remerciement.

Carrière

En décembre 1712, il accompagne à Londres le duc d'Aumont nommé ambassadeur extraordinaire en Angleterre. Il y reste dix mois, accumulant des matériaux pour son Nouveau Voyage d'Angleterre (écrit en 1713, publié à «Villefranche» en 1717) qui, à propos des moeurs, de la culture, des institutions, de la conscience politique, du théâtre, des classes sociales, etc., propose sans doute sur l'Angleterre la toute première vision des Lumières. Sa rencontre avec Newton, Halley et De Moigne (Histoire critique de la philosophie, t. II, p. 264) le pousse définitivement dans la voie des recherches scientifiques. Après son retour à Paris, il part pour Brest en 1716, ce qui permettra son exploration scientifique de la Bretagne selon des exigences très nouvelles, puis séjourne à Rochefort à partir de 1720, avant de se fixer à Paris en 1742 jusqu'à sa mort. En 1748, il habite «rue des Vieux Augustins, à l'hôtel de Toulouse, en chambre garnie» (F.P.).

Situation de fortune

B. appartient à une famille aisée qui ne semble pas avoir connu d'ennuis d'argent ; lui-même ne paraît jamais préoccupé sur ce chapitre, mais plutôt, semble-t-il, par disposition philosophique. Il accepte en 1716 un poste de commissaire et contrôleur de la marine à Brest. A l'âge de 30 ans (1720), il est muté à Rochefort comme commissaire général de la marine, fonction dont il se démet en 1742 pour s'installer à Paris et se consacrer définitivement à l'activité littéraire. Il est généralement estimé en ce domaine, bien que sa philosophie suscite de nombreuses protestations lorsqu'on en voit l'audace (ce qui n'est d'ailleurs pas toujours le cas) ; on le considère plus comme un penseur que comme un écrivain, et Voltaire lisant un ouvrage de lui se serait écrié : «Parle donc français, bourreau!» (B.Un., p. 513). Il vit fort modestement ; voir les vers de la Muse limonadière sur lui : «Il brava la fortune, il souffrit sans se plaindre,/ Ami des gens d'honneur il vécut sans rien craindre,/ En philosophe utile, et zélé citoyen,/Il travailla beaucoup et ne demanda rien», cité par Geissler, p. 21, ainsi que la fiche de police de 1748 : «Il ne travaille que pour la gloire, puisqu'il ne retire rien des livres qu'il fait» [F.P., renseignement fourni par F. Moureau].

Opinions

De très bonne heure B. («l'un des philosophes qui ont préparé les attaques des Encyclopédistes contre la religion», D.L.F.) semble s'être engagé nettement dans la voie du scepticisme et de la vision critique. Il sut se dégager de l'influence de Malebranche alors même qu'il avait pour lui une estime et une vénération que le temps ne démentira pas. L'influence de Fontenelle, son ami personnel, a probablement été décisive en face de celle de l'Oratorien. En tout cas, B. admet s'être très vite rattaché aux esprits forts qui l'ont introduit dans le domaine des sciences, et sa sympathie pour Gassendi est évidente dès ses Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant (1712). Entre 1729 et 1731, si sa correspondance avec l'abbé Bignon est abondante et régulière, leur amitié semble surtout fondée sur la sympathie et une commune curiosité scientifique, et elle permettra l'introduction à la Bibliothèque du Roi de quelques ouvrages rares en breton. On notera que c'est à Bignon que B., dès 1713, remettait le manuscrit de son Voyage en Angleterre «pour en avoir l'approbation et ensuite le faire imprimer» (lettre à Desmaizeaux du 14 septembre, B.L., Birch ms. 4283, f. 72 ; voir L. Desvignes, Marivaux et l'Angleterre, 1970, p. 35). Aux alentours de 1730, B. compte également Réaumur parmi ses correspondants réguliers : dans sa «Lettre à M. le chevalier de S ***» (Bibliothèque francaise, t. XXVI, p. 152) il se dit «depuis plusieurs années son Serviteur et son Ami», mais non son élève (voir dans le même ouvrage p. 151 à 171, et t. XXV, p. 90-107, trois contributions à une querelle mineure sur ce point à l'occasion d'un commentaire sur le Recueil de différents traités). Initié aux théories de Newton, alors parfaitement inconnues en France, pendant son voyage en Angleterre (1713),B. dira trouver «la science inutile, et même haïssable,quand elle ne [...] rend pas propre au commerce de la vie», et le Journal des savants voit en lui «tout à la fois le physicien exact et le citoyen zélé et attentif à ce qui peut contribuer au bien public» (cité par Geissler, p. 26). Dès le début de sa carrière de savant ou de philosophe, il se met au service des grandes idées des Lumières. Il lutte continuellement contre la superstition et les préjugés (à propos des orages, par exemple, qui foudroient les clochers où l'on sonne les cloches par protection contre la foudre, ou pour donner une interprétation logique de phénomènes présentés dans la Bible comme miraculeux, etc.). Le Père Valois, Jésuite membre de l'Académie de La Rochelle, souligne dans ses Entretiens sur les vérités fondamentales de la religion que l'irréligion est surtout répandue dans les cercles de la marine ; il vise ainsi La Mettrie et Maupertuis, originaires de Saint-Malo, et son collègue B. dont il dénonce le Pygmalion à l'occasion de sa traduction anglaise de 1742. B. dans sa réponse accable le P. Valois de réflexions injurieuses qui donnent à la querelle un tour personnel et public (on fait circuler à La Rochelle une chanson sur B, «...qui tout bouffi de vengeance,/ au lieu d'employer l'air railleur,/ le prit sur un ton plein d'aigreur», et sur le changement souhaitable du coeur des deux ennemis «afin que devenus amis,/ ils aillent droit en Paradis», Geissler, p. 152). B. démontre ainsi publiquement qu'il ne laissera pas attaquer sans réagir les penseurs matérialistes. Dès sa quarantième année il entretient des rapports directs avec l'aile gauche du mouvement des Lumières ; on a la preuve qu'il va voir Diderot à Vincennes (rapport de police du 10 septembre 1749 faisant état de la déclaration de la femme La Marche, épouse de l'imprimeur auquel, malgré son peu d'empressement, B. veut confier le manuscrit de son nouvel ouvrage après l'avoir soumis à «M. Dridot» en prison, Geissler, p. 19). Il est en liaison avec Voltaire en Prusse et lui fournit même de la documentation pour la deuxième édition du Siècle de Louis XIV (lettre de Voltaire à La Condamine, 12 oct. 1752) ; on peut relier à ces rapports l'élection de B. comme membre étranger à l'Académie de Berlin.

Il fréquente à partir de 1740 chez Charlotte Reynier-Bourette, la «Muse limonadière» du Café allemand ; il est son ami et celui de Mme de Graffigny, et entretient avec elle une correspondance volumineuse à partir de 1750-1751 ; cet échange se ralentit progressivement puis cesse en 1754. Il compte des amitiés en Prusse, traduites par sa nomination à l'Académie de Berlin (il fera visite à Maupertuis séjournant à Paris en 1753).

Dans son Histoire de M. Constance, Premier Ministre du Roi de Siam (1756), il se fonde sur les notes laissées par son père et le chevalier Martin, son grand-père maternel, pour détruire la légende échafaudée par les Jésuites selon laquelle Constance aurait été un vrai martyr de la foi chrétienne (il s'agit du P. Dorléans, de l'abbé de Choisy et du P. Tachard, ces deux derniers décrits par B. comme «deux des plus insignes charlatans qu'on puisse lire», B.Un.), et pour dénoncer le ministre comme un odieux tyran (Feller-Weiss décrira son ouvrage comme un «roman calomnieux et dicté par la haine du Christianisme», Geissler, p. 21). Insérés dans le 4e volume de l'édition augmentée (et inachevée) de l'Histoire de la philosophie, quelques vers (selon Quérard déjà antérieurement publiés, mais prenant au seuil de la mort une force spéciale) traduisent sa vision matérialiste : «Doux sommeil, dernier terme,/ Que le sage attend sans effroi ; / Je verrai d'un oeil ferme/ Tout passer, tout s'enfuir de moi». Selon Fréron (L'Année littéraire, t. V, 1757), il mourut «très sérieusement», deux jours après avoir fait venir deux notaires pour leur faire rédiger un acte dans lequel il demandait pardon à Dieu et à l'Eglise de ses écrits athéistes «scandaleux «et invitait les possesseurs de ses ouvrages à les brûler» (mais cette rétractation de son attitude antérieure n'est pas signée de sa main...). Selon Malesherbes, au contraire, bien que le malade, «accablé d'infirmités depuis dix-huit mois» ait «I'esprit très affaibli», rien n'annonce en lui «aucun retour à des sentiments de religion» ; ce qu'il remarque à propos de Montesquieu («Est-il vrai que M. de Montesquieu ait reçu les sacrements, est-il possible qu'un tel homme ait voulu déshonorer sa mémoire?») prouve en effet «qu'au milieu de son état d'affaiblissement il n'était que plus attaché à son ancienne façon de penser, et qu'elle était même devenue en lui une espèce de manie» (Geissler, p. 23).

Activités journalistiques

Bien qu'il ait constamment écrit sur les sujets les plus divers et dans le but de faire profiter de ses remarques le plus vaste public possible, B. est assez improprement appelé journaliste. Certes, plusieurs de ses écrits sont publiés dans les Mémoires de Trévoux, mais c'est surtout parce que ce sont des lettres écrites à des Pères Jésuites ou des observations à caractère scientifique. Ses articles principaux, s'ils ne sont pas strictement des comptes rendus d'expériences ou d'observations (lesquels sont publiés comme tels, au fur et à mesure de lectures ou d'envois à l'Académie, dans l'Histoire de l'Académie royale des Sciences) paraîtront séparément, comme des réflexions de moraliste, de philosophe ou de marin. Voici l'essentiel de ses contributions (voir Macary) :

Mémoires de Trévoux : Lettre au P. Catrou, Jésuite (oct. 1716, p. 1935-1937) ; Extrait d'une lettre au R.P. Deslandes, Jésuite (juil. 1725, p. 1276-1287) ; Extrait d'une lettre sur la formation de nouvelles îles (sept. 1726, p. 1643-1651 ) ; Lettre sur une antiquité celtique (nov. 1727, p. 2094-2106) ; Nouvelle observation sur le flux et le reflux de la mer (mars 1729, p. 542-551) ; Observation sur l'eau de mer et sur l'eau douce qu'on embarque dans les vaisseaux (mars 1730, p. 409-423) ; Observations physiques sur les oiseaux de mer et sur les huîtres (mai 1731, p. 889-900) ; Extrait d'une lettre sur quelques curiosités trouvées en Bretagne (févr. 1732, p. 367-372).

Histoire de l'Académie royale des Sciences : Expériences sur les teintures que donne le charbon de pierre (1713, p. 12) ; Observation sur un enfant qui n'avait point d'articulation dans ses membres (1716, p. 25) ; Observation sur un poumon divisé en cinq lobes (1718, p. 31) ; Observation sur de terribles coups de tonnerre, et sur leurs fâcheux effets sur les clochers où I'on sonnait (1719, p. 21) ; Observation sur un animal pris en Barbarie (1719, p. 40) ; Observation sur la différence des sangliers d'Afrique et de ceux d'Europe (1719, p. 40) ; Observation sur l'organisation des vers qui rongent les navires (1720, p. 26) ; Observation sur des sables (1722, p. 7) ; Observation sur les insectes (1722, p. 9) ; Moyen de prévenir la corruption de l'eau embarquée sur un vaisseau (1722, p. 9) ; Observation sur la génération des soles et des chevrettes (1722, p. 19) ; Observation sur le froid (1725, p. 1) ; Observation sur les maquereaux et les sardines (1725, p. 2) ; Observation sur l'état de l'atmosphère (1726, p. 14) ; Observation sur une espèce singulière de vers (1728, p. 40).

Bibliothèque française, ou Histoire littéraire de la France : «Lettre à M. Ie chevalier de S *** à La Haye» (t. XXVI, 1738, p. 151).

Recueil de pièces d'Histoire ou de Littérature : «Compliment à messieurs de l'Académie des Belles-Lettres de La Rochelle» (t. IV, 1741).

Deux lettres de protestation ou d'excuses publiées par les journaux destinataires : lettre aux auteurs des Observations sur les écrits modernes (t.XI, 1737, p. 165 et suiv.) ; lettre portant excuses et rétractation d'une brochure publiée contre M. de Mairan, etc. (Journal des savants, avr. 1749, p. 203).

On peut y ajouter une contribution poétique, Poetae rusticantis litteratum otium, qui bien que publiée séparément paraît aussi dans les Nouveaux Amusements du Coeur et de l'Esprit, ouvrage périodique d'Etienne Philippe de Prétot (1741, vol. 12).

Publications diverses

A) L'oeuvre du philosophe (études morales, philosophiques, économiques) : Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant, Amsterdam, 1712, rééd. 5 fois ; 2 éd. en anglais, 3 éd. en allemand au XVIIle siècle. L'Art de ne point s'ennuyer, Amsterdam, 1715, rééd. 2 fois ; 2 éd. en anglais, une en allemand.– Histoire critique de la philosophie, Amsterdam, 1737, 2 rééd., une éd. en allemand ; une annexe sous le titre Mon Cabinet est ajoutée à l'éd. de 1756. – L'Optique des Moeurs, opposée à l'Optique des Couleurs, 1742. – Essai sur la marine et le commerce, 1743 ; une rééd., une éd. en anglais. – Lettre sur le luxe, 1745. – Essai sur la marine des Anciens, 1748. – Traité sur les différents degrés de la certitude morale,1750.

B) L'oeuvre du savant (sciences, histoire, voyages) : Nouveau voyage d'Angleterre, Villefranche, 1717 ; les «Remarques sur l'Angleterre faites en 1713» ont connu une première publication dans les Pièces échappées du feu, «Plaisance», 1717 (Macary, p. 63-64) . – Recueil de différens traités de physique et d'histoire naturelle, 1736, plusieurs rééd.. – Lettre critique sur l'histoire navale d'Angleterre (figure dans l'éd. 1753 du Recueil). – Histoire de M. Constance, Premier Ministre du Roi de Siam, Amsterdam, 1756.

C) L'oeuvre du littérateur (poésies, contes philosophiques) : Poetae rusticantis litteratum otium, Londres, 1713, 2 rééd.. – Remarques historiques, critiques et satiriques d'un cosmopolite, tant en prose qu'en poésie, 1731. – Pigmalion, ou la Statue animée, Londres, 1741 ; 4 rééd., une en allemand. Ce roman philosophique exprime, quatre ans avant l'Histoire naturelle de l'âme de La Mettrie, une théorie purement matérialiste du monde, et sera condamné au bûcher dès le 14 mars 1742 par le Parlement de Dijon. – Histoire de la Princesse de Montferrat, Londres, 1749. – La Fortune. Histoire critique, 1751.

Voir la bibliographie complète donnée par Macary, p. 250-253. La correspondance B.-Bignon est conservée à la B.N. (f.fr. 22228).

Bibliographie

D.B.F., D.L.F., B.Un., N.B.G. – B.N., n.a.fr. 10781, f° 139 : (F.P.) fiche de police sur B. rédigée le 1er janvier 1748, complétée en 1749 et 1750. – Bibliothèque francaise, t. XXV, XXVI. – (C) Challes R., Journal d'un voyage aux Indes, éd. par F. Deloffre et M. Menemencioglu, Mercure de France, 1979. – Geissler R., Boureau-Deslandes, Ein Materialist der Frühaufklärung, Berlin, Rutten & Loening, 1967. – Id., «Boureau-Deslandes, historien de la philosophie», dans L'Histoire au XVIIIe siècle, Edisud, 1980, p. 135-152. – Macary J., Masques et Lumières au XVIIIe siècle : André-François Deslandes «citoyen-philosophe» (1689-1757), La Haye, Nijhoff, 1975. – Geissler R., «Boureau-Deslandes lecteur de manuscrits clandestins» dans Le Matérialisme du XVIIIe siècle et la littérature clandestine, dir. O. Bloch, Vrin, 1982.

Auteur(s) de la notice


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